Politique Nationale/Internationale

Les néo-conservateurs testent de nouvelles formes de fraude électorale au Mexique


Le gouvernement de Vicente Fox, soutenu par celui de George W. Bush, aura tenté toutes les manipulations pour s’assurer de la victoire de son candidat à l’élection présidentielle mexicaine, Felipe Calderón. De nouvelles formes de fraudes ont été testées. Cependant, devant l’ampleur du scandale, les partisans du candidat de gauche M. López Obrador exigent un recomptage des bulletins. Trois semaines après le scrutin, aucun résultat n’est proclamé et la confusion s’installe.


Samedi 22 Juillet 2006

Les néo-conservateurs testent de nouvelles formes de fraude électorale au Mexique



Sous l’influence des États-Unis, le rêve démocratique vire lentement au cauchemar partout dans le monde. On aura décidément tout vu : au Danemark, on oblige les électeurs à revoter tant qu’ils n’auront pas approuvé le Traité qu’on leur présente ; aux États-Unis, on fraude massivement et l’on fait proclamer les résultats avant d’avoir terminé le dépouillement du scrutin ; en Afghanistan, les GI’s s’emparent des urnes et les dépouillent dans un lieu tenu secret ; en Ukraine, la NED-CIA rémunère des manifestants pour que la rue s’empare du pouvoir après l’échec électoral de la coalition pro-américaine ; en Palestine, on empêche un parti politique de présenter un candidat à l’élection présidentielle puis, lorsqu’il gagne les législatives, on enlève ses parlementaires et son gouvernement ; au Montenegro, on oblige les électeurs à la sécession pour finalement n’accepter leur verdict que s’ils réunissent une majorité qualifiée ; au Liban, on essaye d’éradiquer un parti politique en bombardant le pays. Tout cela dans un silence assourdissant de médias qui persistent à employer le mot « démocratie », mais sans jamais lui donner de contenu.

Aussi personne, hors d’Amérique latine, ne s’intéresse au cas mexicain. À l’issue du scrutin présidentiel du 2 juillet 2006, l’administration a déclaré vainqueur d’une très courte tête le candidat du parti au pouvoir, alors que la majorité des votes n’avaient pas encore été dépouillés, que des cas nombreux de fraudes étaient rapportés, et que le Tribunal électoral est la seule institution compétente pour proclamer les résultats authentiques. Face à la colère des électeurs, les grandes agences de presse internationales ont laissé entendre que le leader de l’opposition était mauvais joueur et que cette querelle ressortait d’un folklore local.

Le président sortant, Vincente Fox, patron local de Coca Cola et ami personnel de longue date de la famille Bush, a aligné le Mexique sur la politique de Washington. Sous prétexte de libre-échange, il a abrogé toute protection douanière de l’économie mexicaine, sans pour autant obtenir de réciproque des États-Unis. Sortant son pays de sa neutralité traditionnelle, il a apporté son soutien aux actions de Washington contre Cuba. M. Fox avait désigné Felipe Calderon pour lui succéder.

De son côté, le candidat de la gauche, Andres Manuel López Obrador se proposait de rompre avec cette période et de revenir à des objectifs de souveraineté économique et de répartition moins inégales des richesses. Il était devenu la bête noire des néo-conservateurs.

Enfin un troisième candidat, Roberto Madrazo, représentait la plus vieille formation politique du pays, le PRI, usé après plus de 70 ans d’exercice ininterrompu du pouvoir.

Les néo-conservateurs testent de nouvelles formes de fraude électorale au Mexique



Sous l’influence des États-Unis, le rêve démocratique vire lentement au cauchemar partout dans le monde. On aura décidément tout vu : au Danemark, on oblige les électeurs à revoter tant qu’ils n’auront pas approuvé le Traité qu’on leur présente ; aux États-Unis, on fraude massivement et l’on fait proclamer les résultats avant d’avoir terminé le dépouillement du scrutin ; en Afghanistan, les GI’s s’emparent des urnes et les dépouillent dans un lieu tenu secret ; en Ukraine, la NED-CIA rémunère des manifestants pour que la rue s’empare du pouvoir après l’échec électoral de la coalition pro-américaine ; en Palestine, on empêche un parti politique de présenter un candidat à l’élection présidentielle puis, lorsqu’il gagne les législatives, on enlève ses parlementaires et son gouvernement ; au Montenegro, on oblige les électeurs à la sécession pour finalement n’accepter leur verdict que s’ils réunissent une majorité qualifiée ; au Liban, on essaye d’éradiquer un parti politique en bombardant le pays. Tout cela dans un silence assourdissant de médias qui persistent à employer le mot « démocratie », mais sans jamais lui donner de contenu.

Aussi personne, hors d’Amérique latine, ne s’intéresse au cas mexicain. À l’issue du scrutin présidentiel du 2 juillet 2006, l’administration a déclaré vainqueur d’une très courte tête le candidat du parti au pouvoir, alors que la majorité des votes n’avaient pas encore été dépouillés, que des cas nombreux de fraudes étaient rapportés, et que le Tribunal électoral est la seule institution compétente pour proclamer les résultats authentiques. Face à la colère des électeurs, les grandes agences de presse internationales ont laissé entendre que le leader de l’opposition était mauvais joueur et que cette querelle ressortait d’un folklore local.

Le président sortant, Vincente Fox, patron local de Coca Cola et ami personnel de longue date de la famille Bush, a aligné le Mexique sur la politique de Washington. Sous prétexte de libre-échange, il a abrogé toute protection douanière de l’économie mexicaine, sans pour autant obtenir de réciproque des États-Unis. Sortant son pays de sa neutralité traditionnelle, il a apporté son soutien aux actions de Washington contre Cuba. M. Fox avait désigné Felipe Calderon pour lui succéder.

De son côté, le candidat de la gauche, Andres Manuel López Obrador se proposait de rompre avec cette période et de revenir à des objectifs de souveraineté économique et de répartition moins inégales des richesses. Il était devenu la bête noire des néo-conservateurs.

Enfin un troisième candidat, Roberto Madrazo, représentait la plus vieille formation politique du pays, le PRI, usé après plus de 70 ans d’exercice ininterrompu du pouvoir.
(JPEG)
Felipe Calderón, candidat soutenu par les néo-conservateurs et Andres Manuel López Obrador, candidat de la gauche mexicaine.

Venons-en à l’incroyable règle du jeu mise en place par les amis de M. Bush : l’Institut fédéral électoral (IFE) [1], c’est-à-dire l’administration chargée de l’organisation du scrutin, supervise 130 000 bureaux de vote, les « casillas », regroupés en 300 districts. Il centralise les résultats et les transmet à une juridiction indépendante, le Tribunal électoral, qui les vérifie et les proclame.

Cependant, l’IFE s’est doté d’un bureau de statisticiens. Celui-ci a établi un première estimation sur la base d’un sondage « sorties des urnes » réalisé dans 700 bureaux de vote avant leur fermeture. Munis de cette estimation et des résultats des scrutins précédents, les statisticiens ont déterminé des formules mathématiques permettant, selon eux, d’extrapoler les « résultats électoraux préliminaires » dès les premières urnes dépouillées sans avoir à constituer d’échantillon représentatif.

- La première manipulation consiste à présenter comme des résultats définitifs des projections statistiques établies par des fonctionnaires du gouvernement.
- La seconde manipulation consiste à escamoter les résultats de bureaux de vote lorsqu’ils arrivent au motif qu’ils ne sont pas crédibles car trop éloignés de la projection statistique. De cette manière, l’IFE s’est autorisé à écarter 3 000 000 de voix, dont seulement 2 500 000 ont été réintégrées à l’issue d’une bataille politique.
- La troisième manipulation consiste à « bourrer les urnes ». Ainsi, l’IFE a accepté les résultats de 18 646 bureaux de vote dont le nombre de suffrages exprimés excède le nombre d’électeurs inscrits (participation supérieure à 100 %).
- L’IFE, n’ayant pas les moyens informatiques nécessaires à l’accomplissement de sa mission, a fait sous-traiter l’ensemble de ces opérations par un cabinet privé dirigé par Diego Zavala, beau-frère du « vainqueur », M. Calderón.

Au vu de ces trucages généralisés, le candidat de la gauche, M. López Obrador a saisi le tribunal électoral et demandé le recomptage des bulletins, un à un.

Mais le scrutin lui-même n’est que la pointe émergée de l’iceberg : la campagne électorale elle-même n’offrait pas les conditions requises pour un débat démocratique.

Selon une étude de Global Exchange [2], les deux grands conglomérats de médias du pays, Televisa et Teveazteca, ont fait preuve d’esprit partisan et ont recourru à la diffamation (voir tableau ci-dessous).
Televisa Teveazteca
Sujets contre M. A. M. López Obrador 91 23
Sujets contre M. Roberto Madrazo 46 8
Sujets contre M. Felipe Calderón 25 7

La campagne de presse contre M. López Obrador a attteint un point culminant avec un spot publicitaire le présentant comme « Un danger pour le Mexique ». La violence du propos a conduit le Tribunal électoral à stopper la diffusion du spot.

Selon l’ONG Global Exchange, de nombreux cas ont été rapportés de pression sur les électeurs de certaines collectivités territoriales : en cas de « mauvais choix », ils auraient été privés de subventions fédérales indispensables à leur survie économique.

Trois semaines après la fin du scrutin, aucun résultat définitif n’a été proclamé par le Tribunal électoral. La confusion est maximale. Cela n’empêche pas Felipe Calderón de se prétendre chef de l’État et clamer haut et fort qu’il ne cédera pas au chantage et aux menaces de la rue. Parallèlement, il conduit des négociations avec l’un de ses rivaux malheureux, Roberto Madrazo en vue de constituer une alliance au Parlement.

http://www.voltairenet.org/article142192.html http://www.voltairenet.org/article142192.html



Dimanche 23 Juillet 2006


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