Politique Nationale/Internationale

Miliband à Kaboul



Mercredi 26 Novembre 2008

Miliband à Kaboul
On peut être un admirateur d'Hamed Karzaï pour sa détermination à s'accrocher au pouvoir en dépit des vents hostiles qui soufflent de partout. On peut même saluer en l'homme une certaine aptitude à rassembler qui a fini par tirer, en 2003, du néant, la fameuse Assemblée afghane. Mais on ne peut ne pas déplorer la naïveté avec laquelle l'ancien homme d'affaires reconverti sur le tard en politique, est tombé dans le piège tendu par les Américains et les Britanniques, car, à bien y regarder, rien n'autorisait le maître de Kaboul à se fier aussi aveuglement qu'il l'a fait aux belles promesses des occupants, ni l'histoire de l'Afghanistan, ni encore moins celle de la région stratégique à laquelle il appartient.

Mardi, alors que M. David Miliband, le secrétaire au Foreign office, prêchait, à Kaboul, la résistance, face aux "terroristes fanatiques", mot qui signifie, dans le jargon occidental, le renforcement de la présence militaire en Afghanistan, une petite délégation britannique prolongeait les négociations secrètes qui visent à faciliter le retour des Talibans sur la scène. C'est à Helmand, province méridionale où la Grande Bretagne détient un contingent composé de 8.000 effectifs, que se déroulaient les pourparlers ; Helmand où, ironie du sort, un soldat de sa Majesté périssait le même jour pour venir grossir le bilan des pertes de l'armée royale, établi à ce jour, à 126 morts.

Mais le paradoxe est propre à la politique, surtout, quand celle-ci est assaisonnée à la sauce "british". Londres refuse de prêter l'oreille aux revendications pacifistes de son opinion; il décline la demande de fixation d'un calendrier de retrait de ses troupes de l'Afghanistan ; il écoute, séduit par les menaces du Président Obama d'étendre la guerre au Pakistan voisin, et, dans le même temps, il négocie avec les Talibans, leur proposant même d'installer leur quartier général, à Ghaleh Moussa, cité stratégique du sud. Avouons-le, il y a là de quoi douter de toutes les louables intentions qui ont précédé le consensus occidental pour attaquer l'Afghanistan et en chasser le démon de l'intégrisme, le même démon qui se trouve transformé, aujourd'hui, comme par enchantement, en interlocuteur fiable.

"Le conflit afghan ne connaît pas de solution militaire.", aiment à répéter, depuis quelque temps, les dirigeants de Londres. Est-ce là une façon d'exiger la fin d'un conflit mortel pour un peuple en souffrance ou est-ce chercher le prétexte utile à rebattre les cartes et à rebâtir une nouvelle donne, quitte à replonger l'Afghanistan dans le fanatisme et l'obscurantisme?

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Mercredi 26 Novembre 2008


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