Politique Nationale/Internationale

MARC D'ANNA ALIAS Alexandre Del Valle


A force de lire ici et ailleurs qu'on présente Del Valle comme un soit disant politologue de renom, il est temps de connaître ce personnage. Donc la prochaine fois que vous voyez qu'un site internet fait son éloge vous saurez à quoi vous attendre !


Hakim.boufrioua@free.fr
Jeudi 30 Mars 2006

Présentation

Alexandre Del Valle auteur du livre "La Turquie dans l’Europe : un cheval de Troie islamiste" fait souvent partie des émissions sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Cet homme qui fait le tour des plateaux de TV et écrit dans les journaux respectés est un dangereux individu pour tout citoyen respectueux des valeurs démocratiques.

Alexandre Del Valle, présenté comme géopoliticien, transfuge de l’extrême droite, tel que le révèle une étude minutieuse de René Monzat journaliste à Ras l’front, est apparu régulièrement sur les chaînes de télévision au lendemain de l’acte terroriste contre les tours de New-York. Il semble depuis lors, beaucoup moins présent dans l’univers télévisuel. Del Valle a rejoint l’UMP, où sa fraction s’est présentée à la présidence de cette même organisation, avec l’objectif évident de noyauter ce parti autour de thèses ultra-libérales inspirées par les faucons américains et cimentées par le délire du choc des civilisations, ceci dans le but d’infléchir une politique française jugée trop pro-arabe. C’est cette aversion de l’islam et du monde arabo-musulman qui fait de Del Valle la référence idéologique de toute une mouvance extrême, violement hostile à la politique française de droite ou de gauche en ce qui concerne les relations avec le monde arabe. A l’évidence, les développements de l’intéressé sur l’islam relèvent plus de ses liens idéologiques antérieurs, que de la rationalité du chercheur « géopoliticien » spécialiste de l’islam (spécialité semble t’il contestée dans la profession ( !). Nous découvrirons mieux son arabophobie en le citant : Sous son vrai nom, Marc d’Anna, (il semble multiplier les identités au gré de ses fluctuations politiques ( !)

Alexandre Del Valle, interview ainsi l’ancien ministre Messmer sur le site ultralibéral « nouvelle liberté » :
MdA : Pensez-vous que la France, en tant que nation historique, est en danger de mort, notamment à cause d’une immigration pléthorique que nous avons du mal à assimiler, voire même à intégrer ?
On remarquera le sérieux du chercheur, qui dans sa question, suscite déjà la réponse : il y a immigration pléthorique, de plus celle-ci est difficilement intégrable et porte en elle la « mort de la France ». C’est là un thème permanent de Del Valle qui résonne comme l’écho des déclarations anti-immigrés du FN ou du MNR, mais là n’est pas encore le pire ( !). Les fréquentations internationales de Del Valle (Marc d’Anna) sont extrêmement significatives de sa sensibilité politique profonde, quand bien même aurait-il revêtu les habits plus présentables de la droite parlementaire. La lecture du site de la Padania, journal du mouvement d’extrême droite xénophobe et antisémite, « la ligue Lombarde », révèle les sympathies de Del Valle envers ce mouvement d’extrême droite populiste.
Au contact de l’extrême droite transalpine, Del Valle débride le langage policé du « géopoliticien » comme l’extrait suivant peut en faire la démonstration.
LA PADANIA : Mais le Pen peut être défini vraiment comme un fasciste ?
DEL VALLE : Non, le Pen n’est pas un fasciste. C’est une pure propagande de ses adversaires. Le chef du Front National même s’est défini en diverses occasions antifasciste. C’est un nationaliste français, Le Pen est un souverainiste, un politicien qui veut défendre la souveraineté nationale française contre les ingérences extérieures, l’immigration sauvage ou un super état européen...... Les trotskystes, les communistes révolutionnaires et les groupes d’extrémistes de gauche utilisent la figure diabolisée du Pen pour déchaîner des tumultes et inaugurer une situation insurrectionnelle.

Le brevet de respectabilité décerné à l’éditeur des chants du III Reich, après le séisme politique des dernières élections présidentielles, est particulièrement édifiant. Cette interview accrédite la thèse d’un Le Pen, « souverainiste » bon teint, en regard d’une gauche-« socialocommuniste-gauchiste » préparant une situation insurrectionnelle au nom de l’antifascisme. Ses confidences à la Padania semblent cependant peu en conformité avec les positions de l’UMP dont il briguait la vice-présidence ainsi qu’à celles d’un président de la république qui a largement bénéficié du sursaut républicain des électorats de gauche et de droite. Del Valle, contre le sentiment de l’écrasante majorité des français, participe, de fait, à une opération de blanchiment des idées brunes, en faisant de Le Pen un « antifasciste ».
Dans cette interview, il procède donc à une la hiérarchisation des risques. L’islam et les populations arabo-musulmanes sont considérés comme des risques majeurs, là où l’homme du détail de l’histoire n’est plus qu’un simple souverainiste, victime de la « pure propagande » de ses adversaires.
Quand Del Valle alimente idéologiquement les cercles d’extrême droite :
Il est tout naturellement, devenu la ressource intellectuelle commune à une kyrielle de sites internet d’extrême droite ou très droitiers.
Ainsi Bruno Mégret, leader d’un MNR, qui draine un aréopage de racistes et d’antisémites issus du club de l’horloge, de la droite païenne, du Gud et de diverses mouvances similaires, puise ses références documentaires dans l’oeuvre de Del Valle.
Mais plus à droite encore, vous trouverez une abondance de ses textes. sur les sites de la nébuleuse sos-racaille-aipj (qui fait l’objet d’un dossier spécifique du MRAP), ou sur les autres lieux virtuels de même nature.

Un passé pas si lointain

René Monzat de Ras l’front, dans son étude révèle que Del Valle (Marc d’Anna), a collaboré régulièrement, dans les années 94 à 97, à une revue païenne d’extrême droite « Muninn » de même qu’il a assuré plusieurs conférences dans les cercles d’extrême droite. Monzat rappelle que des passages de Marc d’Anna, édités primitivement dans ces revues extrémistes, ont été repris ultérieurement dans ses ouvrages parus en librairie après les avoir expurgés de contenus douteux qui pouvaient gêner l’entrisme au sein de la droite classique ou l’établissement de passerelles avec certains milieux communautaristes.
La régularité et la fréquence des publications et conférences dans ces diverses mouvances attestent, contrairement aux déclarations du « géopoliticien », qu’il ne s’est pas fait « piéger » occasionnellement, mais qu’il est bien, aujourd’hui comme hier, une référence idéologique de l’extrême droite. Il suffit de parcourir les sites de cette dernière.

Le fascisme « vert »

Sous couvert d’une spécialité en géopolitique, (il est affublé aussi des titres d’essayiste, chroniqueur, spécialiste en violences urbaines !...). Del Valle développe une argumentation simpliste que l’on résumera en une formule : « le monde judéo-chrétien est menacé par le fascisme vert ».
Arrêtons nous un instant sur cette formule, « fascisme vert », largement reprise aujourd’hui par l’extrême droite. S’il ne s’agissait que de dénoncer le fascisme des intégristes musulmans, nul n’y verrait de désaccord, la contestation des religions est un droit, et l’histoire tumultueuse de celles-ci mérite un examen critique. Mais dans le cas présent, « vert » est la couleur de l’islam. C’est donc à toute une religion et ses croyants que Del Valle déclare sa guerre sainte.
Il a beau jouer de l’ambiguïté et feindre parfois de ne viser que l’islamisme intégriste, le concept de « fascisme vert », ne représente, de fait, qu’un maquillage de la diabolisation de l’ensemble des populations arabo-musulmanes.
Il suffit d’analyser ses textes : de Kaboul aux banlieues françaises il s’agit pour lui de lutter contre un même ennemi, l’islam. Les imprécations, la vision apocalyptique, du « péril vert sont mises au service de la théorie du « choc des civilisations »
« Mais le Pakistan est surtout le lieu de naissance et la base arrière de deux parmi les plus importantes organisations islamistes du monde sunnite : premièrement, leurs sectes prosélytes vont fanatiser les Musulmans jusque dans nos " banlieues de l’Islam » (relevé sur le site communautaire : sepharad.org. C’est là une constante de l’intéressé, elle consiste à établir un lien permanent entre le Pakistan ou l’Afghanistan et les banlieues de nos villes. Sur son site www.geo-islam.org aujourd’hui fermé, Del Valle précisait, qu’il ne fait aucune distinction entre intégristes islamistes et musulmans. Il écrivait ainsi le 07-09-1997

« Mahomet ou le premier islamiste »

Ce site geo-islam était d’ailleurs très révélateur des théories de Del Valle qui n’ont rien à envier à celles du front national et du MNR. Del Valle invitait à conclure en une menace musulmane sur l’occident chrétien et donc sur la France. Vous noterez dans l’extrait qui suit le fantasme sous-jacent de l’invasion due à la « formidable vitalité démographique » des musulmans, habillage sémantique prudent, car nous verrons plus loin que d’autres extrémistes assimilent la natalité des populations arabo-musulmanes à celle des rats. Le 26 03 2000 dans géo-islam : La Troisième invasion musulmane en Europe - Dans leur entreprise de conquête du monde, les Islamistes rendent grâce au Très Haut d’avoir permis à des millions de Musulmans non européens de venir s’installer dans les pays industrialisés d’Europe - Grâce à la formidable vitalité démographique des Musulmans installés dans les pays d’accueil, les Islamistes comprenaient qu’ils allaient peut être pouvoir, à terme, réussir pacifiquement là où ils avaient jadis échoué militairement - Ensuite, les communautés musulmanes d’Europe peuvent constituer, l’embryon noyau d’une future société européenne totalement islamisée - Aussi l’islam européen et modéré - compatible avec les institutions républicaines ou laïques -, tant vanté par nos responsables religieux et politiques, constitue-t-il une totale duperie. Sous prétexte de dérives extrémistes, le vert de l’islam devient donc synonyme de fascisme, la France et le monde occidental constituant les cibles de millions de « taupes » immigrées, alors qu’une cinquième colonne prolifique cherche à islamiser l’occident par son taux de natalité. Del Valle pourra toujours introduire des nuances selon les publics auxquels il s’adresse, jouer de l’ambiguïté, prétendre qu’il ne vise que le seul intégrisme, mais pour lui l’islam européen et modéré est une totale duperie. Aucun journaliste malveillant n’a déformé ses propos, puisqu’il a écrit et publié ce qui précède sur son propre site.


Le fascisme « gris »

Vous pourrez lire un document qui s’intitule « la convergences des totalitarismes », paru dans le figaro du 22 avril 2002 sous la plume de Del Valle et qui, depuis lors, inonde les sites internet arabophobes. Cet article, avec une virulente rhétorique, lance ses imprécations en englobant dans la même opprobre : la banlieue, le Hezbollah, droite, Bové, mai 68, les brigades rouges, Al Quaida, droit au logement, le MIB, Laguiller, les beurs, les rouges, les verts, les bruns, Ben Laden, Michel del Castillo, Carlos le tout agrémenté de quelques Allah Akbar, manquent le docteur Petiot, Ravaillac, Raspoutine, la bande à Bonnot, pour renforcer l’axe diabolique. Ce salmigondis d’amalgames douteux pourrait faire sourire, sauf à la lecture de ce petit extrait : « En fondant leur identité et leur propagande sur la lutte contre le « fascisme » et le « racisme » les adeptes du totalitarisme rouge n’auront certes jamais l’air aussi terribles que les fascistes « gris ». Au-delà d’une peur du « rouge » passablement surannée, émanant d’un individu qui voit dans Le Pen un simple nationaliste bon teint, on peut s’interroger sur l’ambiguïté du terme « les gris ». En effet, dans la terminologie propre à l’extrême droite raciste, le terme « les gris » constitue un ersatz sémantique de « bougnoules » « ratons » et autres qualificatifs plus condamnables pénalement. Ce texte d’où suintent les aversions anti-arabe, anti-beurs, anti-islam, anti-gauche, anti-alter mondialisme et maintenant anti-Turc., fait malheureusement florès sur internet, et notamment sur nombre de lieux virtuels du radicalisme communautariste.

Del Valle s’inscrit dans un choc supposé de civilisation entre le monde judéo-chrétien et le monde arabo-musulman. Il fournit, ce faisant, le substrat du déchaînement des passions arabophobes, ce qui explique qu’il soit si souvent cité dans le marigot de l’extrême droite fasciste. Tous les textes de Del Valle tendent à prouver que la France et l’Europe sont menacées par les arabes, l’islam, donc les Turcs aussi.
A l’instar des autres ultra-libéraux qui ont souvent fait leurs premières armes politiques dans des eaux troubles guères favorables aux juifs (Occident, Gud), il instrumentalise alors l’antisémitisme, pour souder les communautaristes les plus extrémistes dans l’espace judéo-chrétien devant entrer en conflit avec le monde arabo-musulman.

Islamophobe jusqu’à soutenir les bourreaux des peuples
Les titres des ouvrages de Del Valle sont évocateurs :
Le Totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties...
Guerre contre l’Europe. Bosnie-Kosovo-Tchétchénie, Arrêtons-nous sur le titre de cet ouvrage « guerre contre l’Europe : Bosnie-Kosovo-Tchétchénie » car il est révélateur de la pensée de Del Valle. Del Valle, en effet, a opéré une conversion toute récente à l’américanophilie puisque dans « guerre contre l’Europe », il fustigeait les Etats-Unis coupables d’aider les islamistes dans les Balkans. ll en est de même concernant le drame Tchétchène où le modèle Poutine pour traiter l’islam rencontre toute sa sympathie. Dans les deux cas ses amitiés politiques s’adressent plus aux bourreaux qu’à des peuples martyrisés qui ont pour seul tort d’être musulmans. Si Del Valle rejoint depuis peu et de façon inconditionnelle le modèle diplomatique américain, c’est parce que la cible des USA est actuellement un pays arabe , l’Irak. Mais dans le cas des Balkans sa solidarité s’adressait plutôt au régime Serbe, représentant de l’occident chrétien contre les musulmans du Kosovo.
William Goldnadel est, à cet effet, sur la même longueur d’onde que lui.
Del Valle est donc à l’évidence un ultra-libéral proche des faucons américains, mais sur le plan international il demeure assez fidèle à l’extrême droite classique qui s’est rangée sous la bannière de la direction serbe. Del Valle semble donc encore très façonné par sa trajectoire politique antérieure, malgré son reclassement tactique dans la droite parlementaire.
Après avoir pris conscience de la réalité de cet homme il est du devoir de tout citoyen français (ou non) de mettre l’accent sur l’arabophobie et la turcophobie entretenue par de pseudos intellectuels.
Ils alimentent avec la complicité de certains supports médiatiques, le terreau sur lequel prolifère le racisme le plus abject.
Ils procèdent de la stratégie classique de l’extrême droite, maintenir leur racisme aux marges de la légalité, laissant aux plus exaltés le soin d’aller plus loin, voire de passer aux actes violents.
Nous verrons cet individu, invité un peu partout. Il s’accapare également les causes juives pour déverser sa haine contre les musulmans de tout pays ; sa cible actuelle étant la Turquie. On imagine très bien qu’il n’a en fait aucune sympathie pour les juifs mais tous les moyens sont bons pour se faire de la pub ! A eux de se méfier de ce genre de voyou !


La justice déboute Del Valle

Alexandre Del Valle a été débouté de toutes ses demandes contre Ras l’front. Ce jugement a été rendu le 19 février 2004. La 17e chambre a estimé que les délits d’injure et de diffamation n’étaient pas constitués dans l’article « L’étonnant parcours d’Alexandre Del Valle », publié en avril 2002, dans le numéro 87 de Ras l’front. Le plaignant, Alexandre Del Valle, a été débouté de toutes ses demandes (il réclamait au total plusieurs centaines de milliers d’euros !). Son conseil, maître Gilles William Goldnadel a fait appel de cette décision.

Les informations suivantes concernant Del Valle ont été validées par le cette décision de justice.
- Oui, il a bien écrit de nombreux articles dans Muninn (et il a fourni une attestation de la rédactrice en chef de ce bulletin confirmant le fait).
- Oui, il est bien allé à une, ou plusieurs, universités d’été de Synergies européennes où s’exprimaient de dangereux islamistes néo-nazis antisémites.
- Oui, il est bien allé en 1999 à Lyon au Forum de la Nation coorganisé par l’oeuvre française et Militant - le nom de Del Valle figure sur l’invitation entre ceux de Pierre Sidos, de l’ancien SS Jean Castrillo et du révisionniste Vincent Reynouard.
- Oui, il est bien allé le 30 janvier 2002 à une réunion du Forum Jeunesse lepéniste.

Del Valle a eu la bonté de concéder « vous êtes bien informés » et a confirmé le faible nombre de participants, la polémique née en cours de réunion, y compris le fait qu’il avait pris un pot ensuite avec un des organisateurs. Mais il avait été contacté par un « groupe de jeunes » dont il ignorait complètement l’identité politique et s’est d’ailleurs fâché avec eux en cours de réunion.
Désormais les écrits de Ras l’front sont appuyés par une décision de justice que nous rappeler à tout média donnant une tribune à ce dangereux personnage !

Ras l’front



Jeudi 30 Mars 2006

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