Palestine occupée

Les drones et les tanks ne suffisent pas : l’armée israélienne écrase au bulldozer un jeune palestinien de 16 ans


Un jeune de 16 ans écrasé par un bulldozer israélien jeudi dans la bande de Gaza, un handicapé physique et mental "abattu" dans sa chaise roulante à Naplouse. Au total 8 Palestiniens dont 3 enfants tués cette semaine par l’armée israélienne dans l’ensemble des territoires occupés, et 19 autres blessés par balles. L’invasion terroriste du camp de réfugiés Al Ayn à Naplouse se poursuit , avec ses destructions de maisons, ses arrestations de nuit... Silence radio. Les seules informations disponibles le sont via internet. Ci-dessous les récits de ces "opérations" militaires et les photos des manifestations palestiniennes de protestation à Naplouse

Les Palestinians manifestent contre la répression dans le camp al-Ayn, à l’ouest de Naplouse le 19 septembre. L’armée israélienne répond en envoyant des gaz lacrymogènes et des balles en coutchouc. les enfants lancent des pierres sur les jeeps et les tanks.


Samedi 22 Septembre 2007

Les drones et les tanks ne suffisent pas : l’armée israélienne écrase au bulldozer un jeune palestinien de 16 ans

Bilan de l’occupation israélienne cette semaine, dresssé par le PCHR

Au cours de la semaine du 13 au 19 septembre les FOI ont tué 5 Palestiniens dont 2 jeunes. L’une de ces victimes a été abattue sans sommation. De plus 19 Palestiniens dont 6 jeunes et une femme ont été blessés par balles. L’armé a fait 22 incursions en Cisjordanie et dans la bande de gaza. Elle a arrêté 26 civils et rasé près de 2 hectares de terres agricoles dans la bande de gaza.

Le siège demeure hermétique pour les Palestiniens sur tous les territoires occupés et une crise humanitaire sévère touche la population de la bande de Gaza totalement coupée du monde extérieur.

Postée tout le long de la frontière avec la Cisjordanie, l’armée israélienne a arrêté 6 civils aux postes de contrôle. Un autre Palestinien est mort au poste de J’bara, au sud de Tulkarem et un jeune a été violé.

Les fidèles se sont vu interdire l’accès de la mosquée Ibrahim de Hébron le premier et le septième jour du Ramadan.

Un jeune a été délibérément renversé par la voiture d’un colon au nord de Salfit, et plus de 52 hectares ont été confisqués à Al Kader et Artas près de Béthléem


Les drones et les tanks ne suffisent pas : l’armée israélienne écrase au bulldozer un jeune palestinien de 16 ans

Les drones et les tanks ne suffisent pas : l’armée israélienne écrase au bulldozer un jeune palestinien de 16 ans

Les drones et les tanks ne suffisent pas : l’armée israélienne écrase au bulldozer un jeune palestinien de 16 ans

Les drones et les tanks ne suffisent pas : l’armée israélienne écrase au bulldozer un jeune palestinien de 16 ans
Bilan de l’occupation israélienne cette semaine, dresssé par le PCHR

Au cours de la semaine du 13 au 19 septembre les FOI ont tué 5 Palestiniens dont 2 jeunes. L’une de ces victimes a été abattue sans sommation. De plus 19 Palestiniens dont 6 jeunes et une femme ont été blessés par balles. L’armé a fait 22 incursions en Cisjordanie et dans la bande de gaza. Elle a arrêté 26 civils et rasé près de 2 hectares de terres agricoles dans la bande de gaza.

Le siège demeure hermétique pour les Palestiniens sur tous les territoires occupés et une crise humanitaire sévère touche la population de la bande de Gaza totalement coupée du monde extérieur.

Postée tout le long de la frontière avec la Cisjordanie, l’armée israélienne a arrêté 6 civils aux postes de contrôle. Un autre Palestinien est mort au poste de J’bara, au sud de Tulkarem et un jeune a été violé.

Les fidèles se sont vu interdire l’accès de la mosquée Ibrahim de Hébron le premier et le septième jour du Ramadan.

Un jeune a été délibérément renversé par la voiture d’un colon au nord de Salfit, et plus de 52 hectares ont été confisqués à Al Kader et Artas près de Béthléem

CAPJPO-EuroPalestine

Un enfant palestinien tué tous les 3 jours par l’armée israélienne : Mais qui lit Gideon Levy en Israel ?

Publié le 21-09-2007


Gideon Levy, journaliste israélien, l’un des seuls à "couvrir" les territoires palestiniens occupés, un homme qui décrit inlassablement le vrai visage de l’occupation, dresse, dans le quotidien Haaretz, le sinistre bilan de la centaine d’enfants palestiniens tués cette année par l’armée israélienne, la plupart du temps délibérément. Des articles que les Israéliens ignorent ostensiblement, détournant systématiquement la tête. Avant, le "on tire, et puis on pleure" était de bon ton. Aujourd’hui tous les Israéliens ont-ils le coeur aussi sec que leurs yeux ?

"Les enfants de l’an 5767", par Gideon Lévy

Depuis Mohamed A-Zac, de Sajayah, un enfant de 14 ans qui a été enterré deux fois, à chaque fois la moitié d’un corps, en passant par Boushra Bargis abattue dans sa chambre d’une balle dans la tête tandis qu’elle se préparait pour un examen, jusqu’à Mahmoud Al-Krinawi, 10 ans, tué dans un figuier. 92 enfants tués. Rapport annuel.

Cela aura été une année calme, relativement. Seulement 457 Palestiniens tués et dix Israéliens – selon l’organisation B’Tselem – y compris ceux qui ont été tués par des roquettes Qassam. Moins de tués que la plupart des années précédentes, mais cela aura été une année terrible : 92 enfants palestiniens tués (aucun enfant israélien n’a, par chance, été tué par les Palestiniens, malgré tous les Qassam). Un cinquième des Palestiniens tués sont des enfants et des adolescents – une proportion dont il n’y avait quasiment pas eu d’exemple. L’an 5767. Presque une centaine d’enfants qui jouaient encore au nouvel an [juif] passé et qui n’auront pas atteint ce nouvel an-ci.

Un an, près de 8.000 kilomètres à bord de la petite Rover blindée du journal, sans compter les centaines de kilomètres parcourus à bord du taxi, une vieille Mercedes jaune, de Mounir et Said, nos chauffeurs dévoués à Gaza. Nous avons vu comment l’occupation célébrait en silence son 40e anniversaire. Quarante. Personne ne pourra plus dire qu’il s’agit d’un fait temporaire, passager. Israël, c’est l’occupation ; l’occupation, c’est Israël. Nous sommes partis sur la trace de combattants, en Cisjordanie et à Gaza, semaine après semaine, essayant de rendre compte des méfaits des soldats de l’armée israélienne, des garde-frontière, des interrogateurs de la Sécurité générale et des gens de l’Administration civile, la grande et puissante armée d’occupation qui laisse derrière elle la mort et des destructions terribles, cette année comme chaque année, depuis 40 ans.

Et cette année aura été l’année des enfants tués. Nous ne nous sommes pas rendus chez tous, seulement chez une partie d’entre eux, maisons endeuillées de parents qui pleurent amèrement leurs enfants qui étaient montés dans le figuier de la cour de la maison, qui étaient assis sur le banc dans la rue, qui préparaient dans leur chambre à coucher leur examen de fin d’études, qui étaient sur le chemin de l’école ou qui dormaient dans la sécurité imaginaire du giron maternel.

Une minorité d’entre eux lançaient aussi des pierres sur une jeep blindée ou touchaient à une clôture interdite. Sur tous, on a ouvert le feu à balles réelles, pour partie de manière délibérée et en visant, les fauchant dans leur jeune âge. De Mohamed (A-Zac) à Mahmoud (Al-Krinawi), depuis l’enfant enterré deux fois à Gaza jusqu’à l’enfant enterré en Israël dont nous avons parlé la semaine dernière – histoires des enfants de 5767.

Le premier d’entre eux a été enterré deux fois. Abdallah A-Zac a identifié la moitié du corps de son fils Mahmoud à la morgue de l’hôpital Shifa de Gaza, d’après la ceinture et les chaussettes qu’il portait. C’était peu avant le précédent nouvel an. Le lendemain, quand l’armée israélienne a achevé avec « succès » l’opération « Jardin fermé » - laissant derrière elle 22 tués et un quartier en ruines – et qu’elle est sortie de Sajayah, à Gaza, le père endeuillé a trouvé les autres restes du corps de son fils et les a apportés pour un second enterrement.

L’enfant avait 14 ans quand il est mort coupé en deux. Il a été tué trois jours avant le début de l’année scolaire. Voilà comment nous avions accueilli la nouvelle année 5767. A l’hôpital Shifa, nous avons vu des enfants amputés des jambes, paralysés, sous assistance respiratoire. Des familles ont été tuées dans leur sommeil, à dos d’âne, ou travaillant au champ – « Jardin fermé » et « Pluies d’été », vous souvenez-vous ? Cinq enfants ont été tués lors de l’opération portant le nom diabolique de « Jardin fermé » – jamais encore il n’y avait eu de « jardin fermé » si peu plaisant à voir. Une semaine durant, les gens de Sajayah ont vécu dans une terreur comme jamais les habitants de Sderot n’en ont connue de semblable – sans vouloir faire insulte à leur angoisse.

Le lendemain du nouvel an [juif], nous nous étions rendus à Rafah. Dam Al-Az Khamad, une enfant de 14 ans, avait été tuée dans son sommeil, blottie dans les bras de sa mère, quand un missile israélien avait fait voler une poutre en béton qui l’avait atteinte à la tête. Elle était la fille unique de sa mère paralysée, tout son pauvre univers. Dans la maison scandaleusement misérable du quartier Brésil, à la limite de Rafah, au bout du monde, nous avons rencontré la mère, posée comme un sac sur son lit, avec les restes de son univers détruit sur elle. Au reporter de la première chaîne de la télévision française qui m’accompagnait, j’avais dit, sur le seuil de la maison, que c’était un de ces moments où j’avais honte d’être israélien. Le lendemain, il m’avait téléphoné : « On n’a pas diffusé vos paroles par crainte des spectateurs juifs en France ».

Peu après, nous avons rendu visite, lors de la fête de l’Ayd al-fitr, à la famille Razal, dans le quartier Draj, au centre de Gaza, à une heure et demie de Tel Aviv. Il n’y a rien dans la maison. La grand-mère avait acheté deux poissons salés pour 10 shekels [ 1,75 €], cadeau pour la fête. Amani, la mère de la famille, avait posé pour la photo avec son butin. 13 personnes et 2 petits poissons. Il y avait aussi des mets d’accompagnement : tomates et oignon frit. En chœur, les enfants avaient imploré pour avoir du jus sucré. Joyeuses fêtes.

A Jérusalem, nous sommes allés rendre visite à Maria Aman, la petite miraculée de Gaza dont presque toute la famille a été anéantie par un missile criminel qui visait peut-être un homme recherché mais qui a atteint une famille innocente à bord d’une voiture. Tout dévoué, son père, Hamdi, est auprès d’elle. Déjà un an et demi passé dans ce fantastique hôpital « Alyn », où elle a appris à nourrir un perroquet avec sa bouche et à actionner de son menton son fauteuil roulant. Tous ses autres membres sont paralysés et elle est reliée nuit et jour à une machine d’assistance respiratoire. Elle est orpheline de mère et de la plupart des membres de sa famille anéantie. C’est une fillette joyeuse et dorlotée, dont le père redoute le jour où, le ciel les préserve, ils seront renvoyés à Gaza.

En attendant, ils sont en Israël. De nombreux Israéliens se sont dévoués pour Maria, lui rendant régulièrement visite. Une présentatrice d’émissions de radio, Lea Lior, l’a emmenée, il y a quelques semaines, à bord de sa voiture pour voir la mer à Tel Aviv. C’était une fin de shabbat [un samedi soir], le quartier était noir de monde mais la fillette dans son fauteuil roulant suscitait la curiosité. Plusieurs personnes l’ont reconnue et se sont arrêtés pour lui souhaiter plein de choses. Peut-être le pilote qui a tiré le missile sur sa voiture est-il passé par là lui aussi ?

Tout le monde n’a pas eu droit à des soins comme ceux reçus par Maria. A la mi-novembre, quelques jours après le bombardement de Beit Hanoun – vous en souvenez-vous ? – nous sommes allés dans la petite ville battue et ensanglantée. 22 tués en un instant, 11 obus criminels sur une bourgade surpeuplée et serrée. Islam, 14 ans, était assise là, vêtue de noir, abattue et pleurant la mort de huit membres de sa famille tués dans le bombardement, dont sa mère et sa grand-mère. Ceux que ce bombardement a rendus invalides n’ont pas obtenu d’aller à l’hôpital « Alyn ».

Deux jours avant le bombardement de Beit Hanoun, nos forces avaient encore tiré un missile sur le minibus du jardin d’enfants Indira Gandhi à Beit Lahiya. Deux passants – deux élèves – avaient été tués sur le coup. L’institutrice maternelle, Najwah Khaliaf, était morte quelques jours plus tard. Elle avait été blessée sous les yeux des 20 petits enfants, ceux de son jardin d’enfants qui étaient assis dans le minibus. Après sa mort, les petits avaient dessiné leur institutrice maternelle : une rangée d’enfants étendus par terre et perdant leur sang avec à leur tête leur institutrice et un avion israélien les bombardant. Dans le jardin d’enfants Indira Gandhi – une institutrice de 35 ans à qui ses parents avaient donné le nom de la dirigeante indienne – nous avons pris congé de Gaza. Nous ne sommes pas parvenus à y retourner depuis.

Mais les enfants sont arrivés chez nous. En novembre, 31 enfants ont été tués dans la Bande de Gaza. L’un d’entre eux, Ayman Al-Mahadi, est mort à l’hôpital « Shiba » de Tel Hashomer où il avait été transféré dans un état critique. Seul son oncle avait été autorisé à être à ses côtés dans ses derniers jours. Elève de 5e, il était assis avec ses copains sur un banc d’une rue de Jebaliya, à côté de son école. Une balle de mitrailleuse tirée depuis un char l’a atteint. Il avait 10 ans.

Des soldats de l’armée israélienne ont tué des enfants en Cisjordanie également. L’enfant aux chevaux du nouveau camp d’Askar, ils lui ont tiré une balle dans la tête. Il avait 14 ans quand il est mort en décembre dernier. Avec ses copains, il lançait des pierres sur une jeep blindée qui passait près du camp, non loin de Naplouse. Le conducteur de la jeep avait excité les enfants, ralentissant puis redémarrant, ralentissant puis redémarrant, jusqu’à ce qu’un soldat sorte de la jeep, vise l’enfant à la tête et tire. Les chevaux de Jamil se retrouvent orphelins, comme toute sa famille en deuil.

Et qu’a fait le jeune Taha Aljawi, pas encore 17 ans, pour être tué ? L’armée a prétendu qu’il avait essayé d’endommager la clôture de fil de fer qui entoure le champ d’aviation abandonné d’Atarot ; ses amis ont rapporté qu’ils jouaient au football et que Taha était allé rechercher le ballon. Dans tous les cas, la réaction des soldats fut prompte et ferme : une balle dans la jambe l’a laissé perdre son sang pendant une longue heure de souffrances, jusqu’à sa mort, étendu dans le fossé boueux du bord de la route. Pas un mot de regret, pas un mot de condamnation dans la bouche du porte-parole de l’armée israélienne, quand nous nous sommes adressés à lui. Tirs à balles réelles, et sans avertissement, sur des enfants sans armes qui ne mettaient personne en danger.

Abir Aramin était plus jeune encore : 11 ans seulement. Fille d’un militant de l’organisation « Combattants pour la paix », elle était sortie de son école à Anata, en janvier dernier, et allait acheter des sucreries dans un magasin. Depuis une jeep de garde-frontière, une arme a été brandie, les garde-frontière ont ouvert le feu et l’ont tuée. Bassam, son père, nous avait dit alors, les yeux mouillés et la voix étranglée : « Je me suis dit que je ne voulais pas me venger. La vengeance serait que ce ‘héros’ que ma fille a ’mis en danger’ et qui a tiré sur elle, comparaisse en justice ». Mais il n’y aura pas de procès : il y a quelques jours, les autorités ont annoncé la fermeture du dossier. Les garde-frontière se sont comportés comme il faut. « Je ne vais pas exploiter le sang de ma fille à des fins politiques. C’est l’appel d’un homme. Je ne perdrai pas mon cerveau parce que j’ai perdu mon cœur », nous a encore dit ce père en deuil dont de nombreux amis sont israéliens.

A Naplouse, nous avons rapporté l’emploi qui était fait d’enfants comme boucliers humains, la « procédure du voisin », avec une fillette de 11 ans, un garçon de 12 ans et un adolescent de 15 ans. Qu’en est-il alors de l’interdiction prononcée par la Cour suprême ? A Kafr Ayn, nous avons rapporté la mort du petit Khaled dont les parents, Sana et Daoud Pakiah, avaient tenté de transporter d’urgence à l’hôpital, au milieu de la nuit, à une heure où il est interdit aux bébés palestiniens de tomber malade. Le bébé était mort à un barrage. Bingo également au village des martyrs, le village d’Al-Shuhada, au sud de Jénine : Ahmed Asasa y avait fui les soldats qui étaient entrés dans le village, en mars. Un tireur d’élite l’avait visé dans sa fuite, une balle dans le cou. 15 ans.

Boushra Bargis n’est même pas sortie de chez elle. Fin avril, elle se préparait pour l’examen de fin d’études de langue, ses cahiers à la main, allant et venant dans sa chambre, dans le camp de réfugiés de Jénine, tôt dans la soirée, et le tireur d’élite a tiré sur elle, de loin, une balle au milieu du front. Ses cahiers ensanglantés, parchemins de sang, restent comme ultime souvenir d’elle.

Et des fœtus ? Des fœtus aussi. Une balle dans le dos de Maha Katouni, une femme au septième mois de grossesse qui s’était levée pour protéger ses enfants, chez elle, et la balle est entrée dans la tête du bébé qu’elle portait et l’a fracassée à l’intérieur de son utérus. A l’hôpital Rafidya de Naplouse, la mère blessée et en deuil était alitée, reliée à des tuyaux. Daoud est le nom qu’elle comptait donner à son fils qui n’est pas né. Le meurtrier d’un fœtus est-il un meurtrier ? Et quel âge avait la victime ? D’une manière ou d’une autre, c’était le plus jeune des nombreux enfants qu’Israël a tués au cours de l’année écoulée. Bonne année.

Haaretz, 12 septembre 2007, veille du Nouvel An 5768

www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml ?itemNo=903273

(Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

CAPJPO-EuroPalestine


Tortures et traitements inhumains : les basses oeuvres de l’Autorité palestinienne

(English text below)

Publié le 21-09-2007


Le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR) demande une enquête sur les tortures et autres traitements cruels pratiqués par les "forces de sécurité palestiniennes" en Cisjordanie, à l’encontre des membres du Hmas et de leurs sympathisants. Tiens, c’est curieux, on ne parle pas d’"observateurs européens" dans ce genre de situation !

Communiqué de presse du 19 septembre 2007

"Le PCHR est profondément préoccupé par les arrestations continuelles opérées par les forces palestiniennes de sécurité de Cisjordanie à l’encontre des militants du Hamas et de leurs sympathisants, de même que par les interrogatoires menés sur leurs relations avec le Hamas et la Force exécutive du Ministre de l’Intérieur. On les oblige, en outre, par la force, à signer des engagements à couper leurs liens avec le Hamas. Le PCHR est aussi inquiet de l’emploi constant de la torture et de la violence contre les détenus et leurs familles, comme par les pressions physiques et psychologiques exercées sur eux pour les réduire au silence.

Les membres du PCHR qui travaillent sur le terrain ont du mal à convaincre les victimes de porter plainte. Ces dernières, terrorisées, exigent qu’on ne publie pas leurs noms. Le Centre craint que ces victimes ne soient punies par les forces de sécurité si ces violations étaient signalées aux organisations internationales des droits de l’homme.

Le Centre condamne ces agissements illégaux, exige leur arrêt, et exige des poursuites contre leurs auteurs. Le Centre appelle aussi à prendre des mesures efficaces pour que la loi soit respectée et pour qu’on arrête les procédures en cours. Les associations de défense des droits de l’Homme sur le terrain ont des difficultés à obtenir des témoignages des victimes sur la torture et les mauvais traitements auxquels ils ont été soumis. Les cas cités dans ce communiqué sont des exemples et ne sont nullement une liste exhaustive de l’ensemble des cas. Le Centre rappelle que le silence des victimes encourage les auteurs de ces exactions à continuer leurs violations systématiques de la plupart des droits fondamentaux de l’homme et des règles de base concernant le traitement des prisonniers.

Certaines tortures et violences relevées en Cisjordanie sont les suivantes :

Le mercredi 5 septembre 2007, le Palestinian General Intelligence Service (Service général du renseignement palestinien) a convoqué quatre proviseurs d’écoles de Naplouse. Ils ont été emmenés à la prison de J’neid après qu’on leur ait couvert la tête de sacs noirs. Ils sont restés en détention jusqu’aux 13 septembre 2007 et on été forcés de signer des engagements à démissionner de leur poste de proviseurs. Trois ont été relâchés le 13 septembre et le quatrième reste en prison.

Le vendredi 14 septembre 2007, le Centre Palestinien de renseignement a arrêté trois personnes d’un village proche de Naplouse. L’un de ces détenus qui a été relâché a déclaré qu’il avait été battu au cours de sa détention et menacé d’une balle dans la tête. Il a déclaré qu’il en avait vu d’autres personnes contraintes de rester dans des postures incommodes. A propos de son arrestation, il a déclaré « Ils m’ont demandé de venir avec eux pour la récolte d’olives près de chez moi. J’avais les mains attachées derrière le dos. L’un d’eux m’a fait un croche pied ; je suis tombé en avant. Un autre a attrapé mes mains attachées et m’a relevé. Les autres me frappaient avec les mains, les jambes et la crosse de leurs fusils. Une quinzaine de personnes m’ont battu pendant environ un quart d’heure. Il y en a un qui a tiré une balle pour me terroriser et a dit : A Gaza ils nous tirent dans les jambes et nous allons tirer dans ta tête ».

Le lundi 17 septembre 2007, les forces de sécurité palestiniennes ont arrêté cinq professeurs qui se rendaient à une école de Naplouse. Ils ont été retenus à un checkpoint palestinien érigé spécialement pour ces professeurs-là. On les a forcés à sortir de leur voiture et à s’asseoir par terre. Puis on les a emmenés au Centre de renseignement de Naplouse et de là à la prison de J’neid. Trois de ces professeurs ont été relâchés dans la soirée tandis que deux autres restaient en prison.

A la lumière de ces évènements le PCHR :

- Renouvelle sa condamnation absolue de l’usage de la torture et des autres formes de traitements cruels et inhumains et appelle à ce qu’on enquête sur ces crimes et qu’on poursuive les auteurs.

- Rappelle que la torture est illégale selon la Loi Palestinienne, qu’elle constitue une violation gravissime des droits de l’homme, de la loi internationale sur les droits de l’homme, y compris la Convention des Nations Unies contre la Torture.

- Affirme que les arrestations sont réglementées par la Loi Palestinienne et appartiennent à l’autorité de l’organisme responsable du maintien de l’ordre, représenté par la police civile sous les ordres et le contrôle de l’Avocat Général.

PCHR office in Gaza : +972 8 2824776 - 2825893

PCHR, 29 Omer El Mukhtar St., El Remal, PO Box 1328 Gaza, Gaza Strip. E-mail : pchr@pchrgaza.org, Webpage http://www.pchrgaza.org

(Traduit par Carole Sandrel)

CAPJPO-EuroPalestine

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English text

PCHR Calls for Investigating Torture and Abuse by Palestinian Security Forces in the West Bank

PCHR is deeply concerned by the continuation of detentions by Palestinian security forces in the West Bank against Hamas activists and supporters, and interrogating them on their relationship with Hamas and the Interior Ministry Executive Force. In addition, they are coerced into signing commitments to cut off their ties with Hamas. The Centre is also concerned by the continuation of torture and abuse against the detainees and their families, as well as the physical and psychological pressure exerted on them to maintain silence. PCHR’s fieldworkers face difficulties in convincing victims to submit statements. In addition, the victims request that their names are not published. The Centre fears that these victims are threatened by security forces if these violations are reported to human rights organizations.

The Centre condemns these illegal actions, calls for stopping them, and calls for prosecuting the perpetrators. The Centre also calls for taking effective action to ensure that the law is respected with regards to arrest procedures. Fieldworkers are facing difficulties in obtaining statements from victims about the torture and mal-treatment they were subjected to. The cases in this statement are examples and are not a complete listing of cases. In this regard, the Centre reminds that the silence of victims encourages the perpetrators of these actions to continue their systematic violations of the most basic human rights and the standard minimum rules for the treatment of prisoners.

Some of the torture and abuse cases documented in the West Bank are :

On Wednesday, 5 September 2007, the Palestinian General Intelligence summoned four school principals from Nablus. They were then taken to J’neid Prison after covering their heads with black sacks. The remained under detention till 13 September 2007, and were forced to sign commitments to resign their posts as principals. Three were released on 13 September and the fourth remains in prison.

On Friday, 14 September 2007, the Palestinian General Intelligence detained 3 people from a village near Nablus. One of the detainees who was released stated that he was beaten during detention and threatened with being shot in the head. He stated that he saw others forced to stand in painful positions. Describing his arrest, he stated, “They asked me to come with them to the olive groove near the house. My hands were tied behind my back. One of them tripped me ; and I fell face-forward. One of them held my bound hands and raised me off the ground. The others were beating me with their hands, legs, and gun butts. About 15 people beat me for about 15 minutes. One of them fired a bullet to terrorize me, and said : In Gaza they shoot us in the legs and we will shoot you in the head.”

On Monday, 17 September 2007, Palestinian security forces detained 5 teachers heading to a school in Nablus. They were detained at a Palestinian checkpoint erected specifically for these teachers. They were forced out of their car, and to sit on the ground. Then they were taken to the Military Intelligence Compound in Nablus, and from there to J’neid Prison. Three of the teachers were released in the evening, while two remain imprisoned.

In light of these developments, PCHR :

- Renews its strong condemnation of the use of torture and other forms of cruel and inhumane treatment ; and calls for investigating these crimes, prosecuting the perpetrators, and taking effective action to ensure they do not recur.

- Reminds that torture is outlawed by Palestinian Law, and does not fall by seniority ; and that torture is a serious violation of human rights and international human rights standards, including the UN Convention against Torture.

- Affirms that arrests are regulated by Palestinian Law and are the authority of law-enforcement parties, represented by the civilian police under orders and supervision of the Attorney-General.

Public Document

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For more information please call PCHR office in Gaza, Gaza Strip, on +972 8 2824776 - 2825893

PCHR, 29 Omer El Mukhtar St., El Remal, PO Box 1328 Gaza, Gaza Strip. E-mail : pchr@pchrgaza.org, Webpage http://www.pchrgaza.org

CAPJPO-EuroPalestin



Samedi 22 Septembre 2007

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