Tribune libre

Liberté, égalité … mixité ?


Sur fond de Hirak, Kemikem 2 pose la question du statut de la femme dans l’Algérie1 en mouvement. Effectivement, le code de la famille … La soumission de la femme à l’homme appartient à une époque révolue où les femmes dépendaient du travail, donc de l’autorité des hommes. Ça n’est plus le cas. Les siècles ont passé, les mœurs ont changé, et les femmes sont autonomes. Depuis au moins la période de la colonisation, les femmes sont « au côté » des hommes.


saidab
Dimanche 30 Juin 2019

Que chacun porte son chapeau

Kémikem 2 termine son propos avec la mixité, et pose le sujet sous un angle sociologique : un père accepterait-il d’envoyer sa fille au service militaire obligatoire dans des casernes mixtes ? S’il c’est obligatoire, oui. Mais que devient-il dans sa propre représentation de lui-même et dans celle de ses enfants ? Quel sera son rapport à sa fille mixée malgré lui ? Quel regard portera sa fille sur lui une fois touchée par la grâce d’une mixité qui dissout son rapport initial à son cadre de sensibilité ? Oui, tout le monde s’y fera. A quel prix en termes de désactivation de liens ? Considérons l’égalité-parité telle que nous la connaissons, à travers l’état de la femme en Occident en général ; en France en particulier. Puisque c’est là que les Algériens puisent leurs modèles de politique et de comportement. En un mot : de consommation.

Dans ce pays au sommet du progrès dans le monde, malgré leur libération au siècle dernier, malgré une égalité généralisée et puissamment médiatisée, jusque dans l’armée2, les femmes sont toujours en lutte pour une égalité chimérique puisque d’un côté l’égalité est un concept et pas une réalité ; d’un autre côté elle n’existe déjà pas entre hommes3. Même l’égalité en termes de liberté sexuelle ne les a pas libérées puisqu’elles n’en finissent pas de se sentir infériorisées. Rien ne les satisfait. Aujourd’hui, comme les hommes, elles (dé)couchent, fument, boivent, sont dans le gros œuvre, la mécanique, la politique. Elles ne se sentent pas encore suffisamment égales. Dans le même temps, les hommes ont été contraints à faire profil bas. Jusqu’à être interdits de poser un regard « appuyé » ou adresser un propos masculin à une femme.

Il y avait la notion d’outrage, d’irrespect, de provocation, de harcèlement, qualifiables parce que correspondant à des faits. Il fallait ouvrir une nouvelle brèche, créer une nouvelle grille-bulle. Sexisme ... Ce n’est plus l’affront qui est condamné, c’est l’homme. Comme islamisme, antisémitisme, extrémisme, radicalisme (heu ?), un polluant qui rend des rapports dans la société malsains. N’importe qui peut accuser n’importe qui d’agression sexiste ou autres. Un regard ou un propos taquin, ou même un compliment, peut être qualifié d’agression sexiste. Comme s’il n’y avait pas suffisamment de sujets de dizcordes nationales ...
Un jour, rire du cocasse deviendra une atteinte à la dignité, et on interdira de rire de situations loufoques dans la rue au nom du dignitisme. Pour peu que le cocasse concerne un poly ou transexué, vous serez aussi taxé d’homophobie. Alors que vous ne savez rien des mœurs de la personne concernée et que vous ne riez de personne mais d’une situation. Comme critiquer la politique inqualifiable des israéliens fait de vous un antisémite même si vous êtes juif de souche. L’égalité ? Dans la verbiase4 ?


Si les femmes sont légalement les égales des hommes, et je me demande si on ne devrait pas inverser les termes de l’équation aujourd’hui, puisque ce sont les hommes qui sont mis à l’indexe par les sexistes féministes et divers associés, la mixité a bien pris dans les comportements mais nullement dans les esprits. Elle a libéré les mœurs mais n’a pas libéré la femme de l’image d’elle-même comme objet de convoitise ; de consommation. Dès un âge précoce, les petites filles s’évertuent à séduire par mimétisme. En se maquillant, en recherchant les compliments, en minaudant, en se déclarant des amoureux. Les petits garçons adorent les marques mais ne badinent pas. Notons à ce sujet que les hommes n’ont pas revendiqué la parité dans ce domaine. Ils restent pudiques et portent des bermudas même sur la plage. Que les filles et femmes raccourcissent leur habillement jusqu’aux fesses n’en fait pas des sujets libres. Au contraire, elles sont aliénées jusqu’au bout des ongles. L’égalité reste une affaire de texte ...

En France, notre modèle de conduite, la mixité continue à poser des problèmes. Pour ne parler que des jeunes, les établissements scolaires ne sont plus seulement des lieux d’apprentissage académique. Grâce au mélange sauvage des genres (non seulement il n’est pas accompagné, il fait aussi l’objet d’un déni ; comme si garçon ou fille, bof ...), grâce aux moyens de communications libérateurs, les jeunes y découvrent aussi des conduites libérées de toute contrainte. Les enfants et adolescents se harcèlent, pas toujours pour des billes ou une barre de céréales. Ce qui est normal étant donné les désordres physiologiques à cet âge. Mais pas normal qu’on ne cherche pas le moyen de protéger les jeunes contre cette normalité-là ... L’apprentissage en subit les effets car toutes ces conditions réunies détournent l’attention et l’intérêt des enfants et jeunes insuffisamment structurés (ils sont nombreux pour ne pas dire majoritaires), fragiles émotionnellement pour des raisons sociétales liées à la démocratisation du futile et des libertés conjugales … Bel acquis !


Réfléchissons. Imposer la mixité consiste à exercer une violence légale sur une partie de la population sur des bases liées au genre ; c’est donc une forme sexisme de masse. En vertu de quelle morale, de quelle philosophie, de quel intérêt pour qui contraindre des hommes et des femmes à étudier ou travailler ensemble quand ils sont mal à l’aise ? Des femmes se sentent mieux entre femmes ; des hommes se sentent mieux entre hommes ; pourquoi leur imposer la mixité-égalité ? Et cela dès l’école.

Mal à l’aise, un enfant, un adolescent, un adulte, n’est pas dans les meilleurs dispositions pour acquérir ou produire au mieux de ses ressources, aptitudes, créativité, qualités … Même en France, aujourd’hui, les cours sur la reproduction sont très mal servis par des adultes très mal à l’aise, et contraints à présenter les « choses » de façon maladroitement ludique ou faussement neutre, au moyen « d’outils » conçus par des experts hors sol5. Des théoriciens.


Imaginons que l’on tienne compte de cette réalité humaine avec des répercussions physiologiques et comportementales, et que les garçons et les filles à partir d’un certains âge, pour une raison non morale mais sanitaire, psychique, opérationnelle. puissent se rendre dans des classes/ groupes mixtes ou monogenre. Ils seraient moins exposés au stress donc mieux disposés, plus disponibles, plus attentifs au contenu des cours et à leur travail. Il me semble qu’un tel dispositif serait plus propice à l’ouverture de l’esprit, à l’expression personnelle, à la participation, proposition, questionnement ... Pourquoi priver les enfants et adolescents de ce confort, qui ne coûte rien ? On peut même améliorer les rapports entre filles et garçons en rendant les marques industrielles inopérantes : un tablier et des chaussures réglementaires réduiraient la dispersion des attentions et les convoitises ou arrogances, encore naturelles chez les jeunes.


Evidemment, il n’est point dans mon propos rétrograde d’envisager la suppression de la mixité. Du tout. La mixité est un fait social sain. A condition qu’elle ne violente pas les sensibilités, et qu’elle fasse l’objet d’une approche saine, franche. Il faut au contraire aménager des espaces de mixité structurante. Des activités communes entre des jeunes de niveaux, secteurs, classes ou matières différents, qui les habituent à se côtoyer comme ils se sentent, communiquer, s’entraider, débattre. Non pas en tant que garçons et filles, mais en tant que participants à une activité. Ça n’empêchera pas le naturel de se manifester, mais il serait traité de façon saine parce que les adultes référents auront été sensibilisés, préparés, à une gestion non violence, non moralisation, de ces situations. d’accord, c’est un idéal ; mais réalisable. Vous avez sans doute entendu parler du concept « un esprit sain dans un corps sain » ; il est temps de le mettre en chantier … Libertés individuelles-plaisirs-loisirs ne sont pas un projet de vie mais un piège à mouches. Une fois prises, les pattes y restent collées ...


Je souhaite aux gens du Hirak d’avoir le génie de se libérer des modèles empruntés ; des français en particuliers. Pas pour des raisons idéologiques ou historiques, mais pragmatiques. D’un côté leurs modèles rendent un très mauvais service aux citoyens français, qui ne se retrouvent ni dans la politique ni dans leur société, dans le travail, les syndicats, le système scolaire et universitaire. Encore moins dans l’information. D’un autre côté, ces modèles ne correspondent en rien aux mentalités et aux besoins des Algériens, différences culturelles, cultuelles, géographiques et climatologiques obligent.

Revendiquez la suppression des facteurs qui diluent la réalité des personnes dans un enchevêtrement de classes, de catégories, de conditions particulières. Que les nouveaux textes inaugurent, enfin !, l’ère de la prise en charge de la personne dans son intégralité, sans autre distinction. L’ère d’une politique intelligente d’une parité-égalité en termes de droits ET de devoirs, face aux services, afin que jeunes, adultes, vieux, sains, malades, vertueux ou criminels, les Algériens restent des personnes au regard de la loi ; et des représentants. Et qu’ils le sachent.

Exemples d’emprunts à questionner
- les examens de fin d’années ou de cycle, en particulier le bac. Conditionner le devenir d’une jeune personne aux résultats d’une mise en scène artificielles est littéralement criminel. Car beaucoup d’espoirs et de projets sont réduit à néant, l’égalité des chances étant une chimère. Les conditions socio-économiques font loi ; ainsi que l’angoisse accumulée. Si les résultats permettent de filtrer pour ne retenir que les plus résistants, qualifiés de « meilleurs », il n’est plus à prouver que les meilleurs en réussite ne sont pas les meilleurs en moralité, qualités humaines ou savoir faire.

D’autres options sont possibles, qui n’ont même pas besoin d’être inventées. Et qui donne(raie)nt des résultats justes parce qu’en correspondance juste avec un travail personnel continu sur une année, sinon deux. Parions que plus de jeunes participeraient avec plus de cœur et d’esprit à leur apprentissage ; à leur intégration au monde du travail. Pourquoi reproduire le principe de la sanction ? Un diplôme « sanctionne » une prestation, un parcours, n’est-ce pas ?
Les notes sont aussi une sanction puisqu’elles concernent en réalité ce qui n’est pas su. Mais ce qui n’est pas su n’a peut-être pas été transmis d’une façon à être reçu ...


- la prison devrait changer de fonction et avoir pour projet de recycler le moral de personnes ayant vécu des parcours désoriantants. Remettre en service une conscience de soi et des réalités abîmée est plus rentable (oups !) pour la société, non ? Oui, ça demandera un socle de formation solide. Il faut juste savoir ce que l’on veut, et chercher et expérimenter des moyens les plus économiques en terme d’organisation, de budget, de risque de récidives … pour parvenir à un objectif unique : resocialiser.


- la publicité mensongère ; celle qui s’adresse ou utilise des mineurs.

- le pluripartisme. En tout cas celui copié sur heu … sur nos voisins à une enjambée de chez nous. Gauche, droite, extrêmes, centristes, négationnistes-révisionnistes (ce n’est peut-être pas un parti çui-là …) ne se distinguent pas les uns des autres dans l’esprit. Un exemple actuel : y a-t-il plus extrémiste qu’un ministre qui (de gauche en l’occurrence)) de qualifier les gilets jaunes de « horde ou foule haineuse » ? Ou pour un président de la République de crâner  : « Qu’ils viennent me chercher » aux Français qui s’interrogent sur le rôle de Benalla auprès de lui.

Une gestion collégiale est plus juste. Ce serait les Algériens qui proposeraient des candidats, sans tenir compte des partis éventuels. On proposerait des personnes pour leur intégrité morale, pas des listes, totalitaires par nature. A plusieurs, des personnes intègres peuvent s’entendre sur l’essentiel ; le bien commun. Si listes il y a, elles auraient pour mission un travail de terrain, pas une guéguerre de clochers pardon … de minarets avec des alliances et des mésalliances intéressées ; quand elles ne sont pas douteuses. Le reste serait affaire de délibérations à d’autres niveaux de décisions. Sous la surveillance de représentants mandatés par les citoyens ; ou de volontaires reconnus, respectés.

- s’assurer de la non prolifération de la presse vulgaire, qui n’a d’autres fonctions que d’accrocher l’attention avec des contenus impressionnants et ainsi maintenir un maximum de lecteurs dans la dépendance au sensationnel. En même temps que de puiser dans le budget des personnes au moyen d’un loisir malsain.

Que la mixité et l’égalité ne soit plus des camisoles idéologiques mais une façon d’être laissée à l’appréciation de chacun. Ceci afin de ne pas monter des murs invisibles entre les groupes de sensibilités différentes dans une société largement et communément acquise à une qualité essentielle : la raison.

Ça, c’était pour le gros œuvre …


Samedi 29 Juin 2019


Commentaires

1.Posté par saidab le 30/06/2019 14:23 | Alerter
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J'ai oublié les notes de bas de page. Je complète :
1 http://www.alterinfo.net/Algerie-manifestations-du-28-juin-2019-la-Femme-Algerienne-et-le-Hirak_a148047.html

2 Femmes dans l'armée : expérimentation de mixité dans les sous-marins, ces métiers qui ne sont plus réservés aux hommes : https://www.huffingtonpost.fr/2014/04/15/femmes-dans-armee-experimentation-mixite-sous-marins-2017_n_5151276.html

3 Surtout pas ! Entre un Benalla et un voleur de pain au chocolat, il y a l’équivalent de l’Alaska en termes de … prise en charge.

4 Intro : http://www.alterinfo.net/L-eternel-retour-d-une-haine-sans-objet-4-suite_a148029.html

5 C’est différent pour ce qui concerne l’homosexualité ; https://www.films-pour-enfants.com/fiches-pedagogiques/in-a-heartbeat.html
« En France, …, Le « crime de sodomie » avait déjà été aboli en France depuis 1791. «  https://www.stophomophobie.com/la-lente-evolution-des-droits-lgbt-depuis-les-emeutes-de-stonewall/

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