Conflits et guerres actuelles

Moktada Sadr : 'Le gouvernement irakien doit savoir que l’Armée du Mahdi se tiendra au côté du peuple irakien'



Mercredi 9 Avril 2008

Moktada Sadr : 'Le gouvernement irakien doit savoir que l’Armée du Mahdi se tiendra au côté du peuple irakien'
Moktada Sadr fait savoir qu’il n’a pas l’intention de plier face à l’épreuve de force engagée par le gouvernement de son coreligionnaire Nouri al Maliki contre sa puissante milice, l’Armée du Mahdi. Après avoir vainement tenté fin mars de mettre au pas les sadristes à Bassorah et à Bagdad, opération jugée "mal préparée" par son allié militaire américain, Maliki a sommé lundi le jeune imam de dissoudre l’Armée du Mahdi, faute de quoi son courant serait écarté des élections régionales d’octobre prochain. Mais après avoir rétorqué qu’il ne se rendrait qu’aux ordres des plus hautes autorités chiites, Sadr a laissé planer mardi la menace d’une rupture possible de la trêve observée par ses miliciens depuis août dernier. Ce cessez-le-feu avait été prorogé en février pour six mois supplémentaire par le leader religieux avant que le gouvernement irakien déclenche le 25 mars une épreuve de force peu concluante avec ses miliciens qui s’est soldée par des centaines de morts. "Le gouvernement irakien doit savoir que l’Armée du Mahdi se tiendra au côté du peuple irakien pour lui fournir tout ce dont il a besoin que ce soit en termes de sécurité, de stabilité et d’indépendance", affirme Sadr dans une déclaration diffusé sur son site internet. "S’il est nécessaire de lever la trêve pour nous conformer à nos buts, nos objectifs, notre doctrine, nos principes religieux et notre patriotisme, nous le ferons ultérieurement, par le biais d’un autre communiqué", ajoute-t-il. En revanche, Sadr, fils d’un grand ayatollah chiite tué sous le régime de Saddam Hussein, a renoncé à la démonstration de force prévue mercredi à Bagdad pour dénoncer le maintien de la présence militaire américaine cinq ans jour pour jour après la chute de la capitale. "J’invite ces Irakiens bien aimés qui souhaitent manifester contre l’occupation à reporter cette marche car je crains pour eux et je me soucie d’épargner leur sang. Je redoute que des mains irakiennes se lèvent contre (eux), bien que je serais honoré si c’étaient des mains américaines", explique le jeune religieux, qui espérait rassembler au moins un million de personnes. Malgré cette annulation, le commandant des forces de sécurité irakienne a fait savoir par le canal de la télévision nationale qu’un couvre-feu de 24 heures serait en vigueur à Bagdad mercredi. La circulation de tous les véhicules et vélomoteurs y sera interdite de 05h00 du matin à minuit. La manifestation monstre des sadristes devait aussi coïncider avec les dépositions devant le Congrès du général David Petraeus, chef des forces américaines d’occupation en Irak, et Ryan Crocker, ambassadeur des États-Unis à Bagdad. Petraeus, qui a jugé mardi "fragiles et réversibles" les progrès réalisés depuis l’envoi de 30.000 hommes en renfort, a prôné un pause d’un mois et demi dans le retrait militaire américain après le rapatriement d’ici juillet des deux tiers de ce contingent supplémentaire. Alors que les pertes officielles de l’armée d’occupation depuis mars 2003 ont atteint lundi les 4.024 morts, la menace de reprise des combats par les miliciens sadristes, qualifiés par Maliki de "pire que ceux d’Al Qaïda", assombrissent le tableau pour Washington. La résistance farouche offerte ces dernières semaines par les sadristes à l’offensive de l’armée fin mars à Bassorah, puis dans tout le Sud et à Bagdad, a montré que l’Armée du Mahdi n’avait rien perdu de sa combativité, en dépit de la trêve, et restait un acteur clé de la scène irakienne. Dans le grand bidonville chiite de Sadr City, bastion sadriste de l’est de la capitale, forces américaines d’occupation et irakiennes ont continué mardi pour la troisième journée consécutive à se heurter aux miliciens, illustrant la précarité des succès américains en matière de sécurisation. Selon le général Kassim Moussaoui, porte-parole de l’armée irakienne, les forces de sécurité ont tué 82 miliciens et en ont arrêté près de 900 autres ces trois dernières semaines à Bagdad tandis que 37 policiers et soldats et un nombre équivalent de civils ont péri. La situation actuelle devrait encourager les deux candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, Hillary Clinton et Barack Obama, à dénoncer une fois de plus l’échec de la stratégie américaine en Irak et à réclamer un retour rapide des "boys". Crocker a déclaré pour sa part à CNN qu’un retrait prématuré des troupes conduirait à des violences sans précédent depuis le renversement de Saddam Hussein, avec un risque "très grave" d’implication de l’Iran et de régionalisation du conflit.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4588 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4588



Mercredi 9 Avril 2008

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires