Géopolitique et stratégie

Macron et le franc CFA. Pérégrinations africaines récréatives d'un banquier-président


Macron et le franc CFA.

C’est vrai que la coordination d’une banque centrale africaine serait un outil de développement. Certains pays se débrouillent mieux que d’autres. Certains sont plus dépendants et plus corrompus que d’autres. Mais, je ne vois pas pourquoi ces pays, aussi élastique et discutable que soit leur « souveraineté », devraient continuer à dépendre d’une autorité monétaire étrangère, un peu comme s’ils étaient encore mineurs, incapables de s’assumer, alors que leurs concitoyens sont traités de la manière que chacun peut observer tous les jours à Panam.

Et s'ils ont des problèmes, c'est leurs problèmes. Le paternalisme, basta!

L’esclavage dénoncé en Libye est d’abord la conséquence directe de l’intervention de la France Sarkozyenne, britannique et américaine qui a abouti à l'assassinat d'un chef d'Etat et à la destruction une nation souveraine. Il n'y a plus de Libye, comme il n'y a plus d'Afghanistan, ni d'Irak, ni de Soudan, ni de Mali, ni de Niger, ni d'Egypte (vive les coups d'Etat militaires légitimes!), ni de...

Y a-t-il encore une... France?
Je sais que cette question va faire chialer plein de larbins de naissance par chez nous, incapables de se défaire de leur laisse... De vraies noix de coco. "Peaux noires et masques blancs" reprenait F. Fanon, un de nos martyrs. A. Césaire n'en pensait pas moins.

Ensuite, qui oublierait le sort fait aux naufragés qui arrivent dans l’état que l’on sait sur les rives de l’Europe et qui ne voit pas que c’est l’Europe qui pousse à maintenir ces migrants en Libye dans l’état que les hypocrites dénoncent.

La France n’a pas été foutue de garder sa propre monnaie. Pourquoi les Africains devraient se coltiner encore un instrument de domination coloniale contrôlé, des décennies après les indépendances, par le Trésor français.

Djeha,
Mardi 28 novembre 2017


Djeha
Mercredi 29 Novembre 2017

Macron et le franc CFA. Pérégrinations africaines récréatives d'un banquier-président
Macron se dit totalement ouvert sur l'avenir du franc CFA
Reuters le mardi 28/11/2017 à 15:51

OUAGADOUGOU (Reuters) - Emmanuel Macron s'est déclaré mardi totalement ouvert sur la question de l'avenir du franc CFA, son périmètre, son nom et son existence même.

"N'ayez pas sur ce sujet une approche bêtement post-coloniale ou anti-impérialiste, ça n'a aucun sens, ça n'est pas de l'anti-impérialisme, ce n'est pas vrai", a répondu le président français à un étudiant qui l'interpellait sur ce sujet lors d'un échange à l'université de Ouagadougou (Burkina Faso). "C'est une bonne chose pour un aspect, ça donne de la stabilité à ceux qui l'ont", a-t-il ajouté.

Quant à l'avenir, "la France accompagnera la solution qui sera portée par vos dirigeants", a-t-il dit. "J'accompagnerai la solution qui sera portée par l'ensemble des présidents de la zone franc." "S'ils veulent en changer le périmètre, j'y suis plutôt favorable. S'ils veulent en changer le nom, j'y suis totalement favorable. Et s'ils veulent, s'ils considèrent qu'il faut même supprimer totalement cette stabilité régionale et que c'est mieux pour eux, moi je considère que c'est eux qui décident et donc je suis favorable."

Héritage de la colonisation, le franc CFA est une monnaie partagée par 14 pays d'Afrique subsaharienne plus les Comores, et qui est liée par une parité fixe à l'euro.

En contrepartie de sa convertibilité illimitée garantie par la France, les banques centrales de la zone franc sont tenues de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français.

Les critiques à l'égard de ce dispositif, notamment le niveau de sa parité avec l'euro, se multiplient ces dernières années sur fond de déséquilibres entre les pays d'Afrique de l'Ouest et ceux d'Afrique centrale, une zone frappée de plein fouet par le recul des cours du pétrole et des matières premières.

Lors de leur dernière réunion à Paris début octobre, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de la zone avaient éludé le débat.

"Ce n'était pas à l'ordre du jour, même si on réfléchit, on discute, parce il n'y a pas de relation figée", a déclaré à cette occasion le ministre sénégalais des Finances Amadou Ba.

(Marine Pennetier à Ouagadougou, Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou à Paris, édité par Yves Clarisse)

Manifestations en Afrique d'opposants au franc CFA
AFP le D. 17/09/2017 à 18:50

Plusieurs centaines de manifestants se sont réunis samedi dans plusieurs villes d'Afrique francophone, à l'appel du mouvement Urgences panafricanistes, pour dire non au franc CFA, qui selon eux "empêche le développement", sur fond d'une polémique qui gagne notamment le Sénégal et le Bénin.

Deux cents personnes se sont réunies à Cotonou, la capitale économique du Bénin, quatre cents à Dakar (Sénégal) et un nombre beaucoup plus insignifiant à Libreville (Gabon) où la manifestation a été aussitôt dispersée ainsi qu'à Bamako (Mali).

"On ne peut pas se dire souverains et dépendre d'une monnaie comme le franc CFA", a déclaré à l'AFP à Dakar, Simon Kouka, responsable de groupe de société civile sénégalaise Y'en a marre. "La souveraineté implique avoir sa propre monnaie."

"Le franc CFA nous empêche de nous développer", affirme Keeman Diouf, qui se présente comme artiste et ouvrier. Il a fait sensation samedi en avalant un billet de 500 francs CFA.

Ce geste de provocation fait écho au geste polémique de Kémi Seba, militant de la cause noire plusieurs fois condamné en France pour incitation à la haine raciale, qui avait brûlé publiquement le mois dernier un billet de 5.000 francs CFA (7,6 euros).

Début septembre, Kemi Séba, de son vrai nom Stellio Capochichi, avait été expulsé en France pour "menace grave à l'ordre public".
Dans son pays d'origine, au Bénin, l'appel à manifester contre la monnaie que partage 14 pays d'Afrique francophone, a rassemblé quelque 200 personnes, selon un journaliste de l'AFP.

"C'est un handicap sociologique, économique, politique et social", a déclaré Amadidjè Sèmevo Mondésir, qui se désigne comme +premier ambassadeur+ au mouvement Non au franc CFA. "Il s'agit du combat de la jeunesse et de l'Afrique".

En effet, le mouvement populaire réunit essentiellement des jeunes qui dénoncent l'héritage colonial, même si dans le milieu des économistes les avis restent partagés sur ce vieux débat.

Interrogé par l'AFP, le Béninois Lionel Zinsou, de visite à Libreville à l'occasion d'un séminaire gouvernemental, a défendu le franc CFA.

Le candidat malheureux à la dernière présidentielle au Bénin, accusé par ses détracteurs d'être trop proche de l'ancienne colonie française, a regretté que la question du franc CFA soit perçue comme "un tête-à-tête entre la France et l'Afrique, la dernière phase de la colonisation."

Selon lui, la stabilité d'une monnaie "commune" est plus importante que les débats "populistes" et les questions de "narcissisme politique", citant la Côte d'Ivoire comme succès économique.

Monnaie commune pour environ 155 millions d'habitants, le franc CFA est accusé par ses détracteurs de favoriser les intérêts de la France, ex-puissance coloniale, tandis que ses défenseurs soulignent l'importance d'une monnaie commune stable, à la différence du naira nigérian ou du rand sud-africain, monnaies flottantes, qui souffrent de la chute des cours des matières premières, calculées sur la base du dollar.


Mercredi 29 Novembre 2017


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