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Les journaux des radios ont-ils pris comme modèle un vieux jeu radiophonique « Dira ? Dira pas ? » ?


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Proposé par auteur


Pierre-Yves Chereul [leson.du.nenuphar.association@wanadoo.f
Jeudi 24 Mai 2007

Les journaux des radios ont-ils pris comme modèle

 

un vieux jeu radiophonique « Dira ? Dira pas ? » ?

 

 

Pour une rupture, c’est une rupture. Les journaux diffusés par les radios ressemblent de plus en plus à un vieux jeu radiophonique, « Dira ? Dira pas ? » Souvenez-vous ! Car par les temps qui courent, la mémoire est de première importance pour comprendre le présent.

 

Le candidat tirait au sort un mot et il devait le faire prononcer le plus de fois possibles à un correspondant inconnu qu’on lui appelait au téléphone. L’amusant, c’était de suivre les contorsions stratégiques du candidat pour réussir à faire parler, dans un temps limité, un boucher de « poisson » , un poissonnier, de « cochon » ou un notaire, de « gratuité » Il en fallait du talent pour vendre un frigidaire à un esquimau. Car à chaque fois que le mot « poisson » ou « cochon » ou « gratuité » était prononcé, des sous tombaient dans la tirelire qu’on entendait résonner.

 

 

Un nom choisi démocratiquement

 

 

Non ! On n’en est pas encore au bruitage de la tire-lire. Mais, à l’écoute des journaux radiophoniques, on croirait qu’ils se conforment aux règles du jeu « Dira ? Dira pas ? ». Seulement, ici pas de tirage au sort en début d’émission du mot à prononcer. Il a été déjà définitivement choisi dimanche 6 mai par 53 % des électeurs. On vous le souffle : c’est « Nicolas Sarkozy » ou « M. Sarkozy » ou « le président » ou encore « le président de la République ». Les journalistes se régalent à l’antenne. Toutes les minutes, à l’audition de ces mots, on finit par avoir une hallucination auditive : c’est comme qui dirait que des pièces jaunes tintinnabulent dans une tire-lire à chaque mention opportune. C’est à qui le prononcera le plus souvent. Une astuce qui rapporte, c’est de bien choisir « le morceau choisi » qu’on rapporte d’un meeting de la majorité : il ne faut pas se laisser distraire par d’autres noms. Hier, par exemple, que retenir du discours du Premier Ministre à Marseille ? Une nouvelle bouleversante : il a confié ce que... « M. Sarkozy » lui avait demandé de confier aux Marseillais : « Tu diras aux Marseillais que je les aime comme ils m’aiment ». S’il fait le tour de France, à Bordeaux, à Lille ou à Romorantin, on est assuré que le mot magique à faire sonner les tire-lire sera prononcé autant de fois. On n’imagine pas que M. Sarkozy ne fasse pas dire par son Premier Ministre aux Bordelais, aux Lillois ou aux Romorantinais (ou nois) qu’il les aime. Il ne va quand même pas faire de jaloux entre les Français.

 

 

Un peu de variétés

 

 

Pour apporter un peu de variétés, d’autres mots sont aussi simultanément en jeu : « le gouvernement est sur le terrain », « le gouvernement veut aller vite », » tous les ministres sont à l’ouvrage », « les élections sont quasi dans la poche », « les Français veulent donner une majorité au « président » (diguiding !), « le Parti Socialiste a perdu d’avance », « il est en capilotade », » il a une peur bleue », « il voit venir la vague bleue du président Sarkozy » ! Diguiding ! Diguiding ! Ces deux diguiding, c’est pour « président Sarkozy », ça compte double !

 

 

Histoire de gagner plus sans travailler plus

 

 

Parce que -vous savez quoi ? - avec les collègues, on écoute maintenant les journaux radiophoniques avec passion. On les attend même avec impatience. Ils vont battre des records d’audience si ça continue. On fait des paris : c’est à qui donnera le chiffre le plus proche du nombre de fois où les noms magiques sont prononcés. En cas d’ex-aequo, on se départage en annonçant d’avance si la défaite annoncée du parti Socialiste sera effectivement annoncée ou non. On empoche 1 Euros par « Sarkozy » prononcé ou équivalent. Celui qui gagne le plus de « Sarkozy » arrondit son salaire de la journée. C’est un moyen de gagner plus sans forcément travailler plus. C’est toujours bon à prendre. C’est chouette, non ! Faites comme nous : jouez à « Dira ? Dira pas ? » On s’amuse comme des fous ! Et puis, surtout, on retrouve enfin goût aux infos !
 
Paul VILLACH

 

 

 

 



Jeudi 24 Mai 2007


Commentaires

1.Posté par quent1 le 24/05/2007 14:20 | Alerter
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Ding, ding, oui mais Que choisir quand on n'écoute ni ne regarde TV ou radio sauf de temps en temps France culture? Je ne crois pas avoir jamais eu connaissance de "dira, dira pas", est-ce récent?

Je me souviens de Geneviève Taboui, attendez vous à savoir, de ça va bouillr, Zap y Max, de du beau-du bon- du bonnet, de L'Ile au trésor, du tribunal des flagrants délires, du jeu des 1000 francs, de Piere Dac et Francis Blanche, des décraqués du dimanche midi sur bouillon de culture supprimés? Tout est un peu désordonné, vous pouvez le dire, oui je peux le dire........Quel était donc le nom de l'émisision qu'animait avec humour déjanté Francis Blanche au téléphone, il s'amusait comme un fou à appeler les usagers qui avaient la chance de posséder cet engin de communication encore à ses débuts pendant que d'autres étaient sur liste d'attente pour l'obtenir? Heureusement qu'existait la TSF, elle permettait encore à cette époque ancienne de rire de bon coeur avec la farce et les clowns .

« On ne fait pas n’importe quoi avec l’Homme, l’Homme n’est pas une marchandise comme les autres »
http://www.dailymotion.com/video/xmesx_sarko-lhomme-est-une-marchandise

Bien mieux :
Extraits d'une bonne lettre courriel qui remue nets des souvenirs pas toujours nets, pour en lire l'intégralité cliquer sur le lin bleu en en fleurs au mois de mai en Normandie ou en Picardie. Roses rouges de Picardie, triste mémoire cassée, miroir brisé, se souvenir demain de la fin du rêve et des utopies, fin dramatique de la Semaine Sanglante en capitale..

J''en viens aux faits dira dira pas, le vase de Soissons empli de pièces rares s'est brisé et le fétichisme du veau d'or a pris sa place.

Politique marchande http://remue.net/spip.php?article2263
« Ce n’est qu’avec le temps que l’homme cherche à déchiffrer le sens du hiéroglyphe, à pénétrer les secrets de l’œuvre sociale à laquelle il contribue, et la transformation des objets utiles en valeurs est un produit de la société, tout aussi bien que le langage. »
Karl Marx, Le Caractère fétiche de la marchandise et son secret (Allia, 2006, p. 15.)

A 23 h. 41, le 4 mai, deux sondages (« Urgent » nous sonne le nouvelobs.com) Ipsos et BVA indiquent que « le » candidat à la présidence de la République est donné gagnant à 55 % par les quelque 2 000 Français interrogés au total.

Juste un dernier coup de maillet pour dire, avant que la campagne électorale ne soit close officiellement, que « les carottes sont cuites » et que l’on sait donc quasiment qui prendra en main les rênes de la pouliche France (un peu d’entraînement public en Camargue pour « le cavalier » de la droite n’aura pas été totalement inutile).

La politique est-elle une marchandise ?
En relisant Le caractère fétiche de la marchandise et son secret, de Karl Marx, réédité en août 2006 chez Allia (6,10 €), la réponse à la question semble aller de soi...

suite sur le lin bleu: Politique marchande http://remue.net/spip.php?article2263

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