Palestine occupée

Meurtre Hariri : l’enquête avance lentement, un témoin à charge 'disparaît'



Dimanche 13 Avril 2008

Meurtre Hariri : l’enquête avance lentement, un témoin à charge 'disparaît'
La disparition d’un témoin à charge dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri vient jeter une l’ombre sur l’enquête internationale en cours, qui progresse toutefois lentement mais sûrement.

Où se trouve Mohammad Zouheir Assadiq ? Beaucoup se posent cette question au Liban après l’annonce du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner il y a trois jours que ce témoin syrien, qui résidait depuis 2005 en France, avait "disparu". Son ministère a indiqué ensuite que le témoin avait quitté son domicile en banlieue parisienne il y a près d’un mois.

Le frère de cet ancien membre des services de sécurité syriens est soudain apparu pour accuser la France et un ministre libanais d’avoir participé à sa "liquidation", ce que Paris a démenti "formellement". Contacté par l’AFP, le ministre libanais des Télécommunications Marwan Hamadé s’est abstenu de tout commentaire.

Un quotidien koweïtien a affirmé jeudi avoir été contacté par M. Assadiq, qui a assuré se cacher "en Europe".

Aussitôt, des membres de l’opposition libanaise soutenue par Damas et Téhéran ont mis en doute la crédibilité de l’enquête et du tribunal international établi pour juger les responsables du meurtre de Hariri, tué avec 22 autres dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth. "L’affaire d’Assadiq est un coup de poignard asséné par un Etat qui se dit garant (de la crédibilité) de l’enquête", a déclaré jeudi Hussein el-Khalil, conseiller politique du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

M. Assadiq, surnommé le "témoin roi", avait affirmé que l’ancien président libanais Emile Lahoud et le président syrien Bachar al-Assad avaient donné l’ordre d’assassiner Rafic Hariri. D’après Imad Assadiq, qui a adressé une lettre à la France lui demandant où se trouvait son frère, ce dernier "s’apprêtait à revenir" sur ces propos, "soutirés sous la pression et les menaces" de mort.

La Syrie est accusée par la majorité antisyrienne d’avoir commandité l’assassinat en février 2005 de ce richissime homme d’affaires devenu opposé à l’hégémonie de Damas, ancienne puissance de tutelle. "La France assume une grande responsabilité dans cette affaire car elle a accentué le mystère au lieu de l’éclaircir", affirme un analyste libanais sous couvert de l’anonymat. "Si Assadiq a quitté la France depuis un mois, pourquoi Paris n’a-t-il pas révélé cela plus tôt ?"

Selon des sources policières françaises et le chef de la Commission d’enquête, le Canadien Daniel Bellemare, M. Assadiq n’était pas assigné à résidence ni soumis au contrôle de la Commission. D’après l’observateur, "l’ambiguïté de cette affaire nourrit la suspicion envers l’enquête".

Celle-ci avance toutefois à pas mesurés. M. Bellemare a appelé mardi le Conseil de sécurité à patienter avant les premières inculpations et à prolonger son mandat pour pouvoir boucler ses travaux.

"Les inculpations ne sont pas pour demain, mais on n’attendra pas non plus des années", a affirmé de son côté à l’AFP Radhia Achouri, conseillère pour la communication au bureau des affaires légales des Nations unies, de passage à Beyrouth.

Neuf suspects détenus actuellement au Liban pourraient comparaître devant le tribunal international, qui siègera à la Haye.

Parmi eux quatre ex-responsables des services de sécurité libanais, en prison depuis près de trois ans dans cette affaire sans avoir été inculpés, ce qui a suscité les critiques de l’opposition, qui y ont vu une "politisation" de l’affaire.

La Syrie a accusé jeudi Washington d’utiliser le tribunal comme "moyen de pression" sur Damas et d’anticiper sur les résultats de l’enquête, en réponse à Condoleezza Rice, qui avait exclu mercredi tout marché avec la Syrie sur l’assassinat.

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Dimanche 13 Avril 2008

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