Palestine occupée

Liban: Contre la logique communautaire et les politiques néolibérales, pour une société de citoyens


Dans la même rubrique:
< >


Mercredi 14 Mai 2008

par ATTAC Liban

A propos de l’escalade de violence dans les rues de Beyrouth, analyse d’attac Liban.

La violence dans les rues de Beyrouth est l’aboutissement de la violence verbale qui s’estt accumulée depuis deux ans, plus rapidement que la dette nationale. L’origine de cette violence de rue est à chercher dans les discours des chefs communautaires et des politiciens, les mêmes qui contrôlent le système politique et économique du Liban.

D’une part, l’opposition a utilisé l’appel à la grève de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) pour servir ses propres objectifs : elle a instrumentalisé les revendications des travailleurs pour exercer une pression politique sur ses adversaires du gouvernement. La direction de la Confédération s’est laissée ainsi entraîner par les desseins politiques de l’opposition. De fait, dès qu’ils ont été dans la rue, les « protestataires » ont tout oublié des revendications des travailleurs.

D’autre part, le gouvernement a appliqué sans état d’âme et dans son propre intérêt une politique allant dans le sens de la vision américaine du Nouveau Moyen-Orient [1]. Ses dirigeants ont encadré l’effondrement des structures de l’Etat, les institutions ont été paralysées, et les députés, communautaristes, ont fait du parlement une institution moribonde et sans utilité. Le gouvernement parle de majorité et de minorité comme si on était dans un régime laïc, alors qu’il a contribué à renforcer ce système communautaire qui ne représente d’aucune façon les réalités démographiques et politiques du Liban.

Attac Liban avait vu dans la grève générale une occasion unique pour tous les travailleurs du Liban de faire pression sur le gouvernement, en vue de l’augmentation du salaire minimum et de la satisfaction des besoins vitaux des citoyens du pays. De plus en plus nombreux vivent dans des conditions de pauvreté, de malnutrition et d’insécurité économique, politique et sociale, à une époque de « tsunami économique »global.

Attac Liban dénonce l’utilisation systématique des revendications sociales et économiques par l’opposition, à des fins politiques (politiciennes). N’est-il pas étonnant que les revendications des ouvriers, des paysans et des catégories les plus pauvres aient disparu des discours des dirigeants de l’opposition ? N’est-il pas étrange que la Confédération générale du travail n’ait pas condamné les milices, pour avoir anéanti ce qui aurait pu se transformer en une action de masse capable de faire pression sur ce gouvernement néolibéral, et de freiner sa politique économique opportuniste et suicidaire ?

Attac Liban exprime avec force sa conviction que la crise a été précipitée par le régime communautaire. La pratique politique communautaire s’est reconfigurée à l’époque de la globalisation et de la reconstruction pour laisser le champ libre à l’élite des nantis et des puissants, pour livrer un peu plus les droits inaliénables du peuple aux intérêts des firmes multinationales, et pour fabriquer une société qui fonctionne à l’encontre d’une logique de reconstruction du Liban sur la base des principes de la démocratie, de la justice sociale et de l’équité économique.

Nous, militants d’Attac Liban, réaffirmons que le système communautaire libanais institutionnalise la pauvreté, la concurrence, la pénurie, quand les chefs communautaires se posent en intermédiaires entre le gouvernement et les affamés de leur communauté. L’élite au pouvoir devient le seul recours face aux difficultés sociales et économiques causées par les politiques néolibérales de privatisation et d’érosion des systèmes de protection.

Attac Liban condamne les actions de rue de toutes les milices. Ces actions manifestent leur mépris flagrant de la sécurité et du bien être de dizaines de milliers de Libanais innocents. Mais nous reconnaissons que leur comportement est surpassé par la culpabilité de leurs leaders communautaires.

Dans ce déferlement de violence, comme dans la violence quotidienne rampante causée par la négligence économique de l’Etat depuis la fin de la guerre civile, nous, militants d’Attac Liban, exerçons notre droit démocratique de ne pas choisir entre : le parti néolibéral et ses politiques antisociales, qui ont entrainé le creusement du fossé entre les riches et les pauvres ; et le parti qui prétend être solidaire du mouvement social, mais qui exploite l’injustice économique et l’absence de représentation démocratique dans le sens de ses intérêts propres.

Attac Liban défend une culture laïque et démocratique. Nous appelons à l’ouverture d’un débat national, excluant les (actuelles) élites politiques qui devraient être bannies de la vie politique. Le débat national devrait rassembler des représentants de toutes les régions du Liban, y compris du monde ouvrier, des coopératives agricoles, des organisations environnementalistes, des organisations de la société civile, des associations locales, des militants pour les droits des femmes et les droits humains, des Palestiniens des camps de réfugiés, des organisations de défense des droits des enfants, des minorités, des étudians, des intellectuls, des universitaires et des artistes. L’objectif de ce débat devrait être de forger un nouveau système politique pour le Liban, qui représente les intérêts des catégories les plus larges de son peuple, et non ceux des élites au pouvoir, des nantis ou des investisseurs internationaux.

infos article
URL: http://www.cadtm.org



Mercredi 14 Mai 2008


Commentaires

1.Posté par biloute le 15/05/2008 00:15 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Mais ils disent n'importe quoi sur l'oppostinion là...c'est n'importe quoi. C'est une logique qui se veut impariale et neutre mais en réalité c'est de la lacheté; c'est la logique du défilement. Ils veulent transposr un discours européens au Liban, ils ne connaissent parfaitement rien du Liban, on le voit bien...

2.Posté par mergitur le 15/05/2008 07:12 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Pour être clair, ATTAC Liban veut exclure la résitance libanaise du débat national libanais. AU prétexte de communautarisme, elle met dans le même sac la résistance et la capitulation.

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES

Publicité

Brèves



Commentaires