Politique Nationale/Internationale

Les troubles relations israélo-saoudiennes






Dans son édition du 25 septembre 2006, le journal israélien Yediot Aharonot, affirme que le Premier ministre israélien Ehud Olmert a rencontré un haut dignitaire saoudien afin de discuter de l’Iran et du Liban. Le quotidien a sous-entendu qu’Ehud Olmert aurait rencontré le prince Bandar bin Sultan bin Abdulaziz Al Saud en Jordanie. Ami personnel de la famille Bush (photo : rencontre à la Maison Blanche en août 2002), le prince Bandar a été pendant plus de 20 ans l’ambassadeur saoudien aux États-Unis et est aujourd’hui secrétaire général du Conseil de sécurité nationale saoudien. Les gouvernements des deux États ont démentis ces affirmations d’une façon ambiguë. En effet, Ehud Olmert a refusé de répondre aux questions portant sur cette rencontre, mais a salué « la sagesse et le sens des responsabilités » du roi Abdallah.


Mercredi 4 Octobre 2006



Si le quotidien israélien et les journaux occidentaux ayant fait échos de cette rencontre interprètent ce possible rapprochement comme un signe de l’inquiétude saoudienne face à la « menace » que représenteraient selon eux l’Iran et le Hezbollah, une toute autre interprétation est possible. Rappelons que pendant l’attaque israélienne contre le Liban, le Premier ministre Fouad Siniora a joué un jeu trouble et qu’il est aujourd’hui accusé de trahison par le Courant patriotique libre de Michel Aoun, le Hezbollah d’Hassan Nasrallah, Amal de Nabih Berri et le PSNS d’Ali Quanso. Or, M. Siniora est le fondé de pouvoir des principales sociétés du clan Hariri, au conseil d’administration desquelles siègent -outre Saad Hariri et sa sœur Bahia- le père, le frère, les deux sœurs, l’épouse, le beau-frère etc. du Premier ministre… ainsi que le prince Abdel Aziz d’Arabie saoudite.

Cette information accrédite un peu plus le rôle joué par l’Arabie saoudite dans la guerre israélo-libanaise : Riyad aurait vu d’un bon œil une opération militaire contre le Hezbollah, sous réserve qu’elle n’endommage pas les propriétés communes du clan Hariri et de la famille royale saoudienne. D’autant que l’Arabie saoudite exerce une influence dans le monde musulman grâce aux organisations conservatrices wahhabites, opposées aux organisations révolutionnaires chiites comme le Hezbollah.

Tout au long de la Guerre froide, les États-Unis, sous l’impulsion de Robert Strausz-Hupé puis d’Henry Kissinger, se sont appuyés dans la région sur le triangle Israël-Arabie soudite-Turquie et ont tenté d’y créer une zone de libre-échange. Même si cette période est révolue, les liens entre les trois pays restent étroits. Ainsi les échanges commerciaux entre Israël et l’Arabie saoudite se sont accrus de 30 % ces cinq dernières années.

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Mercredi 4 Octobre 2006


Commentaires

1.Posté par Byblos le 04/10/2006 19:20 | Alerter
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On ne peut expliquer ni la guerre Irak-Iran, ni la première, ni la deuxième guerre d'Irak si l'on fait abstraction du fait que les USA ont deux poulains qu'ils couvrent et couvent également : Israël et le Royaume dévolu à la tribu des Al Saoud qui a pris le nom d'Arabie aussi abusivement que les habitants des USA se font appeler Américains.

Toutes les actions illégales d'Israël, allant jusqu'aux crimes de guerre comme en Palestine occupée et au Liban, sont couvertes par les USA. Et l'immense majorité des projets de condamnation ont été arrêtés net par l'usage record du veto américain. Les quelques résolutions qui ont filtré n'ont jamais connu un début de mise en oeuvre. Impunément.

Pour ce qui est du trône wahabite, il faisait face, en 1980, à une double menace : une république laïque qui se voulait progressiste à l'ouest, la république iraquienne, et une autre république islamique celle-ci à l'est, l'Iran. À terme, la solution consistait à affaiblir les deux protagonistes, une menace neutralisant l'autre. Ce fut la guerre irako-iranienne.

L'Irak en sortit épuisé, mais gagnant. Et son régime auréolé de prestige. Dès lors, la menace contre le client saoudien se précisait. De plus, la montée de l'islamisme que les USA avaient jusqu'ici encouragée et parfois soutenue, risquait d'emporter de l'intérieur le trône de liège recouvert d'ors. Il fallait donc agir : coup double. On organise la deuxième guerre d'Irak, on en fait assumer tous les frais aux amis saoudiens et à leurs voisins koweitis, rapatriant ainsi les milliards de pétro-dollars détenus par ces gens certes amicaux, mais si peu fiables. Si peu fiables, qu'on convainct le monarque de céder des bases militaires aux Américains pour les conforter dans la guerre contre le «frère» d'Irak devenu maintenant le «diabolique Saddam». Et, incidemment, pour le protéger contre les ennemis de l'intérieur.

La deuxième guerre d'Irak doit être reliée, elle, aux menaces à peine voilées proférées contre l'Iran, aux tentatives aussi répétées que vaines d'ébranler le régime syrien et à la guerre du Liban. Objectif : achever d'anéantir tout État susceptible de représenter un symbole de progrès politique ou social par rapport à cette monarchie aussi préhistorique que nécessaire à la jouissance paisible par les USA des bienfaits de l'or noir.

Anéantir la république syrienne laïque. Anéantir l'Iran, certes islamiste, mais républicain et où il arrive que des femmes soient élues députées, alors que les Saoudiens ... leur interdisent de conduire une voiture. Ceci pour le bonheur du client saoudien.

En ce qui concerne le compère israélien, il faut absolument lui rendre deux services : anéantir tout ce qui pourrait dans un avenir proche ou lointain ressembler à un État palestinien. Anéantir ce mauvais, très mauvais exemple de convivialité islamo-chrétienne qu'était le Liban, et dont l'existence dessert tellement le princiipe d'État théocratique israélien. On s'y emploie depûis 1975.

C'est dire si ces gens sont patients et entêtés.

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