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Les mauvaises nouvelles et la ruée hors des banques choquent la psyché collective


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Mardi 5 Août 2008

Les mauvaises nouvelles et la ruée hors des banques choquent la psyché collective

Mike Whitney, 28 juillet 2008


​​​L'administration Bush va encore expédier des chèques « revigorants » dans un très proche avenir. Il n'y a absolument aucun moyen d'y réchapper. Dans le pétrin, la Fed ne peut baisser les taux d'intérêt de crainte de voir les prix de la nourriture et de l'énergie traverser la stratosphère. Parallèlement, l'économie se ratatine plus vite qu'on pensait que ce soit possible, sans aucun signe de relance. Ça fait que les chèques de stimulation sont la seule manière de maintenir « la pompe amorcée » pour que clopinent les dépenses de consommation. Sinon, l'activité des affaires se mettrait à ramper lentement et l'économie partirait en quenouille. Il n'y a pas d'autre choix.


​​​La diffusion continuelle de mauvaise nouvelle commence vraiment à taper sur les nerfs des gens ; c'est évident partout où vous zieutez. La plupart des jacasseurs à la TV ont déjà supprimé les joyeuses prévisions boursières, et personne ne chante plus les louanges des « impressionnants pouvoirs du marché libre. » Ils savent que ça va mal, que ça merde réellement à bloc. C'est pourquoi l'actualité n'est plus présentée comme un grand spectacle bollywoodien [*] insouciant, avec ses femmes ondulantes et sa musique exotique. Maintenant c'est plus du film de série B particulièrement sanglant, où tout le monde finit mort à la fin du spectacle.


Aspect de l'actualité TV dans les États-Unis en crise financière


​​​Un sentiment de pessimisme envahissant s'est glissée dans les studios de télévision, exactement comme à la bourse et dans les luxueux appartements de Manhattan's West End. Il est palpable. Le même mauvais pressentiment se répand comme un nuage délétère dans chaque ville des quatre coins du pays. Tout le monde gratte le superflu et rogne les matières grasses sur le budget familial. Le temps des extravagantes dépenses compulsives au centre commercial est révolu. C'est le cas des grands achats de billets pour voyager en Europe. La confiance du consommateur est à des profondeurs historiques, le revenu à disposition étant chose du passé, et les cartes de crédit à leur limite.


​​​Ces trois derniers mois, le crédit bancaire s'est momifié plus vite qu'à aucun moment depuis 1948. Les banques ne faisant pas de prêt, les gens n'empruntent plus ; c'est la combinaison fatale. La création du crédit ralentissant, l'économie vacille, le chômage grimpe, et l'indice de la misère prend son essor. C'est pourquoi Bush expédiera une autre fournée de chèques stimulants qu'il le veuille ou non ; il est dos au mur.


​​​Vendredi, après clôture du marché, la FDIC a fermé deux autres banques,  First Heritage Bank et First National Bank. Patatras ! Deux semaines plus tôt, les autorités de régulation ont saisi Indymac Bancorp suite à la migration de ses déposants. La FDIC opère désormais comme une unité paramilitaire furtive, déployant ses troupes de choc en fin de semaine pour faire son sale boulot hors des yeux du public et au moment où ça aura le moins de conséquences sur le marché boursier. Les raisons en sont évidentes : il n'y a qu'une chose que le gouvernement déteste plus que de voir des cercueils drapés d'un drapeau sur leur journal du soir, et c'est de voir de longues files d'attente de gens paniqués attendant avec impatience pour récupérer ce qui reste de leurs économies dans leur banque désormais défunte. Les queues aux banques indiquent que le système est brisé.


​​​Les ruées hors des banques sont un choc pour la psyché collective. Quand les déposants voient des gens fuir la banque, ils réalisent que leur argent n'est pas en sécurité. Les gens ne sont pas des imbéciles, ils peuvent flairer quelque chose de louche. Quand leur confiance diminue, ça se propage à l'ensemble du système. Soudain, ils commencent à remettre en question tout ce qu'ils pensaient acquis autrefois. Ils deviennent sceptiques sur des institutions qui semblaient solides juste quelques jours avant.


​​​Quitter une banque est une réussite directe de l'institution du système du marché libre. Non contenue, le frémissement peut traverser la société entière et déclencher de l'agitation politique violente, même la révolution. Le public peut ne pas saisir son importance, mais tout le monde à Washington est attentif. Ils prennent ça au sérieux, très au sérieux.


​​​Un article du San Francisco Business Times disait que la FDIC est emmerdée par les rapports des blogs sur Internet. Ils préféreraient garder les informations sur les ennuis du système bancaire dans l'actualité. Sheila Bair, présidente de la Federal Deposit Insurance Corp, a résumé ça ainsi après la précipitation hors d'Indymac:

​​​Les blogs sont un chouïa hors contrôle. Nous sommes très soucieux de la couverture médiatique et des blogs dans la lutte contre la désinformation. Tout ce que je puis dire, c'est de continuer à être au-dessus de ça. La désinformation apparue ce week-end nourrit beaucoup la peur des déposants.


​​​Est-ce une menace ? Le remède à la défaillance du système bancaire est un capital suffisant et une surveillance avisée, et non pas des menaces contre les critiques impartiales du système. Ce sont des balivernes. La commissaire Blair pense apparemment que les bloguers devraient être traités comme les journalistes en Iraq, qui, s'ils dévient un tant soit peu du scénario du Pentagone, selon lequel « la déferlante est une grande réussite, » se retrouvent au bout d'un M-16 qui fume devant quelque poste de contrôle banalisé à l'extérieur de Baqubah.


​​​Dimanche dernier, cherchant à rassurer le public, le Ministre des Finances Henry Paulson a dit que le système bancaire est sain tout en préparant les gens à d'autres problèmes à venir :

​​​Je pense que ça fait des mois que nous travaillons aux moyens pour traverser cette période, des mois manifestement. Mais, à nouveau, c'est un système bancaire sûr, un système bancaire solide. Notre autorité de régulation est au-dessus de tout ça. C'est une situation très gérable.


​​​Paulson a tort, le système bancaire n'est ni sain ni suffisamment capitalisé.


​​​Si la cadence des fermetures de banques se poursuit au rythme actuel, d'ici au milieu de 2009 les retraits seront restreints. Vous pouvez le parier.


​​​Le journaliste Bill Sardi a bien résumé tout ça dans un article la semaine dernière sur lewrockwell.com, intitulé Could Your Bail Fail? :

​​​De cette manière, bien que votre banque ait toujours de l'argent et puisse traiter vos chèques, il pourrait être temps de rembourser les dettes, de payer les impôts trimestriels et le remboursement des hypothèques à l'avance, et d'avoir je pense de l'argent à l'extérieur de la banque (or, devises, etc), avant que votre argent ne soit inaccessible ou même s'évapore ! Ne pensez pas que tous vos investissements à l'extérieur des banques soient à l'abri de tous ces problèmes. Par exemple, l'argent des fonds communs de placement du marché, où les Étasuniens ont investi 3 billions de dollars, ne sont pas couverts par l'assurance de la FDIC (toutefois, les comptes du marché monétaire proposés par les banques sont couverts). Les récentes pertes dans certains des marchés monétaires des fonds communs de placement ont fait que certaines entreprises se précipitent pour colmater les pertes. Par exemple, Legg Mason Inc et SunTrust Banks Inc, ont récemment injecté 1,4 milliards de dollars chacun dans les fonds de leur marché monétaire. La Bank of America Corp a injecté 600 millions de dollars.

​​​Quant à vos comptes courant et d'épargne, sachez que vous pouvez avoir cinq comptes différents dans la même banque, mais la FDIC n'assure que les individus, et non pas chaque compte, jusqu'à 100.000 dollars. Mettre votre argent dans différents comptes de la même banque ne constitue pas nécessairement une meilleure assurance pour vos dépôts.



Original : www.counterpunch.org/whitney07282008.html
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info



* Bollywood est l'industrie du cinéma en Inde. Comme tout le modes le sait, les films indiens sont connus pour leurs histoires à l'eau de rose particulièrement émotives.


Aspect de l'actualité TV dans les États-Unis d'avant la crise financière




Jeudi 7 Août 2008


Commentaires

1.Posté par kerozen le 05/08/2008 20:56 | Alerter
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faudrai pas que sa commence a arriver par chez nous tout ce merdier...

2.Posté par koala le 05/08/2008 21:16 | Alerter
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c est déjà e,n route malheureusement, ne comptez pas sur nos élites pour "balancer" ceux là même qui financent leurs campagnes...

moi je m'en tape suis interdit bancaire et fauché chronique....

3.Posté par kerozen le 05/08/2008 21:14 | Alerter
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je pense surtout a mes gosses qui vont pas tarder a arriver dans la vie active

4.Posté par Zorro m.d.s le 06/08/2008 03:44 | Alerter
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Pour le moment les effets sur l économie européennes sont minimes et invisibles.A se demander si ce n est pas un effondrement contrôlé.Ce ne serait pas la première fois.

5.Posté par benje le 06/08/2008 21:27 | Alerter
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mais si putin vivement que tout le system se pete la tronche et qu'on en finisse avec toute ces conerie, vive l'age d epierre mes ami retour a la nature !!!

6.Posté par amar le 06/08/2008 22:54 | Alerter
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le seul truc bête avec l'age de pierre c'est qu'il n'y aurait plus d'internet .ahahaha

7.Posté par joszik le 07/08/2008 16:02 | Alerter
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C'est un effondrement inévitable et prévisible, il y a ceux qui le savaient depuis longtemps et ceux qui ont compris que quelque choses d'anormale allait bientôt arriver, et puis, il y a ceux qui n'ont rien compris et rien vu, ceux qui réagissent au jour le jour pensant que leur propre folie et leur violence naturelle les sauvera d'un éventuel chaos.
Penser que la misère est entière dans cette crise c'est oublier que les quotas de la masse financière réservés à la classe ouvrière au fonctionnaires et au agriculteurs se sont déplacés vers les hautes sphères financières en laissant derrière eux un désert économique.
Si vous vous promener un peu dans les cartiers chics de la capitale vous verrez bien que l'abondance de bien existe et que l'argent qui a disparue de votre pouvoir d'achat est passé dans les mains d'aigrefins qui se demande ce qu'il vont pouvoir faire encore comme connerie aujourd'hui avec.

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