Tribune libre

Les explosions de Londres suscitent des interrogations

Attentats ou complots ?


Dans la même rubrique:
< >

Lundi 22 Janvier 2018 - 01:26 Supertramp!!

Samedi 20 Janvier 2018 - 05:56 ALINSKY Saul: Très Saulidaire


Les services de sécurité britanniques affirment avoir levé le voile sur les auteurs présumés des attentats de Londres, qui ont fait 54 morts et quelque 700 blessés. Selon eux, quatre kamikazes britanniques dont trois d’origine pakistanaise ont perpétré ces attentats, après seulement six jours d’enquête.


Dimanche 17 Juillet 2005

Il reste, selon Scotland Yard, à retrouver la trace du cerveau de l’opération, ainsi que le principal commanditaire. Toutefois, les conclusions des enquêteurs ont donné lieu à de nombreuses interrogations, notamment celle de savoir comment des «gamins» n’ayant pas le moindre profil de kamikaze, encore moins celui d’islamistes radicaux ont réussi à exécuter avec une facilité déconcertante et une précision digne des experts militaires une telle opération dans un pays où tous les réseaux islamistes étaient étroitement surveillés.

Le débat sur ces attentats fait rage au sein même de l’opinion publique britannique où le scepticisme a gagné une bonne frange de la population. La presse britannique n’a pas hésité à susciter de tels questionnements. Les forums sur Internet qui constituent des lieux d’expression libres privilégiés donnent une idée assez précise de la tendance générale au sein de la population de la perfide Albion.

Le quotidien Daily Mirror a ouvert un espace sur son site Internet à l’occasion pour donner libre cours aux avis des lecteurs même les plus racistes. Complot d’El-Qaïda contre les musulmans Si beaucoup imputent sans équivoque les attentats aux réseaux d’El-Qaïda et défendent l’idée que le gouvernement de Tony Blair a eu raison de participer à l’invasion de l’Irak et de renforcer sa politique sécuritaire dans le pays, d’autres posent la question de savoir pourquoi cette organisation a décidé de commettre des attaques qui seront en fin de compte préjudiciables aux musulmans de Grande-Bretagne et du monde entier, qui ont été lourdement pénalisés depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Certains n’hésitent pas à accuser El-Qaïda d’avoir comploté contre les intérêts des musulmans. Les interrogations si nombreuses ont débuté dans les heures qui ont suivi les attentats dans les stations de métro d’Aldagte, Russel Square, Edgware Road et dans le bus de la ligne n° 30 a Stavistock Road.

Certains se sont étonnés que le réseau d’Oussama Ben Laden ait décidé de cibler des stations de métro dans des quartiers communautaires. Aldgate et son voisin Liverpool Street sont deux quartiers dominés par les Pakistanais et à un degré moindre par les Noirs alors que Edgware Road est le quartier par excellence des Arabes, tout comme l’est le quartier limitrophe de Bayswater.

La ligne de métro «Circle Line» qui conduit vers les quartiers pauvres et de la banlieue est la plus utilisée par les membres de ces deux communautés. Mais elle conduit également vers des quartiers chic comme Sloane Square, proche de Chelsea, South Kensington ou Earls Court, des endroits huppés de la capitale londonienne, qui ont étrangement été épargnés par les auteurs des attentats.

D’autres aussi se sont étonnés que les caméras de surveillance dans ces lignes de métro soient subitement tombés en panne quelques minutes avant les explosions tandis que la police londonienne effectuait ce jour-là un exercice de prévention des attaques terroristes à l’occasion du sommet du G8.

D’autres s’interrogent aussi sur le fait de savoir pourquoi l’unité «Cobra», spécialisée dans la prévention des attaques terroristes, avait été envoyée à Gleneagles (Ecosse) où se déroule le sommet du G8 alors que les équipes écossaises étaient parfaitement entraînées pour assurer la sécurité.

L’on relève aussi que le chef de Scotland Yard, Ian Blair, a affirmé aux premières heures qui ont suivi les attentats que l’explosif utilisé était de type militaire. Par ailleurs des témoins rescapés de l’attentat de la station d’Aldgate, cités par la presse et les télévisions, avaient affirmé avoir vu un homme blanc et non pas de couleur mate abandonner un sac dans le compartiment qui a explosé.

L’ambassade d’Israël alertée D’autres n’hésitaient pas à s’interroger sur l’alerte reçue par le ministre des Finances israélien, Benjamin Netanyahu, qui séjournait à Londres pour une réunion de financiers de rester dans son hôtel quelques minutes avant les attentats.

Selon l’agence Associated Press (AP), l’agence de courtage Bloomberg et la radio militaire israélienne, M. Netanyahu avait été averti un bon moment avant les explosions par l’ambassade d’Israël à Londres, qui avait été elle-même informée par un haut responsable de Scoltland Yard, ont précisé les mêmes sources.

Beaucoup d’autres canaux médiatiques avaient rapporté cette troublante information. Au même moment, à Tel Aviv, le Premier ministre israélien Ariel Sharon ordonnait aux ministres de son gouvernement d’observer le silence sur ces attentats, selon des informations d’agences de presse.

Il convient de signaler aussi que moins d’une heure après les attentats, qui ont eu lieu dans un intervalle de 50 minutes à partir de 8h40 (7h40GMT), une source anonyme se proclamant proche de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) avait vite fait de disculper cette organisation.

La source affirmait que l’IRA n’avait rien à voir avec ces explosions alors que ni Jerry Adams, le leader du Sein Fein, l’aile politique de l’organisation paramilitaire irlandaise, ni un de ses dirigeants directs ne s’étaient prononcés en premier.

Il s’agissait pour beaucoup d’éviter que se reproduise «l’erreur» commise par le gouvernement espagnol de Jose Maria Aznar qui avait désigné comme responsable l’organisation séparatiste basque ETA lors des attentats de Madrid du 11 mars 2004.

De ce fait, il était question d’imputer les attentats à El-Qaïda puisque deux heures après les explosions, un communiqué publié sur Internet et reproduit en premier par le quotidien allemand Der Spiegel revendiquait les explosions au nom de cette organisation.

Beaucoup ont relevé, dès lors, que les versets coraniques accompagnant la revendication étaient totalement incorrects, confortant ainsi leur suspicion. Ce qui a suscité aussi la curiosité des observateurs, c’est l’empressement du ministre italien de l’Intérieur, Giuseppe Pisanu, qui avait affirmé à Rome à l’agence italienne d’information ANSA qu’au moins «50 personnes ont été tuées et plus de 1 000 autres blessées», alors que, de l’autre côté de la Manche, on parlait à cet instant de «deux morts et d’un nombre indéterminé de blessés».

Très prolixe ce jour, le ministre italien soutenait mordicus qu’El-Qaïda était l’instigateur des attentats au moment où les enquêteurs à Londres n’avaient encore rien avancé. Kamikazes ou boucs émissaires Certains poussent la suspicion jusqu’à s’interroger pourquoi les corps des victimes n’ont pas été présentés les premiers jours à leurs familles pour identification et pourquoi ils avaient été rassemblés dans un même endroit sous haute surveillance des services de renseignements.

En ce sens, l’idée a circulé qu’un lobby au sein des services de renseignements a gardé dans le secret les dépouilles pour trouver ceux qui serviront de bouc émissaires et faire office de kamikazes parmi les voyageurs musulmans de la ligne de métro de Russel Square et Aldgate.

Acculée par autant d’interrogations, la police britannique a fait volte-face s’agissant de l’éventualité que les auteurs des attentats ne soient pas des kamikazes. Le patron de Scotland Yard Ian Blair avait pourtant affirmé jeudi dernier que les attaques étaient des attentats suicide.

«Nous n’avons pas de preuves irréfutables que les hommes étaient des kamikazes», a déclaré un porte-parole de Scotland Yard au Sunday Telegraph. «Il est possible qu’ils n’aient pas eu l’intention de mourir», a-t-il ajouté, minimisant les propos du patron de la plus prestigieuse police britannique.

D’autres n’ont pas hésité à accuser le Premier ministre Tony Blair d’avoir fait porter le chapeau hâtivement aux musulmans quatre heures après les attentats alors que l’enquête n’avait encore rien donné de tangible. Dans un discours, M. Blair avait vite fait de dire que les auteurs des explosions agissaient au nom de l’islam.

Ce discours, prononcé jeudi à midi, a été toutefois communiqué à la presse une heure auparavant, et des agences de presse l’avaient diffusé en intégralité. Il s’agit, selon eux, d’une manœuvre préméditée du gouvernement de Tony Blair visant à mettre la pression sur la communauté musulmane et mettre en branle ensuite une machine restrictive contre une communauté dont les rangs ne cessaient de grossir dans l’île britannique.

Dès lors, alimentées par des déclarations incendiaires de plusieurs personnalités en Grande-Bretagne, dont les dirigeants du mouvement de l’extrême droite British National Party (BNP) et un féroce battage médiatique, les agressions contre les mosquées et les Britanniques de confession musulmane ont été un indicateur du conditionnement d’une grande partie de l’opinion publique locale et internationale sur la responsabilité des musulmans dans ces attentats.

Toutefois, il apparaît que, quels qu’ils soient, les auteurs ou les commanditaires de ces attentats visaient principalement à nuire à la communauté musulmane de Grande-Bretagne et par ricochet au monde islamique, qui fait face depuis septembre 2001 à une guerre acharnée visant à le dépouiller par tous les moyens de son identité.


par Zouaoui Mouloud
le jeune independant - Algerie



Lundi 18 Juillet 2005


Commentaires

1.Posté par rossel le 09/02/2008 09:36 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

juste pour dire que la 2 eme vagues d'attentats en grande bretagne a fait aussi des victimes officieusement selon des temoignages anonymes

Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires