Moqtada Sadr a appelé vendredi à l'arrêt des combats entre ses partisans et les forces régulières irakiennes, qui ont fait des centaines de morts depuis fin mars. "J'appelle mes frères des forces armées et de la police et mes frères de l'armée du Mahdi, à mettre fin à l'effusion de sang", a déclaré Moqtada Sadr, qui avait menacé il y a une semaine de lancer une "guerre ouverte".
Un message de lui a été lu dans les mosquée à l'heure de la prière notamment à Sadr City, le bastion de sa milice dans le nord-est de Bagdad, vaste quartier pauvre de plus de deux millions d'habitants.
Le 19 avril, Moqtada Sadr avait brandi la menace d'une insurrection si les attaques lancées depuis la fin mars par les troupes irakiennes et américaines d'occupation contre ses partisans à Bagdad et dans le sud du pays ne cessaient pas.
"Nous avons menacé d'une guerre ouverte, mais vous devez comprendre que celle-ci devait être dirigée uniquement contre l'occupant" américain, a assuré le jeune chef.
"J'appelle toutes les parties irakiennes à bannir les violences et le recours au armes entre elles et régler leurs problèmes pacifiquement", a exhorté le dirigeant chiite dont la milice compte quelque 60.000 hommes.
Dans le même temps, l'armée irakienne et des unités américaine d'occupation continuaient de traquer les miliciens chiites à Sadr City.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, onze personnes, dont deux femmes et un enfant, ont été tués dans les affrontements, selon des sources médicales.
L'armée américaine d'occupation a affirmé avoir tué dans des opérations séparées jeudi soir à Sadr City dix "criminels" qui tiraient des mortiers contre les troupes irakiennes et américaines d'occupation ou posaient des engins explosifs.
Les affrontements depuis la fin mars entre les forces régulières irakiennes appuyées par des unités américaines d'occupation et des miliciens de l'armée du Mahdi à Sadr City, ont fait au moins 383 tués, selon de sources irakiennes et américaines.
"Il n'y aura pas de guerre entre nous et nos autres frères irakiens", a assuré Moqtada Sadr qui a appelé l'armée irakienne à être "plus proche du peuple irakien et plus loin de l'occupant".
Dans son message, Moqtada Sadr a salué la loyauté de sa milice et l'a appelée à la patience.
"Je m'adresse à l'armée du Mahdi qui est une bonne et loyale armée. Vous avez combattu quand vous avez reçu l'ordre de combattre et gardé patience quand vous avez respecté le trêve", a dit le dirigeant chiite en référence au cessez-le-feu unilatéral qu'il avait annoncé en août 2007.
Dans son message, il a aussi exprimé son rejet total de tout accord entre le gouvernement et les Etats-unis sur la présence des troupes américaines d'occupation dans le pays. "Nous rejetons complètement cet accord et nous ne permettrons pas qu'il soit conclu", a-t-il encore dit.
"La libération de l'Irak passe par l'unité entre le peuple irakien et un gouvernement souverain. Tous unis, nous devons dire à l'occupant de partir définitivement et de ne pas établir de bases sur notre terre", a affirmé Moqtada Sadr.
Les Etats-Unis et l'Irak sont en négociation sur un accord destiné à donner des bases légales à la présence de troupes américaines d'occupation sur le sol irakien au delà du 31 décembre, lorsque la résolution de l'ONU qui régit actuellement leur présence aura expiré.
Par ailleurs, un journaliste irakien travaillant pour un groupe de média lié à un parti chiite a été tué vendredi dans le sud de l'Irak par des hommes armés, a annoncé un responsable de ce groupe.
Sayyed Jassem Al-Battat, 38 ans, employé par le groupe al-Nakhil, dépendant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), a été assassiné sur un marché d'Al-Qorna, à 80 km au nord de Bassorah (550 km au sud de Bagdad), a indiqué à l'AFP Adnane al-Yassiri.