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Les médias du monde: l'échec des Etats-Unis au Moyen-Orient


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Samedi 15 Novembre 2008

Les médias du monde: l'échec des Etats-Unis au Moyen-Orient
Aujourd'hui, les grands développements politiques, militaires, économiques et culturels ont de vastes répercussions dans les mass média. A titre d'exemple, on peut faire allusion à l'occupation de l'Irak par les Américains. Environ un an avant l'invasion de l'Irak par l'armée US, l'opinion publique du monde avait été bombardée par de nombreux reportages, nouvelles, analyses et commentaires sur l'Irak. A ce moment-là, les Etats-Unis tentaient de préparer l'opinion publique à une attaque contre l'Irak. Ils voulaient faire croire qu'il y avait d'innombrables armes de destruction massive dans ce pays. Mais après l'occupation de l'Irak, la campagne d'intoxication ne s'est pas arrêtée là. Les mass média étrangers ont tout fait pour faire croire que l'Irak ne pourrait pas résister devant la coalition multinationale. Dans le même temps, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne prétendaient représenter la Communauté internationale. Lors de la guerre d'Irak, les slogans parlant de liberté d'expression et des Droits de l'homme ont été marginalisés et mis aux oubliettes et la plupart des média ont emboîté le pas aux politiques expansionnistes américaines. Tant que l'armée US ne donnait pas son aval à la diffusion de nouvelles concernant l'intervention militaire des Etats-Unis, en Irak, les médias occidentaux observaient un silence de circonstance. Seul, le centre de commandement central de l'armée américaine était habilité à diffuser des nouvelles sur la guerre de l'Irak.
Maintenant, 5 ans après l'occupation de l'Irak, les médias du monde ont changé d'orientation. Jusqu'à hier, ils annonçaient à grand renfort de propagande la conquête victorieuse de l'Irak de Saddam et la présence puissante des GI's, en Irak, tandis qu'aujourd'hui, ils ont opté pour un autre son de cloche, à tel point qu'ils parlent, maintenant, des horribles réalités de la guerre. Les chaînes de télévision du monde diffusent, dorénavant, des images de soldats épuisés par la guerre et on parle aussi des pertes en vie humaine, côté militaire. Les journalistes de ces médias qui soutenaient, il y a 5 ans, l'attaque unilatérale américaine contre l'Irak, se voient pressés, aujourd'hui, par l'opinion publique, d'évoquer les séquelles catastrophiques de cette occupation. Certes, ce revirement des médias, levant un coin du voile sur les réalités de la guerre d'Irak et la situation déplorables des Irakiens, est conforme aux souhaits et aux intérêts des forces de la coalition. La Présidentielle américaine de 2008 et la rivalité électorale entre les Démocrates et les Républicains expliquent la volte-face des médias sur le dossier irakien, d'autant plus que le Parti démocrate a tout fait pour mettre au défi son rival républicain. Les Démocrates américains se sont efforcés de présenter les Républicains comme étant à l'origine de l'échec des stratégies américaines au Moyen-Orient. Par ailleurs, les critiques de la presse, des photographes et des intellectuels et les révélations faites par les médias indépendants, à propos des crimes des agresseurs de l'Irak, ont poussé les médias occidentaux à briser leur silence envers les crimes des forces d'occupation, de sorte que même les télévisions et les radios pro-sionistes et pro-américaines n'ont eu d'autre issues que de divulguer certaines réalités pour ne pas perdre la face. Citons, donc, quelques exemples de ce changement d'orientation des mass média.
Patrick Cockburn, journaliste britannique, qui a écrit, depuis 1979, de nombreux articles et livres sur Saddam et la première guerre du golfe Persique, vient de publier un article dans la revue "Counter Punch", article dans lequel il parle de ses aperçus en Irak occupé.
Voici des extraits de l'article de Cockburn:
« L'occupation de 5 ans a transformé l'Irak en pays en ruines. En comparaison avec la guerre de 1991, la guerre de 2003 était tout à fait différente. Lors de la première guerre, les télévisions et la presse occidentales étaient tenues de dévier les réalités de la guerre pour suggérer qu'une guerre totale avait éclaté, tandis qu'il n'y avait pas de guerre au propre sens du terme. En ce qui concerne la seconde guerre, les médias ont prétendu que si les forces US quittaient l'Irak, le chaos s'abattrait sur ce pays, même si la présence des troupes étrangères ne faisait qu'exacerber la crise. J'ai vu des soldats américains mettre le feu à des chars d'assaut irakiens, débarrassés de leurs passagers, sur des routes, aux alentours de la capitale irakienne, Bagdad, pour faire croire qu'une guerre totale avait éclaté en Irak. Bien qu'une grande majorité d'Irakiens souhaitait la chute du dictateur irakien, Saddam Hossein, ils étaient contre l'occupation de leur pays par les forces étrangères. A présent, on est témoin d'une guerre du pouvoir entre les Américains, les effectifs d'Al-Qaïda et divers groupes, en Irak ; c'est pourquoi, les Américains ont du mal à sauver la face devant l'opinion publique qui les pointe du doigt en tant que déclencheur de la guerre.
Lors de la guerre d'Irak, les médias ont fait appel aux services de divers experts à qui on a demandé d'exprimer leurs points de vue sur la crise actuelle. En fait, ils essayaient de se déculpabiliser, en se cachant derrière les experts qui analysaient en détail le bourbier actuel dans lequel s'enfonce l'armée américaine et en faisant croire qu'ils n'exprimaient que l'avis de ces experts. »
Dans un article, publié, récemment, par le journal britannique, "Daily Mail", l'auteur de cet article a, quant à lui, évoqué les raisons de l'échec des politiques américaines en Irak. Le journal fait allusion également à l'échec de la stratégie américaine consistant à envoyer des renforts en Irak.
"La partie est terminée". Voilà ce que George Bush avait clamé, lors de l'invasion de l'Irak, il y a 5 ans, par l'armée US, tandis qu'on remarque maintenant que l'armée US est épuisée et que la suprématie américaine est en déclin. Sur cette base, l'économiste de renom, Joseph E.Stiglitz, qui avait prévu les frais faramineux de trois trillions de dollars de la guerre d'Irak, a dit dans le journal "Daily Mail" que le coûteux aventurisme américain, en Irak, avait duré trop longtemps, pour une guerre qui s'était révélée totalement inefficace.
Le "New York Times" critique, de son côté, les politiques américaines, dans la guerre d'Irak. Le journal a, récemment, publié le résultat d'un sondage d'opinion, réalisé auprès de cent historiens américains qui considèrent Bush comme le pire des Présidents américains. 98% des sondés considèrent le mandat de 8 ans de Bush comme une époque de décadence pour les Etats-Unis. "Pendant 8 ans, les Etats-Unis se sont isolés du reste du monde, période que l'on peut considérer comme celle de la décadence des Etats-Unis.", nous dit le journal.
Les historiens américains dénoncent Bush, car il a discrédité les Etats-Unis auprès de l'opinion publique mondiale. "La diplomatie de cowboy de l'équipe sortante a donné des Etats-Unis une image de super-puissance machiavélique à travers le monde", a fait savoir l'auteur. Le journaliste américain, Seymour Hersh, a une interprétation similaire de la situation prévalant en Amérique. En référence aux points de vue des sociologues américains, C. Wright Mills appelle "le réalisme des fous", la tactique de l'administration Bush dans la guerre d'Irak. "En raison des expériences amères issues de leur échec dans la guerre de Corée ??????!!!(n'est-ce pas plutôt la guerre du Vietnam !!!), les Etats-Unis s'inquiètent, aujourd'hui, des retombées éventuelles d'un autre revers en Irak. Faisant allusion aux propos de certains politologues américains, Hersh qualifie ces propos d'insensés et d'irresponsables, estimant qu'ils sont incapables de saisir dans toute leur dimension les répercussions catastrophiques de cette quête du pouvoir et qu'ils préfèrent se livrer à des bavardages improductifs. Sur cette base, l'ex-secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a déclaré qu'avec un revolver à la main, on pouvait obtenir des résultats meilleurs. Par ailleurs, Dick Cheney a déclaré que les Etats-Unis étaient tenus de mettre le monde au diapason de leurs idées.
"On doit reconnaître que l'administration Bush est arrivé à mettre en application de la meilleure manière le slogan de "Caligula", empereur dément de Rome qui déclara :" Mieux vaut qu'ils nous détestent, mais qu'ils nous craignent".
Enfin, évoquons un exemple manifeste de l'interventionnisme américain et ses retombées. La photo sélectionnée de 2007 a été prise par le photographe américain, Tim Hetherington. Figure sur sa photo prise le 16 septembre 2007, dans la vallée de Karangol, en Afghanistan, un soldat US fatigué, assis à côté de sa tente. "La photo illustre la fatigue d'un homme, d'une nation et l'épilogue de la guerre d'Irak", a déclaré le photographe à ce sujet. A rappeler que le jury a sélectionné cette photo comme la meilleure photo d'information, en 2007, ce qui témoigne de l'effondrement d'une super-puissance décadente.

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Samedi 15 Novembre 2008


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