Sciences et croyances

Les guerres spatiales pourraient devenir réalité



Ilia Kramnik
Lundi 18 Janvier 2010

Les guerres spatiales pourraient devenir réalité
D’après un article, publié dans la revue New Scientist, les médias américains soupçonnent la Chine et l'Inde de développer des systèmes antisatellites.

Jusqu'à récemment, les systèmes antisatellites ne se sont développés que dans deux pays: l’URSS/Russie et les Etats-Unis. Or, selon des commentateurs américains, la Chine et l'Inde effectuent actuellement des recherches. Jusqu'à quel point ces appréhensions sont-t-elles justifiées?

Il est difficile d’estimer le rôle des systèmes spatiaux dans les guerres contemporaines. Depuis les années 1970, les appareils spatiaux, dont le rôle ne cesse de s'accroître, assurent des taches toujours plus nombreuses dans la direction des troupes, les liaisons, la détection, l'indication des cibles, la navigation, etc.
Il est impossible de se représenter aujourd'hui les armées de la plupart des pays développés, y compris la Russie, sans un système de satellites militaires.
Plus le niveau de développement d'un pays et de son armée est élevé, plus grand est le "poids" de l'"échelon spatial" dans son organisation militaire.

Cependant, le système spatial n'est pas invulnérable. Depuis le début du déploiement des satellites militaires en URSS et aux Etats-Unis, on a développé des systèmes destinés à les détruire. Leur création s’est intensifiée après  la conception de systèmes de défense antimissile, dans lesquels les satellites jouent également un rôle très important.
Les recherches ont été menées dans des domaines différents. On a créé des systèmes de stationnement spatial (satellites-chasseurs), terrestre (missiles intercepteurs) et aérien (missiles pour les avions de combat).

Il convient de mettre l'accent sur les recherches effectuées dans le domaine de la création de systèmes antisatellites à laser de stationnement spatial et terrestre qui sont destinés à détruire les satellites ou à mettre hors service leurs dispositifs électroniques et optiques.
Cela étant, des résultats intelligibles n'ont pour l’instant pas pu être obtenus dans ce domaine.

Pour la Chine, qui prétend être un des "centres de force" au niveau mondial, le développement de systèmes antisatellites revêt une importance vitale.

Début 2007, l'existence en Chine de recherches dans le domaine des systèmes antisatellites a été prouvée. Le 11 janvier, à 22 h 26 GMT (le 12 janvier à 06 h 26, heure de Pékin) la Chine a intercepté son propre satellite Fengyun-1C.
L'interception a été effectuée par un missile qui a détruit le satellite à une altitude de plus de 800 km. Le type du missile en question est inconnu, des sources ont parlé d'un engin ayant l'indice KT-1/SC-19 qui est une version antisatellite du missile balistique de portée moyenne DF-21 d'un poids d'environ 15 tonnes et d'une longueur de près de 11 mètres.
La tête cinétique du missile (ne contenant pas d'explosifs) a atteint le satellite du premier coup.

La Chine est le deuxième pays à avoir effectué des tests des armes antisatellites. L'interception de satellites n'avait été effectuée jusqu’ici que par les Etats-Unis qui ont détruit, le 13 septembre 1985, le satellite R-78-1 par un chasseur F-15 doté d'un missile ASAT et qui ont abattu, le 21 février 2008, le satellite USA-193 par le missile RIM-161 SM-3.

Les tests chinois témoignent de la capacité de la Chine, en cas de nécessité, de lancer des actions militaires dans l'espace, ce qui suscite de vives réactions, avant tout au Japon et aux Etats-Unis. On sait que la Chine continue de développer des armes antisatellites, en créant de nouvelles versions de missiles intercepteurs.

En ce qui concerne l'Inde, les faits sont moins clairs. Nous connaissons seulement la déclaration du chef de la Defence Research and Development Organisation (DRDO) de l'Inde, sur l'intention de créer un appareil spatial: un "satellite-chasseur".
Si cette déclaration correspond à la réalité, l'Inde a l'intention d'emprunter la voie suivie par l'URSS qui a conçu différents appareils spatiaux pour lutter contre les satellites ennemis, y compris la station de 80 tonnes Skif-DM qui devait être placée en orbite par la fusée porteuse Energuia.

Il est difficile de dire si l'Inde est en mesure de concevoir rapidement un appareil analogue et le mettre en orbite. Sa conception prendra probablement plusieurs années. Mais la perspective la plus réaliste consiste à développer un missile intercepteur sur la base des missiles balistiques de portée moyenne, ce qui lui permettra d'abattre les satellites, comme cela a été fait en Chine.

Quoi qu'il en soit, le nombre de pays capables de lutter contre les satellites ira croissant. Tous les pays détenant leurs propres missiles balistiques de portée moyenne, y compris l'Iran et la Corée du Nord, en ont la possibilité.
Pour l'instant, il reste difficile de prévoir comment cela peut influer sur le développement des systèmes militaires spatiaux et leur rôle dans la machine de guerre.

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.


Lundi 18 Janvier 2010


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