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«Les carburants de la mort»

Le théologien de la libération Frei Betto: Les grands propriétaires terriens se ruent sur le nouvel «or»


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Vendredi 10 Août 2007

«Les carburants de la mort»
São Paulo. Le célèbre dominicain et théologien de la libération brésilien Frei Betto juge la production de carburants agricoles irresponsable et inhumaine vu la faim dans le monde. Dans un communiqué de l’agence de presse catholique adital, Frei Betto a écrit à São Paulo sous le titre «Les carburants de la mort» que le boom des produits faussement désignés comme biocarburants provoque déjà mondialement une augmentation des prix des aliments, entre autres en Europe, en Chine, en Inde et aux Etats-Unis. Au Brésil même, du fait qu’ils avancent le plus possible la production d’éthanol à partir de la canne à sucre, la population a dépensé pour l’alimentation trois fois plus au premier semestre que durant la même période de l’année passée. Les grands exploitants agricoles brésiliens, poursuit Frei Betto, se jettent littéralement sur ce nouvel «or» nommé canne à sucre et laissent de côté la culture de produits agricoles traditionnels. Cela se répercute naturellement – comme aux Etats-Unis – sur les prix de l’alimentation.

Dans le monde, il y a environ 800 millions de voitures – le même nombre de personnes souffre de sous-alimentation chronique. Pourtant, c’est inquiétant qu’aucun des gouvernements actuellement fascinés par les carburants agricoles ne mettent en question le transport individuel. «Comme si les profits de l’industrie automobile étaient tabous, intouchables.»
Le théologien, auteur de best-seller et éditorialiste, rappelle cependant que la culture de canne à sucre au Brésil, depuis la période coloniale, consiste en une extrême exploitation, une destruction de l’environnement et en détournements de fonds publics. Cette année, le gouvernement du chef d’Etat Luis Inacio Lula da Silva a sanctionné des grandes fermes pour esclavage, un problème qui continue pourtant d’apparaître souvent.

En 1850, un esclave travaillait pendant quinze à vingt ans dans les plantations de canne à sucre, aujourd’hui, en fonction de l’excessif volume de travail, cela n’est plus que 12 ans en moyenne. De plus, le boom de la culture de canne à sucre provoque selon Frei Betto une énorme migration intérieure, l’agrandissement des bidonvilles, l’augmentation de meurtres et du trafic de drogues ainsi que la prostitution infantile. Comme la culture du soja dans le sud-est du Brésil diminue au profit de la production d’éthanol, cela provoque un fort agrandissement des plantations de soja en Amazonie. Et cela signifie la destruction sans retenue des forêts vierges.

Frei Betto exige du gouvernement Lula de s’occuper des affamés de la zone tropicale au lieu d’enrichir les entrepreneurs de canne à sucre.

Source: Reinhard Behrend, Rettet den Regenwald e.V. (Sauvez la forêt vierge), www.regenwald.org
Traduction Horizons et débats

Etats-Unis: Menace de pénurie d’eau

Aux Etats-Unis, les inquiétudes augmentent à cause de pénuries d’eau régionales, provoquées par l’industrie de l’éthanol en pleine expansion. Dans l’Etat fédéré d’Iowa, le plus grand producteur de biocarburants des Etats-Unis, les besoins en eau des producteurs d’éthanol atteignent environ 28 milliards de litres par an, rapporte le journal «The DesMoines Register». Quelques administrations et législateurs de l’Etat fédéré s’engagent pour une révision des lois existantes. Les producteurs d’éthanol devraient éventuellement être obligés d’épurer l’eau et de la réutiliser.

Pour la production d’un litre d’éthanol, il est nécessaire d’utiliser quatre fois la même quantité d’eau, d’après une citation du géologue Bob Libra dans ce journal. Actuellement, les 27 usines de l’Iowa produisent environ 7 milliards de litres d’éthanol par an, ce qui revient à plus d’un tiers de la production des Etats-Unis. Par de nouvelles constructions et des agrandissements, la production pourrait augmenter à moyen terme de 5 milliards de litres, d’après l’évaluation de l’Association des carburants renouvelables de l’Iowa. Les producteurs d’éthanol pompent l’eau des nappes ­phréatiques des profondeurs de la terre. Ces dernières sont également utilisées d’un côté comme eau potable, de l’autre côté elles empêchent l’assèchement des fleuves et des ruisseaux en été.

Source: Schweizer Bauer du 28/07/2007 et www.agrigate.ch
Traduction Horizons et débats


Vendredi 10 Août 2007

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