Politique Nationale/Internationale

MURTHA APPELLE À UN CHANGEMENT DE POLITIQUE EN IRAK


Le député démocrate John Murtha, qui avait provoqué un choc à la Chambre des représentants, le 17 novembre, en appelant à l’établissement d’un calendrier pour le retrait des troupes d’Irak, est revenu à la charge dans une interview à National Public Radio le 1er décembre.


Mercredi 7 Décembre 2005




Indiquant qu’il avait reçu beaucoup de soutien pour son appel, il souligna la nécessité de « changer de cap ». En référence au discours sur l’Irak prononcé par le président Bush le 30 novembre, il estima que « son dernier plan n’est pas un plan. C’est encore et toujours la même rengaine. Quand je me rends dans les hôpitaux et que je vois des soldats criblés de balles, je me rends compte de la nécessité de changer de cap. C’est ce que j’ai proposé. »

La situation actuelle en Irak est intenable, dit-il, car « nous sommes arrivés au point où nos troupes sont la cible de l’insurrection. (...) Si vous considérez le scénario idyllique que le Président tente de décrire, et bien, rien de tout cela n’est exact. Il est facile d’être ici, assis dans un bureau climatisé, et de dire qu’il faut continuer sa route, mais laissez-moi vous dire quelque chose. Ce sont les soldats sur le terrain qui souffrent. »

A la question de savoir si un retrait provoquerait la guerre civile, Murtha répondit : « Nous sommes déjà au milieu d’une guerre civile. » Il y a des officiers, dit-il, qui lui confient ce qu’ils n’osent pas dire en public. Pourquoi donc ? « Les officiers ont peur de dire quoi que ce soit (...) de peur d’être renvoyés ». Il rappela à ce propos le renvoi du général Shinseki, ancien chef d’état-major de l’Armée qui avait déclaré, contrairement aux estimations illusoires de Rumseld et Cheney, qu’il faudrait déployer 200 000 soldats en Irak.

Au sujet du « processus politique » en cours en Irak, tant vanté par certains politiciens, Murtha se référa à la guerre du Vietnam. « Le secrétaire à la Défense MacNamara pensait la même chose en 1963. Il disait que ce serait fini dans deux ans. Lyndon Johnson répétait à l’envi que tout se passait bien. Il disait qu’on (...) avait éduqué beaucoup de [Vietnamiens] pendant la guerre. On entend la même chose aujourd’hui. Il ne suffit pas de le dire pour que cela arrive. »

En conclusion, Murtha estime qu’il ne restera plus beaucoup de troupes américaines stationnées en Irak d’ici la fin de l’année prochaine. A cet égard, les élections de 2006 pourraient constituer une échéance décisive.


Solidarité et progrès


Mercredi 7 Décembre 2005

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires