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Liban : le moment de vérité ne peut plus être différé


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La coalition du 14-mars a annoncé jeudi soir qu’elle était déterminée à se rendre au Parlement, ce vendredi, pour élire un président de la République en dépit de l’absence d’un accord avec l’opposition. L’élection d’un président à la majorité simple constituerait une violation flagrante de la Constitution et plongerait le Liban dans l’inconnu. L’espoir réside dans les mesures que compte prendre le président de la République sortant, Emile Lahoud, pour empêcher le gouvernement de Fouad Siniora de s’accaparer les prérogatives du chef de l’État.


Vendredi 23 Novembre 2007

Liban : le moment de vérité ne peut plus être différé

Tendances edt événements au Liban

L’initiative de la dernière chance, lancée jeudi soir par le chef chrétien de l’opposition, le général Michel Aoun, 24 heures avant la fin du mandat d’Emile Lahoud, a fait naître une lueur d’espoir sur une possible solution à la crise de la présidentielle libanaise.
La proposition de Aoun consiste en un partage équitable du pouvoir entre le 14-mars et l’opposition. Le général renonce à sa candidature à la présidence et propose un candidat en dehors de son parti qui serait élu pour une période de deux ans qui s’achève au lendemain des prochaines élections législatives, au printemps 2009. Ce président s’engage à respecter le document d’entente signé avec le Hezbollah, qui reconnaît la légitimité de la résistance armée face à l’occupation israélienne. Le chef du 14-mars, Saad Hariri, nommerait le futur Premier ministre en dehors des rangs de son parti. Celui-ci s’engagerait à mettre en œuvre le tribunal international chargé de juger les assassins de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri..
Le gouvernement devra refléter l’équilibre des forces : Un gouvernement d’union nationale est formé, proportionnellement à la représentation des forces dans le Parlement, soit 55 % pour la majorité et 45 % pour l’opposition. L’opposition et la majorité auraient chacun droit à deux portefeuilles ministériels conséquents.
Le prochain gouvernement s’engagerait à nommer les hauts fonctionnaires à égalité entre musulmans et chrétiens, à accélérer le retour des déplacés de la guerre civile, à élaborer une nouvelle loi électorale basée sur la petite circonscription, une vielle revendication des chrétiens. A titre exceptionnel, le nouveau commandant en chef de l’armée serait nommé par le président de la République et non pas par le Conseil des ministres.
Cette proposition avait une durée limitée dans le temps : 22 h, le vendredi 23 novembre. Le 14-mars, réuni en assises élargies à l’hôtel Phoenicia, n’a pas attendu jusque là pour répondre. Il a rejeté l’initiative de Michel Aoun jugée anticonstitutionnelle parce qu’« elle réduit la durée du mandat présidentiel ». La coalition au pouvoir a décidé de se rendre à la Chambre en dépit de l’absence d’un accord sur un candidat consensuel avec l’opposition.
Le siège du Parlement sera donc le théâtre d’un face-à-face à hauts risques entre les députés des deux camps adverses. Trois scénarios sont envisageables :
- 1. Le 14-mars élit un président à la majorité simple, sans le consentement de l’opposition. Une telle mesure risque de plonger le Liban dans une guerre civile qui commencerait à l’intérieur même de l’Assemblée.
- 2. Un accord de dernière minute intervient et un président consensuel est élu. Cette option est peu probable, vu que le 14-mars a rejeté l’initiative de Michel Aoun.
- 3. Le scénario le plus probable : Nabih Berry constate le défaut du quorum constitutionnel des deux tiers, lève la séance et fixe un nouveau rendez-vous dans une dizaine de jour.
Selon des informations sûres, des débats houleux ont eu lieu entre les ténors du 14-mars lors de la réunion de jeudi soir. Le ton est monté entre Samir Geagea, qui a plaidé pour une élection à la majorité simple, et Walid Joumblatt, qui préfère le statu quo, car il est conscient de la réalité des rapports de force sur le terrain.
Pour la première fois de son histoire, le Liban se trouve sans président de la République. La suite des événements dépendra de la nature de la relation entre le gouvernement de Fouad Siniora, qui veut rester en place, et l’armée qui va être investie des pleins pouvoir par le président sortant conformément à ses prérogatives constitutionnelles et à la loi de la défense nationale. Cela dépendra aussi de l’attitude de l’opposition au cas ou Fouad Siniora décide d’exercer les prérogatives du président de la République.

Presse libanaise

La presse libanaise a chômé ce vendredi à l’occasion de la fête de l’indépendance nationale.

Audiovisuel libanais

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Le général Michel Aoun a réussi à contenir toutes les pressions exercées sur lui par les émissaires et médiateurs locaux et internationaux. Il a proposé une initiative qui illustre le vrai sens de l’entente inter-libanaise, à travers un deal complet avec le 14-mars qui commence par le nom du président, celui du Premier ministre et le programme du prochain gouvernement.

NTV (PROCHE DES THESES DE L’OPPOSITION)
Les blocs parlementaires se rendent au Parlement vendredi. Mais y aura-t-il élection d’un nouveau président ? Les ministres des Affaires étrangères de la troïka européenne, présents à Beyrouth, ont exclu cette éventualité, affirmant que conformément à la Constitution, le gouvernement de Fouad Siniora pouvait prendre les rênes du pouvoir.

OTV (TELEVISION DU CPL DU GENERAL MICHEL AOUN)
Deux jours avant l’inconnu, les vérités sont apparues. La plus importante est qu’un seul homme, Michel Aoun, était au centre de toutes les tractations. Investi par un mandat populaire, le général a fait le sacrifice de sa candidature pour tenter de sauver le pays.

FTV (APPARTIENT A LA FAMILLE HARIRI)
La séance d’élection de vendredi est dans l’œil du cyclone. Le président de la Chambre, Nabih Berry, n’a pas exprimé une position officielle au sujet du sort de cette séance. Pendant ce temps, les ministres français, espagnol et italien des Affaires étrangères poursuivent leurs démarches.

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Émission : La discussion de l’heure
- Naji Boustani, ancien ministre de la Cultaure (opposition)
Pourquoi le document d’entente entre le Courant patriotique libre du général Aoun et le Hezbollah a-t-il été rejeté, alors que la Déclaration ministérielle s’engage beaucoup plus envers la Résistance ?
- Abbas Hachem, député du Bloc Aoun (opposition)
L’initiative proposée par le général Michel Aoun est une planche de salut pour la République. Elle « libanise » l’échéance présidentielle. Mais le 14-mars a encore réagi d’une manière négative à l’égard de cette démarche.

Tendances et événements au Proche-Orient

Pour justifier leur participation à la conférence d’Annapolis, les pays arabes dits « modérés » ont essayé de donner de l’importance au document israélo-palestinien en gestation, alors que tous les indices montrent que les négociations autour de ce texte butent sur de sérieux obstacles et que son contenu ne répond pas aux droits les plus élémentaires des Palestiniens. Des sources palestiniennes participants aux négociations affirment que les questions clé de Jérusalem, des réfugiés et de la colonisation font du surplace depuis le début des pourparlers. Le seul « acquis » que les leaders arabes réunis ce jeudi à Charm el-Cheikh ont essayé d’amplifier, est cette sorte de calendrier fixé par les Américains qui ont promis que l’État palestinien verra le jour d’ici à la fin du mandat de George Bush en janvier 2009. Mais de nombreux analystes soulignent que la Maison Blanche avait déjà fixé deux rendez-vous pour la création de l’Etat palestinien qui n’ont jamais été respectés.
La détermination américaine à tenir la conférence d’Annapolis en dépit de maigres résultats attendus oblige les pays arabes à y participer sans conviction. Ils craignent de froisser George Bush et d’affaiblir davantage sa position sur les scènes interne et externe.

http://www.voltairenet.org/article153217.html http://www.voltairenet.org/article153217.html



Vendredi 23 Novembre 2007

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