Politique Nationale/Internationale

Les idées ne peuvent être abattues

Je ne suis pas la première personne dont la mort a été anticipée par Monsieur Bush, ni je ne serai le dernier.



Fidel Castro
Samedi 9 Juin 2007

Fidel Castro

 

30 may 2007

 

 

http://commentisfree.guardian.co.uk/fidel_castro/2007/05/ideas_cannot_be_killed.html

 

 

Il y a quelques jours, en analysant les dépenses impliqués dans la construction des trois sous-marins de la classe Astute, j’ai dit qu’avec cet argent « 75 000 médecins pourraient être formés pour s’occuper de 150 millions personnes en supposant que le coût de la formation d’un médecin serait un tiers de ce qu’elle coûterait aux Etats-Unis ». Maintenant en suivant ces mêmes calculs je me demande : Combien de médecins peuvent être diplômés avec les cent milliards de dollars que Bush dépense en seulement une année pour semer la souffrance dans les maisons irakiennes et étasuniennes ? Réponse : 999 990 médecins qui pourraient s’occuper de deux milliards de personnes qui aujourd’hui ne reçoivent pas de soins médicaux.

 

Plus que 600 000 personnes ont perdu leurs vies en Irak et plus de 2 millions ont été forcées d’émigrer depuis le début de l’invasion étasunienne. Aux Etats-Unis, environ 50 millions personnes n’ont pas d’assurance médicale. Les lois aveugles de marché gouvernent la manière dont ce service vital est fourni, et les prix le rendent inaccessible pour beaucoup, même dans des pays développés. Les services médicaux alimentent le produit national brut des Etats-Unis, mais ils ne créent pas de conscience à ceux qui les fournissent, ni la paix d’esprit pour ceux qui les reçoivent.

 

Les pays avec moins de développement et plus de maladies ont le plus petit nombre des médecins : un pour 5000, 10 000, 15 000, 20 000 ou plus de personnes. Quand une nouvelle maladie sexuellement transmissible apparaît comme le SIDA, qui en seulement vingt ans a tué des millions de personnes - des dizaines de millions en souffrent, dont des mères et des enfants alors que des soins palliatifs existent -, le prix des médicaments par patient peut s’élever à 5000, 10 000, ou 15 000 dollars chaque année. Ce sont des chiffres fantasmatiques pour la grande majorité des pays du tiers monde où les quelques hôpitaux publics sont débordés par les malades qui meurent empilés comme des animaux sous le fléau d’une soudaine épidémie.

 

Réfléchir sur ces réalités pourrait mieux nous aider à comprendre la tragédie. Ce n’est pas une question de publicité commerciale qui coûte autant d’argent et de technologie. Considérez la famine affligeant des centaines de millions d’êtres humains, et ajoutez-y l’idée de transformer la nourriture en fuel ; cherchez un symbole représentant ces deux idées et la réponse sera George Bush. Quand il a été récemment interrogé par une personnalité importante à propos de sa politique cubaine, sa réponse était : « Je suis un président pur et dur, et j’attends seulement la mort de Castro ». Les vœux de d’un tel puissant gentleman ne sont pas un privilège. Je ne suis pas le premier ni ne serai-je le dernier que Bush a ordonné de tuer ; ni de ces gens dont il a continuellement l’intention de tuer individuellement ou massivement.

 

« Les idées ne peuvent être abattues », disait Sarría avec force. Sarría était un lieutenant noir, un chef de patrouille de l’armée de Batista, qui nous avait arrêtés après la tentative de s’emparer de la garnison Moncada, alors que trois parmi nous étaient endormis dans une petite cabane montagneuse épuisés par les efforts fournis pour percer le siège. Les soldats dopés par la haine et l’adrénaline pointaient leurs armes en ma direction avant qu’ils m’aient identifié. « Les idées ne peuvent être abattues », le lieutenant noir répétait sans cesse, pratiquement automatiquement dans une voix étouffée.

 

Je dédie ces mots excellents à vous, M. Bush.



Samedi 9 Juin 2007

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