Palestine occupée

Liban : un député phalangiste enclin à trouver un compromis est assassiné


Liban : un député phalangiste enclin à trouver un compromis est assassiné
Au Liban, dans le monde arabe et partout ailleurs, l’assassinat du député Antoine Ghanem a bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle, surtout que cet attentat intervient à moins d’une semaine de la séance de l’élection présidentielle au Parlement. De nombreux analystes ont estimé que ce crime porte un coup sévère à l’initiative du président du Parlement, Nabih Berri.


Vendredi 21 Septembre 2007

Tendances et événements au Proche-Orient

De nombreux spécialistes du Proche-Orient affirment qu’il faut réagir avec beaucoup de prudence aux propos israéliens apaisants à l’égard de la Syrie —après la violation de l’espace aérien syrien par des appareils israéliens, début septembre— et les déclarations de la secrétaire d’État Condoleezza Rice selon lesquelles Washington n’entravera pas d’éventuelles négociations entre Tel-Aviv et Damas.
Ces spécialistes affirment que les États-Unis et Israël placent la Syrie en tête de leurs cibles dans la période à venir. D’ailleurs, en parallèle aux propos apaisants et rassurants du président et du Premier ministre israéliens, Shimon Peres et Ehud Olmert, l’armée israélienne poursuit ses entraînements et ses manœuvres, dans le Golan occupé et ailleurs. Et les informations sur ces vastes mouvements militaires sont soigneusement filtrées par la censure militaire israélienne.
La direction suprême israélienne appréhende une confrontation généralisée avec la Syrie et ne cesse d’évoquer les capacités défensives de ce pays qui ont connu une grande amélioration ces 12 derniers mois. Mais en même temps, elle refuse d’envisager une reprise des négociations sur la base des constantes de la Syrie, qui n’acceptera rien moins qu’un retrait israélien jusqu’aux lignes du 4 juin 1967, le retour des réfugiés palestiniens et le règlement de la question de Jérusalem.
La communauté politique israélienne, qui est unanime à rejeter le cadre proposé par la Syrie depuis le début du processus de paix (1991), est hésitante sur l’attitude à adopter non seulement face à Damas mais aussi face aux mouvements de la Résistance palestinienne et libanaise. Les responsables israéliens sont inquiets du fait que la Syrie se soit réservée le droit de riposter à la violation de son espace aérien. Les médias israéliens font de plus en plus état d’une possible confrontation militaire dans le Golan.

Presse et agences internationales

• La secrétaire d’État américaine a entamé mercredi une nouvelle navette entre Israéliens et Palestiniens pour tenter de faire avancer les discussions sur un règlement de leur conflit avant une réunion internationale très attendue sur le Proche-Orient.
Mme Rice, qui effectue sa sixième tournée dans la région depuis le début de l’année, a eu une première rencontre avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert, avant de le revoir jeudi à l’issue d’une visite à Ramallah (Cisjordanie) pour des entretiens avec le président palestinien Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad.
Les discussions devraient être axées sur l’ordre du jour d’une réunion internationale que Washington prévoit d’organiser à l’automne pour donner un nouvel élan aux négociations de paix israélo-palestiniennes, au point mort depuis plus de sept ans.
Dans l’avion la conduisant au Proche-Orient, elle avait émis le souhait que se tienne une réunion « sérieuse et substantielle » pour « faire avancer la cause de la paix israélo-palestinienne ». « Cette réunion doit, de façon substantielle, soutenir les activités et les efforts des deux parties destinés à poser les fondations de la négociation d’un Etat palestinien le plus vite possible, a-t-elle dit. Je pense que tout le monde souhaite qu’elle soit sérieuse et substantielle. Je pense que tout le monde souhaite qu’elle traite de questions fondamentales et nous n’espérons rien d’autre ».
Mais Mme Livni a prévenu que les négociateurs israéliens et palestiniens devaient encore « combler le fossé entre eux sur certaines question qui sont très sensibles ».
Le numéro deux du gouvernement israélien, Haïm Ramon, a provoqué mercredi un tollé dans la classe politique israélienne en proposant de partager Jérusalem avec les Palestiniens dans le cadre d’un règlement définitif du conflit. M. Ramon a proposé que « la souveraineté d’Israël soit reconnue sur les quartiers juifs (de Jérusalem), et que les Palestiniens exercent leur souveraineté sur les quartiers arabes ».
Les États-Unis n’ont pas annoncé de date pour cette réunion, mais ils ont évoqué le mois de novembre. Ils sont restés jusqu’ici très discrets sur les pays qu’ils comptaient inviter.
M. Olmert a prévenu dimanche en conseil des ministres qu’Israël et les Palestiniens ne parviendraient pas à un accord de principes avant la réunion internationale, comme cela avait pu être évoqué, mais à une simple déclaration commune.
Réagissant à ces déclarations, l’Autorité palestinienne avait affirmé que « la substance » primait sur la forme d’une éventuelle entente avec Israël.

• Israël a ouvert la voie mercredi à des sanctions économiques contre la bande de Gaza en la décrétant « entité hostile », une décision dénoncée comme « une punition collective » par le Hamas qui contrôle le territoire palestinien.
Le cabinet de sécurité israélien réuni pour débattre d’une riposte à la poursuite des tirs de roquettes depuis Gaza contre Israël a adopté cette mesure à l’unanimité, a indiqué la présidence du Conseil israélien dans un communiqué.
La semaine dernière, une roquette palestinienne tirée à partir de la bande de Gaza avait fait 69 blessés sur une base de l’armée israélienne proche de la ville d’Ashkelon, au sud de Tel-Aviv. « Le mouvement Hamas est une organisation terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza et en a fait une entité hostile. Cette organisation mène des activités hostiles contre l’État d’Israël et ses citoyens et elle est donc responsable de ces activités », souligne le communiqué.
« En sus de la poursuite des opérations militaires ciblées, Israël imposera des restrictions au pouvoir issu du Hamas de manière à limiter la circulation de marchandises vers la bande de Gaza ainsi que la fourniture de carburant et d’électricité », poursuit le communiqué.
Taher Al-Nounou, porte-parole du gouvernement issu du Hamas, s’est élevé contre « une punition collective que nous rejetons totalement ». Selon lui, ce gouvernement « va entrer en contact avec les parties concernées pour empêcher la mise en œuvre de ces graves mesures ».

JANE’S DEFENSE WEEKLY (HEBDOMADAIRE BRITANNIQUE)
Des sources occidentales ont indiqué que l’Iran a monté des ogives chimiques sur des missiles Scud syriens, précisant que l’explosion qui a fait 15 morts dans une caserne syrienne près d’Alep, en juillet dernier, était due à une erreur pendant le processus d’installation de ce matériel. Pendant ce temps, un responsable du Pentagone fait état de nombreux rapports de renseignement prouvant que des chargements d’explosifs ont quitté la Corée du Nord en direction de la Syrie.
L’explosion dans la caserne d’Alep, imputée par les autorités syriennes à une hausse de la température, s’est produite à cause d’une erreur de manipulation pendant l’installation d’une charge de gaz moutarde sur un missile. Le site militaire en question avait été construit en 2005 dans le cadre d’un accord de coopération syro-iranien. Un autre site a été construit dans la région de Saydnaya, à 30 kilomètres de Damas.

Audiovisuel international

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Couverture continue de l’actualité libanaise
- Déclarations : Condoleezza Rice, secrétaire d’État des États-Unis
L’attentat contre le député libanais Antoine Ghanem représente un nouvel épisode de la campagne terroriste menée par ceux qui veulent revenir sur les progrès démocratiques durement acquis du Liban.
Les ennemis de la paix et la liberté veulent gagner par la violence, la menace et l’intimidation ce qu’ils ne peuvent gagner par des élections libres et justes.
Le monde devrait parler d’une même voix pour appeler à la fin de la violence au Liban, qui est destinée à subvertir les progrès démocratiques dans ce pays.
Les élections libanaises doivent se dérouler sans la menace d’ingérences extérieures et de la violence qui accompagne de telles ingérences.

Tendances et événements au Liban

L’assassinat du député phalangiste de la majorité, Antoine Ghanem, a suscité un vif émoi au Liban et provoqué un vent d’inquiétudes. Les analystes se sont interrogés sur le timing de cet attentat qui intervient moins d’une semaine avant la séance de l’élection présidentielle, prévue le 25 septembre.
Comme après chaque attentat, les ténors de la majorité (14-mars) ont accusé la Syrie —certains ont même ajouté le nom de l’Iran— de se tenir derrière l’assassinat. Le chef druze Walid Joumblatt a appelé la communauté internationale à intervenir dans l’échéance présidentielle, une attitude qui s’inscrit dans le cadre des allusions à peine voilées de l’adjoint de Ban Ki-Moon, Terje Rød-Larsen, qui avait lié l’élection présidentielle à la résolution 1559 dont il est chargé du suivi. Ce texte, voté en septembre 2004 par le Conseil de sécurité, stipule l’organisation de l’élection présidentielle conformément à la Constitution et, c’est le plus important, exige le désarmement de la Résistance libanaise. Quelques jours après ses déclarations, M. Larsen avait été désavoué par M. Ban. La 1559 avait également été évoquée à plusieurs reprises par des responsables américains.
Le chef de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea, a de son côté estimé que l’attentat de mercredi est le résultat de l’infiltration des services de sécurité. Saad Hariri, lui, a mis l’accent sur la nécessité de « sauver coûte que coûte » l’échéance présidentielle, faisant allusion à la possibilité d’ignorer les dispositions constitutionnelles, notamment la question qu quorum, qui fait l’objet d’un vif débat entre le 14-mars et l’opposition. Plus important encore, M. Hariri a déclaré que le Tribunal international jugera non seulement les coupables du meurtre de son père mais aussi ceux qui sabotent l’élection présidentielle au Liban.
L’opposition, elle, estime que l’assassinat d’Antoine Ghanem vise, en premier lieu, à torpiller l’initiative du président du Parlement Nabih Berri, qui avait été ouvertement rejetée par Geagea et Joumblatt, et indirectement par Hariri. L’attentat contre le député intervient à la veille d’une visite cruciale que devait effectuer M. Berri chez le Patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, qui avait montré avec le Conseil des évêques de sa communauté, des dispositions favorables à l’égard de la démarche du chef du Législatif. De nombreuses figurent du 14-mars avaient également exprimé leur soutien à cette initiative salvatrice, ce qui menaçait la cohésion de la coalition au pouvoir. L’assassinat de Ghanem remet en selle les faucons du 14-mars et leur permet d’étouffer les voix modérées.
Dans ce contexte, les milieux de l’opposition rappellent les menaces directes adressées par MM. Joumblatt et Geagea contre leurs alliés qui accepteraient un compromis avec l’opposition. M. Joumblatt avait carrément menacé d’« exécution politique et morale ceux qui, parmi nos alliés, rechercheraient une entente avec l’autre partie ».
Les analystes attendent les prochaines mesures que pourraient prendre les États-Unis pour exploiter l’assassinat de Ghanem. On parle déjà d’une internationalisation de l’élection présidentielle à travers son organisation à l’extérieur du Liban sous la houlette du Conseil de sécurité. Dans ce cas, le Liban ne sera plus un État indépendant mais une entité placée sous protectorat international.

Articles relatifs au Liban

AS-SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Antoine Ghanem martyr : l’assassinat de la réconciliation à travers la présidentielle. L’assassinat intervient avant une visite de Nabih Berri au cardinal Sfeir et un entretien Berri-Hariri avant l’élection présidentielle.

AN-NAHAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
Antoine Ghanem, un message sanglant pour la majorité et l’élection présidentielle.
L’assassinat de Ghanem vise à réduire le nombre des députés de la majorité et faire échouer l’élection présidentielle à six jours de sa tenue. Il y a aussi des craintes que cet assassinat vise à saboter l’initiative du président du Parlement (et un des chefs de l’opposition, ndlr) Nabih Berri qui devait rencontrer vendredi le patriarche maronite Nasrallah Sfeir.

AL-MOUSTAQBAL (APPARTIENT A LA FAMILLE HARIRI)
L’assassinat de Ghanem est une réponse rapide du régime syrien et de ses services de renseignement à l’appel des évêques maronites (qui ont exhorté mercredi les députés à se rendre à la convocation à l’élection présidentielle le 25 septembre, ndlr).

AL-AKHBAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
L’assassinat de Ghanem menace la réconciliation et ouvre la voie au chaos. L’attentat vise à saboter l’initiative de Nabih Berri en causant un choc politique qui a créé une atmosphère de tension.

AFP (AGENCE FRANCE PRESSE)
Un nouveau député de la majorité a été assassiné mercredi dans un attentat à la voiture piégée, dans la banlieue chrétienne de Beyrouth, qui a coûté la vie à cinq autres personnes, à moins d’une semaine de l’élection présidentielle.
La majorité a imputé à Damas la responsabilité de l’assassinat d’Antoine Ghanem et les États-Unis, l’Onu et les pays occidentaux ont condamné l’attentat, le dernier d’une longue liste au Liban.
La Syrie a également condamné « fermement » cette attaque, dénonçant un « acte criminel » visant ses efforts en faveur de « l’unité » au Liban et s’est déclarée « attachée à la sécurité, à la stabilité et à l’unité » du pays du Cèdre.
Cet attentat intervient en pleine crise politique, à six jours de la séance du Parlement où les députés doivent élire le successeur du président Emile Lahoud.
L’attentat a fait au total six morts, dont deux gardes du corps du député, et 56 blessés, selon un dernier bilan de la police revu à la baisse. Un précédent bilan faisait état de neuf morts.
L’explosion survenue dans le quartier résidentiel chrétien de Sin el-Fil visait la voiture du député. Selon sa fille Mounia en pleurs, Antoine Ghanem « venait de passer deux mois hors du pays, il était rentré dimanche. Je l’ai vu ce matin, je lui ai dit de faire attention, de prendre des mesures de sécurité. Mais il n’avait pas les moyens de s’offrir une protection très importante ».
Les Phalanges ont appelé à une grève générale jeudi et annoncé que les funérailles du député auraient lieu vendredi. En signe de deuil, les écoles et les universités demeureront fermées jeudi et vendredi.
« Je n’ai jamais vu de ma vie un régime aussi lche que le régime (du président syrien) de Bachar al-Assad », a déclaré le chef de la majorité Saad Hariri.
« Les ennemis du Liban ont tué Antoine Ghanem parce qu’ils veulent saboter l’élection présidentielle », a ajouté le fils de l’ex-Premier ministre assassiné.
Le député et chef druze Walid Joumblatt a estimé que cet assassinat était un « message du régime syrien qui veut casser la majorité parlementaire à la veille de l’élection présidentielle ».
Le Premier ministre Fouad Siniora, qui a condamné l’attentat dans un communiqué, a adressé un message au secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, lui demandant que la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri se penche sur « le crime ayant visé le député Antoine Ghanem ».
La Maison-Blanche a condamné l’assassinat et relevé que « les victimes de ces lâches attentats ont été de manière constante ceux qui ont cherché publiquement à mettre fin aux ingérences de la Syrie dans les affaires intérieures du Liban ».
Le Conseil de sécurité de l’Onu a condamné « une nouvelle tentative de déstabiliser le Liban en cette période très cruciale ». Plusieurs pays européens ont également exprimé leur indignation.

• L’Iran a condamné l’assassinat du député Antoine Ghanem, en y voyant le résultat d’un « complot sioniste ». « Cet acte terroriste visait à provoquer une instabilité au Liban qui traverse actuellement une situation sensible, alors que l’initiative du président du Parlement prenait forme », a dit le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini, dans un communiqué.
M. Hosseini faisait référence à une proposition de Nabih Berri d’abandonner la demande d’un gouvernement d’union nationale si l’ensemble des parties libanaises, notamment la majorité, se mettaient d’accord sur le nom d’un candidat à la présidentielle.
M. Hosseini a fait porter la responsabilité de l’attentat contre le député libanais à Israël. « C’est le fruit des complots menaçants du régime sioniste, qui a toujours menacé la souveraineté, l’indépendance, la sécurité et la solidarité populaire libanaise », a dit M. Hosseini.
Cette position est rigoureusement inverse à celle de l’administration états-unienne, dont le président George W. Bush a condamné mercredi soir les « tentatives des régimes syrien et iranien et de leurs alliés pour déstabiliser le Liban et pour saper sa souveraineté ».

http://www.voltairenet.org/article151602.html http://www.voltairenet.org/article151602.html



Vendredi 21 Septembre 2007

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