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'Mort, je t’ai vaincue' Mahmoud Darwich nous a quittés


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Dimanche 10 Août 2008

'Mort, je t’ai vaincue' Mahmoud Darwich nous a quittés
Mahmoud Darwich, considéré comme l’un des des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi aux Etats-Unis dans un hôpital où il avait subi une intervention chirurgicale.
"M. Darwich est décédé à 13H35 locales (18H35 GMT)", a indiqué sans autre précision à l’AFP Ann Brimberry, porte-parole du Memorial Hermann-Texas Medical Center à Houston où il était traité.
Mahmoud Darwich se trouvait dans un état critique à la suite d’une intervention chirurgicale, avait dit plus tôt un autre responsable de cet établissement.
Selon des proches du célèbre poète palestinien, ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi dans ce même hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire suite à des complications.
Le poète avait déjà subi deux opérations du coeur en 1984 et 1998. Après sa seconde opération, il avait écrit un poème intitulé : "Mort, je t’ai vaincue".
Considéré comme l’un des principaux poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd’hui dans l’Etat d’Israël.
Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants sont forcés à l’exil.
La famille Darwich s’enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle s’installe dans la localité de Deir Al-Assada, avec un statut précaire.
Après ses études (en arabe et hébreu) dans des école arabes israéliennes, Darwich s’installe à Haïfa, le grand port du nord d’Israël, où vit une importante communauté arabe.
Début des années 1970, il choisit l’exil. Il part pour Moscou étudier l’économie politique puis se rend au Caire en 1971.
A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) rejoignant l’organisation alors en guerre avec Israël.
Après la guerre israélienne au Liban durant l’été 1982, qui a forcé la direction de l’OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l’exil : Le Caire, Tunis puis Paris.
En 1993, il démissionne de l’OLP pour protester contre les accords d’Oslo, estimant qu’ils n’apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens.
Le poète se rend en 1995 dans la bande de Gaza après l’avènement de l’Autorité palestinienne, avant de s’installer à Ramallah, en Cisjordanie.
En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d’Israël pour la première fois depuis son exil afin d’assister aux funérailles de l’écrivain arabe Emile Habibi.
Le poète critiquait la "mentalité israélienne de ghetto" et la politique israélienne qui empêche la création d’un Etat palestinien viable.
Au festival des musiques du monde à Arles (sud-est) en juillet dernier, il confiait préférer les thèmes universels de l’amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de ses débuts et vouloir être lu "comme un poète", "pas comme une cause".

( Samedi, 09 août 2008 )

Une vie, une œuvre

1942 Mahmoud Darwich naît près de Saint-Jean-d’Acre, en Galilée
1948 premier départ familial sur les routes de l’exil, au Liban
1950 retour clandestin en Galilée
1960-70 ses premiers poèmes lui valent d’être emprisonné à plusieurs reprises ; il milite au sein du Parti communiste israélien
1970 Mahmoud Darwich fuit Israël et s’installe à Beyrouth
1982 l’invasion israélienne du Liban pousse à nouveau le poète sur les routes de l’exil, à Tunis, puis au Caire et à Paris
1993 il démissionne du comité exécutif de l’OLP (Organisation de la libération de la Palestine) Mahmoud Darwich vit aujourd’hui entre Amman, en Jordanie, et Ramallah en Palestine.
Son œuvre comprend vingt grands recueils de poésie - dont un inédit Ne t’excuse pas publié en février 2006 chez Actes Sud ; ainsi que plusieurs ouvrages en prose et de nombreux articles. Elle est traduite dans plus de quarante langues.

Principaux ouvrages

Publications Actes Sud

Au dernier soir sur cette terre (poèmes, 1994)
Une mémoire pour l’oubli (récit, 1994)
Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? (poèmes, 1996)
La Palestine comme métaphore (entretiens, 1997)
Le lit de l’étrangère (poèmes, 2000)
Murale (poème, 2003)
Ne t’excuse pas (poèmes, février 2006)

Publications Poésie / Gallimard

La terre nous est étroite et autres poèmes (2000)

Elle, le soir

Elle est seule, le soir
et moi, comme elle, je suis seul...
Entre moi et ses chandelles
dans le restaurant hivernal,
deux tables vides. [Rien ne trouble notre silence]
Elle ne me voit pas quand je la vois
cueillir une rose à sa poitrine.
Je ne la vois pas quand elle me voit
siroter un baiser de mon vin...
Elle n’émiette pas son morceau de pain,
et moi, je ne renverse pas l’eau
sur la nappe en papier.
[Rien ne ternit notre sérénité]
Elle est seule et je suis seul
devant sa beauté. Je me dis :
Pourquoi cette fragilité ne nous unit-elle pas ?
Pourquoi ne puis-je goûter son vin ?
Elle ne me voit pas quand je la vois
décroiser les jambes...
Et je ne la vois pas quand elle me voit
ôter mon manteau...
Rien ne la dérange en ma compagnie,
rien ne me dérange, nous sommes à présent
unis dans l’oubli...
Notre dîner, chacun seul, fut appétissant,
la voix de la nuit était bleue.
Je n’étais pas seul, elle n’était pas seule.
Ensemble nous écoutions le cristal.
[Rien ne brise notre nuit]

Elle ne dit pas :
L’amour naît vivant
Et finit en idée.
Moi non plus, je ne dis pas :
L’amour a fini en idée.

Mais il en a tout l’air...

Extrait de :
"Ne t’excuse pas"
Mahmoud Darwich
Poèmes traduits de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar
Actes Sud, février 2006.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4881 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4881



Samedi 9 Août 2008


Commentaires

1.Posté par biloute le 10/08/2008 09:35 | Alerter
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Que la paix et la bénédiction de Dieu vous acompagne Monsieur Darwich

2.Posté par hélène le 10/08/2008 11:02 | Alerter
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perte immense pour tous, la voix de la beauté et de la justice c'est tue..à houston, texas
(kennedy aussi avait trouvé la mort là bas)
tous les amoureux de la palestine, de la poésie, de la beauté, de l'immense intelligence de cet homme exceptionnel sont en deuil.
je suis réellement en dieul.

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