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« Limiter la population pour sauver la planète » (troisième partie)


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Samedi 20 Juin 2009

« Limiter la population pour sauver la planète » (troisième partie)
Par Régis Mex

Poursuivons nos interrogations : pourquoi, alors que nos pays européens doivent remédier à leur crise de relance démographique par l'ouverture à l'immigration massive (ce que les États-Unis font également sans toutefois être déjà victime d'un vieillissement trop important de la population), les décideurs de la politique de nos sociétés occidentales pourraient-ils désirer liquider une certaine partie des citoyens des États pour lesquels ils travaillent ?

Certes, si la pandémie de grippe A a été délibérément projetée et provoquée par quelques membres de « l'élite », nous pourrions nous dire que leur but est avant tout d'affaiblir certains pays ennemis ou rivaux peu aptes à contrer efficacement le mal viral qui s'abat sur eux. Un foyer de virus apparaissant dans un vaste pays où la densité de population est forte et où la société est encore majoritairement constituée de paysans comme la Chine pourrait faire des ravages. En outre, les entreprises qui fabriqueraient un remède (plus ou moins digne de ce nom) au fléau mondial feraient de gigantesques profits, puisque tout le monde achèterait leurs produits, et ce quel que soit leur efficacité, parce qu'il n'y aura pas de meilleur antidote que ce que l'on voudra bien leur proposer. En prime, cette pandémie constitue un élément déclencheur important d'un état d'urgence national (puis mondial, si le virus s'étend à ce point) probable, couplé à la crise financière qui, elle, est déjà mondiale. Elle constituera donc un nouvel ennemi à combattre, aidera à renforcer la peur qui règnera de plus en plus dans l'opinion publique, et contribuera ainsi à l'avènement de nouvelles mesures politiques, sociales et économiques qui n'auraient jamais pu être prises dans des conditions normales. Tous ces éléments sont autant de raisons non négligeables pour « l'élite » d'avoir provoqué cette pandémie. Mais il y a probablement également un facteur plus directement économique au niveau national qui a joué un rôle significatif dans le déclenchement de cette pandémie, en persistant toujours dans l'hypothèse qu'elle ait été provoquée.

Le vieillissement de la population accentue effectivement de façon croissante l'inutilité de la classe moyenne (que l'on définit généralement comme les citoyens qui gagnent entre 1200 et 3000€ par mois en France) pour le capitalisme, car on estime qu'après 65 ans, une personne de la classe moyenne coûte une somme plus importante en retraite et en frais de santé que la totalité de ce qu'elle a rapporté à l'État et aux entreprises par ses impôts et sa consommation pendant toute la durée de sa vie active. C'est en tout cas la constatation que Jacques Attali fait dans son livre « L'homme nomade », dans lequel il a la sympathie de recommander l'euthanasie à toute personne de plus de 65 ans.

De part et d'autre de cette classe moyenne, il y a la classe aisée (celle qui possède suffisamment d'argent pour faire tourner l'économie grâce à la consommation importante qu'elle peut se permettre et aux rentrées non négligeables que cela induit pour les entreprises, ainsi que pour l'État par l'intermédiaire des impôts), et la classe populaire (celle qui se contente de produire et de fournir les matières premières pendant qu'elle retire juste assez d'argent de son travail pour survivre). Ce sont les deux moteurs du capitalisme : l'une fournit les ressources, et les autres s'enrichissent de leur exploitation et alimentent l'économie en faisant circuler leurs capitaux.

Mais la classe moyenne ne remplit ni l'un ni l'autre des critères de façon satisfaisante pour que son existence soit appréciable au capitalisme ; au contraire, elle vit aux frais de ce dernier. C'est pourquoi tout est fait pour élargir le fossé entre classe aisée et classe pauvre, selon le principe « les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres ». Ces deux graphiques montrent de façon éloquente à quel point on tente d'effacer une classe moyenne obsolète :

De 1955 à 1975:

classe-moyenne1

De 1975 à aujourd'hui:

classe-moyenne2

Ajoutons à cela que les moyens toujours élargis de mécanisation du travail aboutissent à un remplacement toujours plus important du travail humain par des machines, permettant aux entreprises de payer moins de salaires (ce qui ne se répercute pas forcément dans les prix de leurs produits, sauf pour des raisons de concurrence). Humainement, on imaginerait qu'il serait logique que ceux dont les machines ont remplacé l'emploi se voient garantis du même salaire qu'auparavant tout en n'ayant plus à effectuer le même travail, puisque c'est avant tout du ressort de la technologie d'accroître le bien-être des hommes en les soulageant d'une part relative d'effort. Mais dans notre dure réalité, cela se traduit plutôt par la mise au chômage de ces personnes et par la prise du profit par les employeurs. Tout cela mène à la société 20/80.

La Loi de Pareto, aussi appelée loi des 80/20, est une loi empirique inspirée par les observations de Vilfredo Pareto (1848-1923), économiste et sociologue italien : environ 80 % des effets est le produit de 20 % des causes. Cette « loi », bien qu'empirique, a été formalisée en mathématiques par la distribution de Pareto.

Pareto avait remarqué que 20% de la population italienne détenait 80% des richesses du pays. Quelques exemples pour mieux illustrer l'idée : • 20% des moyens permettent d'atteindre 80% des objectifs. • 20% des produits ou des clients représentent 80% du chiffre d'affaires. • 20% des ventes représentent environ 80% de la marge bénéficiaire. • 20% de votre activité fournit 80% du résultat de votre activité. • 20% de vos résultats proviennent de 80% de votre temps.

Le mot tittytainment fut utilisé en 1995 par Zbigniew Brzezinski, idéologue néolibéral, membre de la commission trilatérale et ex-conseiller du Président des États-Unis Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier "State Of The World Forum", qui eut lieu à l'Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L'objectif de la rencontre était d'analyser l'état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre [Cf. la technique managériale des entreprises]. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikael Gorbachov, George H W Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que l'arrivée de la dénommée Société 20/80 (basée sur le principe de la Loi de Pareto) est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l'appareil économique de la planète. La population restante (80 %) s'avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d'aucune forme d'occupation, nourrira une frustration croissante. C'est ici qu'entre en jeu le tittytainment, concept de Brzezinski. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d'aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le tittytainment, comme une combinaison des mots anglais "tits" ("seins" en jargon américain) et "entertainment". Ce mot fait allusion à l'effet calmant, anesthésiant de l'allaitement maternel sur le bébé. Puisque nos « élites » projettent de longue date d'établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société, nous pouvons penser en toute logique qu'ils ne se gêneront pas d'utiliser des moyens peu scrupuleux pour atteindre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Il est probable que ce soit là aussi un rôle important de la pandémie de grippe A.

Entre autre, la détérioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisé tant de secteurs rentables, et nationalisé tellement de secteurs coûteux, que les budgets de la Sécurité sociale, de l'enseignement et de ce que l'État possède encore dans le domaine de la médecine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l'État n'est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n'est pas nouveau que la médecine soit majoritairement une affaire privée et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l'enseignement est lui aussi en début de privatisation, et qui sait ce qui sera enseigné dans les écoles lorsque ce processus aura abouti...

Pour ce qui est des aides de l'État telles que la pension, on nous suggère de cotiser jusqu'à 65 voire 70 ans pour que l'on puisse continuer à l'offrir aux citoyens en âge d'y accéder, qui se font de plus en plus nombreux. On conseille aussi à certains de commencer à travailler le dimanche. En plus du chômage et du RMI, nous voyons aussi depuis deux ans l'expérimentation du RSA (Revenu de Solidarité Active), qui permet à une personne recevant le RMI (450€ par mois pour une personne seule) de gagner une moyenne de 110€ supplémentaire par mois en travaillant... Soit de gagner environ 560€ par mois en faisant un travail qui rapporterait plus de 1000€ à quelqu'un dont ce serait l'emploi. Cela dans le but louable d'aider les personnes à se « réinsérer dans la vie active ». Bref, ce RSA peut ouvrir la voie à une banalisation de « vol » d'emploi par des personnes qualifiées ou non pour des salaires bien moindres que le prix normal. À coup sûr, s'il y a diminution significative de la classe moyenne par quelque procédé que ce soit dans les prochaines années, la majorité sera reléguée dans la classe populaire comme lors de la transition de 1955-75 à nos jours, voire d'une façon plus flagrante.

Rappelons cependant que dans aucun cas nous ne pouvons être dans le secret des dieux, et que ce qui a été publié dans les trois parties d'article portant sur ce sujet relève majoritairement de l'hypothèse qui s'appuie sur un raisonnement logique en chaîne, mais n'est en aucun cas une certitude, puisque tout cela n'a pas encore été démontré de façon concrète. Néanmoins, l'intérêt d'établir des modèles d'appréhension de l'avenir permet de dresser une liste de scénarios plus ou moins probables que l'on verrait se réaliser à une certaine échéance, et donc de se préparer à ce que certains éléments déduits de la réflexion se concrétisent. Le temps nous dira si ce que nous avons raisonné sur ce sujet est juste ou non, et il serait préférable que nous nous trompions. Mais une chose est sûre : faire accepter aux gens que la population doit être limitée, c'est les préparer à accepter ensuite l'idée de la réduire, ce qui ne pourrait que servir, pour des raisons flagrantes, les éventuels desseins que nous avons développés ci-dessus.

Troisième extrait de Sicko (les deux premiers sont sur la deuxième partie de l'article):

Quatrième extrait de Sicko:

PS: Je vous invite à lire (ou relire) cet excellent article, qui redouble de pertinence dans la conjoncture actuelle.

Vous pourrez retrouver la première partie de cet article ici et la seconde .

Régis Mex, pour Mecanopolis.



Samedi 20 Juin 2009


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