Economie

Moscou obtient des concessions de Washington pour la livraison d'uranium russe (Nezavissimaïa gazeta)



Lundi 4 Février 2008

La Russie et les Etats-Unis ont signé vendredi dernier des amendements à l'accord sur la suspension de l'enquête antidumping sur les livraisons d'uranium russe aux Etats-Unis, lit-on lundi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Selon les estimations russes, cette décision rapportera entre 5 et 6 milliards de dollars sur 10 ans. D'après les pronostics des experts, d'ici 2014, une centrale nucléaire américaine sur cinq sera alimentée par de l'uranium russe.

L'adoption de ces amendements permettra aux compagnies russes et américaines de conclure directement, sans intermédiaires, des contrats portant sur la livraison aux Etats-Unis d'uranium russe faiblement enrichi au prix de marché, il est vrai, à partir de 2011 seulement. Les experts prévoient qu'après l'expiration en 2013 de l'accord en vigueur, la prestation directe de services d'enrichissement de combustible nucléaire pourrait atteindre 20% du marché américain.

Washington est intéressé par l'extension de sa coopération avec Moscou dans le nucléaire civil. D'après les données de l'Institut d'énergie nucléaire des Etats-Unis, un déficit d'uranium est prévu sur le marché américain entre 2011 et 2015. Selon le nouvel accord signé avec la Russie qui prévoit la libéralisation graduelle du marché des Etats-Unis pour les compagnies russes fournissant de l'uranium, l'importation américaine de combustible nucléaire s'accroîtra peu à peu à partir de 2011. En 2014, les livraisons d'uranium devraient être multipliées par dix par rapport à 2013.

"Cet accord nous est avantageux, a indiqué dimanche au quotidien Nezavissimaïa gazeta une source haut placée au sein de Rosatom (Agence russe de l'énergie atomique). Nous sommes intéressés par le fait d'intervenir librement sur le marché américain en vue d'assurer le travail de nos quatre combinats d'enrichissement d'uranium".

La Russie dispose actuellement, a-t-il rappelé, d'environ 40% des capacités mondiales d'enrichissement d'uranium et ne fonctionnent pas à plein régime. D'après cette source, ce n'est pas tellement l'uranium extrait et enrichi sur le territoire de la Russie qui sera livré aux Etats-Unis mais la prestation de services d'enrichissement du combustible nucléaire pour les centrales nucléaires américaines.

Les Américains insistent pour que ne serait-ce qu'une partie de l'uranium exporté par la Russie après l'expiration en 2014 de l'accord UHE-UFE (celui de transformation de l'uranium hautement enrichi en uranium faiblement enrichi signé le 16 octobre en 1992) soit retirée des ogives nucléaires. Les partenaires d'outre-océan veulent présenter la nouvelle rédaction de l'accord en vigueur comme le prolongement de l'ancien accord adopté il y a 15 ans dans le cadre du programme de désarmement de la Russie, a expliqué la source.

"Ils veulent présenter les choses comme si tout cela était nécessaire pour la Russie, alors qu'en réalité ils sont autant intéressés", a souligné la source.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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Lundi 4 Février 2008

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