Propagande médiatique, politique, idéologique

MANIPULATIONS MÉDIATIQUES ET MENSONGES PARTISANS AUTOUR DU HAMAS



Vendredi 24 Avril 2009

MANIPULATIONS MÉDIATIQUES ET MENSONGES PARTISANS AUTOUR DU HAMAS

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges du Hamas, mais pour le moins il conviendrait de s’interroger sérieusement sur la diabolisation dont il fait unanimement l’objet - à égalité avec le président iranien - en Europe.

A cet égard, je vous invite une fois de plus avec insistance à lire la “Revue Internationale des Livres et des Idées” (RILI - en vente dans toutes les bonnes librairies), dans le dernier numéro de laquelle Henry Siegman, directeur du “U.S. Middle East Project” (New-York) et professeur à la “School of Oriental and African Studies” (Londres) met salutairement les points sur quelques “i” :

[...] On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de pouirsuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient (il n’avait aucun autre succès à mettre en avant).

Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue a gagné les élections, Israël et les Etats-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un “poulet plumé“. Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas; et lorsque le Hamas a - brutalement, certes - prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un Etat, une occasion qu’il a refusée de saisir; au lieu de quoi il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël.

L’accusation est fausse à double titre. D’abord, le Hamas, malgré tous ses défauts, a apporté à Gaza un niveau d’ordre et de respect de la loi inconnu ces dernières années, et il l’a fait sans les sommes d’argent énormes que les donateurs faisaient pleuvoir sur l’Autorité Palestinienne sous la direction du Fatah. Il a éliminé les gangs violents et les seigneurs de la guerre qui terrorisaient Gaza sous le pouvoir du Fatah. Les musulmans non observants, les chrétiens et les autres minorités jouissent de davantage de liberté religieuse sous le pouvoir du Hamas qu’ils n’en auraient en Arabie Saoudite, par exemple, ou sous bien d’autres régimes arabes.

L’autre mensonge, plus grand, c’est que le retrait de Gaza voulu par Sharon aurait été conçu comme un prélude à d’autres retraits et à un accord de paix. Voici comment le principal conseiller de Sharon, Dov Weiglass, qui fut aussi le chef des négociateurs avec les Américains, décrivait le retrait de Gaza dans une interview au quotidien Haaretz, en août 2004 : “Ce sur quoi je me suis effectivement mis d’accord avec les Américains, c’était qu’une partie des colonies [c'est-à-dire les principaux blocs de colonies de Cisjordanie] ne ferait l’objet d’aucune discussion, et que le reste ne ferait pas l’objet de discussions avant que les Palestiniens ne soient devenus des Finlandais [...] La signification [de l'accord avec les Etats-Unis], c’est le gel du processus politique. Et lorsque vous gelez ce processus, vous empêchez l’établissement d’un Etat palestinien, et vous vous empêchez une discussion sur les réfugiés, les frontières et Jérusalem. En réalité, l’ensemble de cette proposition que l’on appelle l’Etat palestinien, avec tout ce que cela comporte, a été retiré de notre agenda, et ce pour une durée indéfinie”.

Et Henry Siegman de conclure :

“Le gouvernement israélien aimerait que le monde croie que le Hamas a lancé ses roquettes Qassam parce que c’est ce que font des terroristes et que le Hamas est par essence un groupe terroriste.

En réalité, le Hamas n’est pas plus une «organisation terroriste» (expression favorite d’Israël) que le mouvement sioniste durant sa lutte pour une patrie juive. [..]  En d’autres termes, lorsque des Juifs prennent pour cibles et tuent des civils innocents pour faire avancer leur cause nationale, ce sont des patriotes. Lorsque leurs adversaires le font, ce sont des terroristes”.

Sur ce dernier point (le Hamas serait une organisation “pas plus” terroriste que le mouvement sioniste), ce qui semble impliquer qu’elle ne l’est pas moins non plus, je suis en désaccord avec Siegman (qui se réfère dans son article aux travaux de Benny Morris). Il est vraiment exagérément indulgent envers les sionistes. Pour deux raisons :

  • La première est que les historiens israéliens “non alignés” ont mis en lumière depuis des années des actes terroristes commis par l’Irgoun et la Haganah, d’une sauvagerie sans comparaison possible avec les attentats suicides de militants du Hamas, ou avec des tirs de roquettes artisanales (dont on peut d’ailleurs contester qu’ils entrent dans la catégorie du terrorisme, car il s’agit plutôt de l’exercice du droit de résister, reconnu par les lois internationales) qui ne font que peu de dégâts et de victimes.  Les combattants sionistes ne se sont pas contentés de se faire sauter avec une ceinture d’explosifs dans des lieux publics. Ilan Pappe explique [3] comment, par exemple, ils dynamitèrent des villages palestiniens entiers, de nuit et sans faire évacuer les maisons, qui sautèrent donc avec leurs habitants, femmes et enfants compris. Comment dans de nombreux villages arabes pris d’assaut par les troupes sionistes, sans qu’elle rencontrent le plus souvent aucune opposition armée, tous les hommes de 10 à 50 ans ont été passés par les armes sans autre forme de procès. Ou encore comment en mai 1948, pendant le siège de la ville d’Acre la Haganah a injecté des germes de la typhoïde dans l’aqueduc qui alimentait la ville surpeuplée en raison d’un énorme afflux de réfugiés venus de Haïfa, écrasée sous le obus de l’artillerie sioniste. Peu après, une tentative similaire eut lieu à Gaza (cette fois la guerre bactériologique des sionistes visait à répandre la dyssenterie et la typhoïde dans les puits d’eau potable), mais les auteurs - David Horin et David Mizrahi - furent pris sur le fait et exécutés par les autorités égyptiennes, sans que cela suscite de protestation israélienne…

    Ce ne sont que quelques exemples, mais qui suffisent à montrer qu’il n’y nullement égalité dans l’horreur entre les crimes de guerre sionistes dans la période troublée ayant précédé et suivi la proclamation d’indépendance d’Israël et les actions sanglantes du Hamas.

  • La seconde raison est que les crimes sionistes ne se limitent en aucune manière à cette période, mais qu’ils se poursuivent et se renouvèlent chaque jour depuis lors. Si on veut établir une comparaison entre la “teneur en terrorisme” du Hamas et celle du sionisme dans ses différentes incarnations, il n’y a aucune raison de se limiter à la période évoquée plus haut. C’est 61 années de crimes, qu’il faut prendre en considération : 22.200 et quelques jours de crimes ininterrompus (l’occupation militaire et l’établissement de colonies en violation flagrante du droit international étant en eux-mêmes des crimes), cautionnés par l’occident civilisateur.

http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/index.php?post/2009/04/19/Lagression-israelienne-na-pas-pris-fin-avec-les-bombardements-sur-Gaza

http://libertesinternets.wordpress.com http://libertesinternets.wordpress.com



Vendredi 24 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par dik le 25/04/2009 19:20 | Alerter
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Dans le liens suivant : i[http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/index.php?post/2009/04/19/Lagression-israelienne-na-pas-pris-fin-avec-les-bombardements-sur-Gaza]i j'ai du poster le commentaire ci-après. Il convient également au présent article :

Très bon article. Clair et convaincant. La vidéo laisse vraiement pensif; contrairement à la narratrice qui n'a pas trouvé de mot pour conclure, il n'y a absolument aucun doute que, dès 1948, l'ONU a décidé d'un partage de la Palestine tel que les autochtones ne pourraient jamais être d'accord. En fait, l'ONU a décidé de créer un conflit qui durera le temps, tout le temps que les palestiniens survivront!

C'est injuste. Qu'est-ce-que les palestiniens ont fait pour mériter telle ignominie? Pourquoi les occidentaux, qui ne cessent de proclamer démocratie et droits de l'homme, perdent subitement leur langue dès qu'il s'agit d'israëliens ou de sionistes?

Mais les palestiniens semblent être de moins en moins seuls. L'appel de la mosquée AL AQSA est en train de faire le tour du monde. Tant de guerres ont éclaté depuis 60 ans mais ne sont rien, visiblement, par rapport aux guerres à venir, peut-être jusqu'à la disparition, non pas de la Palestine, mais de l'ONU !

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