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Liban Guerre de Juillet 2006 - Human Rights Watch cède-t-il au Lobby Israélien ?


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A travers tout son rapport, HRW explique et essaie d'excuser son manque de preuve indéniable contre le Hezbollah tout en portant une accusation extrêmement grave et en faisant des recommandations qui sont de véritables interférences dans la politique intérieure du Liban. Par là elle semble avoir céder au Lobby Israélien, perdu son rayonnement moral et avoir trahi son mandat.


syryne3@hotmail.com
Mardi 11 Septembre 2007

Victime libanaise d'armes chimiques utilisées par l'armée israélienne au Liban juillet-août 2006
Victime libanaise d'armes chimiques utilisées par l'armée israélienne au Liban juillet-août 2006
Human Rights Watch (HRW) ne fournit aucune preuve probante, indiscutable pour ses accusations de crimes de guerre. Son rapport, « Civils sous Assaut : attaques de roquettes par le Hezbollah sur Israël dans la guerre de 2006, » est saturé de démentis : son accès à l'information pendant ses recherches a été entravée soit parce que le gouvernement israélien ne l'autorisait pas à la publier, soit que la preuve était classée secret défense ou que certaines zones géographiques étaient « hors d'atteinte », sujette à la censure militaire, ou que les conclusions étaient dans bien des cas non concluantes. Pour répondre au souci de la preuve nécessaire, quand on porte de telles accusions sérieuses contre la Résistance Libanaise, HRW devait offrir des preuves matérielles beaucoup plus probantes, crédibles, pertinentes.

La date de publication du rapport a conduit de nombreux observateurs à croire que HRW « répandait une fausse publicité contre le Liban et affaiblissait l'esprit national ». Un rapport officiel libanais juridique du 30 août 2007 a accusé HRW d'essayer « d'empêcher la résistance de protéger son pays contre les attaques israéliennes et de violer la souveraineté du Liban. » Le commentaire suivant avance que HRW a adopté la même approche biaisée concernant les actions d'Israël et en faveur de ce dernier au Liban lors de la guerre de Juillet 2006, comme elle l'a fait en Palestine de façon accrue.

L'approche légale de HRW et les faits au regard du droit de la résistance libanaise à l'auto défense pendant la guerre de juillet 2006.

La plupart des juristes si leur cas présente des faiblesses au niveau des faits, peuvent, quand ils préparent leur argumentation pour défendre leurs clients au tribunal, insister devant le tribunal et surtout les jurés sur le poids solennel et grave et les aspects techniques des principes légaux applicables, des normes et des règles. Ils diront parfois aux jurés que leurs sentiments personnels, leur intuition ne comptent pas et ne doivent pas interférer avec ce que la loi, selon l'opinion des avocats, exige. C'est une approche conçue pour obtenir le résultat escompté et qui est parfois basé sur des fictions légales et des exercices techniques induisant en erreur. Si la loi est contre le cas de leurs clients, les juristes argumenteront probablement les faits avec zèle en faveur de leurs clients. HRW, dans le rapport analysé, se livre à un argumentaire sur des aspects techniques et certains principes internationaux légaux sélectionnés qu'elle considère en faveur d'Israël. Elle a choisi cette approche juridique parce que les faits de la Guerre de Juillet 2006 soutiennent largement et sans controverse possible le Liban, la Résistance Libanaise et les victimes civiles du Liban plutôt que les actions d'Israël.

Quelques exemples :

A travers tous son rapport, HRW explique et essaie d'excuser son manque de preuve indéniable en blâmant la censure israélienne : « citant des raisons de sécurité nationale, les autorités militaires israéliennes ont limité la quantité d'information disponible publiquement (pour HRW) sur des aspects variés de la guerre, incluant certaines informations sur les endroits où ont atterri les roquettes du Hezbollah pendant le conflit. Ces restrictions ont limité notre capacité à totalement enquêter sur le mode d'attaque du Hezbollah. « HRW s'est plainte dans son rapport que « les censeurs israéliens n'ont pas autorisé les enquêteurs de HRW à rapporter les cibles touchées par des missiles sur les bases de l'armée israélienne et ou sur des installations stratégiques, ou la localisation de ces installations. » Le fait que l'armée israélienne n'a pas facilité la tâche de HRW pour qu'elle rassemble les preuves qu'elle cherchait ou espérait trouver ne justifie pas que HRW les remplace par des lacunes évidentes ou des preuves imaginaires et ensuite utilise cette spéculation pour porter une accusation internationale contre le Liban et sa résistance. HRW a admis que les affirmations du Hezbollah que ses roquettes avaient touché des cibles militaires à l'intérieur d'Israël plus souvent que les médias ne l'ont rapporté étaient vraies sur la base de ses propres conclusions.

HRW a échoué à prendre suffisant en considération ou à peser le fait que dans le nord de la Palestine, des installations militaires fixes, telles que des bases de l'armée israélienne, sont situées près ou au milieu d'habitations civiles i.e, boucliers humains souvent utilisés par l'armée israélienne. Par exemple, c'est bien connu que les quartiers généraux du commandement nord de l'armée israélienne sont situés prés du centre ville de Safed (ville israélienne au dessus du lac de Tibérias ndlt). De même, la marine israélienne à une importante base d'entraînement sur la côte de Haïfa près d'un important hôpital et un quartier d'immeubles bas.

« Etant donné l'atmosphère sensible voire même tendue au Liban/Palestine, dont HRW a parfaitement conscience, il aurait mieux valu pour HRW de publier un rapport compréhensif contenant toutes les conclusions et non pas viser un côté en l'absence de l'autre ». F. Lamb.

L'une des conclusions et déclarations la plus erronée en matière de droit international est la suivante : « les attaques du Hezbollah en violation des lois de la guerre, quand elles se combinaient avec des déclarations indiquant une intention criminelle, est une preuve forte que certains membres du Hezbollah et certains commandants ont été responsables de crimes de guerre. » HRW conclue qu'il y avait une violation du droit international et ensuite trouve une intention criminelle en y ajoutant une certaine utilisation par le Hezbollah de tactiques de battage ou guerre psychologique verbale dans des communiqués de presse incluant des menaces contre les autorités militaires israéliennes par le biais d'attaques possibles de certaines zones si Israël n'arrêtait pas ses bombardements incessants sur la Liban. Conclure que ces éléments en quelque sorte « faisaient des membres et commandants du Hezbollah des responsables de crimes de guerre», ce n'est pas faire une lecture exacte du droit international coutumier ou du droit des traités. Des mots dans ce contexte ou sur des faits qu'offre HRW n'établissent pas d'intention criminelle.

Comme l'ont déclaré les dirigeants du Hezbollah, spécialement avec leur expérience d'Israël et des théâtres de guerre asymétrique, la guerre psychologique est de plus en plus importante lorsqu'on s'occupe de l'armée israélienne et les dirigeants politiques israéliens. Israël pensait certainement comme cela quand ils ont largué des milliers de tracs menaçants, envoyé des SMS menaçants via les téléphones libanais, ont piraté des programmes TV et radio et ont généralement essayé d'obtenir un avantage militaire en énervant leurs opposants. De plus, les menaces du Hezbollah ont eu pour effet de faire fuir des centaines de milliers de civils hors des zones dangereuses. C'était l'un de leurs objectifs. Par contraste, Israël a prévenu les civils de partir et puis les a bombardé alors qu'ils fuyaient. Ceci s'est passé le 15 juillet à Marwahin, le 16 juillet à Aitaroun, sur un minibus dans la vallée de la Bekaa le 10 août, et dans plus d'une douzaine de cas.

La Résistance Libanaise n'a-t-elle pas le droit d'utiliser des tactiques psychologiques et une pression accrue sur les autorités israéliennes pour mettre fin à leurs attaques en suggérant qu'elle avait des surprises et qu'elle avait l'intention d'ajuster son niveau de réponse aux attaques israéliennes ? Les tactiques psychologiques utilisées par Israël et le Hezbollah pendant la guerre de juillet n'étaient pas illégales selon le droit international.

Qu'il y ait des problèmes avec l'application du droit international c'est bien connu. Il y a également des problèmes qui ont besoin d'être traités par le biais d'une Conférence Internationale sur les lois gouvernant les conflits armés. Un sujet qui demande qu'on lui accorde une attention et qu'on en discute, c'est celui soulevé lors de la guerre de Juillet par le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hasan Nasrallah, exprimé ainsi :

« Tant que l'ennemi mène ses actions sans limites et sans lignes rouges, nous répondrons sans limites et sans lignes rouges. »

Cette déclaration est le reflet d'une pratique internationale. Devrait-elle être codifiée par une convention ? Est-ce qu'elle reflète précisément le droit international coutumier ? L'histoire des guerres révèle certainement que pratiquement chaque armée a utilisé les représailles, parfois massivement. Dresden, Coventry, Berlin, viennent à l'esprit. Il y a –t-il eu des erreurs dans les tirs de roquettes du Hezbollah ? Certainement, la Résistance Libanaise l'a volontiers admis. L'affirmation de HRW que le Hezbollah a sciemment visé des civils peut-elle être avalisée ? Pas sur les preuves qu'elle fournit.

HRW a ignoré l'utilisation israélienne de boucliers humains.

Le compte rendu des actions militaires pendant la Guerre de Juillet suggère que le Hezbollah semble avoir eu précisément connaissance de l'endroit où étaient positionnées des installations militaires israéliennes et surveillait les mouvements et placements des positions mobiles israéliennes et de ces rampes de lancement, avant de tirer ses roquettes. HRW admet cette possibilité mais évite de conclure que le Hezbollah avait le droit de cibler des roquettes d'Israël destinées au Liban tant que la nécessité militaire l'emportait sur le risque encouru par les civils. HRW condamne également le Hezbollah pour avoir tirer sur Kiriyat Shmona (une ville israélienne située prés de la frontière israélo libanaise ndlt) mais omet de mentionner la possibilité réelle qu'Israël y aient eu des unités mobiles militaires de positionnées ainsi que dans plus de 20 localités où les civils se trouvaient à proximité. HRW n'offre pas de preuve que le Hezbollah ait ciblé sciemment des civils. Elle indique dans une note de bas de page la mention que le Hezbollah a instamment demandé aux civils de quitter les zones où se trouvaient des bases israéliennes, et d'aller dans le sud hors de danger et que Sayed Nasrallah a plaidé auprès des résidents pour qu'ils descendent vers le sud et s'écarter des positions israéliennes, déclarant que « votre sang est notre sang ». Si HRW n'est pas capable ou ne veut pas fournir des cartes montrant les positions des bases israéliennes en relation avec le ciblage par le Hezbollah elle devrait retirer son accusation insupportable.

Est-ce que HRW croit qu'il existe une parité morale politique ou légale entre quelqu'un qui essaie de tuer l'autre et la réponse de la victime essayant d'arrêter les attaques qui mettent en péril la vie? HRW accuse le Hezbollah d'avoir « bombardé des métropoles, villes, villages de manière répétée sans effort apparent pour distinguer entre les objectifs civils et militaires. » Quelles preuves matérielles probantes, adéquates a HRW concernant les comptes rendus de tirs du Hezbollah, et quelle cible particulière était visée à ce moment là, et aussi concernant le fait que le Hezbollah a agi «sans effort apparent pour distinguer entre les objectifs civils et militaires ».

HRW construit son cas en utilisant un langage tel que « dans certains de ces cas, nous n'avons pas pu trouver de preuve qu'il y ait eu une cible militaire légitime dans le secteur au moment de l'attaque, » suggérant que c'était une attaque délibérée contre des civils.

Dans le cadre de ses recommandations suite à ses conclusions sur les faits et conclusions légales, HRW appelle le gouvernement du Liban à interdire la livraison de roquettes au Hezbollah et implique qu'il devrait désarmer la Résistance Libanaise. Cette demande de HRW constitue une interférence dans les affaires internes du Liban. C'est au gouvernement libanais, et non pas à Israël ou HRW de décider comment son pays doit se défendre.

L'utilisation récente par HRW de jugements juridiques étroits, durs, sur la résistance palestinienne et libanaise suggère qu'elle a accepté d'ajuster ses remarques sous la pression du Lobby Israélien et comme conséquence elle semble avoir perdu son rayonnement moral et avoir trahi son mandat.

Dc F. Lamb – 4/09/07

Article publié sur Al Manar TV

Url de l'article en anglais

Dc Lamb est diplôme en droit de l'Ecole de Droit de Boston, un LLM (Master de Droit) et PhD en Droit International, de l'Ecole Economique de Londres. Il a passé 3 ans à la Cour Internationale de Justice de la Haye. On peut lui écrire à fplamb@gmail.com

Introduction et Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Guerre du Liban 2006: anatomie d'une défaite israélienne colossale

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