Propagande médiatique, politique, idéologique

Lockerbie et le labyrinthe kafkaïen



Samedi 22 Août 2009

Lockerbie et le labyrinthe kafkaïen

Global Research, Michael Carmichael, 21 août 2009


      En décembre 1988, je vivais au Royaume-Uni au moment où l’effrayante nouvelle de l'attentat de Lockerbie explosa dans la conscience mondiale.


      Avec ses 270 victimes, Lockerbie fut l’acte terroriste le plus grave sur le sol britannique et le plus odieux perpétré jusque-là contre les Étasuniens. Douze ans plus tard, Lockerbie mettrait en scène l'un des plus dispendieux procès de l'histoire mondiale (75 millions de livres sterling, environ 120 millions de dollars), et ce qui devint un verdict extrêmement controversé.


      Au moment de la tragédie, un groupe extrémiste palestinien soutenu par l'Iran fut choisi comme principal suspect, mais, deux ans plus tard, quand Saddam Hussein sauta sur le Koweït, le feu des projecteurs de la suspicion se déplaça sur la Libye. Bush Sr. avait besoin du soutien de l’Iran, un pays assidûment courtisé par le régime Reagan-Bush à travers le fameux scandale de Iran-Contra et au-delà, pour envahir le Koweït.


      Sous le poids écrasant des sanctions draconiennes, la Libye eut finalement la sagesse de donner des membres de son propre appareil de renseignement, ce qui pourrait l’aider à organiser la levée des restrictions commerciales paralysantes. Le temps passant, deux malheureux Libyens, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi et Al Amin Khalifa Fhimah, furent extradés et envoyés dans une obscure base militaire étasunienne appelée Camp Zeist, où ils furent mis devant un tribunal. Le 31 janvier 2001, plus de douze ans après que la tragédie eut ébranlé le monde civilisé, un jury composé de trois juges écossais déclara Megrahi coupable et acquitta Fhimah. Megrahi écopa d’une peine d'emprisonnement à vie, destinée à l'obliger à purger au moins 27 ans de prison.


      Pendant les huit ans qui s’écoulèrent entre temps, les avocats représentant Megrahi ont plaidé en faveur d'un nouveau procès. En 2007, la Scottish Criminal Cases Review Commission (SCCRC) soumit l’affaire Megrahi devant la Justiciary, la Cour d'appel écossaise, une évolution qui aurait pu conduire à son acquittement. La raison de la décision de la Commission était explicite : des éléments de preuve à décharge ont été écartés lors du premier procès. Dans son annonce officielle, la Commission déclara : « Le requérant (Megrahi) a pu être victime d’un déni de justice. »


      Ces évolutions furent correctement rapportées par les médias écossais, britanniques et européens, mais, de manière déplorable et mystérieuse, ces décisions cruciales furent peu rapportées par la presse aux États-Unis, où le Murtagh Building* et le 11/9 avaient obscurci l'analyse limitée de toutes les précédentes tragédies terroristes.


      En 2007, Hugh Miles publia une analyse magistrale de l'affaire dans le London Review of Books, mais la couverture de fond fut peu importante ou quasiment imperceptible à l’ère Bush/post-11/9 des États-Unis. Le résultat fut une nation et un gouvernement malheureusement mal renseignés.


      Ces derniers mois, les avocats de Megrahi en sont venus à un arrangement selon lequel leur client (actuellement en phase terminale de cancer et estimé à quelques mois de sa mort) doit être libéré pour raison humanitaire. Cette décision modérera sans doute tout risque d’action judiciaire de la Libye pour les 2,7 milliards de dollars qu’elle continue à verser aux familles des 270 victimes, dans le règlement de 10 millions de dollars par famille.


      Cette semaine, la secrétaire d'État Hillary Clinton a fait une déclaration publique s'opposant à la libération de Megrahi, tandis que le Président de la Commission des relations étrangères du Sénat, John Kerry, les sénateurs Edward Kennedy, Patrick Leahy et d'autres, ont signé une lettre de protestation contre la libération de Megrahi. Ces lettres pourraient embarrasser leurs auteurs dans l'avenir.


      Dans ce que raconte la lettre des sénateurs, qui a été publiée, il apparaît maintenant qu’aucun responsable étasunien n’est informé correctement sur le développement judiciaire de l'affaire. Pas un responsable étasunien n’a mentionné la révision judiciaire de la SCCRC et pas un ne s’est aperçu de la montée de l’opinion publique en Ecosse, Grande-Bretagne, Europe et au Moyen-Orient en faveur du fait qu’une énorme erreur judiciaire a été commise dans l’affaire Megrahi.


      Le premier procès se déroula dans une atmosphère kafkaïenne. Avec les débats se passant dans l'installation militaire de Camp Zeist, les deux accusés furent jugés en vertu de la loi écossaise par un jury composé de trois juges. L’accusation invoquait une conspiration impliquant la pose de la bombe dans l’avion de la Pan Am lors de l’arrêt de Malte. Les preuves du tribunal furent décrites comme fragiles. Trois jours après avoir vu une photo de Megrahi dans un journal, un boutiquier de Malte l’avait reconnu comme l’homme ayant acheté les vêtements identifiées par les techniciens. Dans une laborieuse enquête de police scientifique, ils ont retrouvé la trace des vêtements depuis la boutique de Malte et les ont détectés au milieu des débris de la bombe.


      Pour aggraver les choses, au fil des ans, les fonctionnaires du renseignement et de la police révélèrent qu'ils étaient en possession de preuves démontrant l’innocence de Megrahi et selon lesquelles d'autres acteurs connus de la communauté internationale se sont rendus coupables des atrocités. Pour ne raconter qu’un seul incident bizarre, Susan Lindauer, une assistante du Congrès étasunien, témoigna que le Dr Richard Fuisz, qui fut employé par la CIA, avait informé qu'il savait comme un fait que Megrahi n'était pas impliqué dans l'attentat de Lockerbie, et qu'il pouvait identifier les auteurs, « Si le gouvernement me le permet. » Après avoir fait ses preuves connues, Lindauer fut chargée avec un agent irakien et un tribunal fédéral de bâillonner rapidement le loquace Dr Fuisz.


      Un juriste écossais et un fonctionnaire de l'ONU critiquèrent l'atmosphère kafkaïenne qui entoura le « procès » de Megrahi à Camp Zeist. Apparemment, les fonctionnaires de la Justice étasunienne tourbillonnaient autour de la salle d'audience improvisée, imprégnant les débats d’une puanteur manifeste d'influence politique oppressive.


      Lockerbie reste une tragédie captivante et énigmatique. Les victimes méritent une enquête impartiale, mais, avec tout ce temps passé, la probabilité de connaître un jour les auteurs de Lockerbie diminue. La posture judiciaire actuelle dans cette affaire est insoutenable.


      Le directeur de la CIA devrait ordonner à son personnel d’ôter le bâillon du Dr Fuisz et de tout autre informateur connaissant des faits dans cette affaire labyrinthique et kafkaïenne, et, bien entendu, rapporter les conclusions au Président et à la population.



* Ndt : Murtagh Building = attentat de Oklahoma City.


Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=14873
Traduction copyleft de Pétrus Lombard pour Alter Info



Dimanche 23 Août 2009


Commentaires

1.Posté par VIRGILE le 22/08/2009 15:39 | Alerter
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Puisque le but des talmudo-sionistes est de diaboliser les Arabes afin, à terme de déclencher une guerre mondiale où chrétiens et musulmans devront s'entretuer, voici encore un beau false flag potentiel dans le même esprit que les ADM de Saddam.

Si Khadafi voulait éliminer quelques centaines d'écossais ou autre, il n'avait pas besoin d'un avion. Une petite fiole de poison dans les nappes phréatiques et l'affaire était jouer.

Comme en ce jour, nous connaissons les rêves de prédations des sionistes-américano-saxons sur les réserves énergétiques Arabes. Ce n'est pas nouveau. Les massacres et génocides en cours l'attestent.

Et puis on s'est moqué de Khadafi pour cette histoire de VIH qui a contaminé un hopital et le chantage avec ces pauvres infirmières bulgares. Certes, elles sont les dindons de la farce. Mais en terme de false flag, réfléchissons encore.

Car aujourd'hui, à l'heure où les banquiers eugénistes diffusent leurs poisons pour le business tant pharmaceutiques que du NWO, peut de personne informées pensent que c'est Khadafi qui est sous les virus H mais que c'est bien "accidentellement" diffusé par les laboratoires des groupes bancaires internationaux.

Comme pour les "meurtres" de JFK, Diana, Benazie Buttho, etc., lorsque c'est "obscur", cela sent toujours des coups fourrés des services spéciaux, avec ou sans idéologie talmudique.

2.Posté par Rakovski le 22/08/2009 21:00 | Alerter
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J'ai posté hier sur France 24 un message, qui s'appuyait sur un article du monde diplo. Il a été censuré, je l'ai posté à nouveau, aujourd'hui.


Cet article de mars 2001, avec des extraits d'une enquête de Pierre Péan fait la démonstration, que les Etats-Unis ont fabriqué des preuves, et qu'en France, il s'est trouvé un juge pour reprendre ces fausses preuves et écarter l'enquête de la DGSE qui avait établit que ses preuves accusant la Libye avaient été fabriquées.

http://www.monde-diplomatique.fr/2001/03/PEAN/14934
://


Voici mon message supprimé. Les menteurs n'aiment que leur lecteur aient des infos contradictoires.




N'étalez pas trop votre racisme anti-arabe et souvenez-vous plutot d'un article du Monde diplo : Les preuves trafiquées du terrorisme libyen de mars 2001 par Pierre Péan.

On apprend que l'acte d'accusation repose sur le seul témoignage d'un Congolais et sur 'un agent du FBI, Thurman. Thurman, dans une affaire qui se déroulait parallèlement à l’enquête sur le crash de Lockerbie, « avait fabriqué des preuves pour prouver la culpabilité de Walter Leroy Moody (2) ». (...) Ce comportement a été prouvé dans plusieurs autres affaires et a entraîné la suspension de Thurman du FBI en 1997.

La police scientifique française avait démontré que l'on ne pouvait accuser la Lybie sur la base d'éléments présentés par l'agent du FBI. Le juge Brugière décida de donner crédit aux élements fabriqués du FBI.

De mémoire, je me souviens qu'un policier avait révélé que les éléments de la valise retrouvée avait été fabriqués à postériori.

3.Posté par Alif le 23/08/2009 18:26 | Alerter
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@ jacque, @ visiteur,

vous etes vraiment vraiment ridicules,malhuereusement pour les hommes,les vrais hommes le ridicule ne tue pas,au contarire dans votre cas le ridicule vous fait grossir et
vous rend obeses,vous vous devez etre bien payer pour faire un boulot sale.

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