Politique Nationale/Internationale

Moi, Greenspan


Moi, Alan Aurifericus Nefarious Greenspan, Directeur de la Federal Redserve, récipiendaire de la médaille de la liberté, chevalier de l'empire britannique, membre de la légion d'honneur française, reconnu auprès de mes pairs comme "le plus grand banquier qui ait jamais vécu" vais vous décrire les récents événements de ma vie.


Samedi 25 Mars 2006




Oui, moi, Alan Greenspan ait dirigé le monde financier. Mais qui a dirigé Alan Greenspan? Je vais y revenir en vous décrivant le plus grand boom économique de tous les temps. J'ai écrit de nombreux texte par le passé, mais j'ai toujours manqué la liberté de m'exprimer librement. Maintenant que je quitte mon poste, je n'ai plus besoin de cacher mes desseins.

C'était le 5 décembre 1996 que j'ai eu ma première révélation. C'était cette même année que j'avais fait ma remarque célébrée à propos de la valeur de la bourse. Je me demandais si la bourse ne réflétait pas une sorte d'"éxubérance irrationnelle". En vérité, je n'en avais aucune édie, mais j'ai réalisé que 1) les gens, particulièrement mes employeurs voulaient que les prix soient éxubérants et irrationnels et 2) ils deviendraient beaucoup plus irrationnels et éxubérants si on y réfléchissait un peu.

Les gens n'auraient pas voulu entendre ce que je pensais réellement, alors je ne leur disait pas. Pire encore, la plupart des gens sont prêts à croire ninporte quoi. En quelque sorte, ils croyaient qu'un petit nombre de financiers pleins aux as et des politiciens imbus de pouvoir travailleraient ensemble afin d'opérer la banque centrale dans le meilleur intérêt de la population! J'ai de petites nouvelles pour vous; cela ne fonctionne pas de cette manière. L'argent n'a de valeur que par sa rareté, c'est un peu comme des actions dans une compagnie. L'actionnaire est content de posséder quelques actions, mais imaginez-vous comment il se sentirait si la compagnie émettait soudainement quelques millions d'actions additionnelles. Sa part dans la compagnie se trouverait diluée et il se sentirait abusé.

Similairement, un banquier honnête ne peut diluer l'argent de ses clients. Il ne peut créer de "vrai argent" par magie comme s'il émettait de nouvelles actions sans flouer ses clients. Mais c'est exactement ce que la banque centrale fait. Elle émet un certain volume de monnaie, puis en émet de plus en plus. Alors les gens qui détiennent cette monnaie perdent un petit peu de la valeur de cet argent à chaque année. En fait, la valeur est transférée des épargnants aux gens qui contrôlent l'émission de la monnaie. C'est réellement une arnaque simple, mais qui d'autre aurait le courage d'en parler?

Les gens d'aujourd'hui agissent comme s'ils avaient inventé la monnaie eux-mêmes, mais l'argent, les banques centrales et la modification de la valeur de l'argent existent depuis longtemps. En 64 avant Jésus-Christ, Néron avait déclaré que le nombre de pièces d'or produites à partir d'un lingot d'or passerait de 41 à 45, réduisant de facto la valeur des doublons de 10 %. Le denarius d'argent a perdu 99.98 % de sa valeur au cours des cinq centenaires avant la mise à sac de Rome. La monnaie de papier a perdu sa valeur encore plus rapidement puisqu'aux États-Unis, le dollar a perdu 95 % de son pouvoir d'achat depuis que la Federal Reserve a établie en 1913.

Un banquier central prospère dans l'ère actuelle, est un banquier qui est capable de contrôler l'inflation. En effet, ils croient qu'un peu d'inflation est le signe d'une économie saine. Le fait d'émettre un peu plus de monnaie à chaque année fait en sorte que les gens se sentent un peu plus riches, alors ils dépensent plus, ils engagent plus de gens, construisent plus de maisons. Tout le monde est content, tout le monde se sent plus riche. Quelle fraude élégante! C'est pratiquement un crime parfait puisque personne ne s'y oppose tant que c'est bien fait.

Personne ne semble vouloir d'une monnaie honnête. Les politiciens, les banquiers, les investisseurs, les électeurs; tout le monde avec une voix désire de l'argent facile, c'est simplement trop délicieux pour y résister.

Je savais également que cela ne serait qu'une question de temps avant que la pression éxercée par l'argent facile déborderait la capacité du président de la Federal Reserve. Aucun système monétaire purement basé sur du papier n'a duré. La tentation de créer toujours plus d'argent et ainsi de se sauver de ses dettes est trop grande, et c'est ainsi que le système finit par s'effondrer. Le plus tôt est le mieux.

Le gouvernement, les juges, le peuple m'ont tourmenté pour que je continue d'augmenter la masse monétaire et de perpétuer la situation économique.

Et c'est ce que j'ai fait.

Depuis que je suis président de la Federal Reserve, l'hypothèque des américains a grimpé de $1.8 trillons à $8.2 trillons, la dette des consommateurs est passée de $2.7 trillons à $11 trillons.

Mais ce n'est pas tout, la dette du gouvernement a également explosé. Alors que le gouvernement fédéral américain avait moins de $2 trillons sous la deuxième administration Reagan, un chiffre qui était resté relativement constant dans les 40 années précédentes. Mais sous ma direction, l'encre rouge a débordé comme le nil en crue à plus de $8.1 trillons.

Durant les deux termes de George W. Bush, le gouvenement fédéral a emprunté plus d'argent des gouvernements et banques étrangères que dans toutes les autres administrations américaines combinées de 1776 à 2000. Ceci signifie qu'en huit ans, la dette a plus augmenté que dans les dernières 230 années. Le déficit commercial a également triplé depuis que j'ai été nommé chef de la Federal Reserve, passant de $150.7 milliards à 757 milliards et est projeté à $830 milliards en 2006. Lorsque j'ai été nommé, les États-Unis étaient encore des créditeurs, maintenant les É-U sont les plus grands emprunteurs d'argent du monde avec plus de $11 trillons d'actifs maintenant en mains étrangères, une augmentation de 500 % depuis 1987.

Qui pourrait compétitionner avec un tel record?

Alors que j'ai pratiquement ruiné la nation, je suis révéré comme un maestro et salué comme si j'étais un héro de guerre. Si on distribue le coût des programmes gouvernementaux, promesses, obligations aux électeurs, en plus de la dette des états et des individus, nous sommes tous en faillite. Il est cynique de remarquer que les mêmes gens qui me suppliaient d'augmenter le volume d'argent facile il y a 10 ans maintenant m'encensent comme était le "grand modérateur"; comme s'il y avait le moindrement de modération dans notre boulimie pour plus de dettes.

Je suis satisfait de ce que j'ai accompli, et maintenant les gens vont bientôt voir comment les banques centrales fonctionnent, et le pauvre Ben Bernanke va prendre le blâme. Lui et ses stupides hélicoptères; il le mérite pratiquement.

Source: lewrockwell.com - 21 Jan. 2006


Samedi 25 Mars 2006

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