Géopolitique et stratégie

Les non-dits et les coups de la nouvelle orientation de l’aide belge au peuple congolais via les ONG


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Samy BOSONGO
Vendredi 12 Janvier 2018

La sorcière et l’hypocrite Belgique de Didier Reynders et d’Alexander De Croo, respectivement Ministres des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, a décidé, depuis mercredi 10 janvier 2018, de coopérer davantage avec des organisations non gouvernementales congolaises. Et, Enabel, la nouvelle agence belge de développement, sera chargée de soutenir des organisations de la société civile congolaise sur le plan des droits de l’homme et des libertés. En effet, devant la Commission des Relations extérieures de la Chambre, les deux ministres se sont rendus à la date susdite exposer à huis-clos la politique de Bruxelles à l’égard de Kinshasa. La décision a été prise de mettre fin à une série d’interventions qui devraient être mises en œuvre directement par les autorités congolaises.
A se fier à la révélation du quotidien belge, La Libre, l’aide belge concerne des interventions pour un montant total de 25 millions d’euros qui n’ont pas encore été signées ou qui ont déjà été temporairement suspendues. Ainsi, le gouvernement belge appuiera directement la population congolaise via l’aide humanitaire et d’autres initiatives, répondant aux besoins les plus pressants de la population. Pour les deux ministres belges, les besoins humanitaires croissants et le changement de la situation politique imposent une révision fondamentale de la coopération belge.
Les représailles belges
Tout porte à croire, à suivre certains analystes qui ont épilogué sur cette nouvelle politique belge, que la Belgique de Didier Reynders et d’Alexander de Croo, fait payer à l’actuel régime kinois son boycott de la cérémonie d’inauguration de nouveaux locaux de l’ambassade belge à Kinshasa en fin novembre 2017.
Hypocrisie et populisme belges
La Belgique de Didier Reynders et d’Alexander De Croo arbore l’image d’un pays qui se préoccupe plus du sort du peuple congolais que les autorités congolaises actuelles. Elle espère faire oublier tout le mal historique qu’elle a fait au pays de Lumumba et son envolée néocolonialiste obstinée contre lui. C’est, à vrai dire, cet élan prédateur de la Belgique et d’autres puissances occidentales qui est responsable, affirment les analystes, d’un large éventail des maux des Congolais à cause des richesses de leur pays. La RDC est agitée et déstabilisée de propos délibérés, son opposition instrumentalisée par les puissances impérialistes dont fait partie la Belgique aux fins de mettre à sa tête une marionnette de la lignée pure par le biais de laquelle les Etats néocolonialistes dirigeront et pilleront le pays de M’zee Kabila. Et il y a des officiels belges, notamment les deux ministres susmentionnés, à se fier aux analystes, qui sont ivres d’un néocolonialisme exacerbé contre le régime kinois, accusé de souverainisme et d’adopter les pays du Brics. A en croire Tony Busselen, le spécialiste belge de la région des Grands Lacs, « Didier Reynders est, à la demande des familles Lippens, Forrest, Vastapan et Damseaux, allé demander au président Kabila de faire retirer la loi agricole qui prévoit que plus que 50% des actions de sociétés agricoles doivent être dans des mains des nationaux congolais ». N’ayant pas récolté la suite escomptée, Didier Reynders, estiment les observateurs, est devenu un ennemi inflexible de Joseph Kabila, parrainant l’opposition radicale à son régime et devenant, avec les autres néocolonialistes belges et français, les initiateurs des recettes, au sein de l’Union européenne, de la déchéance sans délai voire explosive du régime Kabila.
En évoquant la situation humanitaire préoccupante des populations congolaises, la Belgique a voulu faire croire qu’elle se mêlait plus de la population congolaise que les autorités kinoises. Une posture à la fois hypocrite et populiste, car sans les envolées prédatrices de la Belgique envers la RDC, son pouvoir serait en mesure de faire face aux problèmes et besoins de son peuple. La Belgique et les autres pays néocolonialistes impliqués dans la prédation impérialiste de la RDC, y créent des problèmes pour lesquels ils apportent de l’aide, donnant l’impression aux ignorants qu’ils n’y sont pour rien et que ce sont plutôt eux qui s’activent à résoudre des problèmes que le régime kinois diabolisé forge contre la RDC.
En outre, c’est un secret de polichinelle à Kinshasa que les structures fantoches et opportunistes de l’opposition instrumentalisée et radicalisée se font ressourcer par l’ambassade belge à Kinshasa pour des actions contre le régime kinois. Les plus grandes activités qu’organisent ces structures fantoches et opportunistes sont les lynchages médiatiques et virtuels contre le pouvoir kinois excessivement diabolisé et récusé par des intox, imputations et impostures ainsi diffusées contre lui, de même que les marches présentées faussement comme pacifiques, mais qui, en vérité, poursuivent le triple objectif de faire faire des fautes au pouvoir, d’occasionner des meurtres et, le cas échéant, de tenter la déchéance forcée du régime Kabila.
Il est ainsi édifiant d’établir une liaison entre ces vérités et la destination de l’aide belge aux populations congolaises : les droits de l’homme et les libertés politiques. Des domaines surexploités par la pléiade des prédateurs impérialistes qui ne jurent que par « Kabila must go » ! La Belgique aura donc voulu formaliser les aides qu’elle adresse en secret aux structures fantoches et opportunistes qui sont des armadas chargées de la déchéance forcée du régime Kabila. Elle voudra maintenant aider au vu et au su de tous, ceux qu’elle aide toujours en secret pour des objectifs impérialistes notoires.
Depuis toujours, avec ses structures telles que la CTB (Coopération technique belge) et autres, la Belgique gère elle-même les quelques pauvres millions qu’elle destine à la RDC où elle se déploie n’importe où elle veut. Il est donc impossible que les autorités congolaises aient accès aux fonds de la coopération belge pour, éventuellement, les détourner. En affirmant vouloir directement aider le peuple qu’elle croit dupe, la Belgique veut tout simplement être en contact avec un peuple qu’elle veut berner pour des fins néocolonialistes. Et il est étonnant que la Belgique de Didier Reynders et d’Alexander De Croo fasse trop de bruit pour des fonds aussi modiques que ses 25 millions d’euro pour un pays aussi vaste que la RDC et un peuple aussi nombreux que les Congolais. Que valent ces fonds comparativement à tout ce que la Belgique vole et pille à la RDC dans son élan néocolonialiste ?
Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste, +243811530303


Vendredi 12 Janvier 2018


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