Palestine occupée

Les mesures que va prendre Israël pour renforcer Abbas contre le Hamas


Le régime israélien d'apartheid va prendre toute une série de mesures "à long terme" pour renforcer le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas contre le mouvement de résistance islamique Hamas, ont rapporté les médias israéliens aujourd'hui.

Par Khaled Amayreh


Khaled Amayreh
Mardi 26 Juin 2007

 Les mesures que va prendre Israël pour renforcer Abbas contre le Hamas
La semaine dernière, les milices soutenues par le Hamas ont défait les forces du Fatah armées et financées par les Américains dans le Bande de Gaza, prenant le contrôle du quartier général de la sécurité et confisquant de grandes quantités d'armes et d'équipement militaire.

Les journaux israéliens ont rapporté qu'Israël transfèrerait directement aux bureaux d'Abbas à Ramallah des centaines de millions de dollars de revenus des taxes palestiniennes gelées par Israël depuis l'élection victorieuse du Hamas en 2006.

Ha'aretz indique que les mesures seraient annoncées au cours de la rencontre au sommet à quatre qui doit se tenir à Sharm el-Sheikh, sous les auspices du président égyptien Husni Mubarak, avec la participation du premier ministre israélien Ehud Olmert, d'Abbas, et du roi Abdullah de Jordanie.

Le roi de Jordanie Abdulla II, le président égyptien Husni Mubarak et Abbas sont étroitement associés à la politique américaine au Moyen Orient.

Selon Ha'aretz, le "pack de gestes" proposé inclura le versement de l'argent palestinien gelé, le retrait de quelques checkpoints et barrages routiers secondaires en Cisjordanie, ainsi que la possible suspension des assassinats extra-judiciaires visant les combattants du Fatah en Cisjordanie.

Israël pourrait aussi libérer quelques prisonniers du Fatah, de manière à accroître la popularité d'Abbas parmi les Palestiniens.

Cette semaine, plusieurs fonctionnaires israéliens, dont deux anciens ministres, ont publiquement demandé la libération du chef du Fatah emprisonné Marwan el-Barghouthi, actuellement sous les verrous israéliens pour une sentence de cinq durées de vie (soit 5 fois au moins 20 ans, ndt) pour avoir résister à l'oppression israélienne des Palestiniens et à l'occupation de leur patrie.

Le Shin Bet a cependant clamé son opposition à une telle idée, arguant que la libération de Barghouthi minerait le statut de Dahlan à l'intérieur du Fatah. Barghouthi plaide pour une coopération avec le Hamas et est fermement opposé à toute compromission sur les constantes nationales palestiniennes, dont le total retrait israélien de 100% des Territoires Occupés et l'application de la Résolution 194 des Nations Unis sur le Droit au Retour des Réfugiés.

D'autres "concessions" à Abbas inclurait, semble-t-il, l'encouragement des investisseurs, tout d'abord arabes, pour construire des industries en Cisjordanie et un feu vert au gouvernement américain pour fournir à Abbas davantage d'armes de pointe.

D'autres sources hébraïques indiquent également qu'Israël pourrait accepter de presser l'administration Bush à demander à l'Arabie Saoudite et à d'autres pays arabes riches en pétrole comme le Qatar et les Emirats Arabes Unis, d'augmenter leur aide financière à l'Autorité Palestinienne et d'arrêter toute assistance financière au gouvernement élu dirigé par le Hamas.

Ha'aretz a également cité un "fonctionnaire de la défense" anonyme, qui aurait dit jeudi que l'armée "penche pour le maintien du niveau de qualité actuel des armes en Cisjordanie", ce qui veut dire que le régime d'Abbas sera autorisé à ne remplacer que les armes périmées.

Les Etats Unis et Israël ont chaudement accueilli le "gouvernement d'exception" que Salam Fayyad, l'un des chouchous de l'Occident, a formé cette semaine pour remplacer le gouvernement d'unité nationale basé à Gaza et dirigé par Ismael Haniya.

Les Etats-Unis, qui ont imposé un blocus draconien sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza à la suite de l'élection victorieuse du Hamas l'an dernier, ont essayé de défaire le résultat des élections palestiniennes en armant et finançant Muhammed Dahlan, dans le but affirmé de saper le Hamas.

Le 8 février, le Hamas et le Fatah ont signé un accord de partage de pouvoir à La Mecque, qui pavait la voie à la formation d'un gouvernement d'unité nationale.

Toutefois, l'administration Bush a silencieusement rejeté l'accord, au prétexte qu'il laissait au Hamas une position dominante dans l'arène politique palestinienne.

Elliot Abrams, le fonctionnaire juif américain en charge du "dossier palestinien", a semble-t-il été de connivence avec Dahlan et ses alliés à l'intérieur du Fatah pour faire un coup d'Etat contre le Hamas dans la Bande de Gaza, pour éliminer le Hamas et le gouvernement d'unité nationale une bonne fois pour toutes.

Selon des documents saisis par le Hamas dans le quartier général des services secrets du Fatah à Tel el Hawa (désormais Tel al Islam), Dahlan avait préparé le coup d'Etat pour le 13 juillet.

Abrams, qui est responsable de l'AIPAC, le puissant lobby juif américain, voulait atteindre deux buts principaux, à part celui de ruiner l'Accord de La Mecque et de mettre fin au gouvernement d'unité :

1. Tout d'abord "fomenter une guerre civile palestinienne à grande échelle à la fois à Gaza et en Cisjordanie qui permettra à Israël de dire au monde "Comment pouvons-nous faire la paix avec les Palestiniens alors qu'ils s'entretuent ?"

La guerre civile, en particulier si elle était assez développée, aurait aussi permis à l'Etat juif de construire plus de colonies réservées aux Juifs et de terminer la judaïsation de Jérusalem, dont la possible démolition de la Mosquée Al Aqsa.

2. Elliot Abrams, probablement de concert avec les cercles de droite et d'extrême-droite d'Israël, espérait qu'en ayant une "direction palestinienne modérée", c'est-à-dire Dahlan, Abbas et all., et en éliminant toute opposition à Dahlan au sein du Fatah, les USA et Israël seraient en mesure d'imposer une "solution durable" aux Palestiniens.

Selon des informations confidentielles communiquées par des sources fiables du Fatah, une telle solution serait composée des éléments suivants :

1. la création d'un Etat quasi-palestinien sur 60% de la Cisjordanie, constitué de trois enclaves, ou bantoustans, dans les parties nord, centre et sud de Cisjordanie ;

2. l'annexion à Israël des grands blocs de colonies juives, dont Ma'ale Adomim, Ariel et Gush Itzion ;

3. la location d'autres colonies comme Kiryat Arba pour 99 ans ;

4. Jérusalem Est demeurerait sous occupation israélienne ;

5. et aucun réfugié palestinien ne serait autorisé à rentrer chez lui dans ce qui est maintenant Israël.

Les grandes lignes de la solution envisagée par Israël et les Etats-Unis comprend aussi la remise au gouvernement palestinien "modéré", c'est-à-dire Abbas et Dahlan, de billions de dollars pour le redressement économique, mais plus vraisemblablement pour faire taire l'opposition prévisible à cette trahison.

Les responsables du Fatah et de l'Autorité Palestinienne ont affirmé avec véhémence que jamais au grand jamais ils n'accepteraient un tel marché (de dupes, ndt).

Un de ces officiels, qui a demandé à rester anonyme, a dit : "Oui, nous avons reçu de l'argent et des armes de l'Amérique, mais ça ne veut pas dire que nous allons accepter tout ce que nous demanderont les Américains…".

Source : Palestine Info
Traduction : MR pour ISM


Mardi 26 Juin 2007

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