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Lockerbie : Indice fabriqué par la CIA -- Les vrais coupables ont échappé à la justice


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Ludwig de Braeckeleer
Mercredi 8 Août 2007

Lockerbie : Indice fabriqué par la CIA -- Les vrais coupables ont échappé à la justice

Par Ludwig de Braeckeleer, le 20 juillet 2007


​​​​Longtemps avant que la Commission Écossaise de Vérification des Affaires Criminelles (SCCRC) ait annoncé sa spectaculaire décision d'accorder un nouvel appel au libyen condamné pour le pire acte de terrorisme au Royaume-Uni, Lord Fraser, qui avait émis le mandat d'arrêt, a exprimé des doutes sur le verdict initial.


​​​​Les membres de la famille des 270 victimes ont promptement saisi la signification de l'aveu de Lord Fraser.


​​​​« Lord Fraser a détaillé sa compréhension des événements et je pense que maintenant nous devons prendre au sérieux tout ce qu'il dit en rapport avec les preuves données à Zeist. Il est important qu'un homme aussi proche de l'enquête fasse des commentaires comme ça, » a dit Jim Swire, qui a perdu sa fille Flora dans la tragédie et représente actuellement l'association des familles Britannique du vol 103.


​​​​Une soigneuse lecture des informations libérées par le SCCRC justifient la décision de la commission de déclarer le verdict sans base raisonnable, pouvant seulement mener à conclure que la Couronne n'avait aucun indice, sans parler de preuve concluante, dans l'affaire contre Abdul Baset Ali al-Megrahi.


​​​​En premier lieu, pourquoi donc Lord Fraser a-t-il émis un mandat d'arrêt contre lui ? La réponse à cette question plutôt intrigante est simple et extraordinaire. Lord Fraser a accusé Megrahi sur la bas d'indice fabriqué fourni par des autorités US.


​​​​Un an dans le procès de Zeist, il a été dit aux procureurs pour la première fois que la preuve avait été fabriquée par un ancien agent libyen qui était devenu un atout de la CIA en 1988. Les câbles internes de la CIA prouvent que l'agence se rendait bien compte depuis 1988 que l'homme était un falsificateur. Le procès de Zeist constitue le seul cas de l'histoire où des documents internes de la CIA ont servi dans un tribunal étranger.


​​​​En règle générale, les autorités judiciaires écossaises ont le devoir d'enquêter sur la crédibilité de leurs témoins avant d'émettre un mandat d'arrêt. Dans l'affaire Megrahi, elles ne l'ont pas fait. Alors qu'elles avaient confiance aveugle en leurs associés US, elles ont manqué à l'une de leurs plus fondamentales obligations.


​​​​Au lieu d'admettre le fait, elles ont essayé de le dissimuler, violant de ce fait le droit pénal écossais, qui exige des plaignants de fournir à la défense toute information importante susceptible d'aider leur cause.


​​​​Abdul Majid Giaka était membre du service de renseignement libyen, ou c'est du moins ainsi qu'il se prétend. En août 1988, Giaka a proposé ses services à la CIA.


​​​​Dès qu'il a déserté, ses contacts à Malte ont commencé à envoyer des câbles au quartier général de la CIA à Langley à propos de sa crédibilité.


​​​​Environ un an après, ses contacts à la CIA avaient conclu que Giaka n'était qu'une espèce d'escroc. Ils doutaient qu'il ait jamais été agent libyen et craignaient qu'il ne puisse sans doute fournir aucune informations valables, auquel cas ses appointements de la CIA devaient être supprimés.


​​​​Manifestement, nous pouvons déduire ceci du désappointement des agents de la CIA -- neuf mois après l'attentat de Lockerbie -- Giaka n'avait fourni aucune information appropriée quelle qu'elle soit au sujet de l'affaire.


​​​​Pendant les deux années à venir, il n'a jamais rien dit à ses contacts au sujet de l'attentat de Lockerbie, même quand il a été explicitement interrogé sur ce qu'il savait au sujet de la possibilité que la bombe ait pu être implantée sur le vol 103 de la Pan Am pendant que l'avion était posé sur le tarmac de l'aéroport de Luqa à Malte. Sous contre-interrogatoire, il n'a que beaucoup laissé entendre durant le procès.


​​​​Puis après que le douteux témoin (qui a été discrédité depuis) ait même tenté d'identifier Megrahi, Giaka s'est soudainement métamorphosé en témoin oculaire qui pouvait directement relier Megrahi à l'attentat à la bombe.


​​​​La crédibilité de Giaka a été rapidement démolie et les trois juges du jury en sont venus à la conclusion évidente qu'ils ne pouvaient pas accepter Giaka comme témoin crédible et fiable. Et qu'on devait en terminer avec lui. Sans aucun témoignage crédible contre lui, Megrahi devait être acquitté.


​​​​Pourtant le jury l'a trouvé coupable dans un jugement que beaucoup d'observateurs spécialisés ont décrit comme l'une des erreurs judiciaires les plus spectaculaires de l'histoire. Le mois dernier, après trois ans de recherche, le SCCRC a conclu qu'aucun jury raisonnable, convenablement dirigé, ne pouvait avoir rendu pareil verdict.


​​​​Comme je considère incroyable que trois ans d'enquête commune des USA et du Royaume-Uni n'aient pu découvrir un seule parcelle de preuve authentique reliant Megrahi à l'attentat, j'ai peu de choix à part conclure, comme beaucoup l'ont soupçonné au cours des années, qu'un homme innocent ait reçu une sentence de prison à vie en Écosse.


​​​​La conclusion a de profondes conséquences car elle implique aussi que les sanctions de l'ONU ont pu être imposées à tort contre une nation [la Libye] pendant presque une décennie. Ça signifie aussi que les coupables de cet acte terroriste odieux ont échappé à la justice. [Voir à ce sujet Abu Nidal, le terroriste du Mossad, NDT]


​​​​Les premiers ministres Margaret Thatcher, John Major et Tony Blair se sont constamment opposés à l'enquête indépendante sur l'attentat de Lockerbie, tellement désirée par les familles des victimes.


​​​​Dans les mots de Jack Straw, le Secrétaire de la Justice, rien de plus ne pouvait être appris de pareille enquête. Pourtant, énigmatiquement, la position de l'ancien ministre des affaires étrangères sur l'affaire demeure nettement à part, tout à fait clairement exposée par la Dame de Fer.


​​​​Au sujet du bombardement de Tripoli en 1986 par les USA, qui on fait usage des bases aériennes britanniques et pendant lequel la fillette de deux ans de Muammar al-Qaddafi est morte, Thatcher a écrit dans ses mémoires en 1993 : « Il y avait la revanche du meurtre des otages britanniques organisés par la Libye, que j'ai amèrement regretté. Mais la contre-attaque libyenne tant vantée n'a pas pu avoir lieu. »



Original : http://english.ohmynews.com/articleview/article_view.asp?no=372529&rel_no=1

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Vendredi 10 Août 2007

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