Néolibéralisme et conséquences

Les résolutions des Ministres du forum des pays exportateurs de pétrole : sur fonds de divergences et pas de décisions concrètes


gaz


abderrahmane mebtoul
Jeudi 22 Avril 2010

Les résolutions des Ministres du forum des pays exportateurs de pétrole : sur fonds  de  divergences et pas de décisions concrètes
Les résolutions  des Ministres   du  forum des pays exportateurs de pétrole (FPEG) le 19 avril 2010 à Oran(Algérie) : sur fonds  de  divergences et pas de décisions concrètes  


Docteur Abderrahmane  MEBTOUL  Expert international, professeur  d’Université  


Comme je l’annonçais il ya de cela  dans la presse  algérienne   et internationale  , il ne fallait pas  s’attendre à des miracles au vu de la conjoncture  gazière mondiale , contrairement à certains  discours euphoriques :   on  prendra des décisions  historiques, on ira vers une OPEP/GAZ, on réduira la production de gaz.. Or, plusieurs déclarations déjà avant la réunion  montraient déjà  clairement  une divergence entre certains pays membres  des pays exportateurs de pétrole (FPEG).  La résolution finale   des Ministres présents au FPEG le 19 avril 2010  d’une  indexation du prix du gaz sur celui du pétrole  n’est pas nouvelle  puisque  théoriquement dans les contrats à moyen et long terme  liant les producteurs aux consommateurs  la formule d’indexation  existe déjà. Ayant étudié avec attention cette formule d’indexation  déjà applicable, le problème qui se pose : est- ce que cette indexation est  respectée par  tous les pays producteurs ?  Car ,  le constat  actuellement  est que face aux nouvelles  mutations gazières, le prix  de cession du gaz sur le marché libre ( spot)  est effectivement de plus en  plus déconnecté du prix du pétrole affaiblissant les négociations des pays producteurs face aux pays  consommateurs .   


 1.-Première divergence   l’idée  d’une OPEP/GAZ à l’image  d‘une OPEP pétrole dont la cotation se fait au jour le jour à la bourse   invoquée par certains responsables  de  l’Iran,  le Vénézuéla  et l’Algérie. Or,  la Russie et bon nombre d’autres pays  du  FPEG ont eu  toujours une position ambiguë à ce sujet. Il faut savoir que le marché du gaz est un marché  segmenté en trois zones  Amérique, Asie, Europe,  les canalisations représentant 72% du marché mondial contre 28% pour le GNL.  Certes, les GNL du fait de la flexibilité,  avec les tankers si à l’avenir il devait  représenter  plus de  85% de la commercialisation mondiale pourrait aider à cette OPEP de gaz mais, dans la conjoncture actuelle,, la  cotation journalière boursière est impossible.  Cela est rendu d’autant plus difficile avec  l’entrée  sur le marché mondial du gaz non conventionnel notamment aux USA qui risquent de devenir  à l’horizon 2020 exportateur net de gaz. Ces nouvelles technologies  ont  bouleversé  la rentabilité financière  des GNL dont les couts sont très élevés et la rentabilité  à maturation très lente devant inclure les couts  des installations, la maintenance    et les tankers nécessaires. Cela remet  également  cause  la faisabilité à court terme du projet  gazoduc Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) surtout sa rentabilité -devant relier le Nigeria à l’Europe- via l’Algérie , d’ une capacité de 20 à 30 milliards de m3/an destinés en majorité au marché européen, le projet pour se matérialiser  coutera plus  13 milliards de dollars contre une  prévision au départ de 7 milliards de dollars  ramené par la suite à 10 milliards de dollars qui au départ,  devait permettre à l’Algérie  de concurrencer Gazprom et la Norvège pour passer horizon 2015 à 15% de l’approvisionnement de l’Europe,  l’Algérie représentant actuellement environ 10% du marché europé


 2. Deuxième divergence sur la proposition algérienne   évoquée par le Ministre de l’Energie algérien  récemment d’une réduction de l’offre de gaz conventionnel .Or les contrats  par canalisation (,gaz naturel ( GN)  le  sont à moyen et long terme  et même   pour des raisons financières (couts élevés) les  contrats de GNL en majorité se font à moyen et long terme. La Russie qui est à dominance  de canalisation  et le Qatar à dominance de GNL   ont évoqué l’impossibilité dans ces conditions d’une réduction de l’offre au risque de perdre des parts de marché. D’ailleurs lors de la réunion d’Oran, nous avons assisté  à un accord d’entente  pour le partage des parts de  marchés entre le Qatar( surtout vers  l’Asie)  et la Russie ( surtout vers l’Europe) ayant des couts de production très faibles et des gisements colossaux, puisque pour les USA  vont devenir autosuffisants, voulant dire poliment à la proposition algérienne  que si l’Algérie voulait réduire sa production, elle devait le  faire seule. Cela démontre  outre  que les pays membres du forum des pays exportateurs de gaz (FPEG)  ne sont pas encore en   cartels  à l’image de l’OPEP, ils  ont des intérêts, pas toujours identiques sur le marché avec des déséquilibres (plus de 30% des réserves mondiales  de gaz conventionnel pour la Russie , l’Iran 15% et  Qatar 10/12% )  sans  compter les récentes découvertes de gaz  non conventionnel en Sibérie et en Chine. Comme ces pays ayant une vision stratégique  2020/2025  préparent  l’après hydrocarbures grâce à la  revalorisation de la  ressource humaine , richesse bien plus importante que toutes les ressources d’hydrocarbures et n’ont donc pas une vison statique comme l’Algérie.


 
3.- Cependant, le gaz qu’il soit conventionnel ou non conventionnel, bien  que plus polluant, (mais des techniques  de recyclage du CO2 sont mis au point)  restera encore pour  quelques décennies   une énergie stratégique. Pour cela,   la solution la plus raisonnable  est  une coordination  des pays producteurs  en relation avec les pays consommateurs  pour avoir un juste prix notamment européen et asiatique  sous réserve  d’un non bouleversement  du modèle de  consommation  énergétique car il faut faire confiance au génie humain.  Car actuellement sur le  marché  mondial le prix de cession sur le marché libre ( spot) est d’environ  4 dollars  MBTU, ayant atteint exceptionnellement en plein hiver 6 dollars, une chute  de plus 50% par rapport à 2008. Le prix de cession  du gaz doit  tenir compte bien entendu des fluctuations du dollar ,monnaie de référence, pour sa rentabilité qui  est environ  1/10 du prix du pétrole  malgré de lourds investissements encore qu’existent  des différences de prix  mais avec un  écart faible,    fonction  des zones géographiques  et des modalités de contrat, le prix de cession étant indexé sur celui du pétrole., le 1/10 étant valable pour le gaz naturel par canalisation , le prix de cession étant supérieur pour le  gaz naturel  liquéfié( GNL) 1/6 devant tourner  entre 10/14 dollars selon les zones géographiques  du fait du cout de transport. Cependant la marge de  manœuvre est étroite jusqu’en 2015,  supposant une   coordination sans faille des membres du  FPEG  devant les perspectives du déséquilibre entre l’offre  abondante et la demande stagnante  ou en croissance peu élevée. En effet, la mise sur le marché de capacités additionnelles de liquéfaction (57 Gm3) et de regazéification (260 Gm3) entre 2009 et 2013,  ces surcapacités ont  conduit  à des taux d'utilisation très faibles des terminaux d'importation GNL avec comme résultat   dans les prochaines années l'offre de GNL surpassant  fortement la demande gazière globale, avec pour conséquence une pression accrue sur les prix , qui, selon Cedigaz, devrait reculer , la mise sur le marché d'une offre disponible supérieure de 100 Gm3 ces deux dernières années, combinée à une forte réduction de la demande, rallongeant  jusqu'à 2015-2016 la période actuelle de bulle gazière. Par ailleurs plus rien  ne sera  comme avant et toute politique gazière  devra inclure les Etats Unis d’Amérique  et les pays à grandes potentialités   de gaz non conventionnel. Je ne vois pas  comment  l’on pourrait indexer le prix du gaz sur le marché spot  sur celui du pétrole sans l’accord  des USA ,  sous réserve  qu’il se stabilise  entre 75/90 dollars à prix constants  et non en valeur courante ce qui n’aurai aucun sens,  car  une baisse  comme par le passé à 40 dollars  ne ressoudait en aucune manière le prix de cession du gaz..


 
4.-Quelles sont donc les  perspectives  de l’impact de la  réunion du FPEG d’Oran (Algérie) puisque comme annoncé précédemment le rappel de l’indexation du prix du gaz sur celui du pétrole est un non évènement existant par le  passé et que d’éventuelles décisions ont été  reportées  à la  prochaine réunion de 2011,  la réunion du 19 avril 2010 à Oran ayant  abouti à un résultat très mitigé . A l’avenir tout dépendra de deux facteurs  stratégiques : d’abord, s’il existera  une discipline  même au niveau du marché du gaz conventionnel  entre les  différents producteurs tenant compte du bouleversement  de l’entrée du gaz non conventionnel , de nouveaux producteurs notamment en Afrique ayant un important besoin de financement   et ensuite   la réussite de cette décision   surtout  de la Russie qui a montré par le passé qu’elle privilégiait  avant tout ses  intérêts propres, ayant   profité de la baisse   des quotas OPEP pour devenir le premiers exportateur de pétrole mondial courant 2009, Gazprom  (avec la Norvège)  étant le concurrent  direct de Sonatrach comme en témoigne les récents accords gaziers  avec l’Espagne et la France  . Comme se pose cette question : Gazprom est-elle  toujours intéressée pour prendre une  participation dans  le  projet Nigal.  Cela interpelle l’Algérie, une économie totalement rentière, le  gaz  représentant  1/3 des recettes d’hydrocarbures (gaz naturel GN 40% en 2012  et gaz naturel liquéfié GNL 60%). C’est que de plus en plus d’experts  nationaux et étrangers estiment  dès lors  que l’Algérie se doit de revoir sa stratégie énergétique et notamment gazière ., les hydrocarbures étant la propriété  de toute la collectivité nationale, un large débat national s’impose. Et surtout de poser lucidement l’épuisement inéluctable  car l’on peut découvrir des centaines   de gisements mais non rentables   financièrement.


Car, si pour le pétrole (  moins de 1% des réserves mondiales)  à moins d’un miracle  la durée de vie est moins de 18 ans, pour le gaz  car il ne suffit pas de diviser  les réserves de gaz algérien évaluées à 4500 milliards de mètres cubes gazeux  (estimation de 2006/2007  entre 2,5 e t3% des réserves mondiales ) par les exportations ce qui donnerait un chiffre faux de 40/45 ans de réserves, mais de tenir compte  de la  forte consommation  intérieure  estimée selon  le CREG à 70/75 milliards de mètres  cubes gazeux  soit une production de 160 milliards de mètres cubes gazeux donnant  une durée de vie  de moins de 25 ans devant soustraire selon les  spécialistes   10% de réserves marginaux  non rentables. Le gaz  étant  une ressource non renouvelable qui appartient à la collectivité et aux générations futures, se pose dès lors la question de savoir pourquoi augmenter la production en Algérie si l’on devait l’exporter à un prix qui couvre à peine  les frais de production  et  transformer le gaz en dollars et en plaçant ces réserves de change à l’étranger à des taux d’intérêts presque négatifs.


 Docteur Abderrahmane  MEBTOUL  Expert international, professeur d’Université  en management stratégique   conseiller et directeur  d’Etudes des Ministères Industries Energie (1974/1980- 1990/1995- 2000/2006  Mail  ademmebtoul@gmail.com
 




Jeudi 22 Avril 2010


Commentaires

1.Posté par joszik le 22/04/2010 11:12 | Alerter
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Avec les kabyles et les extrémiste arabes, l'Algérie est dans une merde pas possible, les explosifs sont déjà arrivés de Kaboul et de Bagdad et sont stockés déjà depuis longtemps dans toute l'Algérie, seuls les Russes peuvent apporter leurs technologie de détection des particules dans l'air, il est urgent que l'Algérie se réveille, malgré son passé Africain peu glorieux l'Algérie doit se accepter des contradictions et prouver son intelligence.

2.Posté par hezbollah le 22/04/2010 12:22 | Alerter
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à joszik
passé peu glorieux, vient en algerie on va te faire montrer nous.

3.Posté par joszik le 22/04/2010 20:29 | Alerter
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Qu'est-ce que tu vas me montrer toi Hezbollah-sur-internet?

4.Posté par jesaisrien le 23/04/2010 19:36 | Alerter
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Pourquoi mon commentaire de ce matin a-t-il été supprimé ? Ce que j'ai dit de mebtoul est une vérité vérifiable, connue de tous elle le restera pour toujours. Il a pendant des années défendu une "vision" scélérate de l'avenir énergétique de l'Algérie qui est à l'opposé de celle d'aujourd'hui. A l'époque, elle lui a rapporté gros et a failli hypothéquer l'avenir de tout un pays. Si lui l'a oublié, nous nous n'oublierons jamais.

Je croyais que ce site permettait justement une information alternative. Je me suis trompé puisque vous donnez une tribune à quelqu'un qui a mis son "cerveau" au service d'une idée qui devait affamer des générations entières.

5.Posté par rachid le 30/04/2010 19:59 | Alerter
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vous écrivez au moins trois fois (notamment dans le titre !) "forum des pays exportateurs de pétrole (FPEG)", alors qu'il s'agit du "forum des pays exportateurs de GAZ".

Savez-vous au moins de quoi vous parlez ?

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