Politique Nationale/Internationale

M. Philippe de Villiers, nouveau défenseur du peuple juif et israélien menacé par les peuples « barbares » du Proche-Orient !


Touhami Moualek : M. Philippe de Villiers, nouveau défenseur du peuple juif et israélien menacé par les peuples « barbares » du Proche-Orient !

Touhami Moualek : « M. Philippe de Villiers, votre lâcheté, celle qui ne vous autorise à vous attaquer qu’aux plus faibles, fait de vous un valet et un serviteur des puissants, mais sûrement pas un digne et honorable défenseur des idées philanthropes de la France. »


Samedi 27 Mai 2006



Monsieur Philippe de Villiers, n’avez-vous rien d’autre à proposer à l’humanité que la haine, le mépris, le racisme et cette immonde thèse de rejet de celui qui ne répondrait pas à des critères subjectifs, des traits et des couleurs d’un prototype humain parfait ? Un citoyen, fils d’immigré et d’ancien colonisé, issu de la communauté que vous qualifiez calomnieusement, mensongèrement et impunément de « barbare » réplique à vos honteux louvoiements, car en vérité, et je vous le dis sans tergiverser, vous distillez dangereusement l’inimitié entre les différentes communautés françaises, répandant des idées venimeuses, tel le serpent crache son venin, semant mort, terreur et désolation.

Auriez-vous déposé un brevet de propriété intellectuelle de la civilisation à laquelle vous appartenez malgré vous, puisque vous ne l’avez ni décidé, ni même désiré, ne serait-ce que dans votre subconscient ? Quelle ignorance et quelle insulte aux autres langues, aux autres cultures, aux autres religions, aux autres modèles de vie en société qui méritent autant de respect que la civilisation occidentale, dont on sait qu’elle s’est construite et développée au contact d’autres courants de pensées philosophiques, d’autres mœurs et d’autres coutumes. Un monde dans lequel les êtres humains n’auraient plus le droit de circuler librement et de s’installer là où bon leur semble, selon des lois et des règles humaines, civilisées, établies et acceptées, deviendrait une gigantesque prison. Est-ce votre projet ? D’autres, de sinistre mémoire, ont essayé avant vous. Mais toujours, le vent a balayé les plaines et la pluie a lavé les pierres. Les hommes naissent et meurent, emportant avec eux tous leurs tourments, seules leurs idées nobles et généreuses demeurent éternelles en héritage pour les générations suivantes.

Et ceux qu’aujourd’hui vous voudriez rallier à vos idées fascisantes, hier vos compères nazis et fascistes les montraient du doigt avant de les exterminer abominablement dans des chambres à gaz. Je veux parler du peuple juif. Et si nous évoquions cette démocratie providentielle que vous citez en exemple et qui serait entourée de peuples aux pratiques « barbares », un mot à la mode et subrepticement réintroduit en France.

Mais venons-en aux faits. Par la résolution 242 du 22 novembre 1967, le Conseil de Sécurité des Nations Unies condamnait Israël à restituer aux Palestiniens les territoires occupés lors de la guerre des six jours. Sous prétexte que les pays arabes et l’OLP ne reconnaissaient pas l’état d’Israël, ce dernier ne s’est jamais astreint à cette résolution. Israël est donc le seul Etat qui viole impunément le droit international depuis 40 ans, avec la totale bénédiction des Etats-Unis, s’affranchissant ainsi de toute sanction. Deux poids, deux mesures. Le droit international ne s’applique pas aux puissants ; seulement aux faibles pour les contraindre de rentrer dans le rang. Trop, c’est trop ! Pourquoi certains Etats doivent respecter à la lettre les injonctions, les sanctions coercitives adoptées par l’ONU, alors que les Etats-Unis bafouent sans état d’âme le droit international ? Je vous rappelle que les Etats-Unis d’Amérique, alliés inconditionnel d’Israël, ont récemment envahi l’Irak sans mandat délivré par le conseil de sécurité. Dans ces conditions, les Palestiniens, en refusant, dans un premier temps, la création de l’état d’Israël en 1948, ne sont pas plus blâmables que la première puissance économique et militaire du monde qui se fiche éperdument des règles et lois onusiennes quand cela ne fait pas son affaire.

Par vos idées néfastes et nocives, vous vous apparentez aux nazis, ces blonds aux yeux bleus se réclamant de la race aryenne et ayant gazé 6 millions de juifs ; ces mêmes Juifs dont vous voudriez à présent défendre la cause face à des musulmans qui en auraient juré la perte et celle de l’humanité entière. Calomnie et mensonge ! Revoyez l’histoire, cher monsieur Philippe de Villiers, et vous y apprendrez que les Juifs et les Arabes ont toujours cohabité, amis et alliés par des religions sœurs et proches l’une de l’autre, et par des coutumes et une culture similaires ; les Arabes ayant même été des protecteurs pour le peuple juif lorsque celui-ci était persécuté par vos acolytes qui se proclamaient déjà comme les fidèles apôtres de la culture judéo-chrétienne.

Demandez donc aux Juifs séfarades dans quelles abominables conditions ils ont émigré vers le Maghreb, l’Algérie particulièrement, lorsqu’ils furent contraints de se convertir au christianisme ou de quitter l’Espagne (diaspora – Inquisition espagnole en 1492, par la Reine Elisabeth d’Espagne). Demandez aussi à ces mêmes Juifs séfarades ce qu’ils pensent du décret Crémieux, d’octobre 1870, qui les francisait en leur donnant un statut de citoyen français à part entière, contrairement aux Arabes et aux Berbères qui étaient, eux, régis par le code de l’indigénat et ainsi relégués au rang de sous-hommes, de citoyens de seconde zone. Ce même décret qui, près d’un siècle après, revers de la médaille, condamnait irrémédiablement ces mêmes juifs séfarades à un rapatriement illico presto vers la métropole, puisque à la fin de la guerre d’Algérie, le FLN leur avait justement reproché d’appartenir à l’autre camp. Vraiment regrettable et dommage ! Il faut en effet se rappeler qu’avant le débarquement de la France en Algérie, en 1830, Juifs et Arabes vivaient en bonne intelligence, dans le respect des coutumes et des traditions de chacun. Alors, cessez donc de proférer des contrevérités et d’incriminer des gens qui n’ont pas la possibilité de répliquer, muselés dans une République qui a depuis longtemps perdu tout sens de son mot « public ».

Apprenez également qu’au Proche-Orient, il n’y a pas d’un côté de maudites brebis galeuses et de l’autre de vaillants combattants de la liberté. Il y a tout simplement un peuple puissant et surarmé opposé à un autre peuple faible, désarmé et qui souffre d’une oppression tyrannique. L’argument consistant à dire qu’on ne négocie pas avec des gens qui veulent votre destruction et qui usent du terrorisme pour imposer leurs idées, n’a plus cours dès lors que Yasser Arafat, Président de l’OLP, aujourd’hui décédé, avait déclaré officiellement que la charte palestinienne, qui effectivement ne reconnaissait pas à l’Etat d’Israël le droit d’exister avec des frontières sûres, était « caduque ». Ce fut le terme exact qu’employa le Chef de l’OLP alors qu’il était en visite officielle à Paris, c’était en mai 1989. Finalement, en septembre 1993, l’OLP et Israël se reconnaissaient mutuellement.

Sachez également (vous le savez sûrement) que les attaques Kamikazes, ces attentats suicides de jeunes gens qui se font sauter au milieu des foules, sont nées en Israël, et sont les effets et les causes inhérents et complètement liés à une politique d’oppression et de répression aveugle et sanguinaire menée par les responsables israéliens, et non pas tous les Juifs dans leur ensemble, puisque beaucoup parmi le peuple hébreu ne se reconnaissent plus ou pas dans cette militarisation outrancière et démesurée du conflit. Ces assauts suicidaires se sont largement exportés dans le monde. La politique du pire, qui consiste à pousser à l’extrême tout un peuple, dans le but évidemment de l’acculer dos au mur et de l’accuser ensuite de terroriste, lorsque celui-ci use des moyens du bord pour riposter et crier sa révolte, ses souffrances et ses cris de désespoir au monde, atteint son paroxysme.

Qu’existe-t-il d’autre, au-delà d’un extrême désespoir, sinon la mort comme délivrance ? Ce n’est pas le fanatisme religieux qui pousse des jeunes garçons et des jeunes filles à s’enceindre, bourrés d’explosifs et se faire détoner en plein public, mais l’injustice, la désespérance, la prostration, l’errance et le néant d’un avenir privé de tout sens. De 1948 à ce jour, les Palestiniens n’ont connu que guerres, déchirements, humiliations, vexations, tortures, misères, faim, exil, brimades quotidiennes, bombardements et destruction de leurs misérables maisons, souvent devant des enfants assis à observer, impuissants, leurs parents désemparés. Beaucoup ont préféré mourir plutôt que de continuer à vivre dans ces conditions inhumaines. C’est ainsi qu’est née cette réaction ultime et extrême du suicide dans le but de devenir un martyr. Le monde entier observe et retient encore ses larmes et sa colère, mais jusqu’à quand ? Toute situation injuste ne peut survivre au temps indéfiniment, parce qu’elle est confrontée, un jour au l’autre, aux turpitudes qu’elle génère et qui finissent par se retourner contre elle.

Après avoir torpillé les accords d’Oslo, dynamité ceux de Wye River et ceux de Charm el-cheik, pour n’évoquer que ceux-là, asphyxié le peuple palestinien (mis sous tutelle israélienne de facto dès 1967), refusé aujourd’hui de négocier avec un gouvernement démocratiquement élu par les Palestiniens, Le Hamas, accusé d’être un parti terroriste, Israël est allé jusqu’à obtenir l’ignoble, l’impensable suspension de l’aide internationale, ô combien vitale pour l’indigent peuple palestinien. Nous ne sommes plus dans une situation de négociation de paix, ayant pour but la décolonisation de l’Etat palestinien, puisque celui-ci existait en 1948 avec un tracé précis, mais bel et bien plongés dans un contexte de gestion d’une crise humanitaire majeure et dramatique pour le peuple palestinien qui est désormais, en plus d’être humilié quotidiennement, affamé sous les yeux du monde entier. Combien de temps les hommes de bonne volonté demeureront-ils encore stoïques, les bras croisés ? Il faudra bien qu’un jour ou l’autre la communauté internationale prenne à bras-le-corps ce dossier et oblige les belligérants à trouver une issue finale.

Et que penser des accusations formulées par les organisations internationales sérieuses et neutres, y compris celle de la commission des droits de l’homme de l’ONU, qui indiquent qu’Israël (Amnesty accuse même Washington de ne pas respecter les droits de l’homme) viole délibérément les principes de la charte universelle des droits de l’homme, pendant que les pro-israéliens, dont M. Nicolas Sarkozy en tête, crient à tue-tête et entonnent sur tous les toits du monde qu’Israël est le seul état démocratique du Proche- Orient. Quelle irresponsabilité et quel parti pris pour des hommes politiques qui devraient adopter un ton plus mesuré et tenter d’appeler Israéliens et Palestiniens au dialogue !

Dans ces conditions, comment convaincre l’Iran, grand pays musulman, de renoncer à la fabrication de l’arme nucléaire, quand Israël s’est doté de cette arme fatale ? Comment convaincre la planète entière qu’il y aurait d’un côté des gentils qui auraient le droit de posséder la bombe atomique, et de l’autre côté des méchants qui eux n’auraient pas le droit de se doter de cette arme de dissuasion ? Serions-nous à ce point pris pour des ignares et des imbéciles présentant une espèce de déficience physique et mentale ?

Monsieur Philippe de Villiers, il ne suffit pas de brandir des menaces et de déclarer de manière populiste et démagogique (c’est de la stricte caricature) que tout serait blanc d’un côté et tout noir de l’autre, et faire croire ensuite, une fois cette messe prononcée, d’ailleurs sans grande foi, que tout va rentrer dans l’ordre lorsque vous aurez renvoyé tous ces « barbares » chez-eux. Les méchants ne sont pas tous rangés dans une même file indienne, attendant l’ordre de Satan pour attaquer l’autre camp, et les gentils ne sont pas tous barricadés dans votre étroit couloir de pensée, subodorant cet assaut final. Tel n’était pas le message du Messie !

Les croisades sont derrière nous ! Et croyez bien que cette période est abhorrée au point qu’elle ne peut plus être réécrite par les tenants de discours comparables aux vôtres, parce que nous sommes rentrés de plein fouet dans un autre monde, celui du rapprochement des différentes cultures et modes de vie. N’avez-vous pas encore compris que les gens veulent la paix et non la guerre, la justice et non l’iniquité, la fraternité et non la misanthropie ?

Touhami MOUALEK

Auteur du livre : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions Osmondes

Disponible à la FNAC - Centre Commercial Carrefour - 93 Aulnay-sous- bois

http://www.mtouhami.com/article-2825054.html http://www.mtouhami.com/article-2825054.html



Samedi 27 Mai 2006

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