Palestine occupée

Les convoitises israéliennes


Décidément, le Liban suscite bien des convoitises. On le voit maintenant et avec beaucoup d’acuité, avec ses voisins alors même qu’il veut tourner la page et émerger en tant qu’Etat pleinement souverain. Mais avec Israël, les choses sont autres, puisque celui-ci entend obtenir par la force quand le compromis est impossible et la compromission battue en brèche.


Farid@evhr.net
Mardi 18 Juillet 2006

Israël revient ces jours-ci au Liban et comme l’a démontré l’histoire de la région, il finira pas relier dans la partie méridionale, parce que pour lui, il s’agit tout simplement d’une question de survie. Mettre la main sur cette région vaste d’environ 850 km2, soit le long de la frontière internationale avec une profondeur allant jusqu’à 20 km, c’est se mettre déjà en position stratégique unique, puisqu’elle permet de contrôler des voies de passage importantes. C’est aussi un poste d’observation des différentes communautés libanaises, puisqu’à l’échelle de ce pays, tout est à portée de canon.

Mais là en vérité ne sont que les volets complémentaires ou de simple logistique d’un plan bien plus vaste, que les analyses les plus sérieuses et les plus récentes comme celle de la Banque mondiale mettent en évidence. C’est la guerre pour l’eau. Ce sera, dit-on, d’ores et déjà le nouvel enjeu, bien plus important que le pétrole puisqu’on ne lui connaît pas de ressource alternative ou de substitution. C’est le cas aussi sinon surtout des Israéliens, ou des juifs d’une manière générale puisque la problématique avait été soulevée avant même la création en 1948 d’Israël. Fort tout juste d’une promesse de création d’un foyer juif en Palestine – la Déclaration Balfour de 1917 – le mouvement juif avait sollicité des vainqueurs de la première guerre mondiale, c’est-à-dire les participants la Conférence de Versailles tenue en 1919, de repousser les frontières nord de ce foyer. La distance souhaitée alors était de vingt kilomètres. Le lieu exact : le Liban, alors sous domination française. Il ne s’agissait pas d’avoir plus d’espace. Ce périmètre qui se superpose avec le champ de confrontation est un véritable trésor, plus précisément un immense château d’eau. Et les juifs dans leur requête n’étaient pas avares en détails. Ils avaient peut-on dire le mérite de la clarté en déclarant que leur intention était de mettre la main sur les eaux du Litani, sans lesquelles, assuraient-ils alors, le nord de ce foyer transformé en Etat grâce à une résolution de l’ONU deviendra un désert. Le même problème rappelle-t-on s’est posé en ce qui concerne le Jourdain, et d’ailleurs la question des eaux figure en bonne place dans les négociations jamais épuisées entre Israël et les Palestiniens et ses autres voisins arabes. Tous les rapports internationaux sont unanimes sur ce point. Israël pille les ressources en eau dans toute la région et c’est ce qui expliquait cet acharnement à forcer la main aux différents gouvernements libanais pour au moins partager les eaux du Litani. Un accord de paix partiel incluant cette question a même failli être signé en 1983. Mais c’était l’échec, celui-ci expliquant sans jamais les justifier les crimes israéliens commis dans cette région, ou cette tentative d’un remodeler la composition démographique, croyant qu’une communauté serait disposée à lui octroyer ce que l’autre lui refuserait. Mais tous les pouvoirs libanais qui se sont succédé depuis cette date ont opposé un refus catégorique, tout en soulevant par des questions de souveraineté le statut de cette zone. Comme leur refus de ne pas reconnaître le repli israélien et substituer sa propre force à celle de l’occupant. Justement, le ministre israélien de la Défense est revenu hier sur cette question en déclarant qu’Israël « acceptera uniquement un déploiement de l’armée libanaise » sur la frontière internationale. Le travailliste Amir Peretz demande que « le gouvernement libanais se montre responsable et qu’il déploie son armée le long de la frontière. C’est le seul facteur dont Israël est prêt à accepter la présence dans ce secteur », a souligné M. Peretz alors que Beyrouth revendique la restitution de la région des Fermes de Chabaa toujours occupée par Israël. Il a réaffirmé que l’armée ne tolérerait pas le retour du Hezbollah le long de la frontière confirmant qu’elle allait instaurer une zone tampon, sans « présence permanente » militaire, mais susceptible d’être attaquée à tout moment par l’artillerie.

Revoilà donc l’idée de zone-tampon ou zone de sécurité qu’Israël avait sous son contrôle déjà pendant une vingtaine d’années. D’autre part, le Hezbollah a comblé un vide voulu par l’Etat libanais qui apportait d’ailleurs son soutien à la résistance anti-israélienne. Ce n’est donc pas un abandon de souveraineté de sa part, mais le refus de reconnaître un fait accompli, et même plus, en être l’agent qui empêcherait les opérations de résistance. Ce qui frappe alors de suspicion ces appels à la création d’une « force internationale de stabilisation » à la frontière libano-israélienne. Une frontière qui doit être établie dans le respect de la souveraineté de l’Etat libanais. Ce qui fera disparaître les raisons du conflit libanais. C’est sur ce plan que l’ONU doit intervenir, sinon un de ses membres, le Liban, sera dépecé.


T. Hocine
El Watan -Algerie-


Mardi 18 Juillet 2006

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