Palestine occupée

Liban : derniers atermoiements


La rencontre-surprise, mercredi soir, entre le chef chrétien de l’opposition, le général Michel Aoun, et le leader de la coalition au pouvoir, Saad Hariri, a fait planer, un temps, un climat d’optimisme. Mais très vite, il est apparu que les deux hommes ne sont pas parvenus à un accord susceptible de dénouer la crise de la présidentielle. Les médias libanais et régionaux soulignent que les démarches intenses des dernières 24 heures avaient pour but de gérer dans le calme le vide constitutionnel qui se profile à l’horizon après l’échec de l’élection présidentielle.


Vendredi 23 Novembre 2007

Liban : derniers atermoiements

Tendances et événements au Liban

L’intensité des contacts qui se déroulent au Liban et dans les capitales concernées donne le tournis même aux analystes les plus chevronnés. Les dernières 24 heures ont enregistré les données suivantes :
- 1. La France a pesé de tout son poids dans la balance pour tenter de trouver une issue consensuelle à la crise. Le chef chrétien de l’opposition, le général Michel Aoun, était au centre de tous les contacts. Il a reçu de nombreux émissaires internationaux et un appel téléphonique du président français Nicolas Sarkozy. En soirée, il a rencontré le chef de la coalition au pouvoir, Saad Hariri. Les entretiens ont porté aussi bien sur la possibilité de l’élection du général Aoun, en tant que chef chrétien le plus représentatif, que sur une solution médiane comportant l’élection d’un candidat consensuel et une entente sur le nom du prochain Premier ministre et le programme de son gouvernement. Le président de la République serait élu pour une période de deux ans et s’engagerait à élaborer une nouvelle loi électorale. Les noms de l’ancien ministre Michel Eddé et du député indépendant Pierre Daccache ont circulé pendant plusieurs heures avant de disparaître du paysage politique et médiatique. On a reparlé également d’un gouvernement transitoire qui serait dirigé par le commandant de l’Armée, le général Michel Sleimane.
- 2. À 36 heures de la fin de son mandat, on ne savait toujours pas quelle est la mesure que le président sortant, le général Emile Lahoud, compte prendre. L’idée de la formation d’un gouvernement de salut national face au cabinet de Fouad Siniora est pratiquement écartée, sauf surprise de dernière minute. Selon des informations sûres, Emile Lahoud, en tant que commandant suprême des forces armées, pourrait invoquer la loi de la défense nationale pour confier le pouvoir à l’armée après son départ du palais de Baabda. Les analystes établissent un lien entre ce scénario envisagé et l’ordre du jour adressé par le général Sleimane aux militaires, leur demandant de ne pas prêter attention aux querelles constitutionnelles et à se préparer à assurer la stabilité et la sécurité du pays. Sur le terrain, des milliers de soldats d’élite ont été déployés sur l’ensemble du territoire, notamment dans les régions et quartiers à hauts risques.
- 3. Les événements des derniers jours ont montré que le général Michel Aoun est le véritable négociateur de l’opposition dans le dossier de la présidentielle. Le Hezbollah et le mouvement Amal du président de la Chambre, Nabih Berry, se sont résolument rangés derrière lui, en tant que chef chrétien le plus populaire. Résultat : le général Aoun a conforté son image de défenseur des intérêts des chrétiens au sein du régime auprès de l’opinion publique.
- 4. En résumé, le Liban se trouve devant trois options :
a) Election de Michel Aoun à la présidence de la République.
b) Election d’un président puis nomination d’un Premier ministre consensuels, chargés de mettre en œuvre un programme consensuel.
c) Formation d’un gouvernement de transition entre le 14-mars et l’opposition.
Si aucun de ces trois scénarios n’est mis en œuvre, le Liban va entrer dans une longue confrontation entre le 14-mars et l’opposition qui refusera, quelles qu’en soient les conséquences, que les prérogatives du chef de l’État maronite échoient à un Premier ministre sunnite, considéré de surcroît comme illégitime et anticonstitutionnel.

Presse libanaise

AN-NAHAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
Le miracle de l’entente se produira-t-il aujourd’hui, le jour de la dernière chance avant l’heure zéro ? Le blocage des toutes les démarches pour tenter de choisir un candidat dans la liste du Patriarche Nasrallah Sfeir constitue un indice dangereux. Des vétos réciproques ont été apposés sur les différents noms de cette liste, ce qui fait que tous sont désormais grillés.

AS-SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
La situation fait du surplace. Si les données qui ont dicté le report de la séance du 21 novembre restent inchangées, la séance du 23 novembre risque de subir le même sort. Le Liban sera donc au seuil du vide constitutionnel, avec ce que cela comporte comme dangers.
La rencontre Aoun-Hariri s’est transformée en dialogue de sourds et le président Nicolas Sarkozy les a invités à faire des concessions mutuelles. Pendant ce temps, Washington pousse la majorité parlementaire au défi. Dans son discours à l’occasion de la fête de l’Indépendance et de la fin de son mandat, Emile Lahoud a assuré que jusqu’à la dernière minute, il défendra « l’option de l’unité nationale ».

Audiovisuel libanais

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Entre « l’heureuse surprise » dont a fait état le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et l’espoir qui a conduit le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, à venir au Liban, la conférence de presse commune que les deux hommes devaient tenir a été annulée sans explications convaincantes. Ce climat d’incertitude rejoint l’ambiance pessimiste qui règne au patriarcat maronite, où Mgr Nasrallah Sfeir semble très contrarié par le fait que ceux qui l’ont poussé à présenter une liste de candidats n’ont pas tenu leurs promesses et engagements.

NTV (PROCHE DES THESES DE L’OPPOSITION)
De toutes les informations qui circulent, une seule est fiable : le Walid Joumblatt d’aujourd’hui n’est pas le même que celui d’hier. Le chef druze adopte un ton flexible, malléable et conciliant.
Amr Moussa, qui a quitté Beyrouth en soirée, a affirmé que tout espoir n’est pas perdu en dépit des obstacles.

OTV (TELEVISION DU CPL DU GENERAL MICHEL AOUN)
Bernard Kouchner reste au Liban, Amr Moussa est parti mais reste disposé à revenir à n’importe quel moment, et le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos est attendu.
Sur le terrain, l’armée a adopté de strictes mesures de sécurité et un état d’urgence non proclamé est en vigueur.

FTV (APPARTIENT A LA FAMILLE HARIRI)
L’échéance présidentielle entre dans le dernier quart d’heure et le flou le plus total continue de régner. Le pays est ouvert à toutes les options.

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Émission : Et après ?
- Annis Naccache, spécialiste des questions stratégiques
La France tente de retrouver son rôle régional à travers le portail libanais.
La coalition du 14-mars est uniquement un phénomène médiatique et télévisé.
Michel Aoun est victime d’une vaste campagne de dénigrement car il vient de l’extérieur de l’équation traditionnelle libanaise. Aoun sait lire parfaitement les changements dans la carte régionale. Il se présente comme un leader national et non pas comme le chef d’une communauté. Et il sait qu’il ne peut réussir que s’il s’allie à des groupes politiques essentiels et influents.

Tendances et événements au Proche-Orient

La crise au Pakistan reste en tête des préoccupations de l’Administration américaine qui multiplie les déclarations contre les dangers du chaos et exprime ses craintes de voir l’arme atomique tomber entre des mains « peu sûres », extrémistes et hostiles aux États-Unis.
Les inquiétudes US sont motivées par la nature de la structure de la machine militaire et sécuritaire pakistanaise directement parrainée par les États-Unis à l’époque de la Guerre froide, notamment lors du conflit afghan quand al-Qaida et les talibans faisaient parties du dispositif déployé par les États-uniens face à l’Union soviétique. Ces deux groupes ont été créées, structurés et entraînés par les services de renseignements pakistanais et l’Arabie saoudite, et nombreux sont leurs chefs qui ont été accueillis à la Maison-Blanche pour être décorés en tant que « combattants de la liberté ».
Les pressions états-uniennes se concentrent sur le président Pervez Musharraf. Le maintien du statu quo comporte des dangers à la lumière du mécontentement populaire grandissant qui menace de plonger le pays dans un désordre incontrôlable. Mais en même temps, Washington ne possède pas les clés d’une solution capable de ramener un minimum de stabilité après l’abandon par Musharraf de son poste de chef des armées. Un éventuel partage du pouvoir entre les deux anciens Premiers ministres, Benazir Bhutto et Nawaz Charif, ne semble pas, non plus, être capable de créer une légitimité politique susceptible de calmer le mécontentement populaire.
La crise du Pakistan constitue donc un défi majeur pour les États-Unis, qui livrent avec leurs alliés de l’Otan une guerre difficile et à l’issue incertaine en Afghanistan. Des développements spectaculaires pourraient se produire dans cette région du monde qui changeraient les équilibre et les rapports de force.

Audiovisuel international

AL-ARABIYA (CHAINE SAOUDIENNE)
Émission : Panorama
- Mohammad Habache, député syrien
La Syrie n’a reçu aucune invitation officielle pour participer à la conférence d’Annapolis. Les États-Unis continuent de provoquer la Syrie. Et si la question du Golan n’est pas débattue lors de cette conférence, la Syrie n’y participera pas.
- Saëb Erekat, négociateur en chef palestinien
La cause palestinienne est celle de tous les peuples arabes. De même que le Golan est une partie indivisible de la Syrie. Tous les droits arabes doivent être débattus à Annapolis.

http://www.voltairenet.org/article153213.html http://www.voltairenet.org/article153213.html



Samedi 24 Novembre 2007

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