Géopolitique et stratégie

Les puissances montantes ont les USA dans leur viseur



Dilip Hiro
Jeudi 23 Août 2007

Les puissances montantes ont les USA dans leur viseur

Asia Times, par Dilip Hiro, le 22 août 2007


​​​​Avec l'effondrement de l'Union Soviétique en 1991, les USA se tenaient fièrement -- militairement invincible, sans rival économique, diplomatiquement incontestables. et force dominante sur les chaînes d'information du monde entier. Le siècle à venir allait être le vrai « Siècle US, » avec le reste du monde façonné à l'image de leur superpuissance unique.


​​​​Pourtant, avec pas même une décennie de ce siècle derrière nous, nous sommes déjà témoin de la montée d'un monde multipolaire dans lequel les nouvelles puissances font douter des différents aspects de la suprématie US -- la Russie et la Chine au premier plan, avec des puissances régionales, le Venezuela et l'Iran, formant le deuxième rang. Ces puissances émergentes amorcent l'effritement de l'hégémonie US, sans l'affronter, séparément ou conjointement.


​​​​Comment et pourquoi le monde a-t-il évolué ainsi aussi vite ? La débâcle de l'administration de George W Bush en Irak est certainement un facteur important de cette transformation, un exemple classique de puissance impérialiste, qui déborde d'orgueil démesuré, se dispersant au-delà de ses propres capacités. Au soulagement de beaucoup -- aux USA et ailleurs -- le fiasco de l'Irak a montré la saisissante limitation de la puissance des plus hautes technologies du globe, de la plus destructive machine militaire. Brent Scowcroft, conseiller à la sécurité nationale de deux présidents US, concède dans un éditorial récent, qu'en Iraq les USA « sont au corps à corps luttant à égalité contre des adversaires qui ne sont même pas un État organisé. »


​​​​L'invasion et la désastreuse occupation de l'Irak qui a suivi et la campagne militaire mal gérée en Afghanistan ont écorné la crédibilité des USA. Les scandales à la prison d'Abu Ghraib en Irak et à Guantanamo Bay à Cuba, avec les massacres largement publiés des civils irakiens à Haditha, ont gravement terni leur image morale. Dans le dernier sondage d'opinion en Turquie, un État laïque membre de l'OTAN, seulement 9% des Turcs ont une « opinion favorable » envers les USA (52% de baisse en seulement cinq ans).


​​​​Pourtant il y a d'autres explications -- indépendantes des mésaventures manifestes de Washington -- au changement actuel dans les affaires internationales. Celles-ci incluent, surtout, le durcissement du marché pétrolier et du gaz naturel, qui a augmenté comme jamais avant le pouvoir des riches nations pétrolières ; l'expansion économique rapide des méga-nations, la Chine et l'Inde ; la transformation de la Chine en principal fabricant de base du globe ; et la fin du duopole anglo-US dans les informations de la télévision internationale.


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Beaucoup de chaînes, diverses perceptions


​​​​Durant la guerre du Golfe de 1991, seuls Cable News Network et British Broadcasting Corp avaient des correspondants à Bagdad. Ainsi l'audience TV internationale, indépendamment de sa localisation, voyait le conflit à travers leurs objectifs. Douze ans après, quand l'administration Bush, soutenue par le premier ministre britannique Tony Blair, a envahi l'Irak, l'Arabe Al-Jazeera a brisé ce duopole. Il a transmis des images -- et des faits qui contredisaient la présentation du Pentagone. Pour la première fois dans l'histoire, le monde était témoin de deux versions d'une guerre en cours en temps réel. La version Arabe d'Al-Jazeera, qui était aussi crédible que les nombreuses compagnies de télévision de l'extérieur du monde parlant Arabe -- d'Europe, d'Asie et d'Amérique latine --, a montré à ses vidéo-clips.


​​​​Bien qu'en théorie la croissance de la télévision par câble dans le monde entier ait soulevé la perspective de mettre fin au duopole anglo-US de l'actualité télévisée sur 24 heures, cela c'est peu produit à cause du coût exorbitant de la collecte et de la publication des informations TV. Ce fut seulement l'arrivée d'Al-Jazeera en Anglais, financée par le riche Emirat pétrolier du Qatar -- avec sa politique déclarée de proposer une perspective globale sous l'angle Arabe et Musulman -- qui, l'année dernière, a finalement brisé le moule établi depuis longtemps. [Le journaliste palestinien Khalid Amayreh a dénoncé depuis l'infiltration de la BBC dans Al-Jazeera, NDT.]


​​​​Rapidement, France 24 est arrivée sur les ondes, émettant en anglais et en français le point de vue français, suivie en mi 2007 par Press TV en langue anglaise, destinée à fournir la perspective iranienne. La Russie fut la suivante en ligne dans 24 heures de nouvelles en anglais pour écoute mondiale. Dans l'intervalle, stimulée par le président vénézuélien Hugo Chavez, Telesur, une chaîne TV pan-Amérique-Latine basée à Caracas, commençait à concurrencer CNN en Espagnol pour le grand public.


​​​​Comme au Qatar, ainsi qu'en Russie et au Venezuela, le financement de ces entreprises d'information TV provient de la hausse des revenus pétroliers nationaux -- un facteur qui a vidé l'hégémonie US pas seulement au figuré mais en réalité.


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La Russie, une superpuissance énergique


​​​​Sous le Président Vladimir Poutine, la Russie a plus que récupéré du chaos économique qui a suivi l'effondrement de l'Union Soviétique en 1991. Après avoir en réalité nationalisé de nouveau l'industrie de l'énergie dans des sociétés sous contrôle de l'État, il a commencé à déployer son influence économique pour favoriser les intérêts de la politique étrangère russe.


​​​​En 2005, la Russie a dépassé les USA, devenant le deuxième plus grand producteur de pétrole du monde. Son revenu pétrolier s'élève maintenant à 679 millions de dollars par jour. Les pays européens dépendants de l'importation du pétrole russe incluent maintenant la Hongrie, la Pologne, l'Allemagne, et même la Grande-Bretagne.


​​​​La Russie est aussi le plus grand producteur de gaz naturel de la planète, avec les trois cinquièmes de ses exportations de gaz allant vers les 27 membres de l'Union Européenne. La Bulgarie, l'Estonie, la Finlande et la Slovaquie se procurent 100% de leur gaz naturel en Russie ; la Turquie 66% ; la Pologne 58% ; l'Allemagne 41% ; et la France 25%. Gazprom, la plus grande entreprise de gaz naturel de la Terre, a établi les prix dans 16 pays de l'UE.


​​​​En 2006, les réserves de devises étrangères du Kremlin s'élevaient à 315 milliard de dollars, partis des misérables 12 milliards de 1999. Peu s'étonnent qu'en juillet 2006, la veille du Sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, Poutine rejetait la charte sur l'énergie proposée par les leaders occidentaux.


​​​​Les réserves de devises étrangères remontant en flèche, les nouveaux missiles balistiques, et les liens plus étroits avec la Chine prospère -- avec qui il a conduit des exercices militaires communs dans la péninsule de Shandong en Chine en août 2005 -- Poutine est à même de traiter avec son homologue US, le président Bush, en tant qu'égal, ne mâchant pas ses mots dans son estimation de la politique US.


​​​​« Un pays, les USA, a outrepassé ses frontières nationales de toutes les manière possibles, » a dit Poutine lors de la 43ème Conférence Transatlantique sur la Politique de Sécurité à Munich en février. « Cela est visible dans l'économique, la politique, les politiques culturelle et éducative qu'il impose aux autres nations... C'est très dangereux. »


​​​​Condamnant le concept d'un « monde unipolaire, » il a ajouté : « Bien qu'on puisse enjoliver ces conditions, au bout du compte cela décrit un scénario dans lequel il y a un centre d'autorité, un centre de force, un centre de prise de décision... c'est un monde dans lequel il y a un maître, un souverain. Et c'est pernicieux. » Son opinion est tombée dans les oreilles attentives de presque toutes les capitales des pays asiatiques, africains et latino-américains.


​​​​La modification des relations entre Moscou et Washington a été notée, entre autres, par des analystes et des décideurs de la riche région pétrolière du Golfe Persique. Commentant la visite dont s'est acquitté Poutine auprès des alliés US à long terme, l'Arabie Saoudite et le Qatar, après la conférence de Munich, Abdel Aziz Sagar, président du Centre de Recherches du Golfe, a écrit dans le journal basé à Doha The Peninsula que la Russie et les pays Arabes du Golfe, autrefois rivaux de camps idéologiques opposés, ont trouvé un ordre du jour commun dans le pétrole, le contre-terrorisme, et la vente d'armes :


Un changement de centre a lieu dans un milieu où les pays du Golfe font part de leur enthousiasme à garder ouvertes toutes les options géopolitiques, pour réviser l'utilité des USA comme seuls garants de la sécurité, et envisager un mécanisme de sécurité collectif impliquant une foule d'acteurs internationaux.


​​​​En avril, le Kremlin a publié un important document de politique étrangère. Il déclarait : « Le mythe au sujet du monde unipolaire s'est désintégré une fois pour toutes en Irak. Une Russie forte et davantage pleine d'assurance est devenue partie intégrante du changements positifs dans le monde. »


​​​​Les relations de plus en plus tendues entre le Kremlin et Washington étaient en harmonie avec l'opinion populaire russe. Un sondage fait durant la période qui précédait le sommet du G8 en 2006 indiquait que 58% des russes considéraient les USA comme « un pays peu amical. » Cela s'est avéré être la tendance. Le mois dernier, par exemple, le major-général Alexandr Vladimirov a dit au journal grand public Komsolskya Pravda que la guerre avec les USA est une « possibilité » dans les 10 à 15 ans à venir.


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Chavez a le vent en poupe


​​​​De tels sentiments ont vibré chez Hugo Chavez. Tout en visitant Moscou en juin, il a vivement conseillé aux russes de revenir aux idées de Vladimir Lénine, surtout à son anti-impérialisme. Il a dit : « Les étasuniens ne veulent pas que la Russie continue à se relever. Mais la Russie s'élève de nouveau en tant que centre d'autorité, et nous, les peuples du monde, avons besoin que la Russie devienne plus forte. »


​​​​Chavez a conclu une affaire d'un milliards de dollars pour acheter cinq sous-marins diesel afin de défendre le plateau sous-marin riche en pétrole du Venezuela et pour contrecarrer tout futur embargo économique possible imposé par Washington. D'ici là, le Venezuela est devenu le deuxième plus grand acheteur d'armements russes. (L'Algérie couronne la liste, un autre indication de la croissance d'un monde d'affaires multipolaire.) le Venezuela a acquis la distinction d'être le premier pays à recevoir le permis russe pour fabriquer le fameux fusil d'assaut AK-47.


​​​​En acheminant une partie des revenus pétroliers de son pays vers les vénézuéliens nécessiteux, Chavez a élargi sa base de soutien. Au grand dépit de la Maison Blanche de Bush, il a battu son unique rival politique, Manuel Rosales, dans l'élection présidentielle en décembre dernier avec 61% des voix. Tout aussi humiliant pour l'administration Bush, le Venezuela a ensuite octroyé davantage d'aide étrangère aux États latino-américains pauvres qui étaient aux USA.


​​​​Après sa réélection, Chavez a vigoureusement poursuivi l'idée de former une alliance anti-impérialiste en Amérique-Latine aussi bien que mondialement. Il a renforcé les liens du Venezuela non seulement avec des pays latins tels que la Bolivie, Cuba, l'Equateur, le Nicaragua et l'Argentine criblé de dettes, mais aussi avec l'Iran et la Biélorussie.


​​​​Au moment où il arrivait à Téhéran de Moscou (via Minsk en Biélorussie) en juin, les 180 accords économiques et politiques que son gouvernement avait signé avec Téhéran donnaient déjà des résultats concrets. Les voitures et les tracteurs conçus par les iraniens sortaient des chaînes de montage au Venezuela. La « coopération des pays indépendants comme l'Iran et le Venezuela a un rôle efficace dans la défaite des politiques de l'impérialisme et dans la préservation des nations, » a déclaré Chavez à Téhéran.


​​​​Embourbé dans le marécage irakien et fouetté par le vent soufflant en rafales des prix pétroliers qui grimpent en flèche, l'administration Bush trouve son domaine de manœuvre terriblement limité lorsqu'il s'occupe de la montée des puissances pétrolières. Aux insultes que Chavez continue à lancer à Bush, la réponse US a été insipide.


​​​​La raison en est la dépendance handicapante des USA à l'égard le pétrole importé, qui constitue 60% du total qu'ils consomment. Le Venezuela est la quatrième grande source du pétrole importé aux USA après le Canada, le Mexique et l'Arabie Saoudite ; et quelques raffineries aux USA sont conçues spécifiquement pour raffiner le pétrole lourd vénézuélien.


​​​​Dans le système de Chavez pour miner la « seule superpuissance, » la Chine a un rôle important. Lors d'une visite en août dernier à Pékin, sa quatrième en sept ans, il a annoncé que le Venezuela triplerait ses exportations de pétrole vers la Chine, jusqu'à 500.000 barils par jour en trois ans, un bond qui convenait aux deux côtés. Chavez veut diversifier la base d'acheteurs du Venezuela pour réduire sa dépendance aux exportations vers les USA, et les dirigeants chinois brûlent d'envie de diversifier leurs importations d'hydrocarbure en les éloignant du Moyen-Orient, où l'influence US reste forte.


​​​​« L'appui de la Chine est très important pour nous du point de vue politique et moral, » a déclaré Chavez. Avec un projet commun de raffinerie, la Chine a accepté de construire 13 plates-formes de forage pétrolier, de fournir 18 pétroliers, et de collaborer avec la compagnie d'État, Petroleos de Venezuela SA (PdVSA), en explorant un nouveau gisement pétrolier dans le Bassin de l'Orénoque.


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La Chine sur trajectoire stratosphérique


​​​​La croissance de la compagnie gérée par l'Etat PetroChina a été si considérable qu'en mi 2007 elle n'était plus que second derrière ExxonMobil sur le marché des valeurs des entreprises sur l'énergie. En fait, cette année, trois compagnies chinoises sont arrivées sur la liste des 10 sociétés les plus fortement évaluées du monde. Seuls les USA en ont eu plus avec cinq. Les réserves de devises étrangères de la Chine, de plus de 1.300 milliards de dollars, ont maintenant surpassé celles du Japon. Avec son produit intérieur brut (PIB) montant en flèche dépassant l'Allemagne, la Chine se classe N° 3 de l'économie mondiale.


​​​​Dans l'arène diplomatique, les dirigeants chinois ont franchi un nouveau cap en 1996 en parrainant l'Organisation de Coopération de Shanghai (SCO), se composant de quatre pays limitrophes : La Russie et les trois anciennes Républiques Soviétiques du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Tadjikistan. Le SCO a commencé en tant qu'organisation de coopération avec l'objectif de parer à la contrebande de drogue et au terrorisme.


​​​​Plus tard, l'Ouzbékistan a été invité par le SCO à le rejoindre, bien qu'il se soit pas contiguë à la Chine. En 2003, le SCO a élargi son domaine en incluant la coopération économique régionale dans sa charte. À tour de rôle, cela a mené à accorder le statut d'observateur au Pakistan, à l'Inde et à la Mongolie -- tous contiguë à la Chine -- et à l'Iran, qui ne l'est pas. Quand les USA ont fait une demande de statut d'observateur, ils ont été rejetés, une mésaventure embarrassante pour Washington, qui aimerait avoir un tel statut à l'Association des Nations du Sud-Est Asiatique.


​​​​Au début de ce mois-ci, la veille du sommet du SCO à Bichkek, capitale du Kirghizstan, le groupe a conduit ses premiers exercices militaires communs, la mission au nom de code Mission de Paix 2007, dans la région russe de Chelyabinsk dans l'Oural. « Le SCO est destiné à jouer un rôle essentiel en assurant la sécurité internationale, » a dit Ednan Karabayev, ministre des affaires étrangères de Kirghizstan.


​​​​À la fin de l'année dernière, comme l'hôte du forum Chine-Afrique à Pékin attendait les dirigeants de 48 des 53 nations africaines, la Chine a laissé les USA terriblement derrière dans la course diplomatique pour ce continent (et ses hydrocarbures et autres ressources). En échange du pétrole d'Afrique, du minerai de fer, de cuivre et du coton, la Chine a vendus des marchandises à bas prix aux Africains, et a aidé les régions africaines dans le bâtiment et l'amélioration des routes, les chemins de fer, les ports, les barrages hydroélectriques, les systèmes de télécommunications et les écoles. « L'approche occidentale d'imposer ses valeurs et son système politique à d'autres pays ne semble pas acceptable pour la Chine, » a dit Wang Hongyi, spécialiste de l'Afrique de l'Institut de Chine des Études Internationales. « Nous nous focalisons sur le développement mutuel. »


​​​​Pour réduire le coût du transporter du pétrole d'Afrique et du Moyen-Orient, la Chine a commencé à construire un pipeline pétrolier à travers le Myanmar (la Birmanie) depuis la Baie du Bengale jusqu'au sud-ouest de la province du Yunnan, réduisant de ce fait la distance parcourue actuellement par les navires-citernes. Cela a sapé la campagne de Washington pour isoler le Myanmar. (Plus tôt, le Soudan, boycotté par Washington, avait émergé comme principal fournisseur de pétrole africain en Chine.) De plus, les compagnies pétrolières chinoises ont concurrencé avec acharnement leurs homologues occidentales, obtenant l'accès aux réserves d'hydrocarbures au Kazakhstan et en Ouzbékistan.


​​​​« La diplomatie pétrolière de la Chine met le pays sur une trajectoire de collision avec les USA et l'Europe de l'ouest, qui ont imposé des sanctions à certains pays où la Chine réalise des affaires, » commentait William Mellor de Bloomberg News. Ce sentiment est reflété de l'autre côté. « Je vois la Chine et les USA entrant en conflit sur l'énergie dans les années à venir, » a dit Jin Riguang, conseiller pétrolier et gazier au gouvernement chinois et membre du Comité Permanent du Conseil Consultatif Politique Chinois.


​​​​L'industrialisation et la modernisation de la Chine ont aussi stimulé la modernisation de ses militaires. Le test de tir du premier missile antisatellite du pays, qui a réussi à détruire un satellite chinois périmé en janvier, a démontré dramatiquement ses prouesses technologiques croissantes. Washington alarmé avait déjà remarqué l'augmentation de 18% du budget de la défense de la Chine en 2007.


​​​​Attribuant l'élévation à des dépenses supplémentaires dans les missiles, la guerre électronique et autres articles de haute technologie, Liao Xilong, commandant du département de la logistique général de l'Armée de Libération du Peuple, a dit : « Le monde actuel n'est plus pacifique, et pour protéger la sécurité nationale, la stabilité et l'intégrité territoriale, nous devons augmenter convenablement les dépenses pour la modernisation militaire. »


​​​​Le budget avoué de la Chine de 45 milliards de dollars était une fraction minuscule des 459 milliards de dollars du Pentagone. Pourtant en mai, un rapport du Pentagone a noté l'élévation rapide de la Chine « comme puissance régionale et économique avec des aspirations mondiales » et a affirmé qu'elle était en train de planifier des projets militaires au-delà du Détroit de Taiwan dans la région Asie-Pacifique, en préparation à de possibles conflits pour des territoires ou des ressources.


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L'unique superpuissance dans le champ de l'histoire


​​​​Ce défi disparate à la prééminence mondiale des USA provient, comme beaucoup de conflits acerbes, des ressources naturelles, en particulier du pétrole et du gaz naturel, comme des différences idéologiques sur la démocratie, du style US, ou les droits de l'homme conçus et favorisés par les décideurs occidentaux. Les perceptions au sujet de l'identité nationale (et impériale) et de l'histoire sont aussi en jeu.


​​​​Il est remarquable que les responsables russes applaudissant la rapide montée post-Soviétique de la Russie en se référant tendrement à l'ère de la révolution pré-Bolchevique où, selon eux, la Russie tsariste était une grande puissance. Les dirigeants chinois restent eux aussi fiers du long passé impérial de leur pays, unique parmi les nations.


​​​​Une fois vue globalement et dans le grand déroulement de l'histoire, la notion de l'exceptionalisme des USA qui a conduit les néo-conservateurs à proclamer le Projet pour le Nouveau Siècle US vers la fin du 20ème siècle -- adopté aussi inconditionnellement par l'administration Bush -- n'a rien de neuf. D'autres superpuissances ont été là avant, et elles aussi ont été témoins de la perte de leur position principale au profit des puissances qui montent.


​​​​Aucune superpuissance des temps modernes n'a maintenu sa suprématie pour plus de quelques générations. Et même si leurs dirigeants exceptionnels peuvent eux-mêmes l'avoir pensé, les USA, déjà manifestement au delà de leur zénith, n'ont aucune chance de devenir une exception de ce modèle séculaire de l'histoire.


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​​​​Dilip Hiro est l'auteur de « Secrets et Mensonges : Opération Liberté Irakienne » et, plus récemment de, « Sang de la Terre : La bataille pour les ressources pétrolières qui disparaissent, » tous deux publiés par Nation Books.



Original : http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/IH22Ak01.html
Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Mercredi 29 Août 2007


Commentaires

1.Posté par djamel le 25/08/2007 18:11 | Alerter
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je dirait qu'une chose excellent article mais plus que sa cet article remonte le morale car la course des usa pour cette democratie qui est utiliser comme arme commence a enrager le monde et donc le rendre plus dangereux .moi meme depuis bush je deteste se pays qui jadis me faisait rever on se demande pourquoi .

2.Posté par Michèle DRAYE le 27/08/2007 17:22 | Alerter
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Djamel,
Le peuple Américain appelle "au secours"!

Voir ce article:

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE AMERICAIN et mes commentaires

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51801

Amicalement

Michèle

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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