MONDE

Les forces israéliennes détruisent encore le village de Bédouins



Jonathan Cook
Lundi 9 Août 2010

Les forces israéliennes détruisent encore le village de Bédouins

The National, Jonathan Cook, 6 août 2010


     Al Arabiq, Néguev -- Les forces de sécurité israéliennes ont détruit un village bédouin cette semaine pour la deuxième fois en quelques jours, laissant 300 habitants sans-abri après que des dizaines de volontaires juifs et arabes ont commencé à reconstruire les 45 maisons.


     Des groupes de défense des droits de l’homme ont annoncé qu’il semble que ce soit les premiers coups d’une campagne du gouvernement israélien qui menaçait depuis longtemps, visant à commencer le déménagement de masse forcé de dizaines de milliers de Bédouins de leurs terres ancestrales dans le sud du Néguev.


     Le Haut Comité de suivi, le principal organe politique de la minorité arabe d'Israël, a promis cette semaine d’aider à reconstruire le village pour la deuxième fois, et a déclaré qu'il ferait appel à l'ONU pour enquêter sur le traitement des Bédouins par Israël.


     Le village d’Al Araqib, qui est à quelques kilomètres au nord de la principale ville du Néguev, Beersheva, est devenu un symbole de lutte pour environ 90.000 Bédouins qui veulent obtenir la reconnaissance de dizaines de communautés, que le gouvernement prétend construites sur des terres de l'État.


     Dans un cas type devant des tribunaux israéliens, un habitant d'Al Araqib a présenté des documents et des témoignages d'experts montrant que ses ancêtres possédaient et vivaient sur les terres du village depuis des lustres avant la création d'Israël en 1948. Le juge doit se prononcer dans quelques mois.


     « Démolir un village entier et laisser ses habitants sans abri sans épuiser toutes les autres options pour régler de vieilles revendications territoriales, est scandaleux, » a déclaré Joe Stork, directeur de Human Rights Watch au Moyen-Orient.


     Une force de 1.500 policiers, dont une escouade spéciale anti-émeute cagoulée de noir, est entrée mercredi matin dans le village, pour abattre une douzaine de cabanes en bois et une maison en béton à moitié construite. La tribu locale Aturi était en train de reconstruire le village après qu’il ait été rasé par des bulldozers la semaine précédente.


     Les forces israéliennes ont aussi déraciné 850 oliviers, a dit Ortal Tzabar, une porte-parole de la Gestion des terres du gouvernement.


     Hier, Adalah, un groupe juridique en faveur des 1,3 million de citoyens arabes d'Israël, a exigé une enquête criminelle sur ce qu'il a qualifié de « brutalité policière » durant deux opérations de démolition.


     Sawsan Zaher, une avocate, a déclaré que les agressions contre les villageois, la confiscation de leurs biens et la décision des forces de sécurité de couvrir leur visage et ne pas porter de plaques d'identité, étaient destinées à « instiller la peur » chez les résidents.


     Taleb a-Sanaa, un Bédouins membre du parlement israélien qui a été laissé inconscient mercredi après que la police l'ait tiré d’une tente dans laquelle il organisait une manifestation, a averti que le gouvernement risque « un soulèvement dans le Néguev. »


     Six chefs de village ont été arrêtés peu après, quand ils ont refusé de signer un document les engageant à ne pas revenir à Al Araqib.


     Awad Abou Freih, un porte-parole du village, a dit qu’ils sont restés intraitables. « Les autorités veulent briser nos liens avec ce pays afin de pouvoir le remettre aux Juifs. Ils peuvent continuer à détruire, mais nous continuerons à reconstruire. Nous ne partirons pas. »


     La première démolition du village à la fin du mois dernier, est survenue peu après que le premier ministre Benjamin Netanyahu, a prévenu son Cabinet que la croissance de la minorité arabe du pays, déjà un cinquième de la population, constitue une menace « palpable » pour la judéité de l'État.


     « L'effet pourrait être que ces éléments différents demanderont des droits nationaux au sein d'Israël – par exemple, dans le Néguev – si nous autorisions qu’une région soit sans majorité juive. »


     L’assurance croissante des Bédouins à l’égard de leur statut d'autochtones, qui est soutenu par des groupes internationaux, a provoqué une réaction des fonctionnaires, qui se réfèrent régulièrement aux Bédouins comme à des « squatters » et à des « envahisseurs » de terres domaniales.


     Les conflits entre le gouvernement et les Bédouins remontent à la fondation d'Israël, quand le gros de la population du Néguev a été chassée du nouvel État.


     Avec le plus haut taux de natalité en Israël, les tribus survivantes ont grandi rapidement et se chiffrent maintenant à 180.000, plus d'un quart de la population du Néguev, en dépit des vagues de migration juives sponsorisées par l'État.


     Israël a refusé de reconnaître les communautés traditionnelles de Bédouins et insiste pour qu'elles se déplacent dans sept cantons déshérités, construits par le gouvernement il y a plusieurs décennies. À peine la moitié environ l’ont fait, les autres insistant sur leur droit à continuer leur mode de vie pastorale.


     Comme 45 autres villages non reconnus, Al Araqib est privé de tout service, notamment d’eau et d'électricité, et ses constructions sont illégales.


     Une commission gouvernementale récente a révélé que des dizaines de milliers de résidences de Bédouins font l'objet d'ordres de démolition, mais jusqu'à présent des habitations individuelles seules ont été prises pour cible, et non pas des communautés entières.


     Le mois dernier, le comité de planification Beersheva a approuvé un arrangement pour reconnaître 13 villages bédouins et faire pénétrer de force les autres habitants dans des cantons. Selon ce projet, les terres d’Al Araqib sont destinées à une « forêt de la paix, » une démarche qui, selon M. Abu Freih, a été conçue pour empêcher le retour des villageois.


     Mme Baruch a dit que les autorités exigent que les habitants aillent à Rahat, même si aucune habitation n'a été prévue pour eux.


     M. Abou Freih a dit que d'autres parties des terres voisines de la tribu ont été secrètement colonisées par des Juifs en 2004.



Original : www.thenational.ae/apps/pbcs.dll/article?AID=/20100806/FOREIGN/708059866/1135/general1
Traduction copyleft de Pétrus Lombard




Lundi 9 Août 2010


Commentaires

1.Posté par Domingo67 le 10/08/2010 09:38 | Alerter
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La destruction des villages arabes, dans le Néguev ou en Palestine défient toutes les lois humaines, c'est une certitude. Mais l'incompréhensible à mes yeux, c'est que ces Bédouins sont (sur le papier) des citoyens israéliens ! Qui peut encore croire que le gouvernement israélien, que l'Etat israélien est un gouvernement démocratique, un Etat démocratique ? Seul les ânes bâtés peuvent le croire. Oui je suis en colère d'être le témoin de tant de déloyauté. Cela n'est pas digne d'êtres humains. Ces sionistes là sont de bêtes féroces indigne d'avoir une existence sur terre.

2.Posté par mega le 10/08/2010 11:22 | Alerter
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Ce sont les ss wafen du 21 éme siecle,comme on dit "les victimes d'hier sont les bourreaux d'aujourd'hui".


3.Posté par Tabbur le 10/08/2010 22:38 | Alerter
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Le Sionisme n'est pas un concept Humain, Il est une émanation diabolique de quelques dirigeants politiques. Le judaisme n'est qu'un pretexte pour justifier ses forfaits.

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