Palestine occupée

Les événements au Proche-Orient: un défi aux leaders du G8


Les événements dans le sud du Liban sont lourds de conséquences pour le monde entier, surtout dans le contexte de la sécurité énergétique, de la lutte antiterroriste et du dialogue des civilisations ou plus précisément, de l'incompréhension entre les civilisations. N'est-ce pas un beau cadeau à la veille du sommet du G8 qui examinera tous ces sujets?


RIA Novosti
Samedi 15 Juillet 2006

Les événements au Proche-Orient: un défi aux leaders du G8
Par Marianna Belenkaïa, RIA Novosti



Israël mène des opérations militaires sur deux fronts déjà: dans la bande de Gaza et au Liban. Le mouvement libanais Hezbollah a suivi l'exemple du Hamas palestinien en capturant deux militaires israéliens et en tuant sept autres. Dès aujourd'hui, on compte des dizaines de morts et de blessés parmi les civils libanais et israéliens.

C'est la première fois depuis ces dernières années que la situation à la frontière libano-israélienne s'est aggravée à ce point. D'ailleurs, cela n'est pas surprenant: les conflits en suspens sont toujours à l'origine de déstabilisations. Le retrait unilatéral des Israéliens de la bande de Gaza en 2005 et du sud du Liban en 2000 n'a pas conduit au règlement du conflit arabo-israélien. La confrontation actuelle entre les parties concernées ne manquera pas d'annuler les progrès enregistrés au Proche-Orient au cours des vingt dernières années.

Soulignons que les leaders du G8, et plus précisément les représentants de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la Russie - membres du Conseil de sécurité des Nations Unies et médiateurs au règlement proche-oriental - assument toute la responsabilité pour l'escalade de la tension dans la région.

La déstabilisation accrue dans la région nous montre que les mécanismes internationaux de gestion des crises sont obsolètes. Ni l'ONU ni les pays isolés ne réussissent à venir à bout des conflits.

Il y a quinze ans, nombreux étaient les experts confirmant que la désintégration de l'Union soviétique et la fin de la confrontation entre Moscou et Washington avaient donné une impulsion à l'instauration de la paix au Proche-Orient. Mais plusieurs conflits régionaux (pas seulement au Proche-Orient) se sont retrouvés dans l'impasse à la suite de la politique unilatérale de Washington et de la rupture de l'équilibre des relations internationales.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a récemment mis l'accent sur l'aggravation des relations dans l'arène internationale. Eu égard à l'escalade du conflit dans la bande de Gaza, M.Lavrov a fait remarquer qu'il était difficile de citer les mesures que le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait prendre pour remédier à la situation. Pour l'instant, l'unanimité est absente sur la question de savoir qui est le premier responsable de la crise: les Palestiniens ou les Israéliens.

De l'avis du ministre russe des Affaires étrangères, la réalisation des résolutions onusiennes sur l'édification d'un Etat palestinien, sur le règlement des relations Israël-Syrie et Israël-Liban est freinée ces dernières années en raison des tensions dans les territoires palestiniens.

En effet, les efforts de la communauté internationale, et du Conseil de sécurité en particulier, s'avèrent peu efficaces non seulement sur l'axe proche-oriental, mais aussi en Irak, en Iran et en Corée du Nord. Dans le contexte actuel, personne ne voit où est l'issue. Une chose est évidente: ni la politique de face-à-face des deux blocs ni le dictat unilatéral de Washington sur la scène internationale n'ont permis de maîtriser les conflits.

Selon le Time américain, ces trois dernières années, on constate "une érosion continue de la capacité de Washington à soumettre le monde entier à sa volonté". Le quotidien indique que le président Bush renonce de plus en plus souvent à faire cavalier seul dans la politique étrangère. Ainsi, sur le dossier nucléaire nord-coréen, il préconise des solutions diplomatiques et ce, sur une base multilatérale. Il s'agit aujourd'hui d'une politique extérieure plus réfléchie et qui se focalise moins sur l'idéologie que sur le réalisme.

Il n'est jamais trop tard pour corriger ses fautes. Toutefois, si la Corée du Nord et l'Iran ont toujours leur chance de trouver une solution politique aux problèmes nucléaires, l'Irak et surtout le Proche-Orient ont évidemment atteint le point de non-retour. Ni Israël ni les Palestiniens, ni le Hezbollah ne sont prêts à s'arrêter et à faire le premier pas vers la paix. A l'étape actuelle, les médiateurs internationaux sont impuissants. Les discutions interminables sur les responsabilités premières sont stériles, il faut et il est possible de faire revenir les soldats israéliens dans leurs foyers. Mais à défaut de régler le conflit arabo-israélien, la situation restera tendue. En plus, il est souhaitable que la communauté internationale mette au point des mécanismes efficaces de règlement des crises.

C'est un vrai défi pour les leaders du G8 qui se réuniront à Saint-Pétersbourg samedi. Seront-ils prêts à proposer quelque chose de nouveau hormis les appels traditionnels aux parties concernées en vue de faire preuve de retenue?


Samedi 15 Juillet 2006

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