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Samedi 04 Juillet 2009
13:18
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Medvedev hérite de la politique iranienne de Moscou
- J'aime autant vous le dire tout de suite, Dmitri Anatolievitch, l'Iran n'est pas un cadeau.
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Lundi 22 Juin 2009 - 09:31 LA BURKA EN OCCIDENT: Vers un choc inexorable des civilisations ? |
Jeudi 11 Juin 2009 - 09:38 IL ÉTAIT UNE FOIS L’ECOLE POLYTECHNIQUE : Histoire des sciences de l’ingénieur dans le pays |
Mercredi 14 Mai 2008
Par Piotr Gontcharov, RIA Novosti
Le décret sur les mesures à prendre en vue de mettre en application la résolution 1803 du Conseil de sécurité de l'ONU, signé par le président Poutine dans les derniers jours de son mandat, est loin d'être passé inaperçu. La Russie se rallierait-elle aux sanctions? Cela signifie-t-il qu'avec l'arrivée du nouveau président, la politique iranienne de Moscou va être revue au bénéfice de l'Occident?
Différentes versions ont même commencé à circuler. Selon l'une d'elles, en échange du ralliement de la Russie aux sanctions, Poutine aurait obtenu la signature par la Maison Blanche de l'Accord russo-américain sur le nucléaire civil. Ainsi les exportateurs russes de combustible nucléaire devraient pouvoir réaliser un vieux rêve, en recevant le droit de livrer aux Etats-Unis de l'uranium faiblement enrichi sans intermédiaires. Une autre version insiste sur la nécessité de débarrasser Dmitri Medvedev d'une procédure gênante mais indispensable.
Mais il eût été tout de même étonnant que la Russie, qui a participé à l'élaboration des sanctions et les a votées au Conseil de sécurité, ne s'y associe finalement pas. Dans ce cas précis, il était difficile de s'y rallier, mais tout simplement impossible de ne pas le faire.
Ce qu'il faut noter ici, c'est que Poutine avait d'avance rassuré Téhéran. A la veille de la passation de pouvoir, le secrétaire par intérim du Conseil de sécurité russe Valentin Sobolev, en visite dans la capitale iranienne, a transmis un message oral du chef de l'Etat russe au président Mahmoud Ahmadinejad: "La Russie réaffirme les principes régissant ses relations avec l'Iran, et sa politique ne dépend pas de qui se trouve aujourd'hui au pouvoir". Derrière les mots "ne dépend pas de qui se trouve aujourd'hui au pouvoir", il fallait comprendre "au pouvoir au Kremlin". L'Iran a donc reçu les garanties de continuité qui lui sont nécessaires dans le contexte de l'arrivée d'un nouveau président. A Moscou, on a bien remarqué avec quel soulagement Ahmadinejad a transmis en réponse ses félicitations à Poutine et Medvedev.
L'ambassadeur iranien à Moscou Gholamreza Ansari n'a certainement pas désigné la présidence de Poutine comme "la période dorée" des relations russo-iraniennes par hasard. Son excellence a raison. Pour l'Iran, cette période est sans conteste "dorée". Et pas seulement parce que sous Poutine a été élaboré un accord bilatéral économique et commercial portant sur dix ans qui, il est vrai, n'a été réalisé qu'à moitié, dans une grande mesure en raison de la passivité de la partie iranienne.
La réalisation du projet de construction de la centrale nucléaire de Bouchehr est à mettre à l'actif de l'ex-président russe. C'est bien Poutine qui a forcé l'Iran à accepter de rendre le combustible nucléaire usagé et à signer le Protocole additionnel au Traité de non-prolifération, ce qui, même en partie, a levé dans une certaine mesure les préoccupations de la communauté internationale quant à la centrale de Bouchehr, et a ouvert la porte à l'achèvement du chantier.
Poutine a également proposé de créer sur le territoire russe un centre international d'enrichissement de l'uranium, qui aurait pu être utilisé notamment par l'Iran. Cette idée a donné aux experts de l'AIEA et aux négociateurs internationaux l'espoir de réussir à convaincre Téhéran ne serait-ce que de décréter un moratoire sur son programme d'enrichissement de l'uranium, et a laissé entrevoir des possibilités de résoudre le problème nucléaire iranien par la voie diplomatique.
Enfin, sous Vladimir Poutine, l'Iran a réussi à relever sensiblement son statut en Asie centrale, en devenant observateur au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai, et même un sérieux candidat à l'adhésion. Grâce à Moscou, on a du mal à concevoir aujourd'hui l'avancement de la majorité des projets centrasiatiques, y compris en Afghanistan, sans la participation de l'Iran.
A cela il faut également ajouter que l'Iran est un partenaire stratégique naturel de la Russie dans des régions d'une importance vitale pour Moscou, à savoir le Caucase, la Caspienne et l'Asie centrale, ainsi que dans la sphère énergétique, en particulier en ce qui concerne le gaz. On ne constate ici aucune confrontation des intérêts russes et iraniens. Au contraire, ils convergent et se complètent dans presque toutes les variantes de développement de la situation. On ne se débarrasse pas de tels partenaires. On y fait attention.
Tout cela est un plus indiscutable dans les relations de la Russie avec l'Iran, sur la base duquel l'administration du nouveau président assurera une politique de continuité. Mais ce n'est pas une garantie suffisante pour affirmer que le ciel sera sans nuages entre les deux pays. Il y a des problèmes, et ils sont bien connus. Le premier d'entre eux est justement le programme nucléaire de l'Iran, qui s'est transformé en casse-tête pour Moscou.
Pour parler franchement, on a l'impression que Téhéran spécule sur la volonté de la Russie de résoudre le problème nucléaire iranien exclusivement par la voie diplomatique. Par exemple, on sait bien dans la capitale iranienne que les fameuses sanctions préparées avec la participation de la Russie sont largement compensées par un "paquet de propositions positives envers l'Iran", sur l'élaboration duquel a insisté Moscou. D'un autre côté, et on ne comprend pas bien pourquoi, Téhéran continue de faire semblant de ne pas remarquer que le champ des arguments de la Russie en faveur des moyens diplomatiques se réduit comme peau de chagrin après chaque nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
C'est pourquoi il n'est pas exclu que sous la nouvelle administration, Moscou pose de nouvelles conditions à Téhéran par rapport à son programme nucléaire. Et il ne s'agira en aucun cas d'un changement de politique après un changement de président. Tout simplement, le temps passe. En repoussant les appels à revenir à la table des négociations aux conditions du Conseil de sécurité, Téhéran fait du renforcement des sanctions à son encontre, fût-ce jusqu'à l'isolation, le seul moyen de régler le problème. Et quoi que fasse Moscou, les sanctions sont toujours là.
Le programme nucléaire iranien n'est pas le seul problème suscitant l'inquiétude de la communauté internationale, il est loin d'être le seul "détail" que Moscou ne peut ignorer. L'Iran se démarque également par son programme de développement de missiles, la rhétorique anti-israélienne de ses dirigeants, et sa position douteuse dans le règlement du conflit israélo-palestinien.
Téhéran attend néanmoins du troisième président russe Dmitri Medvedev qu'il poursuive dans ses relations avec l'Iran tout ce qui a été entamé sous Vladimir Poutine. La continuité, bien sûr, sera là. Mais dans le cadre d'un ensemble d'engagements mutuels déterminés.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
Le décret sur les mesures à prendre en vue de mettre en application la résolution 1803 du Conseil de sécurité de l'ONU, signé par le président Poutine dans les derniers jours de son mandat, est loin d'être passé inaperçu. La Russie se rallierait-elle aux sanctions? Cela signifie-t-il qu'avec l'arrivée du nouveau président, la politique iranienne de Moscou va être revue au bénéfice de l'Occident?
Différentes versions ont même commencé à circuler. Selon l'une d'elles, en échange du ralliement de la Russie aux sanctions, Poutine aurait obtenu la signature par la Maison Blanche de l'Accord russo-américain sur le nucléaire civil. Ainsi les exportateurs russes de combustible nucléaire devraient pouvoir réaliser un vieux rêve, en recevant le droit de livrer aux Etats-Unis de l'uranium faiblement enrichi sans intermédiaires. Une autre version insiste sur la nécessité de débarrasser Dmitri Medvedev d'une procédure gênante mais indispensable.
Mais il eût été tout de même étonnant que la Russie, qui a participé à l'élaboration des sanctions et les a votées au Conseil de sécurité, ne s'y associe finalement pas. Dans ce cas précis, il était difficile de s'y rallier, mais tout simplement impossible de ne pas le faire.
Ce qu'il faut noter ici, c'est que Poutine avait d'avance rassuré Téhéran. A la veille de la passation de pouvoir, le secrétaire par intérim du Conseil de sécurité russe Valentin Sobolev, en visite dans la capitale iranienne, a transmis un message oral du chef de l'Etat russe au président Mahmoud Ahmadinejad: "La Russie réaffirme les principes régissant ses relations avec l'Iran, et sa politique ne dépend pas de qui se trouve aujourd'hui au pouvoir". Derrière les mots "ne dépend pas de qui se trouve aujourd'hui au pouvoir", il fallait comprendre "au pouvoir au Kremlin". L'Iran a donc reçu les garanties de continuité qui lui sont nécessaires dans le contexte de l'arrivée d'un nouveau président. A Moscou, on a bien remarqué avec quel soulagement Ahmadinejad a transmis en réponse ses félicitations à Poutine et Medvedev.
L'ambassadeur iranien à Moscou Gholamreza Ansari n'a certainement pas désigné la présidence de Poutine comme "la période dorée" des relations russo-iraniennes par hasard. Son excellence a raison. Pour l'Iran, cette période est sans conteste "dorée". Et pas seulement parce que sous Poutine a été élaboré un accord bilatéral économique et commercial portant sur dix ans qui, il est vrai, n'a été réalisé qu'à moitié, dans une grande mesure en raison de la passivité de la partie iranienne.
La réalisation du projet de construction de la centrale nucléaire de Bouchehr est à mettre à l'actif de l'ex-président russe. C'est bien Poutine qui a forcé l'Iran à accepter de rendre le combustible nucléaire usagé et à signer le Protocole additionnel au Traité de non-prolifération, ce qui, même en partie, a levé dans une certaine mesure les préoccupations de la communauté internationale quant à la centrale de Bouchehr, et a ouvert la porte à l'achèvement du chantier.
Poutine a également proposé de créer sur le territoire russe un centre international d'enrichissement de l'uranium, qui aurait pu être utilisé notamment par l'Iran. Cette idée a donné aux experts de l'AIEA et aux négociateurs internationaux l'espoir de réussir à convaincre Téhéran ne serait-ce que de décréter un moratoire sur son programme d'enrichissement de l'uranium, et a laissé entrevoir des possibilités de résoudre le problème nucléaire iranien par la voie diplomatique.
Enfin, sous Vladimir Poutine, l'Iran a réussi à relever sensiblement son statut en Asie centrale, en devenant observateur au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai, et même un sérieux candidat à l'adhésion. Grâce à Moscou, on a du mal à concevoir aujourd'hui l'avancement de la majorité des projets centrasiatiques, y compris en Afghanistan, sans la participation de l'Iran.
A cela il faut également ajouter que l'Iran est un partenaire stratégique naturel de la Russie dans des régions d'une importance vitale pour Moscou, à savoir le Caucase, la Caspienne et l'Asie centrale, ainsi que dans la sphère énergétique, en particulier en ce qui concerne le gaz. On ne constate ici aucune confrontation des intérêts russes et iraniens. Au contraire, ils convergent et se complètent dans presque toutes les variantes de développement de la situation. On ne se débarrasse pas de tels partenaires. On y fait attention.
Tout cela est un plus indiscutable dans les relations de la Russie avec l'Iran, sur la base duquel l'administration du nouveau président assurera une politique de continuité. Mais ce n'est pas une garantie suffisante pour affirmer que le ciel sera sans nuages entre les deux pays. Il y a des problèmes, et ils sont bien connus. Le premier d'entre eux est justement le programme nucléaire de l'Iran, qui s'est transformé en casse-tête pour Moscou.
Pour parler franchement, on a l'impression que Téhéran spécule sur la volonté de la Russie de résoudre le problème nucléaire iranien exclusivement par la voie diplomatique. Par exemple, on sait bien dans la capitale iranienne que les fameuses sanctions préparées avec la participation de la Russie sont largement compensées par un "paquet de propositions positives envers l'Iran", sur l'élaboration duquel a insisté Moscou. D'un autre côté, et on ne comprend pas bien pourquoi, Téhéran continue de faire semblant de ne pas remarquer que le champ des arguments de la Russie en faveur des moyens diplomatiques se réduit comme peau de chagrin après chaque nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
C'est pourquoi il n'est pas exclu que sous la nouvelle administration, Moscou pose de nouvelles conditions à Téhéran par rapport à son programme nucléaire. Et il ne s'agira en aucun cas d'un changement de politique après un changement de président. Tout simplement, le temps passe. En repoussant les appels à revenir à la table des négociations aux conditions du Conseil de sécurité, Téhéran fait du renforcement des sanctions à son encontre, fût-ce jusqu'à l'isolation, le seul moyen de régler le problème. Et quoi que fasse Moscou, les sanctions sont toujours là.
Le programme nucléaire iranien n'est pas le seul problème suscitant l'inquiétude de la communauté internationale, il est loin d'être le seul "détail" que Moscou ne peut ignorer. L'Iran se démarque également par son programme de développement de missiles, la rhétorique anti-israélienne de ses dirigeants, et sa position douteuse dans le règlement du conflit israélo-palestinien.
Téhéran attend néanmoins du troisième président russe Dmitri Medvedev qu'il poursuive dans ses relations avec l'Iran tout ce qui a été entamé sous Vladimir Poutine. La continuité, bien sûr, sera là. Mais dans le cadre d'un ensemble d'engagements mutuels déterminés.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
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