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Même pas drôle - Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy


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Mardi 29 Novembre 2016 - 08:00 LIVRE: Le Manifeste de la Raison Objective


En 170 pages, format poche, le dernier livre de Sébastien Fontenelle nous propose un utile travail de mémoire et de réflexion sur le pouvoir, l’engagement et le reniement, à partir d’un cas d’école : le cas Philippe Val, qui en constitue une figure trop belle, trop pure, trop gigantesque pour être vraie. Et pourtant il existe ! Ses reniements sont bien réels, et le premier mérite de Sébastien Fontenelle est de nous en remémorer quelques-uns – pas tous, le résultat n’aurait pas tenu en poche, et aurait davantage approché 1700 pages que 170 – et de collecter d’édifiants morceaux choisis de la prose valienne, tantôt vertigineusement stupides, tantôt prodigieusement méchants, souvent les deux, toujours formidablement réactionnaires et opportunistes. L’autre intérêt de ce livre, nous vous le laissons découvrir en l’achetant et en le lisant : c’est l’efficace commentaire qui accompagne ce corpus de citations valiennes, un commentaire aussi laconique, sobre et intelligent que son objet est bavard, caricatural et – redisons-le, car c’est hélas vrai – stupide. Aussi honnête aussi, sur le plan intellectuel, que Val est malhonnête. Aussi marrant enfin que Philippe est sinistre et que – comme l’indique bien le titre du livre – son parcours est lamentable. Voici donc l’introduction de ce livre utile... et drôle !


Sebastien Fontenelle
Samedi 25 Septembre 2010

Même pas drôle -  Philippe Val, de Charlie Hebdo à Sarkozy
« Il est intéressant de voir que l’intelligentsia se sent maintenant si à l’aise, qu’elle peut publier impunément de vrais mensonges qu’elle fabrique avec un style tout stalinien, en pensant, sans aucun doute avec raison, qu’elle est intouchable dans le climat actuel. » Noam Chomsky
« Je n’ai pas changé. »
Julio Iglesias
Ce sont les autres, qui ont changé. Pas Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo devenu en mai 2009 le directeur de France Inter. Certains de ses anciens camarades ont basculé vers le côté obscur de la Force. Lui, pas. Lui, non. Lui est resté fidèle à ses opinions. À ses convictions.
C’est du moins ce qu’il soutient dans un essai paru au mois d’octobre 2008, et que son éditeur présente comme un « document exceptionnel (…) qui fera grand bruit »  [1] – sans que nul cependant ne sache, comme le relèvera la journaliste Mona Chollet, « ce qu’il documente, exactement » [Mona Chollet, Les Éditocrates, La Découverte, 2009]].
Val écrit là, dès l’introduction, que, « de l’antiracisme à la lutte contre la peine de mort, le Front national et l’extrême droite catholique », il était, naguère, « en phase avec les positions, minoritaires, des intellectuels de gauche alors unanimes » – mais que, dès lors qu’il a ensuite « pris position publiquement pour une intervention au Kosovo en 1995 », qu’il s’est « révolté contre la forme ambiguë que prenait, chez certains », et de son point de vue, « l’adhésion à la cause palestinienne », et qu’il s’est « engagé pour l’adoption de la Constitution européenne », ses « choix ont rencontré la réprobation d’une partie du milieu intellectuel et politique » – de gauche, donc – dont il était, jusqu’alors, « plutôt proche ».
Pourtant, affirme-t-il, « c’est le même attachement aux droits de l’homme » qui l’a, quant à lui, « fait protester contre la peine de mort dans les années 1970 », puis « soutenir en 2005 (…) le traité constitutionnel européen ». Et c’est « le même antiracisme », qui le « fait haïr le Front national » et lui « rend insupportable le glissement de la critique de la politique israélienne à l’antisémitisme ».
Val est catégorique : « La démocratie a toujours été » son « échelle de valeurs », et sa « lutte », au fil des ans, « n’a pas changé ». Ce sont donc bien les autres – les anciens voisins d’engagement – qui ont « parfois » changé, devenant même, éventuellement, des « adversaires », dont le lecteur est invité à comprendre, par une simple déduction, qu’ils ne sont pas restés attachés aux droits de l’homme, eux ; et que la démocratie n’est (malheureusement) plus leur échelle de valeurs.
Pour le dire autrement : les adversaires de Val sont aussi les adversaires de la démocratie.
Pour le dire plus concisément : Val est la démocratie.
Dans la vraie vie, bien sûr : il a tout de même un peu évolué, au fil des années. Le chansonnier libertaire qui moquait naguère les travers des puissants est devenu, au fur et à mesure de son réalignement sur quelques normes idéologiques de l’époque, « de plus en plus complaisant avec les classes dominantes, leurs médias, leurs intellectuels organiques » ou de proximité, « et de plus en plus hautain, méprisant, voire haineux »  [2] à l’égard de ses « adversaires » – le mot est de lui, on l’a dit – et de ses contradicteurs.

P.-S.

Ce texte est extrait du livre de Sébastien Fontenelle, Même pas drôle (Éditions Libertalia, 2010), que nous recommandons vivement. Nous (lmsi.net) le reproduisons avec l’amicale autorisation de l’auteur.
/infoscomplementaires

Notes

[1] Philippe Val, Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous, Grasset, 2008.

[2] Cf. Mona Chollet, « L’obscurantisme beauf ».



Lundi 27 Septembre 2010


Commentaires

1.Posté par damien le 25/09/2010 17:51 | Alerter
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Philippe Val est un mec tellement minable qu'il mérite même pas qu'on s'interesse à lui

2.Posté par NORBERT le 25/09/2010 23:48 | Alerter
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VAL, FINKIELKRAUT, GLUKSMAN, BHL , KOUCHNER , DSK, SARKOZY AINSI QUE TOUS LEURS AMIS.. MEME COMBAT !

3.Posté par stef13 le 26/09/2010 04:07 | Alerter
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depuis que jean edern hallier est mort , pas une seule voie ne s'eleve pour conchier
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VAL, FINKIELKRAUT, GLUKSMAN, BHL , KOUCHNER , DSK, ces sous hommes qui travestissent lesideaux dont ils pretendent etre les tenant pour les assimiler a une epouvantable bouillie verbale si proche de la propagande nazie quelle donne lieu a vomir

4.Posté par Francesco le 26/09/2010 07:57 | Alerter
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Marionnette d'un bouffon, la marge de progression de ce pitre n'est pas immense.

5.Posté par pistache le 26/09/2010 09:25 | Alerter
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quand on retourne sa veste , c'est que l'on y a intéret ; sans doute vals profitte t'il de ces amitiés avec les puissants d'une manière ou d'une autre ; pas vu , pas pris ......

6.Posté par Pestifis le 29/09/2010 13:39 | Alerter
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« Je n’ai pas changé. »
Julio Iglesias
Hahahaha it made my day ...

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