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Les pourparlers israélo-syriens : du mirage !


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Samedi 21 Juin 2008

Les pourparlers israélo-syriens : du mirage !
« La satisfaction ! » Ce substantif s'entend désormais à l'issu de chaque nouveau round des pourparlers indirects entre Tel-Aviv et Damas. A-t-il un arrière-sens dans le jargon diplomatique ? oui elle veut dire que les parties restent expectatives à défaut d'avancée majeur sur les principaux dossiers litigieux.

En réalité la question peut se poser de cette manière : quelles sont les données ou les paramètres nouveaux qui permettraient de conclure à l'existence d'une quelconque chance de succès pour ces négociations que les plus optimistes qualifient dans un excès d'enthousiaste de troc du siècle ? un regard rétrospective s'impose.

On se rappelle en effet l'époque où les représentants du défunt président Hafez al Assad se réunissaient à Madrid autour d'une même table avec les membres des délégations sionistes pour débattre de la paix. Drapée dans un tissu de propagandisme, ces négociations n'ont jamais dépassé le stade d'une simple opération de marketing, contraignant les parties de se rabattre faute de mieux sur un cessez-le feu de facto.
Mais l'après-Madrid a été marqué par un changement significatif de la donne. Les promesses de paix et de compromis se sont envolées telles un gros ballon blanc qui ne s'attirait à lui que des regards pleins de regret. Pour sortir de l'impasse il fallait rétrocéder la totalité des hauteurs du Golan à la partie syrienne. En outre toute solution durable exigeait au préalable la démarcation des frontières autour du lac Tiberia ainsi que la construction des postes frontaliers au dessus du sommet de Jabal al Cheik, post chargé de suivre le moindre agissement suspect d'Israël.

De surcroît, les réserves hydriques très restreintes d'Israël le poussait à vouloir confisquer la totalité du lac frontalier à son profit. D'où la décision de Tel-Aviv de conserver une étroite bande tout autour du lac et de se lancer dans des discussions limitées au sujet de la gestion des rivières Yarmuk et Hasabiya, discussions qui ne pouvaient ne pas aboutir vue leur portée excessivement restreinte.

Quant au mont Jabal al Cheikh , il aurait du servir de garantie de sécurité pour les régions qu'il surplombait. L'ancien premier ministre sioniste, le belliciste Netenyaho prétendait à l'époque d'avoir obtenu le feu vert de Hafez al Assad à cette double exigence. La suite de l'histoire a prouvé le contraire. Les syriens ont refusé de dire oui à Israël.

Au chapitre des prétentions sionistes, rappelons aussi la situation du Golan. Israël prétend que le village de Ghanitareh au cœur du Golan est situé au milieu de l'axe qui relie Tel-Aviv à Damas. Les hauteurs à proprement parler s'élèvent quelque part entre ces deux régions. Ce qui fait que celui qui les contrôle, pourrait également contrôler la moitié du territoire de la partie adverse. Dans els années 60, les stratèges sionistes avaient mis au point une théorie : si les chars syriens lançaient une attaque- éclaire contre Tel-Aviv en marchant sur cette ville en deux colonnes parallèles, la capitale sioniste tomberait en quelques heures. C'est une théorie qui peut s'avérer aussi fondée dans le sens inverse c'est-à-dire qu'elle applicable si Israël tient à s'attaquer la Syrie. Dans une telle perspective, le sud du Liban prend tout son importance pour la Syrie qui y voit un axe oblique lui permettant de contourner l'étroite bande de Tiberia, la ville de Hola et le Golan et de contre attaquer d'éventuels assauts d'Israël.

De ce qui précède, on peut conclure néanmoins une chose : la situation ni guerre ni paix est extrêmement coûteuse pour les deux parties. Pour certains analystes, la guerre de 2006 d'Israël contre le Liban devrait se comprendre au regard de cette situation de même que l'échec global des pourparlers Israélo-syriens dans les années 90. mais qu'en est-il aujourd'hui ? En 2008, la situation est toujours la même à cette différence près que les sionistes ne disposent plus du sud du Liban qui rendait plus facile pour eux une éventuelle guerre contre la Syrie. la guerre de 2006 a également mis en cause le scénario d'un conflit impliquant deux ou trois armées car le Hezbollah a bien montré qu'il maîtrisait à merveille les tactiques de la guerre asymétrique et qu'il était désormais trop difficile de pouvoir le vaincre même par une guerre d'envergure.

A y regarder de près, on peut même constater que la situation n'est guère favorable à la paix avec la Syrie car les hauteurs du Golan jouent en ce moment un rôle décisif dans la stratégie guerrière d'Israël. A quoi servent donc les pourparlers ?

Sur le plan pratique l'éventualité de l'éclatement d'un conflit syro israélien est quasi nulle. Sur le plan théorique cependant, la possibilité d'une action militaire n'est jamais écartée par les dirigeants d'une entité fondée sur l'idée de la guerre permanente. Dans le cas d'une action armée, seules les frontières terrestres et maritimes avec la Jordanie sont sures, celle avec les régions du nord et surtout avec l'Egypte étant constamment exposé au risques de débordement d'autant plus que Gaza est contrôlé par le Hamas et Les gazaouis ont déjà montré qu'ils étaient capables d'insécuriser les frontières égyptiennes.

Au sud de la bande gaza, vivent entassées un millions de personne prêts à se transformer en de véritables bombes humaines au moindre déclic. Reste le Liban et le Hezbollah fort de sa haute capacité balistique et défensif et qui est capables d'entrer rapidement en conflit contre Israël. Si toutes ces forces se mettent en marche, que fera Israël ? larguera-t-il ses bombes atomiques sur les positions ennemies ?

C'est dans une telle perspective, que la paix avec la Syrie prend tout son sens. C'est un mauvais choix mais meilleur que le premier. N'empêche que cette situation est particulièrement pénible pour les dirigeants de Tel-Aviv qui ne savent vraiment sur quel pied danser. Le Kadima d'Olmert n'est plus que l'ombre de lui-même depuis que le premier ministre a été reconnu responsable de la défaite au Liban. Olmert est l'héritier du premier Niqba de l'histoire d'Israël et ses alliés politique s'en réjouissent.
Qu'elles viennent de Barak, ministre de la guerre ou de Livni, sa collègue des A.E., les flèches visent directement le chef du cabinet les unes après les autres. Tout le monde s'attend à ce que l'ancien maire de Qods récapitule. Dans ces conditions une paix avec la Syrie peut servir un double objectif : 1) elle est une nécessité mais une nécessité qui devrait se réaliser doucement sans nulle précipitation pour que soient entièrement préservés les intérêts d'un régime qui veut toujours plus ; 2)Une paix avec la Syrie aura au moins la vertu de faire tourner les regard, ne serait-ce que pour un court moment de Qods vers Tiberia. Ce sera déjà une coiffe qui permettra à Olmert de mettre sa tête à l'abri des coups assassins

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Samedi 21 Juin 2008

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