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Les exécutants zélés d’Israël suivent aveuglément la ligne de moindre résistance


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Le massacre de Beit Hanoun (Bande de Gaza) ne diffère en rien des dizaines de massacres qui l’ont précédé, et devant lesquels le monde n’a strictement rien entrepris pour punir Israël ou pour le contraindre à dédommager ses victimes. Voilà qui met en lumière l’importance de la question rhétorique posée par le reporter Patrick Seale : « Jusqu’à quand la soi-disant « communauté internationale » va-t-elle laisser le massacre se perpétuer ? »


par Greg Felton

Traduit par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice


Greg Felton
Mercredi 29 Novembre 2006

Les exécutants zélés d’Israël suivent aveuglément la ligne de moindre résistance
D’après le reporter vétéran du Moyen-Orient Patrick Seale, Israël a tué 2 300 habitants de la Bande de Gaza, depuis l’an 2000, dont 300 durant le mois consécutif à la capture du caporal Gilad Shalit lors d’une opération transfrontalière de la résistance palestinienne, près de Rafah, le 25 juin. Les blessés, depuis cette date, se comptent en dizaines de milliers. La plupart des tués sont des civils, dont beaucoup d’enfants. Les juifs qui commettent ces atrocités ne tuent pas en raison d’une menace pour Israël, qu’ils ressentiraient. Non, s’ils tuent, c’est parce qu’ils sont imprégnés d’une culture intoxicante, faite de suprématie juive et de haine envers les Arabes. Ils torturent et massacrent des Arabes, ils les affament, ils se jouent d’eux, ils les punissent au seul motif qu’ils sont nés Arabes, et ils le font volontiers, d’eux-mêmes, et même allègrement, avec une malice et une cruauté indescriptibles et insurpassables.


 


Ce sont là des hommes et des femmes qui, tels les nazis, sont imbus de leur credo de supériorité raciale et considèrent que ce massacre est juste. Depuis au minimum le début du vingtième siècle, ils sont possédés d’un anti-arabisme « exterminationniste », dont Ben Gourion a donné la meilleure illustration, en mai 1948 : « Nous devons recourir à la terreur, aux assassinats, à l’intimidation, aux confiscations de terres, et à la suppression de tous les services sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe. » **


 


A partir du massacre perpétré en avril 1947 à Deir Yassin, Israël a mis son credo exterminationniste en pratique plus de cinquante fois, ce qui me conduit à citer cette remarque de Patrick Seale :


 


« Le massacre continue, jour après jour – avec les tirs de tanks et de snipers, avec les bombardements aériens et terrestres, ainsi qu’avec les patrouilles camouflées en civil envoyées dans les territoires arabes afin d’y dresser des embuscades et d’assassiner des Palestiniens, spécialité israélienne perfectionnée tout au long des décennies écoulées. Jusqu’à quand la soi-disant « communauté internationale » va-t-elle laisser le massacre se perpétuer ?… Une intervention, quelle qu’en soit la modalité, s’impose de manière urgente, peut-être sous la forme d’une force internationale déployée sur la frontière entre Israël et la bande de Gaza, afin de protéger chaque côté contre l’autre, de donner un certain répit à l’économie gaziote moribonde, et d’apporter des secours aux victimes de cette catastrophe humanitaire. »


 


Seale était étrangement prémonitoire. Moins d’une semaine après la publication de cet article dans le quotidien libanais Daily Star du 27 octobre, Israël entreprenait son massacre de Beit Hanoun. En six jours, plus de quatre-vingt Palestiniens, hommes, femmes et enfants, ont été tués, et des centaines blessés, dont dix-neuf membres de la famille élargie des Al-Athamna.


 


Non contentes de terroriser et de tuer des gens, les Forces d’Occupation Israéliennes ont par ailleurs déraciné plus de 42 000 oliviers, orangers et palmiers dattiers. Au total, elles ont détruit 4 405 hectares de vergers, de vignes et de potagers. Cinq usines, 21 maisons et 19 puits ont été également détruits – et tout cela, au motif de quelques tirs erratiques de roquettes (artisanales) Qassam.


 


Comme d’habitude, le monde a fait part de son dégoût et de son outrage. Louise Harbour, Haut Commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU, est même venue voir la maison détruite de la famille Athamna : « Je considère massive la violation des droits de l’homme, dans ce territoire », a-t-elle déclarée. « Une réponse doit être apportée à la demande de protection de la population. Nous ne pouvons tolérer plus longtemps de voir des civils, qui ne sont en rien les responsables de leur malheur, souffrir de la sorte. »


 


Mais qu’y a-t-il donc de nouveau ? Le massacre de Beit Hanoun (bande de Gaza) ne diffère en rien des dizaines de massacres qui l’ont précédé, et devant lesquels le monde n’a strictement rien entrepris pour punir Israël ou pour le contraindre à dédommager ses victimes. Voilà qui met en lumière l’importance de la question rhétorique posée par le reporter Patrick Seale : « Jusqu’à quand la soi-disant « communauté internationale » va-t-elle laisser le massacre se perpétuer ? »


 


Le mot important, ici, c’est « laisser », car à chaque fois, tout au long des soixante années écoulées, la communauté internationale aurait pu arrêter le carnage. Malheureusement, il s’agit là d’une notion purement théorique, étant donné que des pays vertueux et démocratiques comme le Canada, les USA et le Royaume-Uni, ainsi que les Nations Unies, ont permis au suprématisme juif d’obtenir un poste avancé en Palestine. ***


 


On peut dire que la communauté internationale endosse une responsabilité dans le calvaire des Arabes supérieure à celle d’Israël, en ce sens que le créateur d’un monstre et, en fin de compte, responsable du comportement dudit monstre, dès lors que le monstre ne saurait agir qu’en conformité avec sa nature monstrueuse.


 


Pour prendre une analogie historique, si les juifs sionistes n’avaient pas aidé les nazis à briser le boycott mondial anti-allemand et à saboter les rapports sur les persécutions anti-juives, le Reich d’Hitler, économiquement vulnérable, n’aurait sans doute pas duré plus que quelques années. De ce point de vue, on peut raisonnablement conclure que les sionistes sont au moins aussi responsables que les nazis de la persécution des juifs européens (non-sionistes) et du déclenchement de la guerre. Par conséquent, la colère de Seale devant l’inaction des gouvernements du monde, bien qu’entièrement justifiée, est aussi tristement futile.



 


Peter MacKay avec Condy Rice…   en Afghanistan (en pleine action !)...


 



...et vu par Ben Heine, Tlaxcala


 


Voici la réaction, vite faite sur le gaz, en date du 8 novembre, que le massacre a inspirée au ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay :


 


« L’Autorité palestinienne doit prendre des mesures concrètes afin d’interdire toute attaque contre Israël. La déclaration d’un responsable officiel du Hamas encourageant les attaques anti-israéliennes est troublante, et démontre une fois encore l’incompatibilité entre le terrorisme et les principes démocratiques. Nous comprenons et reconnaissons par ailleurs le droit qu’a Israël de protéger ses citoyens. Toutefois, Israël doit assumer la responsabilité de faire preuve de la plus extrême retenue afin d’éviter des victimes civiles. Nous saluons la décision prise par Israël de mener une enquête sur ce bombardement » [Beit Hanoun, NdT]


 


Comment bombarder des non-combattants et détruire leur gagne-pain peut-il être considéré comme relevant de l’autodéfense ? ! ? Pendant que vous réfléchissez à cette question, voici la déclaration du même MacKay, deux jours plus tard, à propos du bombardement de civils dans un camp de réfugiés de l’intérieur, près de la ville de Vakarai, dans l’Est du Sri Lanka :


 


« Cet incident démontre encore une fois le prix très élevé payé par les civils pris au milieu de ce conflit interminable », a dit le ministre MacKay. « Le Canada exhorte les deux parties à cesser immédiatement les hostilités et à retourner à la table des négociations. » Le gouvernement canadien persiste à penser qu’il ne saurait y avoir de solution militaire à ce conflit de longue date. La prise pour cible de non-combattants n’est jamais acceptable ; elle constitue une violation évidente du droit humanitaire international. Le Canada appelle toutes les parties au conflit au Sri Lanka à adhérer de manière stricte aux obligations qui sont les leurs sous l’empire du droit humanitaire international, notamment en assurant la protection des civils et en facilitant l’accès dans la sécurité et sans entraves aux associations et agences humanitaires jusqu’aux civils ayant besoin d’assistance. »


 


D’un côté, le Canada pense que les non-combattants sri lankais sont des victimes du terrorisme et doivent bénéficier de l’entière protection du droit international, mais de l’autre, il met en accusation les Palestiniens non-combattants, qui n’auraient qu’à s’en prendre à eux-mêmes d’être massacrés, minimisant d’une manière odieuse leur mort en la qualifiant de « tragique accident ».


 


Sur ces entrefaites, Israël reconnaissait avoir lâché à l’aveuglette des bombes à sous-munitions sur des cibles civiles durant ses massacres au Liban, ce qui prouve qu’Israël est coupable de crimes de guerre et qu’il traite les Arabes comme s’il s’agissait de sous-hommes. Ainsi, lors du massacre de Beit Hanoun, un commandant de bataillon triomphaliste a félicité ses soldats d’avoir tué douze Palestiniens avec ce commentaire : « Nous avons gagné. Notre score est de 12 à zéro » !


 


Le ministre Avigdor Lieberman, un Moldave dénoncé comme fasciste et raciste y compris par des hommes politiques israéliens, a ouvertement prôné l’assassinat des membres du gouvernement palestinien Hamas, et le massacre en masse de tous les Palestiniens. « Ils doivent disparaître… il faut les expédier au Paradis… tous. Il ne saurait y avoir le moindre compromis. »


 


Qu’est-ce là, sinon la voix de Ben Gourion et son anti-arabisme « éradicateur » ? Et pourtant, la seule chose que le Canada, et tout le reste du monde, trouvent à faire, c’est régurgiter aveuglément leur propagande glaciale à base de droit d’Israël à se défendre, à croire que le droit de la Palestine à se défendre n’existerait pas ? ! Jusqu’à quand la communauté internationale va-t-elle laisser le massacre se perpétuer ?


 


Aussi longtemps que le Canada et les autres pays civilisés dénieront aux Arabes leur humanité, et refuseront de reconnaître la responsabilité qui est la leur, d’avoir lâché le monstre sioniste contre le monde entier.


 


Notes:


 


** Pour plus de preuves de l’éliminationnisme juif, voir « Israël – un monument à l’antisémitisme » http://www.mediamonitors.net/gregfelton2.html


 


*** Pour de la documentation concernant la création de l’Etat d’Israël, voir : « Le Hamas – un défenseur de la Palestine doté de principes »  http://www.mediamonitors.net/gregfelton9.html


 





http://www.gregfelton.com/middle/2006_11_23.htm

 


Greg Felton est un spécialiste canadien du Moyen-Orient. Il écrit un éditorial politique, chaque deuxième mercredi du mois, pour Canadian Arab News, et il est en train de terminer un livre sur la montée du fascisme aux USA. Il a écrit cet article pour MediaMontitorsNetwordk (MMN) depuis le Canada.


Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources.


URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1663&lg=fr



Mercredi 29 Novembre 2006

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