Propagande médiatique, politique, idéologique

Les sept sacrifiés du mensonge Chapitre 1


Geopolintel présente son étude réalisée sur la désinformation et le mensonge d'Etat pour justifier les guerres et intoxiquer les gouvernements étrangers ainsi que la presse et l'opinion publique internationale.

Aujourd'hui le chapitre 1


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Mardi 1 Décembre 2009

Les sept sacrifiés du mensonge Chapitre 1

Daniel Pearl, le journaliste qui dénonçait la désinformation dans la guerre livrée au terrorisme

Le 7 août 1998, le Kenya et la Tanzanie étaient plongés dans l’horreur
avec l’explosion simultanée de voitures piégées devant les ambassades
américaines de Nairobi et de Dar es-Salaam. Trois jours après, l’Armée
islamique pour la libération des lieux saints musulmans revendiquait les
opérations dans plusieurs communiqués. Tous les regards convergèrent alors
vers Oussama ben Laden, lequel est soupçonné de financer les groupuscules
islamistes et de les fédérer à travers son organisation al-Qaida. Quelques
jours plus tard, Bill Clinton ordonna le bombardement de plusieurs camps
d’entraînement d’al-Qaida en Afghanistan ainsi que la destruction de
l’usine pharmaceutique d’Al Shifa près de Khartoum au Soudan, accusée de
produire des armes de destruction massive.
 
 Cette initiative fut lancée en violation flagrante de la souveraineté
territoriale du Soudan et dans le mépris absolu de toutes les règles, lois et
traités internationaux, au premier rang desquels la Charte de l’Organisation
des Nations Unies. Les allégations avancées par l’administration américaine
pour légitimer ce bombardement se sont avérées non fondées. Des
personnalités connues pour leur neutralité et leur objectivité, des
scientifiques et des experts de premier plan ont réfuté les arguments
américains en démontrant leur fausseté. Tom Carnavin, ex-directeur d’Al
Shifa, a pu témoigner que l’entreprise n’avait aucune capacité à produire
des armes chimiques et que contrairement aux assertions américaines l’unité
n’était pas protégée par un dispositif de sécurité renforcée. De son
côté, Henri Jop, ingénieur américain qui dessina les plans de l’usine,
confirma que son unique destination ne pouvait être que la production de
médicaments, ce point ayant été assuré par les maîtres d’œuvre
jordaniens qui avaient dirigé sa construction. D’autres réfutations tout
aussi incontestables ont été publiées dans les plus grands organes de presse
occidentaux tels que The Observer et The Independant au Royaume-Uni ou le New
York Times.
 
 Les Etats-Unis ont besoin de se donner bonne conscience avant d’entreprendre
toute action agressive pour normaliser les nations récalcitrantes à leur
domination mais aussi de conditionner les opinions publiques mondiales pour
qu’elles acceptent sa politique d’hégémonie. Ainsi, l’offensive
médiatique devance et prépare l’offensive militaire. Elle est destinée à
convaincre les parlementaires du congrès américain qui votent les budgets
ainsi que les militaires qui accomplissent les buts de guerre, de la
légitimité morale des agressions meurtrières entreprises sous prétexte de
sécurité nationale.
 
 La destruction par des missiles de croisières de l’usine d’Al Shifa en
fut une illustration parfaite. Après avoir soutenu, sans preuves, qu’elle
abritait une unité de production d’armes chimiques et notamment de gaz
innervant VX, il fallut bien, aux experts du Pentagone et de la CIA, finir par
convenir qu’ils s’étaient trompés ! Les études, analyses et
contre-expertises réalisées par des laboratoires indépendants et contenues
dans le rapport très circonstancié de l’ambassadeur de la république
d’Allemagne ont en effet balayé les déclarations américaines et démontré
l’illégitimité de l’agression perpétrée contre le Soudan.
 
 Reste que dans l’opinion publique internationale le mal était fait : les
démentis et correctifs n’ayant été publiés que sous forme de brèves de
bas de page, le grand public en resta aux motifs invoqués lors du bombardement.
En matière de propagande et de désinformation celui qui prend l’initiative
et qui a le contrôle sur les réseaux planétaires de communication et de
diffusion de l’information est assuré d’être toujours gagnant. La
manipulation d’Al Shifa a été le prélude de la guerre préventive et de la
guerre au terrorisme.
 
 Dans un article de Daniel Pearl intitulé « Dans le bombardement du Soudan,
la preuve dépend du point de vue où l’on se place » qui a été publié par
le Wall Street Journal le 28 novembre 1998, le journaliste avait compris que les
représailles en réponse aux attentats de Dar El Salam et Nairobi, attribués
à al-Qaida, n’étaient qu’une opération de désinformation. Pearl y
démontra ainsi que le prétexte avancé par le gouvernement ne tenait pas, et
que les véritables raisons de l’attaque sur l’usine chimique étaient
autres. Mais Pearl alla plus loin encore, il avait compris que cette
manipulation de l’information était le prélude à une guerre à venir, la
conclusion prémonitoire de son article était : « Ce sera une guerre sale ».
 
 Ce qui suit est le texte intégral de cet article remarquablement renseigné
qui contient beaucoup d’indications qui se vérifieront les années suivant sa
parution. L’homme qui a fait ce travail d’enquête sera assassiné dans des
conditions pour le moins troubles en 2001.
 
 « KHARTOUM, Soudan — Saleh Idriss, investisseur soudanais, rencontre
quelques problèmes : son usine est en ruines, ses comptes dans une banque
américaine sont gelés et les services de renseignement américains le
présentent comme un homme de paille du terroriste islamiste Oussama ben Laden.
 
 Si ceci est vrai, et M. Idriss a juré ses grands Dieux que c’est faux, on
peut penser que cela contribue à expliquer pourquoi les missiles de croisières
américains ont détruit le 20 août dernier l’usine pharmaceutique de Al
Shifa en représailles d’attentats contre des ambassades des Etats-Unis en
Afrique. En fait, au moment même où les missiles de croisière partaient des
bateaux de guerre américains, les responsables du renseignement américain
avouaient ne savoir que peu de choses sur Idriss, et ne savaient pas qu’il
avait acheté quelques mois auparavant l’usine de Al Shifa. Pourtant, depuis
le bombardement, des sources diverses leur ont fourni des informations selon
lesquelles Al Shifa était liée à OUssama ben Laden et ses tentatives pour se
doter d’armes chimiques.
 
 Certains alliés des Etats-Unis et quelques autorités de Washington ne sont
toujours pas sûrs que les Etats-Unis aient frappé le bon objectif et il se
pourrait bien qu’on ne connaisse jamais toute la vérité sur Al Shifa,
masquée qu’elle est par le kaléidoscope politique de la lutte
antiterroriste. La preuve essentielle est un morceau de terre ramassé près de
l’usine et que les Américains estiment contenir un produit chimique dont on
se sert pour fabriquer des gaz neurotoxiques. Mais plus on y regarde de près,
plus les choses s’obscurcissent.
 
 L’histoire de l’usine de Al Shifa est assez embrouillée et M. Idriss, un
millionnaire auquel sourit la fortune à l’image de ceux que le Moyen-Orient
génère souvent, est un investisseur non moins hardi qui a accepté d’acheter
l’usine en mars après une visite bien superficielle. Il ne peut affirmer que
l’usine de Al Shifa n’a jamais produit d’ingrédients destinés à la
fabrication d’armes chimiques, étant donné qu’il était encore en train
d’étudier en profondeur les installations les installations lorsque les
Américains les ont détruites. Certains de ses contrats au Soudan l’ont mis
en relation avec des personnes qui avaient eu contact par le passé avec M. Bin
Lâdin ou ses sociétés, bien que M.Idriss soutienne que ses contacts étaient
sans importance. Il prétend qu’il avait l’intention de réorganiser Al
Shifa pour partir à la conquête des marchés pharmaceutiques d’Afrique et du
Moyen-Orient.
 
 Les Américains avaient des raisons de penser que le Soudan souhaitait se
doter d’armes chimiques. Il est en guerre civile avec des rebelles soutenus
par les Américains, dispose de trop peu d’argent pour se fournir en armement
conventionnel et n’a pas signé de traité contre la détention des armes
chimiques. Et comme le pays a autrefois donné asile à des terroristes, les
Américains prétendent qu’ils doivent prendre très au sérieux les rapports
selon lesquels M.ben Laden et l’Iraq aideraient le Soudan à se doter
d’armes chimiques.
 
 Les autorités américaines affirment que le principal argument pour prendre
Al Shifa comme cible était et reste cet échantillon de terre qu’on leur a
remis en janvier et dont ils disent qu’il a été ramassé à un jet de pierre
de Al Shifa par un agent entraîné par la CIA, lui-même surveillé par un
autre agent. Les autorités affirment que trois tests séparés pratiqués sur
l’échantillon de terre ont montré une forte densité d’une substance,
connue sous le nom de EMPTA, dont on peut facilement faire un gaz neurotoxique
mortel.
 
 Toutefois d’autres maillons de la chaîne de preuves qu’ont présentées
les officiels américains sont beaucoup plus fragiles que ce qu’avaient
laissé entendre les rapports précédents. Les Américains n’ont cessé de
répéter que l’usine faisait partie d’un complexe de la société
d’Armement Militaire, le fabricant d’armes du gouvernement soudanais. En
outre malgré les articles de presse qui expliquaient que les Américains
avaient intercepté des communications entre l’usine et l’Iraq, un membre
des services de renseignement américain a reconnu que tout ce que les
Américains avaient en fait découvert, c’était des enregistrements indiquant
que des membres de la direction de Al Shifa avaient commencé à se rendre en
visite en Iraq l’an dernier.
 
 Les autorités supposent que les entretiens portaient sur les armes chimiques
parce qu’ils avaient lieu dans une usine pharmaceutique dirigée par celui
qu’ils considéraient comme le numéro 1 du programme iraquien sur le gaz
neurotoxique VX : Emad Ani. Mais les dirigeants de Al Shifa affirment qu’ils
n’ont eu que des entretiens techniques sur un accord de coopération
industrielle et qu’ils n’ont jamais eu de contact avec l’homme en
question. L’inspecteur en armement des Nations Unies qui est le plus au
contact de l’usine iraquienne déclare que M. Ani est un des hauts dirigeants
de la Société d’Etat qui possède l’usine mais n’a jamais été
directement associé à son fonctionnement.
 
 Interrogé sur le bombardement américain, M. Idriss répond : « Je pense que
c’est le résultat d’une erreur ». Mais quand on l’interroge sur les
rumeurs qui ont couru sur lui depuis le bombardement, il répond : « Cela vient
de Moubarak ». Il parle de Moubarak Fadi Al Mahdi, un ténor de l’opposition
soudanaise qui est en bisbille depuis plus d’un an avec M. Idriss pour des
questions d’allégeance politique. M. Mahdi reconnaît avoir commencé à se
renseigner sur l’usine après avoir appris en mai que M. Idriss l’avait
achetée. Cinq jours après la frappe de missiles de croisière, il a diffusé
un communiqué dans l’organe d’information de l’Alliance Démocratique, un
groupe de dissidents, communiqué par lequel il accusait M. Idriss d’avoir
investi dans un projet militaire soudanais. Des officiels américains ne vont
pas tarder à donner de l’écho à cette déclaration. M. Mahdi s’en prit
aussi directement à Al Shifa en affirmant que son personnel comportait des
scientifiques et des techniciens iraquiens. Il insistait en soulignant que la
plupart des installations pharmaceutiques au Soudan n’emploient pas en
priorité des experts étrangers.
 
 M. Mahdi nie s’être ouvert de ses soucis à quiconque avant le bombardement
et les autorités du renseignement américain nient avoir fait confiance à
quiconque aurait cherché à s’en prendre à Al Shifa et par-là à M. Idriss.
Toutefois, c’est un secret de polichinelle que les autorités américaines,
n’ayant pas d’ambassade à Khartoum qui pourrait leur servir de poste
d’observation, ont toujours cherché à se renseigner sur des armes chimiques
auprès de la dissidence et que les gouvernements amis comme l’Egypte
reçoivent aussi leurs renseignements des membres de l’opposition soudanaise.
 
 M. Idriss faisant référence à ses propres relations avec l’opposition
soudanaise, prétend qu’il est loin d’être le genre de personnes à qui le
gouvernement soudanais actuel ferait confiance pour prendre part à un projet
militaire sensible. Son avocat pour le marché de Al Shifa, par exemple,
qualifie de dictature le régime en place.
 
 Ceci dit, M. Idriss reconnaît aussi faire des affaires avec des
personnalités du régime dont Abdul Baset Hamza, ancien ingénieur du
gouvernement qui soutient avoir supervisé un chantier de construction de route
conduit pour une société qui appartenait à Oussama ben Laden lorsque celui-ci
était en exil au Soudan. M. Hamza construit maintenant des usines militaires
pour le régime fondamentaliste du Soudan. Il prétend avoir tenté de décider
M. ben Laden à investir dans une compagnie de téléphone et une usine de
fabrication d’obus de mortiers, mais l’islamiste a refusé de mélanger ses
capitaux avec ceux du gouvernement. Toutefois, plus tard, M. Hamza a obtenu que
M. Idriss investisse dans la compagnie de téléphone et dans la construction
d’un laminoir.
 
 Les avocats de M. Idriss à Washington essaient maintenant de convaincre le
ministère de la justice qu’il n’a aucun lien avec Oussama ben Laden et que
le gouvernement devrait libérer les fonds qu’il a en dépôt à la Bank of
America. Seulement les officiels du renseignement américain ne veulent rien
savoir. Ils ont déclaré lors d’un entretien qu’ils ont trouvé des preuves
de ce que M. Idriss aurait accepté de l’argent d’un membre du Jihad
islamique égyptien, mouvement lié à Oussama ben Laden. M. Idriss nie tout en
bloc.
 
 En outre, ses conseillers sont en train d’enquêter auprès des employés de
Al Shifa et tentent de réunir des laboratoires indépendants pour analyser le
sol près du site de l’usine. Mais des officiels américains et des experts en
armement chimique prétendent qu’il n’est pas sûr que l’EMPTA résiste à
la chaleur provoquée par l’explosion des têtes militaires des missiles. Les
Américains, en partie pour cette raison, empêchent toute enquête du conseil
de sécurité des Nations Unies. Cependant, les dirigeants de Al Shifa
soutiennent que les documents qui étayaient leurs dires ont été détruits par
les bombardements. Des amis [d’Idriss] assurent qu’imaginer Idriss soutenant
des islamistes purs et durs est absurde parce que, bien que mulsuman pratiquant,
il ne partage pas le puritanisme de M. ben Laden. M. Idriss apprécie les
chansons d’amour soudanaises, a un luth arabe sur le canapé de chacune de ses
maisons du Caire, de Jeddah, de Khartoum et de Londres et ses amis assurent
qu’il n’empêche personne de boire de l’alcool dans les soirées qu’il
organise. Deux de ses associés rappellent qu’il a refusé d’investir dans
des boutiques de souvenirs à la sortie des mosquées parce qu’il craignait
que l’argent récolté serve à acheter des armes pour la Bosnie.
 
 Quoique son ascension de simple comptable de banque au statut de millionnaire
suscite des soupçons ici, ses amis soutiennent qu’il ne cache aucun secret.
M. Idriss est le protégé et parfois le partenaire financier de deux hommes
d’affaires séoudiens qui évitent toute publicité et qui pourraient acheter,
selon certains experts, vingt fois les affaires d’Oussama ben Laden, à
supposer que l’islamiste dispose des deux cent millions de dollars qu’il est
réputé avoir hérités il y a quelques années. L’un des hommes d’affaires
est le Sheikh Muhammad Hussein al Amoudi, un magnat des travaux publics et du
bâtiment qui a des origines éthiopiennes et qui vient de construire un luxueux
hôtel Sheraton dans la capitale éthiopienne. L’autre est le Sheikh Khâlid
ben Mahfoudh, un riche banquier d’origine yéménite qui est en train de
reconstruire le port d’Aden, au Yémen.
 
 M. Idriss, quarante-six ans, fils de tailleur vient d’une ville agricole du
nord du Soudan. Il a émigré en Arabie Séoudite en 1976 et y a trouvé du
travail comme comptable à la Banque Nationale du Commerce, qui appartient à
Sheikh Khâlid. Finalement il a été admis dans le cercle restreint des proches
conseillers de Sheikh Khâlid où il se mit à encaisser des commissions en
trouvant des investissements pour ses amis. L’un de ses premiers contrats a
été celui qu’il a passé avec la société WorldSpace, entreprise basée à
Washington. Aux termes de ce contrat d’environ un milliard de dollars - on ne
dira pas comment il a été passé – est sur le point d’être lancé le
premier de trois satellites qui doit émettre des programmes de radio vers
l’Afrique et le Moyen-Orient.
 
 M. Idriss a également impressionné le Sheikh Khâlid en lui permettant ainsi
qu’à sa banque de se désengager du scandale du blanchiment d’argent de la
BCCI [ Bank of Credit & Commerce International ] raconte un intime. M. Idriss a
travaillé en sous-main, renseignant les journalistes arabes et aidant à
négocier un arrangement de quatre cent quarante-deux millions de dollars avec
les liquidateurs de la BCCI. M. Idriss a perdu un peu de son propre argent dans
une agence londonienne de la BCCI qui a fait faillite en 1991, mais ensuite, il
a engagé l’ancien directeur de l’agence pour l’aider à faire fructifier
ses affaires à Londres. « C’est un type bien « explique M. Idriss.
 
 M. Idriss expose qu’il fait des affaires avec des gens liés au front
islamique national (FIN) soudanais parce qu’il ne peut pas faire autrement.
Mais s’il investit au Soudan actuellement, c’est parce que lorsque le
gouvernement actuel tombera « Je serai en place ».
 
 M. Idriss explique qu’il songeait à construire une usine pharmaceutique
depuis des années. Seulement, Al Shifa était une création de Bashir Hassan
Bashir, un partisan du FIN. Faisant appel à un architecte américain et à une
entreprise chinoise, raconte M. Bashir, il construisit Al Shifa en 1993 afin de
produire essentiellement pour l’exportation ce que ne faisait aucune usine
pharmaceutique soudanaise.
 
 Le Soudan est maintenant fier de son modèle de Al Shifa, mais en fait la
programmation en a été très mal faite, selon des employés. M. Bashir voulait
une usine de produits vétérinaires mais il avait vu trop grand. Il y inclut
donc une chaîne de produits pharmaceutiques pour l’homme. Cela voulait dire
qu’il fallait s’agrandir au-delà d’une route désaffectée, raconte-t-il.
Des dirigeants inexpérimentés ont acheté du matériel qui ne convenait pas et
les autorités soudanaises refusèrent souvent des comprimés qui venaient des
chaînes de Al Shifa.
 
 Le directeur général soudanais du site, Osman Salman, explique que Al Shifa
ne pouvait payer ses fournisseurs et il passa même quelques nuits en prison
pour chèques sans provisions. Alors M. Salman envoya une télécopie
désespérée à M. Idriss lui demandant d’acheter Al Shifa. Il savait qu’il
avait l’argent et qu’il avait acheté de nombreuses sociétés soudanaises.
Les deux hommes racontent qu’ils se sont rencontrés en Arabie Séoudite où
M. Salman avait dirigé une société d’alimentation avant de revenir au
Soudan.
 
 Les officiels du renseignement américain évoquent des relations entre M.
Salman et M. ben Laden. M. Salman explique qu’une société de bâtiment ben
Laden a loué sa maison de Khartoum en 1992. Mais la fois où il s’est
approché le plus près de l’islamiste cela a été lorsque, debout dans la
rue poussiéreuse à l’extérieur de la propriété, il a crié contre
l’agent de M. ben Laden parce que les occupants avaient démonté les
toilettes à l’occidentale de la maison, raconte-t-il.
 
 M. Idriss se précipita à Khartoum dans les jours qui ont suivi l’arrivée
de la télécopie de M. Salman dans laquelle ce dernier mentionnait qu’un
consortium séoudien s’intéressait aussi à Al Shifa. M. Idriss savait que le
propriétaire du site était proche du FIN, mais il savait aussi qu’il était
un importateur de médicaments qui avait eu des accrochages d’ordre
réglementaire avec le gouvernement. M. Idriss, après avoir jeté un coup
d’œil sur l’album photo du site de Al Shifa fit une visite de vingt-quatre
heures sur place, signa un accord par lequel il payait un million de dollars et
endossait dix-huit millions de dollars de dettes. Puis il quitta la ville,
racontent des employés.
 
 Il confia l’expertise de l’usine à un de ses cousins, un professeur de
pharmacie du nom de Idris Bubakr EtTayeb. Le Dr EtTayeb conclut rapidement
qu’un tiers du personnel pouvait partir et qu’il fallait remplacer M. Salman
par un spécialiste de la pharmacie. Cet été, explique le Dr EtTayeb, un ami
lui a fait part de rumeurs venant des milieux de l’opposition selon lesquelles
Al Shifa était un site de fabrication d’armes chimiques, mais il n’en tint
pas compte parce que c’était absurde. Comment aurait-on pu fabriquer
secrètement des produits chimiques à Al Shifa ? C’était une petite usine
qui ne disposait pas d’installations de distillation et elle était si ouverte
à tout le monde qu’il voulait restreindre les visites pour des raisons
d’hygiène.
 
 Les relations du site avec l’Irak étaient connues de l’équipe de M.
Idriss. En août 1997, M. Bashir et un directeur des ventes expliquèrent
qu’ils étaient allés à Bagdad avec des cartons d’échantillons de
médicaments et qu’ils trouvèrent l’hôtel ArRachid inondé de commerciaux
en pharmacie concurrents qui se disputaient les contrats pour approvisionner
l’Iraq dans le cadre d’un programme des Nations Unies. Les commerciaux
expliquèrent qu’ils étaient allés sur le site pharmaceutique iraquien de
Samarra pour tenter de mettre au point un accord industriel de production. Si
Samarra pouvait produire certains médicaments à Al Shifa et Al Shifa en
produire d’autres en Iraq, cela réduirait les coûts et fournirait une base
d’échanges commerciaux. Le Dr EtTayeb dit qu’il était au courant de cette
proposition à laquelle aucune société ne donna suite, parce qu’il a
participé l’année dernière à une réunion de travail de pharmaciens à
l’échelon du Soudan où on l’a évoqué brièvement.
 
 Al Shifa avait emporté une adjudication en janvier pour livrer en Irak pour
cent quatre vingt-dix-neuf mille dollars de « Shifazole », un vermifuge pour
animaux. Cet été, l’usine n’avait pas encore livré un seul flacon, en
raison de difficultés techniques. Pour prouver que, malgré tout, l’usine
était sur le point de faire un premier envoi, le Dr EtTayeb montre une centaine
de flacons blancs d’un litre portant la marque Shifazole qui s’amassent
maintenant sur un tas de décombres du site Al Shifa.
 
 M. Idriss était à Londres le 20 août quand il a appris que les missiles de
croisière américains avaient détruit Al Shifa. « J’ai ri », raconte-t-il
en pensant que les missiles étaient en fait destinés à un autre objectif.
Ensuite il prit l’avion pour rencontrer au Caire des amis de la dissidence
soudanaise.
 
 La querelle entre MM. Idriss et Mahdi est symptomatique de leur pays divisé.
M. Idriss soutient le Parti démocratique unioniste, modéré et dominé par les
mulsumans qui est en occurrence avec le parti mulsuman modéré de l’Umma pour
la domination à venir du Soudan. Chaque parti soupçonne l’autre de nouer des
accords avec le régime en place.
 
 Moubarak Fadi Al Mahdi, ministre de l’intérieur avant le coup d’état de
1989, est connu pour être le coordinateur du Parti de L’Umma et son
pourvoyeur de fonds. Lui et M. Idriss ne se sont jamais rencontrés mais se
méfient salutairement l’un de l’autre. M. Idriss explique que les
personnalités de l’opposition comme M. Mahdi sont la cause de ce que les
soudanais ne se débarrassent pas du régime actuel. M. Mahdi prétend que la
raison en est que les hommes d’affaires comme M. Idriss sont « coupables de
collaboration » parce qu’ils importent du blé dans un Soudan affaibli. Le
soutien que M. Idriss apporte à certains partis d’opposition a pour but de «
semer une sorte de confusion » sur ses ambitions réelles, dit-il.
 
 Au début de l’année dernière, alors que les rebelles faisaient face à
une violente contre-attaque soudanaise le long de la frontière orientale, M.
Mahdi est passé sur une chaîne de télévision arabe émettant de Londres,
clamant qu’une compagnie de fret appartenant à un homme d’affaires
séoudien originaire du Soudan transférait des armes de l’Iran au Soudan. Il
s’agissait d’une allusion sans équivoque à la Trans Arabian Air Transport,
une compagnie dont M. Idriss est le propriétaire. Celui-ci répondit qu’il
avait découvert que sa compagnie aérienne s’était livrée à un transport
non autorisé depuis l’Iran. Il déclara qu’il s’agissait de matériel
destiné à la police et non d’armes de guerre, sans apporter plus de
précisions.
 
 Néanmoins, M. Idriss était furieux que M. Mahdi ne l’ait pas contacté
avant de porter l’affaire sur la place publique. Il dédaigna la tentative de
deux journalistes soudanais de Londres qui proposaient d’organiser une
réunion de conciliation.
 
 Le soir du bombardement de Al Shifa, M. Mahdi, contacté chez lui au Caire par
deux journalistes du Wall Street Journal qui souhaitaient connaître sa
réaction, put souligner des éléments qui semblaient incriminer l’usine de
M. Idriss. Elle était reliée par une nouvelle route en dur avec un complexe
militaire de l’Est situé à proximité, dit-il. ( La distance est de trois
kilomètres, dont une partie sur une grande route très fréquentée). Le
protecteur séoudien de M. Idriss, continua-t-il, a épousé une sœur de
Oussama ben Laden. ( Même si c’était vrai - et selon des sources
séoudiennes c’est faux - M. ben Laden et sa famille sont très éloignés en
matière de convictions idéologiques ; le ministère américain de la défense
a récemment confié à une entreprise de la famille la construction d’une
nouvelle caserne pour les troupes américaines en Arabie Séoudite.)
 
 Le 25 août, M. Mahdi a diffusé une télécopie prétendant que Al Shifa
avait été construite en partie sur des terrains confisqués par le
gouvernement et que, bien qu’officiellement propriété de M. Idriss, elle
appartient en fait au FIN. M. Idriss se mit rapidement en contact avec les
responsables du parti de M. Mahdi au Caire et menaça d’engager des poursuites
judiciaires. M. Mahdi refusa de se dédire.
 
 Au cours d’interviews, M. Mahdi a déclaré que le FIN au pouvoir se
lançait dans les affaires et que M. Idriss, « un employé de banque »,
construisait des usines dans tout le Soudan. M. Mahdi prétendit que le complexe
de sept usines de M. Idriss, connu sous le nom de Sariah, était un exemple des
efforts du gouvernement soudanais pour repérer les usines civiles qui
pourraient être reconverties à des fins militaires. Il affirma aussi que le
laminoir de M. Idriss est situé à proximité d’une implantation de la
Société Industrie Militaire ( Military Industrial Corp.) « qui produit
vraisemblablement des gaz de combat ».
 
 Se moquant de telles allégations, M. Idriss invita les journalistes à
visiter ses sites industriels. La visite du complexe de Sariah ne révéla rien
de plus militaire que des batteries de véhicules et des rangers. Le laminoir,
situé à proximité d’une route déserte n’était gardé que par trois
jeunes gens sans armes et vêtus de T-shirt.
 
 Les amis dissidents de M. Mahdi le trouvèrent très convaincant sur certains
points tout en reconnaissant qu’il accusait souvent sans preuve. « Je me pose
des questions sur la crédibilité de Moubarak » dit une personnalité de
l’opposition, Sharif Harir, en soufflant sur son cappuccino à l’American
Café, le Q.G. officieux des cancans où se réunit l’opposition soudanaise
dans l’Erythrée voisine. Mais l’ascension de M. Idriss « a été trop
rapide. Avec une paie d’employé de banque, il n’aurait pas eu les capitaux
pour investir dans des usines ».
 
 Certains officiels américains ne font pas confiance aux dissidents mais en
rencontrent souvent l’un ou l’autre à Asmara, capitale de l’Erythée.
Lors d’une réception à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis, se
souvient un participant, un officier de renseignement américain déclara que
les Américains s’inquiétaient de la présence d’armes chimiques au Soudan
et étaient preneurs de toute information sur le sujet. Des dissidents
prétendent avoir transmis une liste de suspects mais que Al Shifa n’en
faisait pas partie.
 
 Des officiels du renseignement américain disent que Al Shifa avait attiré
leur attention l’année dernière en raison de rapports de sécurité la
concernant. Ensuite, ils avaient eu connaissance de la visite des dirigeants de
Al Shifa à Samara. Les officiels du renseignement américain disent qu’ils
savaient que Al Shifa avait remporté une adjudication en Irak mais qu’ils ne
comprenaient pas pourquoi les soudanais aurait utilisé la société « Samara
Drug » comme intermédiaire.
 
 L’Irak n’inspire pas à proprement parler la confiance lorsqu’on aborde
la question des armes chimiques. C’est l’un des rares pays à les avoir
utilisées. Selon des rapports non confirmés, l’Irak aurait fait héberger
ses armes non conventionnelles dans des pays amis pour éviter qu’on ne les
repère. Et l’Irak a été surpris en train de fabriquer du VX par le
procédé de l’EMPTA.
 
 C’est pourquoi expliquent les officiels américains, ils ont décidé de
rechercher l’EMPTA ainsi que d’autres produits chimiques en analysant des
échantillons du sol de sites suspects au Soudan. Al Shifa a été « le coup au
but » on dit les officiels du renseignement américain. Selon eux les
résultats des analyses ont été connus au cours de l’été et les
enquêteurs ont commencé à planifier une seconde série d’analyses autour du
site pour repérer d’où venait l’EMPTA. Puis survinrent les attentats du 7
août contre les ambassades. Les autorités de l’administration américaine
décidèrent précipitamment que M. ben Laden était derrière ces actions et le
président Clinton a exigé rapidement des objectifs à frapper en
représailles.
 
 En matière de renseignement on n’est jamais sûr à cent pour cent,
explique un officiel américain. Avec Al Shifa, dit-il, nous l’étions à
quatre-vingts pour cent. Mais nous sommes en quelque sorte en guerre contre
Oussama ben Laden. « Cela ne va pas être la guerre en dentelles. Cela va être
une guerre sale, avec des choix sales et des décisions sales » ajoute-t-il. »

 
 Traduction Geopolintel
 
 
 Opération militaire américaine rendue possible par une désinformation
portant sur la présence d’armes de destruction massive, le bombardement
d’Al Shifa sera logiquement suivi quatre ans plus tard par la guerre en Irak
justifiée par le même motif et dans un contexte de désinformation à plus
grande échelle encore à en juger par l’affaire de Colin Powell et de son
éprouvette d’anthrax à l’ONU.
 
 Dans son article, Pearl citait les noms des propriétaires de l’usine Al
Shifa, les saoudiens Salah Idris, Mohamed Hussein al-Amoudi et Khaled ben
Mahfouz. Ces trois hommes ont fait l’objet d’allégations selon lesquelles
ils auraient soutenu financièrement le terrorisme et les attentats du 11
Septembre. Le dernier nommé est un des inculpés du procès O’Neill intenté
par les victimes du World Trade Center. Il est soupçonné d’avoir canalisé
des millions de dollars vers le réseau al-Qaida via un organisme de charité
saoudien Blessed Relief. Ben Mahfouz a eu des intérêts communs avec la famille
Bush dans plusieurs affaires. Et selon le témoignage sous serment de James
Woolsey, ancien directeur de la CIA, devant le sénat, le 3 septembre 1998,
Oussama ben Laden serait marié à l’une des jeunes sœurs de Khaled ben
Mafhouz [1].
 
 Plus tard, M. Woolsey déclarera ne plus bien se souvenir, avoir mal prononcé
un nom arabe, ne pas avoir relu la transcription de son intervention [2]. Puis
il se rétractera le 15 décembre lors de son témoignage devant la Haute Cour
de Justice de Queen’s Bench Division, alors qu’il était venu soutenir le
Wall Street Journal accusé de diffamation. Ben Mahfouz a quant à lui toujours
nié ce lien familial. Aucune preuve formelle ne peut accréditer les dires de
Woolsey, bien connu dans l’art de la provocation et du mensonge.
 
 Pearl identifia aussi ces hommes comme les actionnaires principaux de la
société WorldSpace Incorporated, un consortium américain d’opérateurs de
radiophonie visant à établir des communications par satellite. Mais en 1998,
Pearl ignorait encore que des personnalités américaines influentes étaient
leurs associés dans cette affaire. C’est peut-être là que se trouve le
point crucial dans sa compréhension des mécanismes de désinformation qui
l’aurait tôt ou tard conduit sur la piste de cette connivence.
 
 D’après le Réseau Voltaire [3], le bombardement de l’usine avait été
demandé au Président Clinton par l’ex-secrétaire d’Etat George Shultz et
par Donald Rumsfeld. Cette usine fabriquait des médicaments anti Sida, sans
licence, pour les pays du tiers-monde et concurrençait les grands groupes
pharmaceutiques parmi lesquels Gilead Science, le groupe dont Rusmfeld était le
PDG jusqu’à son retour au gouvernement. Shultz siégeait également à la
direction de Gilead. Cette firme venait d’obtenir d’importants marchés
publics dans le cadre de la prévention des attaques chimiques et biologiques.
En effet, Rumsfeld avait réussi à convaincre son opinion publique que le
régime de Saddam Hussein détenait encore quelques armes de destruction
massive, qu’il lui avait lui-même vendues pendant la guerre Iran-Irak, et que
Bagdad envisageait de les utiliser contre le peuple états-unien.
 
 Des républicains, anciens membres du gouvernement Reagan, réunis dans le
groupe de réflexion Project for the New American Century [4] demandèrent donc
au président démocrate de bombarder une usine au Soudan qui appartenait à des
saoudiens, auxquels certains d’entre eux étaient associés dans une société
américaine. Ceux-ci feront partis du gouvernement Bush Jr en 2000. En effet, on
trouve William Schneider Jr accompagné de l’ensemble des ténors des
néoconservateurs, Wolfvowitz, Rumsfeld, Tenet, Woolsey, siégeant dans des
commissions gouvernementales.
 
 William Schneider est aussi un proche de Christine Lagarde, membre du
gouvernement de De Villepin et actuelle ministre des finances. Lagarde fut
l’attachée parlementaire stagiaire de William S.Cohen coprésident de Empower
America avec Jack Kemp. William Cohen deviendra secrétaire à la défense de
Clinton tandis que Lagarde sera par la suite membre du Center for Strategic and
International Studies [CSIS] [5] le think-tank du lobby pétrolier aux
États-Unis, au sein duquel elle coprésidera avec l’actuel conseiller de
Barack Obama, Zbigniew Brzezinski [6], la commission Action USA-UE-Pologne [7]
et suivra plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense
USA-Pologne et les questions liées à la libéralisation des échanges
polonais. Lagarde fut donc une des responsables du USA-Poland Defense Industries
working group qui traitait de l’installation du volet offensif de l’ABM [8]
en Pologne. Jack Kemp s’est également impliqué dans le programme ABM si
l’on en croit un document qu’il a signé en 1998 et qui fut diffusé par le
Washington Times dans lequel il mentionne la dangerosité de ben Laden pour
théoriser de l’utilité de l’ABM.  
 
 Pourquoi et comment ces responsables politiques peuvent-ils être les
associés d’un milliardaire accusé d’avoir financé les terroristes du 11
Septembre ? Et que penser des liens de ces saoudiens avec l’affaire Sawari-2
qui est autrement connue sous le nom de l’affaire Clearstream-3 [9],
l’affaire des rétro-commisions sur la vente de frégates à l’Arabie
Saoudite qui auraient été touchées par certains hommes politiques, affaire
qui continue à faire couler beaucoup d’encre ? D’après l’Economiste
[10], un quotidien marocain, Mohammed Hussein al-Amoudi est président du Al
Amoudi Group Compagny Ltd d’Arabie Saoudite, l’un des principaux
conglomérats du royaume, dont le directeur général est Ali ben Mussalam,
impliqué dans l’affaire du contrat d’armement Sawari-2. Mohammed Hussein
al-Amoudi et Khaled ben Mahfouz sont tous deux actionnaires de WorldSpace.
 
 Dans son livre « Le coupable idéal » aux Editions Privé, Imad Lahoud qui
est suspecté d’avoir falsifié les listing de Clearstream - mais l’ont-ils
vraiment été ? - écrit qu’il aurait déclaré à Nicolas Sarkosy : «
Ecoutez, la seule chose que j’ai évoquée avec Philippe Rondot, ce sont des
comptes que vous auriez en Italie à propos de rétro-commissions sur le contrat
d’armement Sawari-2. Je me dis que c’est le genre de chose qui ne devrait
pas lui faire plaisir. Je voulais l’agacer. Je réussis mon coup au-delà de
toutes mes espérances. Devant moi, Sarkozy explose littéralement de rage »
[11]
 
 Revenons à William Schneider. C’est un personnage politique influent aux
USA, membre du PNAC, think-tank neoconservateur qui a argumenté dans une lettre
[12] adressée à Clinton en 1998, la nécessité, déjà, de bombarder l’Irak
prétextant un risque imminent pour les USA en s’appuyant sur la doctrine de
la guerre préventive. William Schneider est l’un des promoteurs de l’IDS,
l’Initiative de Défense Stratégique dite aussi « Guerre des étoiles ». Il
a soutenu le concept de l’utilisation de bombes nucléaires dans le cadre de
la guerre préventive.
 
 Ce personnage est aussi l’associé de Mohamed Hussein al-Amoudi, fondateur
du groupe Mohamed International Development Research and Organisation Company
(Midroc) qu’il dirigeait aux côtés d’Ibrahim ben Ali ben Mussalam, l’un
des principaux gestionnaires de la fortune du roi Fahd et qui a tenu un rôle de
négociateur pour le contrat des frégates Sawari.
 
 Schneider est donc à la fois un des protagonistes de la désinformation sur
les armes de destruction massive en Irak par ses pressions sur Clinton et un
proche des protagonistes de l’affaire Clearstream-3, cabale contre Dominique
De Villepin, par ses liens avec ben Mussalam. William Schneider est aussi un
administrateur d’EADS Etats-Unis et il était à ce titre l’un des
principaux interlocuteurs du très américanophile Louis Gergorin, le corbeau de
l’affaire Clearstream et l’un des fondateurs de la French American
Foundation. Dominique De Villepin a été l’un des rares hommes politiques
d’envergure internationale à dénoncer en 2003 la désinformation autour des
armes de destruction massive. Dans son discours à l’ONU, il dénonce aussi
les liens imaginaires entre Sadam Hussein et les attentats du 11 Septembre. A ce
titre, il s’est attiré les foudres des néconservateurs « va t’en guerre
», et il n’est pas étonnant qu’il puisse lui-même être victime d’une
campagne de désinformation orchestrée par ceux-ci.
 
 Pour être complet, il faut souligner que William Schneider a développé le
concept de PO2G. Il s’agit d’une doctrine subversive visant à inciter les
organisations terroristes à passer à l’action pour mieux les détruire. En
clair, cette doctrine vise à promouvoir des attentats pour susciter une
résistance qui pourra ensuite être anéantie par la suprématie militaire US.
William Arkin [13] dans le Los Angeles Times, offre un excellent article
détaillé sur l’ensemble des dépenses que les différents services
militaires vont diriger vers de nouvelles capacités d’action clandestines, et
accorde une attention particulière à la résurrection de l’ancien
Intelligence Support Activity (ISA) de l’ex secrétaire à la défense de
Reagan Franck Carlucci, rebaptisé Grey Fox qui propose d’institutionnaliser
les activités du Groupe d’Opérations proactives et préventives (P2OG) afin
de lancer des opérations secrètes visant à stimuler des réactions parmi les
terroristes et les Etats possédant des armes de destruction massive, Autrement
dit, il s’agit d’encourager des cellules terroristes à passer à l’action
et les exposer à de promptes ripostes de la part des forces américaines.
 
 Les attentats du 11 Septembre seraient, selon le rapport de la commission
d’enquête, une défaillance des services des renseignements. Pourtant, le 19
juin 2005, le Times Herald révèle l’existence d’une unité de
renseignement militaire « Able Danger » qui avait, selon toute vraisemblance,
identifié Mohamed Atta et trois autres pirates du 11 Septembre (Nawaf Alhazmi,
Khalid Almihdhar, Marwan Alshehhi) plus d’un an avant les attentats. Les
quatre hommes sont identifiés comme membres d’al-Qaida oeuvrant aux
Etats-Unis, dans la cellule dite de Brooklyn [14]. Cette unité de renseignement
est une cellule secrète d’espionnage économique créée en 1999 sous
l’administration Clinton. Elle deviendra par la suite l’héritière du
réseau Gladio Stay Behind. Elle reprend le flambeau de Franck Calucci, patron
du réseau US-ISA utilisé pour la prise d’otage à Téhéran en 1980. Pour
cette opération, le gouvernement américain se servira des services de la BCCI
de ben Mahfouz pour transiter les fonds de l’affaire Iran-Contras dirigée par
le Lt Colonel Oliver North condamné en 1988 puis intégré par le Pentagone
dans la chaîne Fox News, en tant qu’expert et analyste pour commenter le 11
Septembre. C’est le colonel Anthony Shaffer qui révéla l’identification de
Mohamed Atta, mais l’armée ne voulut pas transmettre ces informations au FBI
de John O’Neill [15].
 
 Dans « Ben Laden, la vérité interdite » co-écrit avec Guillaume Dasquié,
J.C. Brisard racontera sa réunion, à Paris, en août 2001, avec John
O’Neill, ancien coordinateur de la lutte antiterroriste aux États-Unis,
devenu numéro 2 du FBI à New-York chargé de la sécurité nationale, le
directeur adjoint de la DST, responsable de la lutte anti-terroriste, et
l’ancien chef de la section antiterroriste du Parquet de Paris Alain Marsaud.
 
 En 2007, Guillaume Dasquié sera mis en garde à vue à la DST en raison,
entre autres, de ses révélations sur le 11 septembre 2001. L’article qui a
énervé les services de renseignement remonte au 16 avril 2007. Sur deux pages,
dans Le Monde, titrées « 11 septembre 2001 : les Français en savaient long »
le journaliste raconte avoir consulté 328 pages de rapports de la DGSE
rédigées entre juillet 2000 et octobre 2001, détaillant l’état des
connaissances des services secrets français sur la nébuleuse al-Qaida.
Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, décide de porter plainte
contre le journaliste. Les autorités cherchent à connaître par quels moyens
il a obtenu ces documents classifiés, en clair, qui à la DGSE les lui a
transmis, en violation avec les droits des journalistes de ne pas divulguer
leurs sources. Alors qui a-t-il contrarié par ses révélations ? La plainte
contre lui pour « détention de documents classés secret défense » et «
divulgation de fichiers ou de renseignements classés secret défense »
officialise des informations qui jusque là auraient pu passer pour des rumeurs
infondées.
 
 Mais revenons à Pearl qui, bien qu’il n’ait pas encore saisi tous les
aspects de ce jeu, fut le premier à avoir perçu l’imminence de cette guerre.
Au tout début de l’année 2002, Pearl sera enlevé puis décapité au
Pakistan. Il s’y était rendu pour mener l’enquête sur le terroriste aux
chaussures explosives du vol Paris New-York, Richard Reid. Alors qu’il devait
interviewer le cheikh Mubarak Ali Shah Gilani, un chef terroriste présumé,
Pearl est enlevé par des activistes du « Mouvement national pour la
restauration de la souveraineté pakistanaise » dirigé par un djihadiste
nommé Omar Sheikh. Ce groupe, qui entretenait des contacts à la fois avec
al-Qaida et avec l’ISI [16], prétendit que Pearl était un espion et,
utilisant le courriel kidnapperguy@hotmail.com, présenta aux USA plusieurs
demandes dont la libération de plusieurs détenus pakistanais et la reprise de
la vente de F-16 au gouvernement pakistanais.
 
 J.P. Cloutier dans ses Chroniques de Cybérie, a établi les étapes de cette
affaire trouble.
 
 Le 3 mars, le secrétaire d’État Colin Powell déclare en entrevue à la
chaîne CNN n’avoir aucune preuve de l’implication des services secrets
pakistanais (ISI) dans l’enlèvement du journaliste Daniel Pearl. Le même
jour, toujours à CNN, on demande à l’ambassadeur du Pakistan à Washington,
pourquoi le principal suspect Omar Sheikh a été détenu et interrogé pendant
sept jours par l’ISI avant d’être livré aux autorités policières.
Réponse : ce qui comptait c’était de ne pas informer le public et les autres
ravisseurs de sa détention.
 
 Le lendemain, le gouvernement pakistanais informe officiellement les
autorités étasuniennes que le principal suspect dans l’enlèvement du
journaliste Daniel Pearl sera d’abord jugé au Pakistan avant de procéder à
toute demande d’extradition aux États-Unis. Selon le quotidien pakistanais
Dawn, le ministère public se heurte toutefois à certaines difficultés : les
présumés complices de Omar Sheikh sont toujours en liberté et le corps de
Pearl n’a pas été retrouvé.
 
 Le 5 mars, le quotidien Dawn qui cite des sources policières rapporte que ces
dernières mettent en doute l’authenticité de la bande vidéo de
l’assassinat de Pearl. De plus, il y a un fait nouveau qu’on s’explique
mal. Pearl a été enlevé le 23 janvier. Le 4 février, un siège sur le vol
PK-757 de la Pakistan International Airlines en direction de Londres est
réservé en son nom. Le billet est annulé le 8 février par l’acheteur qui
demeure inconnu.
 
 Le 7 mars, le président pakistanais Pervez Musharraf commente ainsi la
disparition de Daniel Pearl : « Il cherchait à en savoir trop. Il s’est trop
investi dans son enquête. Il y a un danger dans cette profession. Nous devons
être prudents. » Musharraf n’a pas précisé pour qui les journalistes
curieux représentaient un danger, pas plus que ce qu’englobait ce »nous »
qui doit être prudent.
 
 Le 9 mars, c’est dans un fourgon blindé que le principal suspect, Omar
Sheikh, a été amené devant un tribunal de Karachi pour l’audition d’un
témoin important. Un chauffeur de taxi aurait vu Omar Sheikh accueillir Daniel
Pearl au restaurant d’où il est disparu. Enfin, le 11 mars, le Times of India
revient sur l’étrange déclaration de Pervez Musharraf et pose directement la
question : Pearl aurait-il découvert certains secrets embarrassants pour les
services de renseignement pakistanais, l’ISI ? Un observateur suggère : «
Relisez le journal que Omar Sheikh tenait alors qu’il était emprisonné en
Inde. Il est rempli de références élogieuses à l’endroit de l’homme qui
l’a inspiré. Et cet homme est Shah Sahab, l’ancien agent de renseignement
de l’ISI à qui Omar Sheikh s’est rendu le 5 février. »
 
 Un tribunal de Karachi accordait un délai ultime au ministère public, le 20
mars, pour inculper formellement Omar Saeed Sheikh pour sa participation dans
l’affaire Daniel Pearl, à défaut de quoi il serait extradé aux États-Unis.
Les procureurs ont déclaré que si l’enquête piétine, c’est que de
nombreux complices sont toujours au large et qu’ils sont confrontés à de
fausses identités. L’épilogue de cette histoire sera signé du président
pakistanais Pervez Musharraf qui déclara dans ses mémoires que Omar Sheikh
était un agent double travaillant pour l’ISI et les services du MI6 de sa
gracieuse majesté la reine d’Angleterre.
 
 Les attentats du 11 Septembre ont été largement exploités par l’Office
Strategic of Influence pour justifier la guerre en Irak en présentant Sadam
Hussein comme un soutien d’al-Qaida. Or, l’Irak est un pays laïque et ben
Laden un islamiste fervent, et toute alliance est improbable entre eux. William
Schneider est une pièce essentielle de ce dispositif de désinformation mis en
place par les néoconservateurs du PNAC. Daniel Pearl, journaliste
d’investigation dans la plus pure tradition de ce métier à haut risque, a
payé de sa vie sa recherche de la vérité. La piste de Richard Reid, le
terroriste aux chaussures explosives du vol Paris New-York de décembre 2001,
l’a mené au Pakistan, au coeur de l’échiquier international de la terreur.
Ce qu’il était sur le point de découvrir, ou ce qu’il avait déjà
découvert, lui a certainement valu le sort tragique qui lui a été réservé.
 
  1 2   
 Notes
 [1] Testimony before Senate Judiciary Committee Subcommittee” par James
R.Woolsey, 3 septembre 1998
 
 [2] Top investigator in 9/11 victims’s lawsuit faces libel action” par Ken
Silverstein, Los Angeles Times, 26 février 2003
 
 [3] Le Réseau Voltaire est une association française, fondée en 1994, dont
les buts d’origine étaient « la promotion de la Liberté et de la Laïcité
». Elle oeuvrait à « l’émancipation des individus face aux dogmes et aux
empires. » Depuis, elle a évolué en un « réseau international de presse
non-alignée » en s’appuyant sur un site internet multilingue qui rassemble
des agences de presse et des journaux d’Amérique latine, d’Europe et du
Monde arabe. Elle organise en 1995 la conférence Axis for Peace afin de
mobiliser un mouvement anti-impérialisme états-unien et contre la politique de
l’état d’Israël. Son président, Thierry Meyssan, a suscité une vaste
polémique au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 en affirmant dans un
livre « L’effroyable imposture » qu’ils avaient été organisés par une
faction du complexe militaro-industriel américain afin de pouvoir justifier des
interventions des États-Unis en Afghanistan et en Irak. Le département
d’État américain sous l’administration de George W. Bush a déclaré
Thierry Meyssan persona non grata sur le territoire des États-Unis et celui-ci
expliqua son exil au Liban en 2008 comme suit : « jusqu’en mai, les
autorités françaises (gouvernement Chirac) ont garanti notre sécurité
physique, notre liberté de circulation et d’expression. Il en va autrement
aujourd’hui (élection Sarkozy) : les pressions sont plus fortes, elles
s’étendent à notre entourage, et nous ne pouvons plus compter sur la
bienveillance de la France ».
 
 [4] ,Le Projet pour le Nouveau Siècle Américain est un groupe de réflexion
néoconservateur américain, fondé en 1997, qui réunissait beaucoup des
anciens membres du gouvernement Reagan et dont l’objectif affiché était de
promouvoir l’hégémonie des États-Unis sur le reste du monde. Cette
organisation a exercé une forte influence sur les hauts fonctionnaires du
gouvernement des États-Unis durant les mandats de George W. Bush et a eu une
incidence très importante sur le développement militaire et la politique
étrangère de ce pays pendant cette période, particulièrement en ce qui
concerne la sécurité nationale et la guerre en Irak. En janvier 1998 déjà,
dans une lettre ouverte au président Clinton, ses membres appelèrent
explicitement à mener une campagne en Irak pour renverser Sadam Hussein.
 
 [5] ,Le Center for Strategic and International Studies ou CSIS est un groupe
de réflexion et d’influence sur la politique étrangère états-unienne. Il
fut originellement créé avec l’objectif d’encourager un lien fort entre
Européens et américains face à l’URSS. Il compte dans son conseil
d’administration Zbigniew Brzezinski, Henry Kissinger, secrétaire d’état
de Nixon puis de Ford, et James Woolsey, ancien directeur de la CIA. Le centre
est à l’origine de la déclaration commune pour une renouvellement du
partenariat transatlantique faite au plus fort de la guerre américaine contre
l’Irak.
 
 [6] Zbigniew Brzezinski, politologue américain d’origine polonaise, a été
conseiller à la sécurité nationale du Président Jimmy Carter et était
présenté pendant la dernière campagne présidentielle US comme
l’inspirateur de la future politique extérieure d’un éventuel président
Obama. Il a notamment écrit Le Grand Échiquier dans lequel il théorise
l’idée que l’amélioration du monde et sa stabilité dépendent du maintien
de l’hégémonie américaine. Toute puissance concurrente est dès lors
considérée comme une menace pour la stabilité mondiale. Mais contrairement à
l’unilatéralisme des néoconservateurs, il prône une alliance USA/Europe car
la matérialisation de la doctrine Brzezinski, qui veut qu’ « Une puissance
qui domine l’Eurasie contrôlerait deux des régions du monde les plus
avancées et économiquement productives », passe par l’extension de l’OTAN
vers l’Est et l’encerclement de la Russie, par la déstabilisation des
états (révolutions de couleur et coups d’état) qui l’entourent pour
reprendre son idée de la « ceinture verte d’étranglement de l’ours russe
».
 
 [7] Pour le CSIS, la Commission Action USA-UE-Pologne a mis en place un
groupe, le US-Poland Defense, chargé de promouvoir la coopération
américano-polonaise dans l’industrie de la défense. Madame Christine Lagarde
en était encore la vice-présidente lors de sa prise de fonction ministérielle
du gouvernement De Villepin, et y représentait les intérêts américains. Elle
travaillait à l’intégration des systèmes de défense entre les deux pays,
au développement de l’industrie de défense polonaise, conformément aux
recommandations de Stanley Glod, vice-président de Boeing Europe, rival
d’Airbus. Elle préparait des programmes d’entraînement, en coopération
avec l’américain Lockheed Martin.
 
 [8] Le traité ABM (anti-missiles balistiques) fut signé à Moscou en 1972
dans le cadre des négociations sur la limitation des armes stratégiques et
complété par le protocole du 3 juillet 1974 entre l’URSS et les États-Unis,
puis confirmé par la Russie pour une durée illimitée. Mais le 13 décembre
2001, argant des attaques sur son sol du 11 Septembre, les États-Unis
annoncèrent leur retrait du traité ABM, permis par l’article XV qui
prévoyait sa dénonciation du fait « d’événements extraordinaires » en
rapport avec l’objet du Traité, ayant compromis ses intérêts suprêmes. Ils
ne font plus parti, depuis le 13 juin 2002, de cet accord qui reste respecté
par les autres puissances atomiques qui l’ont signé. Ce retrait unilatéral
des Etats-Unis a fait sauter le verrou qui empêchait le développement du
bouclier spatial du programme « Initiative de défense stratégique » (IDS) ou
« Guerre des étoiles » initié par l’administration Reagan
 
 [9] Clearstream 1 - affaire des rétro-commissions sur la vente de frégates :
2001, ouverture d’une information judiciaire, confiée aux juges Renaud van
Ruymbeke et Dominique de Talancé, sur la vente des frégates par la France à
Taïwan en 1991, qui aurait donné lieu au versement de commissions à des
hommes politiques français. Clearstream 2 - scandale financier de la chambre de
compensation internationale Clearstream : 2001, publication de Révélation$ et
de La Boîte noire, écrits par Denis Robert, journaliste, sur des informations
de E. Backes, ancien numéro trois de Cedel International (devenu Clearstream
après sa fusion avec Deutsche Börse Clearing). Backes, licencié en 1983, a
affirmé qu’il existait un système de comptes non-publiés, qui aurait été
mis en place dans les années 1970, et généralisé après son départ. Ce
système de comptes, en se servant du système légal de compensation
inter-bancaire permettant l’effacement des traces des transactions, aurait
fait de Clearstream une plate-forme mondiale de l’évasion fiscale et du
blanchiment d’argent. Clearstream 3 - affaire EADS-Clearstream ou affaire du
corbeau des frégates de Taïwan : 2004, scandale politique qui éclate par
l’envoi de deux courriers anonymes et d’un cédérom à la justice
française, dans lesquels un corbeau accuse des personnalités politiques et de
l’industrie, de posséder des comptes secrets chez Clearstream, liés à
l’affaire des rétro-commissions de Clearstream 1 et de Sawari 2. A sa suite,
la presse dévoile l’existence d’un rapport de la DST sur l’affaire
Clearstream dans lequel Jean-Louis Gergorin, vice-président du groupe
industriel EADS, figurerait comme le corbeau de l’affaire. Une polémique
éclate entre Dominique De Villlepin et Nicolas Sarkozy, lequel accuse De
Villepin d’instrumentaliser cette affaire dans le but de lui nuire
politiquement.
 
 [10] http://www.leconomiste.com/print_ar...
 
 [11] http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/pa...
 
 [12] http://www.newamericancentury.org/i...
 
 [13] William M. Arkin 10/27/2002 Los Angeles Times Home Edition Page M-1
 
 [14] http://www.historycommons.org/essay...
 
 [15] http://www.historycommons.org/entit...
 
 [16] L’Inter-Services Intelligence ou ISI, est la plus importante des trois
branches des services de renseignements du Pakistan. Ce service se fait
connaître sur le plan mondial lors de la guerre d’Afghanistan lorsque, avec
les services américains (CIA) et saoudiens, il a largement aidé et formé les
moudjahidines contre l’Armée rouge et le gouvernement afghan d’alors. En
2001, le FBI démontra que le directeur de l’ISI, le Général Mahmoud, avait
donné instruction à Ahmed Omar Cheikh, bras droit de ben Laden, de transférer
100.000 dollars au pirate de l’air du WTC, Mohammed Atta.
 
 La rédaction Geopolintel.
 Tous droits réservés.
 http://www.geopolintel.fr/article167.html?artpage=1-2



Mardi 1 Décembre 2009


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