Politique Nationale/Internationale

Les raisons du terrorisme, selon Rice


S’exprimant en Grande-Bretagne devant les membres de l’Institut de politique étrangère Chatham House, la secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice s’en est vertement prise aux régimes arabes dont «l’autoritarisme, a-t-elle affirmé, crée le désespoir et nourrit une idéologie de haine, menant des gens à entourer leurs corps de bombes et à se jeter dans des immeubles aux commandes d’avions». Accusation qui justifie, aux yeux de la secrétaire d’Etat américaine, le plan dit du «Grand Moyen-Orient», élaboré par l’administration de Washington visant à imposer des «réformes démocratiques» à ces régimes.


Farid@evhr.net
Dimanche 2 Avril 2006

Le constat concernant les régimes arabes dressé par Mme Rice n’est pas faux. Leur responsabilité dans l’émergence d’une certaine forme de violence intégriste et terroriste est accablante. Mais elle n’est pas seule et cela l’égérie de Bush s’est bien gardée d’en faire état. Les responsabilités des Etats-Unis et d’Israël sont autrement plus graves. Ce sont les politiques que l’un et l’autre Etat ont conduit dans la région qui ont fait le terreau de la violence généralisée qui est à l’oeuvre au Moyen-Orient et dans le monde musulman en général. De cela la secrétaire d’Etat américaine n’en a soufflé mot alors même que des centaines de citoyens britanniques ont manifesté, à chacune des escales de son séjour britannique, en conspuant le rôle des Etats-Unis dans l’embrasement qui secoue le Moyen-Orient et menace la paix dans le monde.

Les régimes arabes dont Condoleeza Rice découvre la nocivité sont, pour la presque totalité, redevables à son pays de s’être inscrits dans la durée contre la volonté de leurs sociétés respectives. Qu’ont fait les administration successives de Washington quand ces régimes ont été en butte à des contestations populaires, sinon leur apporter le soutien qui leur a permis de les réprimer brutalement?

Les forces vives dans le monde arabe qui militent et se battent pour la démocratisation de leur pays et cela depuis des décades, ont de bonnes raisons de penser que le véritable problème qui fait obstacle à leur lutte est celui que représente la connivence que manifestent les Etats-Unis avec les régimes honnis en place. L’on comprend alors que ces forces vives que Washington fait mine de soutenir éprouvent de la répugnance à s’engager dans son plan de Grand Moyen-Orient dont ils ont à vérifier les implications réelles dans ce qui se passe en Irak et s’est passé en Afghanistan.

Les réformes démocratiques, soit-disant visées par ce plan, ne dérangent pas la majorité des citoyens du monde arabe. Elles sont, au contraire, une aspiration qui a fait se sacrifier une multitude d’entre eux. C’est ce que cache ce plan qui inquiète. Quoiqu’en dise Condoleeza Rice, pour les Etats-Unis, les pays arabes ne sont pas éligibles pour la liberté et la démocratie. Ce qu’ils cherchent à atteindre avec leur plan, c’est l’atomisation des principaux Etats arabes, en entités recouvrant des frontières éthniques ou religieuses, avec une nouvelle génération de dirigeants du style Chalabi, Karrazaï etc... drapés des oripeaux d’une démocratie de façade mais totalement inféodés aux intérêts américains. Au jeu de la fausse démocratie made in Washington, les Arabes ont plus à perdre encore.

Par Kharroubi Habib
Le quotidien d'Oran


Dimanche 2 Avril 2006

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