Politique Nationale/Internationale

Mécanisme à trois étapes de Noam Chomsky pour le dossier nucléaire iranien


Noam Chomsky, professeur à l'Université de Massachusetts, a analysé la position hostile des Etats-Unis vis-à-vis du programme nucléaire civil de la RII. Dans un article publié dans le quotidien britannique "The Guardian", Chomsky a proposé un mécanisme à trois étapes qui consiste essentiellement sur la fin des menaces proférées par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.


IRIB
Mardi 20 Juin 2006







Dans cet article publié dans le numéro du 19 juin du Guardian, Noam Chomsky a écrit : "Avant 1979, à l'époque où le Chah avait de bonne relations avec Washington, les Etats-Unis soutenait les ambitions nucléaires de Téhéran, mais aujourd'hui, la Maison Blanche prétend que l'Iran, doté d'immenses réserves pétrolières, n'a pas besoin de l'énergie nucléaire."

Evoquant la contradiction qui caractérise la position des Etats-Unis vis-à-vis du dossier nucléaire iranien, Chomsky écrit : "Dans sa tribune publié par Washington Post, Henry Kissinger avait prétendu qu'un grand pays producteur de pétrole, comme l'Iran n'avait aucunement besoin d'autres sources d'énergie. Cependant, il y a trente ans, lorsqu'il était adjoint du Secrétaire d'Etat, sous Gerald Ford, il croyait curieusement que l'économie iranienne devait se doter de l'énergie nucléaire, pour que le pays puisse exporter une plus grande partie de ses réserves pétrolières."

Dans une autre partie de son article, Noam Chomsky a évoqué le précédent des interventions de l'Occident dans les affaires intérieures de l'Iran, surtout le coup d'Etat fomenté par les Etats-Unis et la Grande Bretagne contre le gouvernement légal de Mohammad Mossadegh, en 1953, et leur soutien tous azimuts au régime de Saddam Hussein, de 1980 à 1988 : "Les Iraniens, écrit-il, n'ont jamais oublié l'hostilité des puissances occidentales." Chomsky écrit qu'en mai 2003, le gouvernement réformateur de Seyyed Mohammad Khatami avait proposé un mécanisme diplomatique à la Maison Blanche pour résoudre les problèmes entre les deux pays afin de normaliser les relations Téhéran-Washington, mais le gouvernement de George W. Bush a rejeté ce plan. Quant aux entraves mises par les Etats-Unis au processus des négociations nucléaires, Noam Chomsky écrit : "Un an plus tard, en 2004, L'Iran et l'Union européenne se sont mis d'accord sur la suspension provisoire de l'enrichissement d'uranium en Iran, en échange des garanties concrètes de la part des Occidentaux en matière de sécurité, d'autant plus que les Etats-Unis et le régime sioniste menaçaient Téhéran d'intervention militaire. Mais sous les pressions des Américains, l'Union européenne est revenue sur ses positions, et l'Iran a repris l'enrichissement d'uranium."

Chomsky analyste ensuite les activités de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), et il évoque que le Directeur général de l'AIEA, Mohammad El-Baradeï avait proposé en 2003, pour la première fois, un plan pour l'application totale d'une résolution de l'Organisation des nations Unies, ratifiée en 1993, pour l'interdiction de la production des matières fissibles. Selon ce plan, la production de toutes les matières nucléaires doit s'effectuer sous par supervision internationale. Chomsky écrit : "Seul un pays a accepté cette proposition : c'est l'Iran. Le Secrétaire du conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Ali Laridjani a l'annoncé lors d'une conférence de presse, tandis que Bush a rejeté cette proposition."

Plus loin, Noam Chomsky a écrit : "La commission de désarmement de l'ONU a ratifié en novembre 2004 l'interdiction de la production des matières fissibles avec 147 voix pour, et seul les Etats-Unis ont voté contre cette décision."

Enfin Chomsky propose un mécanisme à trois étapes pour résoudre les différends autour du dossier nucléaire iranien. Dans une première étape, Chomsky propose la fin des menaces proférées par les Etats-Unis et Israël à l'encontre de la RII. En second lieu, il propose l'application des résolutions onusiennes sur l'interdiction de la production des matières fissibles, et enfin, en dernier lieu, Chomsky insiste sur la nécessité de l'application totale de l'article 3 du Traité de non-prolifération nucléaire, portant sur la coopération de tous les pays membres dans le cadre de la dénucléarisation.

Selon Noam Chomsky, ce mécanisme pourrait calmer les tensions autour du dossier nucléaire iranien. Il donne raison au Directeur général de l'AIEA qui a déclaré explicitement qu'il n'y a aucune solution militaire pour la crise actuelle. D'après lui, seul le dialogue pourrait résoudre les problèmes.


Mardi 20 Juin 2006

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