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Samedi 04 Juillet 2009
12:39
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Les faucons tournoient toujours au-dessus de l'Iran
WASHINGTON - Une fois encore, notamment dans le sillage de la conférence politique de l'AIPAC [le Comité des Affaires Publiques Israélo-Américaines], qui s'est tenue la semaine dernière, et de la visite dans la capitale [américaine] du Premier ministre [israélien] Ehoud Olmert, on jacasse beaucoup à propos d'une possible attaque par Israël et/ou Les Etats-Unis contre l'Iran.
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Jeudi 25 Juin 2009 - 09:57 La Somalie :Ingérence, indiférence et peuple martyr oublié |
Dimanche 21 Juin 2009 - 11:36 si tu veux la paix prépare la guerre ! par melina nilles |
Mercredi 11 Juin 2008
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La Somalie :Ingérence, indiférence et peuple martyr oublié
Il semble qu'après avoir rencontré le Président George W Bush et préalablement dîné avec le vice-Président Dick Cheney, Olmert ait quitté la Maison-Blanche plutôt satisfait des résultats obtenus. En même temps, les rumeurs - exprimées tout dernièrement par le néoconservateur Daniel Pipes - de projets de l'administration pour entreprendre une attaque "massive" [contre l'Iran], pendant la fenêtre entre les élections de novembre et le départ de Bush de la Maison Blanche - en particulier si le Sénateur démocrate Barack Obama devient son successeur - continuent de tourbillonner sur la capitale.
Que faut-il en penser ? Est-ce réel ? Ou s'agit-il d'une guerre psychologique destinée à persuader Téhéran qu'ils risquent réellement la dévastation s'ils ne gèlent pas très, très vite leur programme d'enrichissement d'uranium et/ou à prévenir la Russie et la Chine qu'elles doivent exercer plus de pression sur Téhéran ou faire face aux conséquences d'une telle attaque ?
Ainsi que je l'avais mentionné dans un précédent article, j'ai généralement été sceptique sur les nombreux reportages de ces deux dernières années, selon lesquels une attaque - des Israéliens ou des Américains - serait imminente, ainsi qu'ils le prédisaient au moment de leur publication. Après la sortie de l'Evaluation Nationale des Services de Renseignements (NIE), je suis devenu, comme à peu près tout le monde, encore plus dubitatif sur le fait que Bush ordonne une attaque avant de quitter le pouvoir (et je n'ai jamais pensé que les Israéliens lanceraient une attaque sans le feu-vert de Washington). C'est en partie dû au fait que les néoconservateurs, qui défendaient et défendent encore avec le plus d'enthousiasme l'action militaire, ont semblé tout simplement ne plus compter sur Bush et, en tout cas, ne montraient aucun signe pour orchestrer une nouvelle campagne médiatique majeure afin de mobiliser l'opinion publique dans cette direction, comme ils le firent dans la dernière ligne droite avant l'invasion de l'Irak.
Depuis la brusque démission de l'Amiral William Fallon du commandement de CENTCOM [le Commandement Central], j'ai considéré que la faction des réalistes au sein de cette administration avait reçu une gifle majeure, et, avec la visite de Cheney qui a suivi dans la région, j'ai toutefois été de plus en plus inquiet sur la possibilité d'une attaque. Et les évènements de la semaine dernière n'ont rien fait pour dissiper cette inquiétude.
Laissez-moi juste exposer quelques points (différents de ceux mentionnés ci-dessus) que je trouve dérangeants.
D'abord, il y a eu les commentaires très confiants qu'Olmert à fait après sa rencontre avec Bush mercredi dernier en parlant de "vaincre la menace". "Je suis parti avec beaucoup moins de points d'interrogation [qu'en arrivant] concernant les moyens, les restrictions de calendrier et la résolution de l'Amérique à s'occuper de ce problème", a-t-il dit après cette rencontre.
Evidemment, c'était le lendemain où Olmert avait dit à l'AIPAC, "La communauté internationale a un devoir de responsabilité pour bien faire comprendre à l'Iran, au travers de mesures drastiques, que les répercussions de leur poursuite incessante d'armes nucléaires seront dévastatrice". Maintenant, ceci pourrait n'être que l'expression de la bellicosité d'un Premier ministre israélien assailli, brossant dans le sens du poil l'auditoire belliqueux de l'AIPAC, mais je ne pense pas que cela puisse être facilement écarté (par opposition aux remarques encore plus bellicistes faites la semaine dernière par le vice-Premier ministre Shaoul Mofaz, dont les motivations de politique intérieure sont beaucoup plus claires, et auxquelles on attribut pour une grande part le bond historique du cours du brut vendredi dernier).
Deuxièmement, il y a le rôle de "Cheney" qui devient plus important. Je ne me réfère pas seulement au dîner d'Olmert et de Cheney mercredi soir, au cours duquel les deux hommes auraient discuté de "sujets opérationnels", quelle qu'en soit la signification. (Souvenez-vous, ce fut le principal assistant de Cheney sur le Moyen-Orient, David Wurmser, au cours du printemps 2007 lorsque les réalistes se trouvaient clairement sur le siège du conducteur, qui alla vendre aux groupes de réflexion bienveillants un plan - duquel le bureau du vice-président a été plus tard obligé de se dissocier - pour forcer Bush vers la guerre contre l'Iran en obtenant d'Israël qu'il lance un missile de croisière d'attaque contre une installation nucléaire iranienne et en comptant sur Téhéran pour riposter contre les forces américaines.) Autrement dit, le dîner de mercredi n'était pas un simple rendez-vous de courtoisie : les Israéliens pensent clairement que Cheney est un protagoniste.
Mais je me réfère aussi à une autre Cheney, Elisabeth, l'ancienne adjointe au Secrétaire d'Etat délégué aux Affaires du Proche-Orient et fille de Cheney, qui, durant la session plénière d'ouverture de la conférence de l'AIPAC lundi dernier, s'est saisie de chaque occasion pour attaquer la politique de son ancienne patronne, la Secrétaire d'Etat Condoleeza Rice. Liz a été particulièrement dure avec le projet chéri de Rice, son initiative pour obtenir au moins un cadre en vue d'un accord de paix entre Israël et l'Autorité Palestinienne avant que Bush ne quitte le pouvoir, en soutenant que le processus de paix au Proche-Orient d'Annapolis était une perte de temps, comparée à l'importance de s'occuper de l'Iran dans ce qu'elle a appelé un "match nul".
"Lorsque nous nous centrons sur ce type d'accord [des pourparlers de paix israélo-palestiniens], nous n'avons pas le temps de nous concentrer sur l'Iran", a-t-elle déclaré, suggérant aussi que les dirigeants à Téhéran n'étaient pas "rationnels" et que les précédents efforts pour dialoguer avec eux avaient été aussi une perte de temps, voire pire. L'Iran a besoin d'être convaincu que s'il ne se soumet pas aux exigences du Conseil de Sécurité des Nations-Unies d'arrêter l'enrichissement, "Ils auront affaire à une action militaire. Nous ne disposons pas du luxe du temps", a-t-elle dit à une salle qui (de façon surprenante) l'a applaudie du bout des doigts.
Troisièmement, les remarques de Liz Cheney devraient être vues dans le contexte d'une attaque plus concertée par les faucons de Rice, parmi lesquels Stephen Hayes du Weekly Standard, le journaliste préféré du vice-président, dont le travail de démolition en règle était peut-être l'élément le plus important. Hayes a accusé Rice de trahir la Doctrine de Bush et il a centré une grande partie de son article sur le soutien de celle-ci aux négociations du Secrétaire d'Etat adjoint, Christopher Hill, au cours de l'année passée, avec la Corée du Nord, sur lesquelles le Département d'Etat a déjà été obligé de se mettre sur la défensive.
Maintenant, vient le rejet total de la politique de Rice au Proche-Orient - depuis son approbation pour des élections palestiniennes en 2006 à l'initiative du sommet d'Annapolis au Maryland l'année dernière, et ensuite l'invitation de la Syrie à y participer, jusqu'à sa bénédiction pour l'accord de Doha le mois dernier sur le Liban. Tout ceci, a-t-elle accusé, avait permis à l'Iran "de réellement étrangler la région".
A présent, je ne pense qu'il ne peut y avoir aucun doute que les points de vue de Liz et de Hayes reflètent ceux du vice-président. Qui plus est, parce que leur proximité avec le vice-président est si claire est sans ambiguïté, le fait que ces points de vue soient si corrosifs et si publics me suggère que Cheney se sent plus confiant qu'il ne l'a été depuis quelques temps. De plus, la campagne pour discréditer Rice semble avoir atteint son but.
Non seulement a-elle semblé être sur la défensive lors de son propre discours devant l'AIPAC, qu'elle a prononcé mardi dernier dans la matinée, mais elle a adopté un ton plus belliqueux sur l'Iran qu'elle ne l'avait fait précédemment. Et, ainsi que le New York Times l'a fait remarquer, elle a aussi été remarquablement plus incertaine que jamais auparavant sur ne serait-ce qu'atteindre un accord sur un cadre de travail entre Israéliens et Palestiniens d'ici la fin du mandat de Bush.
(En fait, Bush et Olmert auraient passé plus de temps lors de leur rencontre à parler de l'Iran que du processus d'Annapolis, suggérant que le président, qui ne s'est jamais autant engagé sur ce processus que Rice, avait, en tout cas lors de cette rencontre, accepté la notion de Liz d'un "match nul" dans lequel l'Iran devrait avoir la priorité sur le processus israélo-palestinien.) En d'autres termes, il apparaît qu'il y a une bataille majeure sur "l'héritage" de Bush au Moyen-Orient (à part l'Irak) entre Rice, qui a espéré sauver son propre "héritage" en concluant une sorte d'accord de paix crédible israélo-palestinien, et les Cheney, qui pensent que la confrontation avec l'Iran est inévitable et, selon les mots de Liz, "nous n'avons pas le luxe du temps".
A en juger par les événements de la semaine dernière, je dois dire que les Cheney ont gagné du terrain.
Cela ne veut pas dire qu'ils prévaudront. Une fois encore, toute cette bellicosité exposée la semaine dernière - y compris les avertissements terribles de la part des officiels israéliens, à la fois aux Etats-Unis et en Israël - pourrait n'être qu'une guerre psychologique destinée à l'Europe (où l'ancien ministre allemand des Affaires Etrangères, Joschka Fischer, en tout cas, semble de plus en plus inquiet) et à l'Iran.
De plus, les récentes déclarations du Secrétaire à la Défense Robert Gates, à la fois pour "exercer une influence" sur l'Iran et reconnaître "qu'ils [les dirigeants iraniens] ont besoin aussi de quelque chose", et les avertissements émis par commandant de la Navy dans le Golfe, le vice-amiral Kevin Cosgriff, que la guerre avec l'Iran serait "assez désastreuse" et qu'un accord sur "les incidents en mer" était hautement désirable avec Téhéran (reprenant les efforts de Fallon de l'année dernière) suggèrent que le Pentagone reste opposé à une attaque, comme il l'a toujours été.
Et, malgré la répudiation efficace par Bush du NIE de décembre dernier, qui disait que l'Iran avait abandonné ses efforts pour construire une arme nucléaire, la communauté des renseignements s'y accroche opiniâtrement, si l'on peut se fier aux déclarations récentes du Directeur adjoint des Renseignements Nationaux.
Ensuite, il y a le prix du pétrole, dont le bond record de vendredi, à la suite des avertissements belliqueux de Mofaz, a offert une idée de ce que risque l'économie des Etats-Unis (et du monde), si la faction de Cheney l'emporte sur Bush, soit pour donner le feu-vert à une attaque israélienne ou la lancer lui-même.
Donc, même si Cheney neutralise Rice dans la bataille pour l'esprit de Bush - ou ses tripes - il est toujours confronté à des obstacles redoutables. Mais je pense qu'il a fait quelques progrès.
Cet article est reproduit du blog de Jim Lobe, mieux connu pour sa couverture de la politique étrangère des Etats-Unis, en particulier l'influence des néoconservateurs dans l'administration de Bush. Il est le chef du bureau de Washington de l'agence de presse internationaleInter Press Service.
Copyright 2008 Jim Lobe / traduction JFG-QuestionsCritiques
Que faut-il en penser ? Est-ce réel ? Ou s'agit-il d'une guerre psychologique destinée à persuader Téhéran qu'ils risquent réellement la dévastation s'ils ne gèlent pas très, très vite leur programme d'enrichissement d'uranium et/ou à prévenir la Russie et la Chine qu'elles doivent exercer plus de pression sur Téhéran ou faire face aux conséquences d'une telle attaque ?
Ainsi que je l'avais mentionné dans un précédent article, j'ai généralement été sceptique sur les nombreux reportages de ces deux dernières années, selon lesquels une attaque - des Israéliens ou des Américains - serait imminente, ainsi qu'ils le prédisaient au moment de leur publication. Après la sortie de l'Evaluation Nationale des Services de Renseignements (NIE), je suis devenu, comme à peu près tout le monde, encore plus dubitatif sur le fait que Bush ordonne une attaque avant de quitter le pouvoir (et je n'ai jamais pensé que les Israéliens lanceraient une attaque sans le feu-vert de Washington). C'est en partie dû au fait que les néoconservateurs, qui défendaient et défendent encore avec le plus d'enthousiasme l'action militaire, ont semblé tout simplement ne plus compter sur Bush et, en tout cas, ne montraient aucun signe pour orchestrer une nouvelle campagne médiatique majeure afin de mobiliser l'opinion publique dans cette direction, comme ils le firent dans la dernière ligne droite avant l'invasion de l'Irak.
Depuis la brusque démission de l'Amiral William Fallon du commandement de CENTCOM [le Commandement Central], j'ai considéré que la faction des réalistes au sein de cette administration avait reçu une gifle majeure, et, avec la visite de Cheney qui a suivi dans la région, j'ai toutefois été de plus en plus inquiet sur la possibilité d'une attaque. Et les évènements de la semaine dernière n'ont rien fait pour dissiper cette inquiétude.
Laissez-moi juste exposer quelques points (différents de ceux mentionnés ci-dessus) que je trouve dérangeants.
D'abord, il y a eu les commentaires très confiants qu'Olmert à fait après sa rencontre avec Bush mercredi dernier en parlant de "vaincre la menace". "Je suis parti avec beaucoup moins de points d'interrogation [qu'en arrivant] concernant les moyens, les restrictions de calendrier et la résolution de l'Amérique à s'occuper de ce problème", a-t-il dit après cette rencontre.
Evidemment, c'était le lendemain où Olmert avait dit à l'AIPAC, "La communauté internationale a un devoir de responsabilité pour bien faire comprendre à l'Iran, au travers de mesures drastiques, que les répercussions de leur poursuite incessante d'armes nucléaires seront dévastatrice". Maintenant, ceci pourrait n'être que l'expression de la bellicosité d'un Premier ministre israélien assailli, brossant dans le sens du poil l'auditoire belliqueux de l'AIPAC, mais je ne pense pas que cela puisse être facilement écarté (par opposition aux remarques encore plus bellicistes faites la semaine dernière par le vice-Premier ministre Shaoul Mofaz, dont les motivations de politique intérieure sont beaucoup plus claires, et auxquelles on attribut pour une grande part le bond historique du cours du brut vendredi dernier).
Deuxièmement, il y a le rôle de "Cheney" qui devient plus important. Je ne me réfère pas seulement au dîner d'Olmert et de Cheney mercredi soir, au cours duquel les deux hommes auraient discuté de "sujets opérationnels", quelle qu'en soit la signification. (Souvenez-vous, ce fut le principal assistant de Cheney sur le Moyen-Orient, David Wurmser, au cours du printemps 2007 lorsque les réalistes se trouvaient clairement sur le siège du conducteur, qui alla vendre aux groupes de réflexion bienveillants un plan - duquel le bureau du vice-président a été plus tard obligé de se dissocier - pour forcer Bush vers la guerre contre l'Iran en obtenant d'Israël qu'il lance un missile de croisière d'attaque contre une installation nucléaire iranienne et en comptant sur Téhéran pour riposter contre les forces américaines.) Autrement dit, le dîner de mercredi n'était pas un simple rendez-vous de courtoisie : les Israéliens pensent clairement que Cheney est un protagoniste.
Mais je me réfère aussi à une autre Cheney, Elisabeth, l'ancienne adjointe au Secrétaire d'Etat délégué aux Affaires du Proche-Orient et fille de Cheney, qui, durant la session plénière d'ouverture de la conférence de l'AIPAC lundi dernier, s'est saisie de chaque occasion pour attaquer la politique de son ancienne patronne, la Secrétaire d'Etat Condoleeza Rice. Liz a été particulièrement dure avec le projet chéri de Rice, son initiative pour obtenir au moins un cadre en vue d'un accord de paix entre Israël et l'Autorité Palestinienne avant que Bush ne quitte le pouvoir, en soutenant que le processus de paix au Proche-Orient d'Annapolis était une perte de temps, comparée à l'importance de s'occuper de l'Iran dans ce qu'elle a appelé un "match nul".
"Lorsque nous nous centrons sur ce type d'accord [des pourparlers de paix israélo-palestiniens], nous n'avons pas le temps de nous concentrer sur l'Iran", a-t-elle déclaré, suggérant aussi que les dirigeants à Téhéran n'étaient pas "rationnels" et que les précédents efforts pour dialoguer avec eux avaient été aussi une perte de temps, voire pire. L'Iran a besoin d'être convaincu que s'il ne se soumet pas aux exigences du Conseil de Sécurité des Nations-Unies d'arrêter l'enrichissement, "Ils auront affaire à une action militaire. Nous ne disposons pas du luxe du temps", a-t-elle dit à une salle qui (de façon surprenante) l'a applaudie du bout des doigts.
Troisièmement, les remarques de Liz Cheney devraient être vues dans le contexte d'une attaque plus concertée par les faucons de Rice, parmi lesquels Stephen Hayes du Weekly Standard, le journaliste préféré du vice-président, dont le travail de démolition en règle était peut-être l'élément le plus important. Hayes a accusé Rice de trahir la Doctrine de Bush et il a centré une grande partie de son article sur le soutien de celle-ci aux négociations du Secrétaire d'Etat adjoint, Christopher Hill, au cours de l'année passée, avec la Corée du Nord, sur lesquelles le Département d'Etat a déjà été obligé de se mettre sur la défensive.
Maintenant, vient le rejet total de la politique de Rice au Proche-Orient - depuis son approbation pour des élections palestiniennes en 2006 à l'initiative du sommet d'Annapolis au Maryland l'année dernière, et ensuite l'invitation de la Syrie à y participer, jusqu'à sa bénédiction pour l'accord de Doha le mois dernier sur le Liban. Tout ceci, a-t-elle accusé, avait permis à l'Iran "de réellement étrangler la région".
A présent, je ne pense qu'il ne peut y avoir aucun doute que les points de vue de Liz et de Hayes reflètent ceux du vice-président. Qui plus est, parce que leur proximité avec le vice-président est si claire est sans ambiguïté, le fait que ces points de vue soient si corrosifs et si publics me suggère que Cheney se sent plus confiant qu'il ne l'a été depuis quelques temps. De plus, la campagne pour discréditer Rice semble avoir atteint son but.
Non seulement a-elle semblé être sur la défensive lors de son propre discours devant l'AIPAC, qu'elle a prononcé mardi dernier dans la matinée, mais elle a adopté un ton plus belliqueux sur l'Iran qu'elle ne l'avait fait précédemment. Et, ainsi que le New York Times l'a fait remarquer, elle a aussi été remarquablement plus incertaine que jamais auparavant sur ne serait-ce qu'atteindre un accord sur un cadre de travail entre Israéliens et Palestiniens d'ici la fin du mandat de Bush.
(En fait, Bush et Olmert auraient passé plus de temps lors de leur rencontre à parler de l'Iran que du processus d'Annapolis, suggérant que le président, qui ne s'est jamais autant engagé sur ce processus que Rice, avait, en tout cas lors de cette rencontre, accepté la notion de Liz d'un "match nul" dans lequel l'Iran devrait avoir la priorité sur le processus israélo-palestinien.) En d'autres termes, il apparaît qu'il y a une bataille majeure sur "l'héritage" de Bush au Moyen-Orient (à part l'Irak) entre Rice, qui a espéré sauver son propre "héritage" en concluant une sorte d'accord de paix crédible israélo-palestinien, et les Cheney, qui pensent que la confrontation avec l'Iran est inévitable et, selon les mots de Liz, "nous n'avons pas le luxe du temps".
A en juger par les événements de la semaine dernière, je dois dire que les Cheney ont gagné du terrain.
Cela ne veut pas dire qu'ils prévaudront. Une fois encore, toute cette bellicosité exposée la semaine dernière - y compris les avertissements terribles de la part des officiels israéliens, à la fois aux Etats-Unis et en Israël - pourrait n'être qu'une guerre psychologique destinée à l'Europe (où l'ancien ministre allemand des Affaires Etrangères, Joschka Fischer, en tout cas, semble de plus en plus inquiet) et à l'Iran.
De plus, les récentes déclarations du Secrétaire à la Défense Robert Gates, à la fois pour "exercer une influence" sur l'Iran et reconnaître "qu'ils [les dirigeants iraniens] ont besoin aussi de quelque chose", et les avertissements émis par commandant de la Navy dans le Golfe, le vice-amiral Kevin Cosgriff, que la guerre avec l'Iran serait "assez désastreuse" et qu'un accord sur "les incidents en mer" était hautement désirable avec Téhéran (reprenant les efforts de Fallon de l'année dernière) suggèrent que le Pentagone reste opposé à une attaque, comme il l'a toujours été.
Et, malgré la répudiation efficace par Bush du NIE de décembre dernier, qui disait que l'Iran avait abandonné ses efforts pour construire une arme nucléaire, la communauté des renseignements s'y accroche opiniâtrement, si l'on peut se fier aux déclarations récentes du Directeur adjoint des Renseignements Nationaux.
Ensuite, il y a le prix du pétrole, dont le bond record de vendredi, à la suite des avertissements belliqueux de Mofaz, a offert une idée de ce que risque l'économie des Etats-Unis (et du monde), si la faction de Cheney l'emporte sur Bush, soit pour donner le feu-vert à une attaque israélienne ou la lancer lui-même.
Donc, même si Cheney neutralise Rice dans la bataille pour l'esprit de Bush - ou ses tripes - il est toujours confronté à des obstacles redoutables. Mais je pense qu'il a fait quelques progrès.
Cet article est reproduit du blog de Jim Lobe, mieux connu pour sa couverture de la politique étrangère des Etats-Unis, en particulier l'influence des néoconservateurs dans l'administration de Bush. Il est le chef du bureau de Washington de l'agence de presse internationaleInter Press Service.
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