Palestine occupée

Les maisons détruites, les médias et la connaissance du grand public


En Californie, les feux sont éteints. 1.800 maisons et bureaux ont été dévorés. Plusieurs milliers de personnes sont sans abri et un quart de million d'autres ont été évacuées. Une douzaine sont mortes et on a découvert les corps calcinés d'immigrants mexicains qui campaient dans les canyons.


Par David Halpin


David Halpin
Dimanche 4 Novembre 2007

 Les maisons détruites, les médias et la connaissance du grand public
L'Agence Fédérale des Situations d'Urgence (Federal Emergency Management Agency - FEMA) a tenu une conférence de presse truquée avec des employés jouant les reporters, et ils ont été ensuite obligés de se rétracter. Mais ensuite, c'est Hollywood qui était dans la rue. John Travolta, star résidente, admet qu'il a été obligé de voler dans son hélicoptère au dessus de la région pour vérifier que sa famille était en sécurité. Arnie, le gouverneur, a visité les secteurs plusieurs fois ; il a évoqué récemment la probabilité d'incendies volontaires. Il a promis que les forces du droit traqueraient les auteurs. Les "débusquer" aurait semblé fade.

Ce phénomène naturel est connu dans ces collines depuis des millénaires lors de sécheresse et c'est l'étalement des constructions qui a causé ce désastre. Il fut un temps où le feu était utilisé par les colonisateurs blancs pour chasser les indiens nord-américains de leurs tepees et de leurs grottes. Les tirs des fusils, la variole et autres maladies importées ont effacé vingt millions de natifs de leur terre au grand air et les prairies. Les descendants des colonisateurs et tous les autres arrivants ne se seraient pas attarder sur la justice de ces actes de Dieu mais, au lieu de cela, la chaleur a donné lieu à hyperbole.

Les pompiers ont décrit des scènes de dévastation, et un des pilotes luttant contre les feux à San Diego a dit à ses commandants : "On dirait qu'une bombe atomique a éclaté ici", a rapporté le Los Angeles Times. Un autre pompier, Mitch Mendler, a dit que le secteur "était comme Armageddon. Ca ressemblait à la fin du monde." C'est une bonne chose qu'un citoyen US ait eu un aperçu des deux.

Le Président, George W. bush, est entré en scène et a pitoyablement promis "des jours meilleurs". Il a également promis un prêt à faible intérêt à tout ceux dont le bâtiment n'était pas assuré. Une telle magnanimité est encore à démontrer aux cinquante millions de personnes sans assurance santé, mais ils sont pauvres et souvent noirs.

Un autre phénomène naturel, sous la forme d'une tempête, a brisé les digues de la Nouvelle-Orléans. Les maisons et les gens ont été engloutis par l'eau sale et beaucoup se sont noyés. Au moins plusieurs milliers sont morts. Les gens d'une maison de santé ont été abandonnés par le personnel. Ce fut une tragédie aux proportions terribles mais la réponse de la FEMA fut lente et inadéquate. On a dit que des invités, bloqués dans un hôtel luxueux, ont été évacués à toute vitesse. Exceptionnellement, des journalistes de la BBC comme Peter Marshall l'ont dit tout net. Tellement net que Bush a demandé à Blair que le message, à la télé, soit tempéré.

Beaucoup ont pensé que si les zones basses avaient été habitées par la bourgeoisie blanche, les réactions auraient été plus rapides et plus compétentes. La détresse sociale des familles pauvres séparées a été terrible, et la reconstruction lente ; quelques-unes sont revenues dans leurs maisons pour trouver des entreprises de sécurité leur interdisant l'entrée. Les USA peuvent démolir l'Irak, à 4.000 miles, et installer un "système de missiles de défense", mais le capital réagit comme le capital là où il n'a aucun intérêt en jeu. Regardez comment un pays socialiste comme Cuba répond, en tant que nation, aux ouragans qui s'abattent sur lui.

En Palestine, les maisons des gens – en l'occurrence des cabanes appartenant aux Bédouins, sont démolies en ce moment dans le Néguev.

Au total, 18.000 maisons palestiniennes ont été démolies depuis 1967. Le feu ou l'eau n'en sont pas la cause. A la place, les bulldozers D9, les pelles mécaniques à pioches de démolition ou les ingénieurs de la Force Israélienne d'Occupation sont les outils. Cette dernière pose des charges explosives à la base de ces temples de la famille. Les principaux prétextes sont l'absence de permis de construire, ou un lien entre la maison et un résistant. Alors qu'il est jugé, de façon sommaire, dans une prison militaire et souvent torturé, une punition collective est infligée à sa famille éplorée. (1)

La famille doit payer le coût de la démolition pendant que la Croix Rouge lui fournit généreusement une tente, s'il n'y a pas de place chez un cousin. Il y a peu de "démocraties avancées" qui démolissent les maisons avec une telle morgue, à part les deux principaux alliés d'Israël, à savoir les USA et le Royaume Uni. Ces crimes sont parfaitement documentés mais il y a un silence presque total parmi les nations du monde. Distribuez des tentes.

La stratégie, si on peut l'appeler ainsi, est de briser l'esprit du Palestinien et de le chasser de sa terre. M. Olmert a rappelé sa vision. (2)

Si environ 120.000 Druzes et Arabes ont été expulsés des Hauteurs du Golan syrien en 1967 et leurs villages (134) ont été complètement démolis, cela représente environ 20.000 maisons détruites, si on part de 6 personnes par unité familiale. (3)

Ajoutez ensuite les milliers de maisons démolies pendant la Nakba – la catastrophe de 1948 – ou la Guerre d'Indépendance, comme l'appellent les Israéliens. Le cas de Salim Shawamreh, d'Anata, est symbolique de cette anarchie et de cette très profonde cruauté. Il n'avait pas de permis de construire. La maison a été détruite trois fois, et reconstruite chaque fois par les volontaires et l'argent de l'ICAHD.

Combien de gens ont vu, à la télé, les feux en Californie du Sud ? Au moins un milliard. Combien savent que les maisons palestiniennes ont été démolies en très grand nombre en 1948 et depuis 1967, comme à Emmaüs ? Un petit pourcentage des populations européenne et US, et quelques-uns d'entre eux se taisent.

L'obsession de soi et une tolérance plus grande à la souffrance de l'autre peuvent être des barrières à la reconnaissance d'une telle cruauté, mais l'humain consciencieux est limité à se fier aux médias écrits et radiotélévisés. C'est là le hic ! Les médias sont déterminés à masquer aux populations les excès grotesques de l'Etat israélien (et la "Coalition de la Volonté en Irak et en Afghanistan"), pendant qu'ils remplissent les écrans, et ainsi les esprits, avec des pertes par le feu de 1.800 maisons – par décret de Dieu.

Démolir une maison dans ce qui subsiste de la Palestine est un acte mauvais. Est-ce que c'est un moindre mal que les médias occidentaux le cachent ?

Notes

1. Article Haaretz, 15 juin 2007.
2. "J'ai cru, et à ce jour je continue à croire, dans le droit éternel et historique de notre peuple à cette terre toute entière". Ehud Olmert, Premier Ministre israélien, à la Chambre des Représentants, juin 2006.
3. Israeli Committee Against House Demolition

Source : Uruknet
Traduction : MR pour ISM


Dimanche 4 Novembre 2007

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