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Les dessous de l’Affaire Hariri : un dossier bâti sur du sable


Le 30 Août 2005, soit six mois après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et de ses compagnons, le président de la commission d’enquête internationale, Detlev Melhis a présenté à la justice libanaise une demande d’arrestation de quatre généraux libanais, soit Jamil as-Sayed, Ali Hajj, Raymond Azar, et Moustapha Hamdane suspects d’être impliqués dans l’assassinat du martyr Rafic Hariri.


Lundi 2 Mars 2009

Les dessous de l’Affaire Hariri : un dossier bâti sur du sable
Ghada Houbalah

La décision de Melhis était basée sur principalement trois bases, à savoir trois témoignages, qui se sont être plus tard de faux-témoignages :
Le témoignage de Zouheir al-Saddik, un témoin-clef qui a disparu de la circulation aujourd’hui, Houssam Houssam, alias le témoin masqué qui a avoué son faux-témoignage lors d’une conférence de presse et enfin Ibrahim Jarjoura qui a été remis en liberté dernièrement par le juge Sakr Sakr en échange d’une caution modeste.
Pour ce qui est du témoin-clef Zouheir al-Saddik, ce dernier a affirmé que les quatre haut-officiers libanais se sont réunis dans un appartement dans la banlieue-sud de la capitale libanaise et dans un second à Khaldé ( au sud de la capitale libanaise) pour planifier l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri. Son témoignage a été enregistré sur une cassete vidéo, et diffusé devant les avocats à la défense des quatre généraux libanais.
Mais qui est Zouhair al-Saddik ? Né en Syrie, il s’est marié cinq fois, accusé dans son pays de fraude, il a été emprisonné plusieurs fois. Après s’être marié avec une libanaise, de la famille al-Ghasini, il a habité dans la région de Khaldé. Il a été arrêté une fois par le commissariat de Baaqlin pour vol. C’est un soldat syrien qui a fui l’armée syrienne, il a prétendu être un lieutenant dans les services de renseignements syriens et le directeur du bureau du général Hassan Khalil.
Or, les prétentions de al-Saddik se sont avérées être mensongères, il a fui vers la France, où la justice française l’a arrêté pour avoir entravé l’enquête. Le procureur général Saïd Mira a porté plainte contre lui pour ingérence dans l’enquête. La France, au temps de Jaques Chirac a refusé de le rendre à la justice libanaise et s’est employé à le faire disparaître.
Quand au deuxième témoin Houssam Housam, un kurde syrien, qui a vécu dans l’un des villages du nord du Liban, il a réussi à fuir des mains de la sécurité libanaise et de l’enquête internationale, pour apparaître sur l’une des chaînes syriennes où il avoué son faux-témoignage. Il a raconté comment il a été confronté à d’énormes pressions et à d’importantes incitations financières de la part de personnalités politiques du bloc du 14 Mars pro-américain, pour donner de faux informations sur la voiture de Mitsubichi qui a été utilisée par celui qui a exécuté l’attentat soit Abou Adass, dans l’assassinat de Rafic Hariri , aussi sur les explosifs , sur la présence de Jameeh Jameeh , qui se trouvait à quelques mètre du lieu du crime, et sur d’autres faits concernant de soi-disantes réunions à Beyrouth et à Damas.
Enfin, concernant le troisième témoin, Ibrahim Jarjoura où le témoin de Marwan Hamadé comme certains l’appelent, il a avoué avoir présenté un faux-témoignage basé sur de fausses allégations fabriquées, qu’on lui avait demandé de révéler sous peine d’exécuter des menaces contre lui de la part de personnalités politiques libanaises en particulier du ministre Marwan Hamadé.

Le Tribunal spécial pour le Liban tourne la page de sa phase politique

« Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) doit être et sera au-dessus de la politique », " a déclaré son procureur, le Canadien Daniel Bellemare.
En effet avec l’ouverture à la Haye (Pays-Bas) du Tribunal spécial pour le Liban, l’affaire Hariri, et derrière elle le Liban tourne la page à une longue et pénible phase politique pour entrer dans une phase juridique.

Le mandat de la Commission onusienne d’enquête sur les assassinats politiques au Liban dont celui de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, a pris fin le 28 février 2009, après quatre ans de travaux. Dès aujourd’hui, le Tribunal spécial pour le Liban entrera en action à La Haye.
D’ailleurs Bellemare n’a cessé d’insister sur le caractère purement juridique du TSL au cours d’une conférence de presse en soulignant que "l'enquête et la poursuite ne sont pas et ne seront pas influencées par la politique, elles sont gouvernées par des principes juridiques. En tant que procureur, je suis indépendant".

Même son de cloche chez le greffier Robin Vincent, qui a déclaré : "Nous ne sommes pas ici pour les Nations unies, ni pour la communauté internationale, mais pour le Liban. Nous ne sommes pas ici pour les auteurs des crimes, mais pour les victimes des crimes", dévoilant le logo du tribunal qui rassemble les lauriers bleus des Nations unies et un cèdre, emblème du Liban.
Il faut rappeler que cette commission et ce tribunal ont été institués par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. La Russie et la Chine ont dénoncé leur caractère illégitime au regard de la Charte de San Francisco, mais se sont abstenu d’opposer leur veto à leur création. Ces instances ont été validées par le gouvernement libanais à un moment où celui-ci continuait à siéger bien qu’il ait perdu sa base constitutionnelle.

La Commission et le Tribunal ont été conçus comme des instruments politiques pour alimenter des soupçons contre la Syrie et la placer au ban des nations. Son premier président, l’Allemand Detlev Mehlis, s’appuyant sur les dépositions du ministre Marwan Hamade et les aveux de prétendus témoins avait mis en cause nommément quatre généraux libanais proches de l’ancien président Emile Lahoud ainsi que des dirigeants syriens. Mais les aveux de ces témoins avaient été démentis et ils avaient reconnus avoir agi à l’instigation de Marwan Hamade. L’un de ces faux témoins a « disparu » à Paris, alors qu’il avait été placé sous la responsabilité de la France.

Quoi qu’il en soit, le dernier président de la Commission, le Canadien Daniel Bellemare s’est efforcé de dépolitiser l’enquête et de la reprendre à zéro en se basant exclusivement sur des faits et des preuves. Retrouvant confiance, les nouvelles autorités libanaises ont donné tardivement la légitimité qui manquait au Tribunal.

Les quatre généraux libanais —qui avaient été accusés sans preuves d’être impliqués dans le complot et incarcérés— seront remis au Tribunal qui les inculpera ou les relâchera.
A ce titre, Bellemare a refusé de répondre à des questions sur la date de délivrance d'actes d'accusation, répétant qu'il disposait à partir de dimanche de soixante jour pour demander aux autorités libanaises le transfert du dossier de l'enquête et des détenus, actuellement aux mains de la justice libanaise.

La cérémonie était organisée dans un ancien gymnase, où sera aménagée d'ici novembre la salle d'audience du tribunal, installé dans les anciens locaux des services de renseignements néerlandais à Leidschendam, en banlieue de La Haye.

Le TSL, qui a une existence juridique depuis le 10 juin 2007, conformément
à la résolution 1757 du Conseil de sécurité des Nations unies, applique le code pénal libanais. L'identité de ses onze juges, dont quatre Libanais, n'a pas été révélée pour des raisons de sécurité. Son mandat est de trois ans renouvelables.

Environ 350 personnes travailleront la première année au TSL, dont le budget s'élève à 51,4 millions dollars en 2009 (44 millions d'euros), dont 49% sont payés par le Liban et 51% par des Etats membres de l'ONU.

Bref, la communauté est prête à dépenser prés de 52 millions de dollars pour punir les criminels de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri et de ses compagnons, mais pas un seul rond n’est dépensé pour punir les criminels de guerre du peuple palestinien ou du peuple irakien ou du peuple afghan : elle est belle la justice internationale !

http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb



Lundi 2 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par Aigle le 02/03/2009 17:58 | Alerter
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IL FAUT BIEN QUE SARKOUCHNER QUI ETAIT GARDIEN DE ZOUHEIR DISENT AU TRIBUNAL COMMENT CE DERNIER A DISPARU ????

2.Posté par SABAOT le 02/03/2009 20:40 | Alerter
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Le réseau Voltaire, naturellement haït des sionistes comme tout ceux qui tentent de mettre en lumière les oeuvres des Ténèbres, a révélé depuis fort longtemps, les implications du Mossad dans cette sale affaire. Et ce n'est ni la première fois, ni la dernière fois, que ces sinistres augures assassineront des leaders politiques, présidents, rois, empereur, etc.
L'affaire est pourtant limpide. L'assassinat de M. Hariri ne profite qu'aux tenants de l'Etat d'Israël, tous comme les guerres en Irak, Afghanistan et bientôt l'Iran.

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