Néolibéralisme et conséquences

Les conflits monétaires vont s’intensifier en 2013


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Lundi 21 Avril 2014 - 08:00 Dettes publiques, banques et haute finance


Le conflit monétaire qui fait déjà rage entre les grandes puissances économiques du monde va commencer à s’intensifier considérablement lors de la prochaine année, suite à la décision de la Réserve fédérale américaine d’hausse d’un cran son fameux programme d’« assouplissement quantitatif ».


Nick Beams
Mardi 1 Janvier 2013

Les conflits monétaires vont s’intensifier en 2013
La Fed va ainsi augmenter ses avoirs financiers, qui vont passer de leur présent niveau de 2,9 billions $ à quelque 4 billions $ à la fin de 2014 par l’achat continuel de titres adossés à des hypothèques et d’obligations du Trésor.

Ces mesures entraîneront une pression encore plus à la baisse sur le dollar américain. Cela amènera inévitablement d’autres pays à dévaluer leur propre monnaie afin de demeurer compétitifs sur les marchés internationaux, menaçant ainsi le déclenchement d’une guerre monétaire ouverte.

Les signes d’un tel conflit sont déjà apparents. Le nouveau premier ministre japonais, Shinzo Abe, a demandé que la Banque du Japon poursuive un assouplissement « illimité » de sa politique monétaire dans le but de créer de l’inflation et de sortir l’économie d’une récession semi-permanente qui l’a hanté pendant la majeure partie des vingt dernières années.

Derrière les espoirs que cela stimule l’économie du pays, la demande d’Abe est motivée en grande partie par son désir de pousser à la baisse la valeur du yen japonais. La valeur relativement haute du yen, une conséquence de la baisse de la valeur du dollar américain, a amené les plus grandes entreprises japonaises, particulièrement dans les industries de l’électronique, à encaisser des déficits commerciaux importants dans la dernière période.

En plus du Japon et des États-Unis, les Banques centrales de la Grande-Bretagne et de l’Europe poursuivent également leur propre modèle d’« assouplissement quantitatif » devant une stagnation économique qui perdure.

La justification officielle offerte par la Fed pour l’intensification de son programme est la faiblesse persistante de l’économie américaine et un taux de chômage élevé. Mais c’est essentiellement un prétexte pour son véritable programme, qui est de fournir une source constante de liquidité bon marché aux banques et aux maisons de finance afin de soutenir leurs opérations dans les marchés financiers. Cela leur permet de maintenir leurs profits devant la stagnation continuelle de l’économie réelle.

Cependant, les effets de débordement de ces mesures menacent de déstabiliser l’économie mondiale en entier tandis que d’autres puissances importantes tentent de contrer ces effets.

Lors d’une allocution devant l’Economic Club de New York quelques jours avant l’annonce des dernières mesures de la Fed, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, qui annonçait son départ à la retraite, a fait référence à la croissance des tensions économiques mondiales. Depuis le sommet du G20 de Londres en avril 2009 et la décision de poursuivre les mesures de stimulation, des « reculs » se sont produits et il n’y a pas eu d’accord sur la façon de rééquilibrer l’économie mondiale.

Et la situation pourrait empirer l’année prochaine. « Je pense que 2013 pourrait être une année de défi dans laquelle nous verrons, en fait, une série de pays qui tenteront d’abaisser la valeur de leur monnaie », a dit King. « Cela est inquiétant. Est-ce que d’autres pays réagiront de la même façon? Qu’arrivera-t-il? Les politiques menées sur une base nationale entraînent des tensions d’un point de vue collectif. »

Lorsque les grandes puissances se sont rencontrées après l’éclatement de la crise financière en septembre 2008, tous juraient qu’on n’allait pas répéter les erreurs des années 1930. À cette époque, des barrières tarifaires avaient été érigées et chacun des principaux pays avait adopté une politique du « chacun-pour-soi », exacerbant ainsi les contractions des marchés mondiaux. Les leçons de cette période avaient été assimilées, a-t-on soutenu. Mais les politiques monétaires des grandes banques centrales du monde menacent maintenant de reproduire, sous une autre forme, les conflits de la Grande Dépression.

Les économies plus petites, surtout celles basées sur l’exportation, sont déjà durement touchées par la hausse continue de la valeur de leur monnaie. Les données provenant des banques centrales révèlent qu’au cours des deux dernières années, le Brésil, le Chili, la Colombie et le Pérou ont dépensé 135 milliards de dollars dans les marchés financiers internationaux pour tenter de faire dévaluer leur monnaie.

Les conséquences des politiques menées par la Fed et d’autres grandes banques centrales sur ces pays ont été relevées, de manière polie mais acerbe, dans un discours prononcé par le gouverneur de la Reserve Bank of Australia, Glenn Stevens, plus tôt ce mois-ci en Thaïlande. Il a mis en garde que le « niveau d’inquiétude » s’accroissait.

Même si « les décideurs ont le droit d’affirmer que leurs politiques non conventionnelles » font croître l’économie, a-t-il dit, « je crois que la lenteur de la reprise économique aux États-Unis, en Europe et au Japon amène certains à penser que les principaux pays tentent d’exporter leurs faiblesses davantage qu’ils ne l’ont fait lors de la plupart des reprises précédentes ». Dans le langage diplomatique de ces banquiers, cela équivaut essentiellement à une contestation ouverte de la version officielle qui est offerte comme prétexte.

En octobre 1971, tout juste après que le président Nixon ait décidé de mettre fin à la convertibilité du dollar américain en or et fasse éclater les accords de Bretton Woods qui constituaient les fondations clés du développement capitaliste d’après-guerre, le secrétaire du Trésor américain, John Connally aurait apparemment dit à ses homologues européens : « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème. »

Plus de 40 ans plus tard, la politique de la Fed qui consiste à dévaluer le dollar, qui est toujours la monnaie de l’économie mondiale, pourrait avoir d’aussi graves conséquences que la mise à mort du système de Bretton Woods.

L’économie mondiale est aujourd’hui considérablement plus intégrée qu’elle ne l’était à l’époque. Les dérivés financiers et les autres instruments financiers complexes, qui n’existaient même pas ou en étaient à leurs balbutiements, sont maintenant des composantes clés du système financier mondial.

Les politiques de la Fed et des autres grandes banques centrales sont justifiées officiellement comme des mesures nécessaires pour contrer les effets de la crise financière de 2008. En fait, ces politiques intensifient plutôt les conflits entre les grandes puissances et préparent le terrain à des catastrophes financières encore plus importantes.

http://www.wsws.org/fr/articles/2012/dec2012/conf-d31.shtml http://www.wsws.org/fr/articles/2012/dec2012/conf-d31.shtml



Mardi 1 Janvier 2013


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 01/01/2013 10:32 | Alerter
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Il est bien évident que les problèmes économiques et financiers ne vont pas s'arranger en 2013, pour la simple raison qu'ils ne peuvent pas le faire. Pourquoi ?

L'article répond partiellement à cette question en signalant la volonté de la Fed et des banques centrales d'autres pays à fournie des liquidités en quantité quasi illimitées. Ce qui a pour conséquence immédiate d'affaiblir les monnaies concernées qui finiront par ne plus valoir rien du tout.

Mais sur le fond du problème, et l'article y fait aussi clairement allusion, c'est la volonté des banques et autres organisations financières de toujours faire du profit maximal totalement déconnecté de l'économie réelle.

Dit autrement, c'est la cupidité sans borne d'une poignée d'individus sans scrupules qui ne pensent qu'à s'enrichir toujours et d'avantage sans aucune limite. C'est peu dire que cette mentalité est plus du ressort d'une pathologie psychologique grave, qu'autre chose. En effet, comment peut-on être équilibré psychologiquement et en même temps vouloir s'enrichir d'une manière illimitée par tous les moyens possibles, et peu importe le coût social, environnemental, humain ou économique. Pire, même. Pour ces gens là, l'enrichissement exponentiel est la seule chose qui compte et si des problèmes que cela peut causer, au point de ralentir cet enrichissement, ils n'hésiteront pas à détruire tout ce qui peut entraver cette dynamique d'enrichissement exponentiel.

Nous sommes confrontés à un système d'une aberration totale, qui n'a aucun sens. Ce fait en lui-même est particulièrement grave, mais en plus, il est soutenu par les politiciens au pouvoir dans tous les pays, toutes tendances confondues, enseigné dans les écoles et universités comme étant LE modèle par excellence à suivre, alors qu'il n'est que l'expression d'une pathologie mentale grave. Les médias, aussi relaient ce système comme étant la norme. On ne cesse de nous dire : "Les investisseurs, font ceci, font cela, etc." Mais ce ne sont pas des "investisseurs", ce sont des spéculateurs cupides et malades mentaux. Ce n'est pas du tout la même chose.

Autre problème, qui montre à quel point ce système pervers a pénétré notre société, c'est que ce système étant considéré comme LA référence à suivre, toute l'économie est dérivée de cela. Il faut créer des entreprises pour faire du "profit", non pas pour fabriquer des produits ou produire des services qui seront utiles à l'épanouissement des peuples, mais uniquement faire du profit pour le bénéfice d'une poignée d'actionnaires cupides, et en payant des salaires aussi faibles que possibles au personnel qui fabriquent ces produits. Peu importe que cela puisse avoir un impact négatif sur l'environnement, que les gens aient beaucoup de mal à vivre avec leurs faibles salaires, du moment que les bénéfices rentrent et puissent être distribués aux actionnaires.

Nous sommes dans un système totalement inversé. Il est évident qu'il est impossible qu'il puisse durer encore très longtemps. Viendra un moment où les inconvénients seront tels, qu'il ne sera plus possible à ces gens de les ignorer dans la mesure où ils en seront affectés durement. De sorte que l'on se dirige tout droit, et de plus en plus vite, vers une catastrophe économique majeure à l'échelle de l'humanité.

Je ne veux pas jouer les prophètes de mauvaise augure, mais le danger est très réel. Il est plus qu'urgent d'élaborer un modèle de société qui prenne le contrepied de ce système aberrant, et qui prenne en compte l'épanouissement, sur tous les plans, de l'être humain. Que le système économique qui découlera de ce nouveau paradigme soit au service de l'être humain et non l'être humain au service de l'économie et de la finance. (Encore que le mot "service" n'est pas approprié dans ce cas précis. Il s'agirait plutôt d'esclavage)

De ce fait, je lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté en vue de se retrouver, d'unir toutes les initiatives qui vont dans ce sens, car il y en a, mais elles sont éparpillées. En ce sens, les médias alternatifs, comme Alterinfo, peuvent jouer un rôle important pour faire connaître toutes ces initiatives, relayer les informations, sous forme d'articles, de liens vers d'autres sites ou vers des initiatives qui se prennent ici ou là.

Pour bien se comprendre, ce n'est pas Alterinfo, ou tout autre média alternatif qui va faire le travail, c'est à nous tous internautes en publiant des articles sur ces médias, en transmettant les infos. Les médias alternatifs en mettant en ligne tout cela permettront au plus grand nombre d'être informé et feront l'interface entre tous.

Le temps n'est plus de se retirer frileusement chez soi dans son coin ou de faire "cavalier seul". Les événements s'accélèrent, il nous faut être solidaires entre nous et préparer l'avenir, sinon pour nous, au moins pour nos enfants. Car dans quel monde vont-ils vivre ? Esclaves à vie d'une oligarchie subversive hégémonique et psychopathe avec au final, la destruction de toute vie sur Terre, ou dans un monde où il fait bon vivre, ou chacun peut s'épanouir librement , sur tous les plans :Spirituel, psychologique, social et matériel ?

A chacun de regarder sa conscience, de bien réfléchir à tout cela et d'agir en conséquence.

En dernier point, certains penseront que cela serait une bonne chose que d'élaborer un autre paradigme de société, mais qu'ils n'ont pas la compétence pour cela, que c'est une affaire de spécialistes. Il y a du vrai là dedans, mais en réalité, chacun peut trouver sa place. Il y a ceux qui réfléchissent, qui théorisent, dans tous les domaines de l'activité humaine, il y a ceux qui ont des idées mais qui ne savent pas comment les mettre en application, il y a ceux qui savent très bien concrétiser des projets, même s'ils ne savent pas les élaborer, il y a ceux qui ont des infos qu'ils peuvent transmettre, ceux qui ont du temps disponible pour faire de la saisie de textes sur ordinateur, ou faire les coursiers, ceux qui ont des finances pour pouvoir aider au financement de projets, etc, etc. Donc tout le monde a sa place.

2.Posté par Png le 01/01/2013 15:04 | Alerter
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Désolé je n'ai pas lu cette artIcle car toutes ces analyses économiques me donnent la migraine....Ca fait un moment que les gens ont compris l'arnaque et personne ne s'organise en attendant , on accepte notre sort et on attend le boum final en se souhaitant une bonne année 2013 au champagne et au caviar tant qu'on peut encore se l'offrir...

Le systéme financier mondial est haram car il repose sur l'usure alors il est certain que ceci ne va pas durer éternellement. Vivement la fin :)

3.Posté par soravardi le 01/01/2013 16:43 | Alerter
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Une vidéo très instructive de bernard friot .


4.Posté par soravardi le 01/01/2013 16:50 | Alerter
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ça commence à bouger à toulon .

5.Posté par Patrice le 02/01/2013 00:17 | Alerter
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@Dépositaire: Je le fais a mon échelle, j'en parle aux gens autour, la fin du monde est pour moi le fait que maintenant les gens écoute mes idées ce que voilà deux était impossible et que je me faisais traiter de marginale, même cette année, j'ai parlé des problèmes économique et environnementaux a un diner de l'an au boulot et même si les gens étaient légèrement mal-à-l'aise, je sentais du'côté un certain respect pour la cause et mes idées et d'un autre, un certain intérêt!! Bien que j'ai arrêté d'en parlé assez vite, une graine de plus est planté.... de toutes façons, plus les compagnies vont en mettre et plus les gens vont voir leur mauvaise foi et vouloir se défaire de ce système plus que parasitaire!!!

6.Posté par Patrice le 02/01/2013 00:18 | Alerter
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Finalement quand les gens disent: on n'a pas le choix, faut insister pour dire qu'on a toujours le choix, toujours....

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