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PROCHE ORIENT
Michel Sleiman à Damas
Photo: agence Sana.sy
Il est bon d'œuvrer à l'assainissement des relations avec la Syrie mais il est encore meilleur, même vital que cet assainissement s'institutionnalise et qu'il serve de base à un partenariat stratégique. Cette considération primordiale a semblé prévaloir sur toutes les autres, tout au long de la visite historique qui a conduit ces deux derniers jours le Président Michel Sleiman à Damas. A Damas, Sleiman a su transcender les pseudo clivages exogènes, ébaucher un pacte d'amitié entre deux peuples dont les destinées, n'en déplaise aux occidentaux, sont inéluctablement liées. Il a donné son aval à un échange d'ambassadeurs, à la formation des comités spéciaux chargés d'examiner le nouveau tracé des frontières, au grand dam de ceux qui, pendant 60 longues années, ont tiré d'inimaginables profits géopolitiques des querelles fratricides syro-libanaises. L'histoire retiendra qu'en cet été 2008, Damas et Beyrouth ont renoué une relation qui n'aurait jamais du être autre qu'une synergie sans cesse renouvelée à l'effet de faire face aux crises qui secouent la région la plus stratégique de la planète. Anis Naghash, écrivain et analyste de renom, a raison de se réjouir de la normalisation des liens entre deux capitales. Il a raison car cet évènement vaut beaucoup plus qu'une normalisation diplomatique de routine. Il s'agit d'une reconnaissance mutuelle qui renforce le Liban mais aussi la Syrie en consacrant son retour sur la scène internationale après une période d'isolement imposée par la Maison Blanche. Pays placé sur le fameux "axe du mal", objet de la résolution 1.559 du Conseil de sécurité, la Syrie peut se féliciter aujourd'hui de n'avoir cédé ni au chantage ni aux menaces. Et rire tant qu'elle veut de ces stratèges américains et français qui croyaient pouvoir faire du Liban un éternel front de flamme anti-syrien. Entre 2005, année où l'axe Paris-Washington a poussé Damas à quitter le Liban et 2008 où ce même axe reconnaît l'indéniable nécessité de compter avec le facteur syrien, il n'y a que trois petits ans d'intervalle. C'est curieux chez certains occidentaux ce besoin de faire compliqué quand ils peuvent faire simple avec un peu de réalisme de plus et un peu d'arrogance de moins!
Vendredi 15 Août 2008
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